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Publié le 20 Juin 2011

Après un premier voyage ensemble en Ecosse (sur la formidable île d’Arran), Cryssilda et moi avons décidé de récidiver quelques mois plus tard. Comme elle avait été emballée par une visite à New Lanark lors d’un précédent voyage et que son enthousiasme est contagieux (et qu'Abbotsford est récalcitrant), nous avons donc choisi d’y passer une journée lors d’un week-end à Edimbourg en février 2010. New-Lanark-map.JPG

New Lanark est un village situé à côté de Lanark, à environ une heure de Glasgow et d’Edimbourg. Sa situation sur la Clyde permettait de profiter de l’énergie hydraulique et était donc idéale pour qu’un industriel écossais, David Dale, y construise une filature de coton en 1785. Dale fit également construire des logements pour les ouvriers, logements de qualité supérieure à ce qui se fait à l’époque. L’histoire aurait pu s’arrêter là si un philantrope n’avait pas épousé la fille de Dale.

En effet, le gendre de Dale, le gallois Robert Owen, qui rachète l’usine de son beau-père en 1800, en profite pour y mettre ses idéaux en pratique. C’est un utopiste socialiste qui pensait que des ouvriers mieux traités et mieux éduqués (ce que Dale avait commencé à faire en ouvrant une école) seraient plus productifs et mieux à même de participer au développement des filatures en développant un esprit communautaire. A l'école seront ajoutés des magasins communautaires et des jardins ouvriers. Owen s’assure de la rentabilité en introduisant également de nouvelles normes de comptabilité mais cela ne suffira pas à obtenir un soutien financier suffisant de ses partenaires. Il quitte New Lanark en 1825. Mais il continuera à promouvoir ses idées jusqu’à sa mort.

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New Lanark est donc un symbole à la fois des idées progressistes qui se développeront au 19è siècle et de la révolution industrielle britannique. Lorsque les usines ont fermé dans les années 60, le village a été peu à peu abandonné et a failli être détruit. Mais une fondation s’est créée : les bâtiments ont été sauvegardés et transformés en attraction touristique. Aujourd’hui, le village est classé au patrimoine mondial par l’UNESCO.

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(cliquez sur les photos pour agrandir)

Et on comprend pourquoi dès la découverte du village depuis le parking après une belle balade dans la campagne écossaise depuis la gare de Lanark.

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Une arrivée spectaculaire

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Si l’attraction principale, le voyage d’une petite ouvrière qui raconte la vie en 1910 peut paraître un peu kitch par son discours angélique, la visite d’une classe, d’une maison ouvrière et de la manufacture nous replongent bien dans le passé. Face aux métiers à tisser, je n’ai pu que penser à Nord et Sud, roman qui traite des conditions ouvrières dans les filatures du milieu du 19è siècle. Ecosse--New-Lanark-0286.JPG

Résidences ouvrières

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La filature

 

Mais New Lanark ne vaut pas que pour son aspect historique. Sa situation en fait un lieu de balade divin. Une promenade en longeant la rivière jusqu’aux chutes de la Clyde s’impose (après tout, elles ont inspiré le peintre Turner).

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Pour plus d'informations, le site du New Lanark World Heritage a une partie en français.

 

 

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  Mois kiltissime organisé par Cryssilda et Lou.

 

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 27 Décembre 2010

Exposition: L’or des IncasL-Or-des-Incas-Pinacotheque-Paris-2010.jpg
Origines et mystères
Du 10 septembre 2010 au 6 février 2011
Pinacothèque de Paris

 

 

     En ce moment (et pour encore un peu plus d’un mois), la Pinacothèque de Paris présente une exposition magnifique bien que le titre en soit doublement mensonger. En effet, l’exposition l’or des Incas ne contient pas que de l’or et finalement assez peu d’objets incas (et pour cause, puisque beaucoup de ces objets ont été fondus lors de la conquête espagnole). L’exposition n’en est pas moins exceptionnelle. Toutes les civilisations successives de la partie du Pérou où s’est développé l’empire Inca sont représentées (cultures nascas, mochicas, sicán, chimú, etc.). Les céramiques dont beaucoup sont prêtées par des musées péruviens sont d’une grande beauté.
vase anthropomorphe

Vase anthropomorphe huari

     La qualité des objets présentés, qu’ils soient en or, en argent ou en céramique est impressionnante et ces objets sont très bien mis en valeur dans les salles de la Pinacothèque où ils sont regroupés par thèmes. Les bouteilles anthropomorphes sont tout aussi impressionnantes de technique que les divers ornements en métaux précieux. La présentation d’une momie en point d’orgue est un moment mémorable. Les explications sont très intéressantes sans être trop lourdes. On y comprend par exemple bien le rôle de l’or qui n’a pas de valeur marchande mais un rôle symbolique et de pouvoir temporel.

     Dépêchez-vous, il ne reste que quelques semaines pour voir cette exposition remarquable.

Le site de la Pinacothèque présente l’exposition ici.
Grâce à Ferocias, qui ne rate rien de ce qui a trait aux civilisations précolombiennes, j’ai pu prolonger le voyage avec une émission de France Culture consacrée au thème par ici.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 24 Novembre 2010

Science-fiction et fantasy7erencontresimaginaire.jpg

Le 11 décembre 2010 à Sèvres (92)

De 11h à 18 h au SEL

47 grande Rue, tél. : 01 41 14 32 32

Avec Michel Jeury comme invité d'honneur

 

 Ca y est, le programme officiel des 7èmes Rencontres de l'Imaginaire de Sèvres est en ligne sur le site de la Ville de Sèvres. L'apparition du programme est ce que l'hirondelle est au printemps, c'est un signe que c'est pour bientôt.

 

 

Au programme de cette année:


Des conférences-débats

- Les dix ans de Folio SF

À 11 h, à l’esc@le.

- L’Héritage de Lovecraft

Quelle est l’influence de Lovecraft , le plus grand auteur de SF de la première moitié du XXe siècle sur la littérature contemporaine ?

Table ronde avec la participation de Joseph Altairac, essayiste et spécialiste de SF ancienne, Christophe Thill, fondateur des éditions Malpertuis et Raphaël Granier de Cassagnac, responsable du projet d’édition du livre illustré par Nicolas Fructus Kadath, chez Mnémos.

À 14 h, à l’esc@le.

- Michel Jeury - invité d’honneur 2010

Après 20 ans consacrés au roman sur la paysannerie, le célèbre auteur de SF des années 70 revient à ses premières amours. L’auteur de May le monde, son dernier ouvrage sorti en septembre 2010, reviendra sur son parcours et sa vision de la SF aujourd’hui.

À 15 h 30, à l’esc@le.

- Les dix ans ActuSF

À 17 h, à l’esc@le.

 

Des expositions

J’ai déjà pu les voir puisqu’elles sont ouvertes depuis le 11 novembre. Ca vaut un détour par le sous-sol du SEL,

- Le Cabinet de curiosités de Camille Renversade, chimérologue

Il est bluffant, on a l’impression de faire un bond dans le 19ème siècle.

Son site

- L’imaginaire de Nicolas Fructus

Ses illustrations créées pour le livre d’art paru en novembre chez Mnémos Kadath sont impressionnantes. L’illustrateur s’est inspiré de Lovecraft.

Son site

- Dix ans d’aventures dans la SF

Retour sur les dix ans de Folio SF et d’Actu SF

- Le Monde architectural de Robin Besson

À 15 ans, Robin Besson dessine des perspectives et des architectures.

On peut voir cette exposition à l’esc@le où se déroulent aussi les conférences (c’est juste à côté du SEL)

 

- Monstres et Métamorphoses

 À la Bibliothèque-Médiathèque de la ville

 

Pour en savoir plus :

ville-sevres.fr

Le programme (avec la liste des auteurs présents):

programmeimaginaire2010.pdf

 

 

Et si vous voulez découvrir le maintenant célèbre bonnet péruvien de Férocias (il ne mort pas*) et accessoirement rencontrer quelques blogueurs, vous pouvez encore vous inscrire par ici.

 

* Je parle du bonnet péruvien bien entendu, pour Ferocias, je ne sais pas ce qui se passe si on touche à son bonnet.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 20 Novembre 2010

Sous la pression amicale de Fashion et de Yueyin, je suis obligée de raconter mes aventures aux Utopiales de Nantes. C’est que je ne voudrais pas être obligée de chanter tout Frank Michael en moldave et en lévitation comme maître Yoda.

Bon, le problème, c’est que je n’ai pas grand-chose à raconter. Je n’ai pris aucune photo, peu de notes et je n’ai jamais rien à dire à des auteurs vivants dont je n’ai pas lu les livres. En plus, je voulais acheter le moins de livres possibles. Je vais quand même tenter l'impossible.

 

Pour commencer, je voudrais rendre hommage à mon parapluie qui a donné sa vie sur l'autel de la science-fiction (enfin, on murmure dans les milieux autorisés que c'est surtout sur le champ d'honneur de la bière qu'il est mort). A Nantes, je suis sûre que la pluie est plus mouillée qu'ailleurs malgré les dénégations des locaux.utopiales.jpg

 

Qu'ai-je donc vu au cours de ces Utopiales?

Des blogueurs réunis à l’instigation de Guillaume le Traqueur Stellaire. J’ai eu le plaisir de revoir Lhisbei et Tigger Lilly et de rencontrer A.C. de Haenne, See Mee et Laure. La soirée était très bonne et comme on n’a pas vu le temps passer je pense que Guillaume est grillé dans ce restaurant. Mais bon, si on se dépêche de déposer le brevet pour un vaisseau spatial à éolienne ou à panneaux solaires, cela ne sera pas en vain.

 

Des gens venus d’un autre monde

Lhisbei a pris des photos des cosplays steampunk, quelle bonne idée !

 

Des expositions qui m’ont inspiré quelques réflexions très diverses 

- Ne laissez plus jamais Bernard Werber écrire sur de magnifiques images de Verne retravaillées par l’Inserm. J’ai découvert que son écriture est d’une platitude affligeante, je préférais vivre dans l’illusion (je le dis avec d’autant moins de snobisme que j’ai apprécié Les fourmis). Les images de « Science / Fiction : voyage au coeur du vivant » étaient quand même superbes.

- J’ai éprouvé l’extase devant l’exposition des illustrations de Didier Graffet sur La Compagnie noire de Glen Cook, sur L’anneau des Nibelungen et surtout, devant celle qui m’a époustouflée, sur l’île mystérieuse de Jules Verne.

Des images de ces expositions chez Tigger Lilly

 

Des conférences 

- L’uchronie: quelles limites?

Avec Fabien Clavel, Frédéric Delmeulle, Ugo Bellagamba et Laurent Poujois (et G le pénible qui connaît tout de l’uchronie moldo-valdaque entre 1975 et août 1976 et qui tient absolument à le faire savoir à la terre entière même s’il est hors sujet et qu’il n’a pas de micro. Je sais que Brize peut comprendre le désespoir qui s'empare de vous dans ces moments là.)

Les intervenants étaient intéressants, avec des interrogations sur l'inversion du point de vue, la façon dont on conçoit l'histoire et qu'est-ce qui déclenche un événement? Ses acteurs ou une forme de déterminisme.

 

- L'uchronie: un genre européen?

Avec Serge Lehman, Scott Westerfeld, Ronan Toulhoat et Vincent Brugeas

Moins intéressante sur le fond, cette conférence réunissait néanmoins des passionnés qui ont parlé de leurs livres avec beaucoup d'intelligence.


- Mon ami le robot

Avec Frédéric Boisdron, Gérard Klein et Ian Mc Donald

La conférence a très vite dérivé sur l'Intelligence artificielle et notamment sur un débat sur la possibilité ou non d'y parvenir à plus ou moins long terme, sachant que l'on a bien du mal à définir le terme d'intelligence.

 

Des auteurs 

Enfin, les auteurs, je les ai vus surtout de loin (dans le cas d’Igor Bogdanoff, c’était volontaire, j’aurais eu du mal à exprimer rationnellement tout le bien que je pense de lui). Je n’ai parlé qu’à Scott Westerfeld, dont le dernier roman, Léviathan, m’intrigue assez pour que je craque. Ce n’était pas faute de tentations, la librairie était particulièrement bien fournie.

Westerfeld-Leviathan.jpg 

Le stand de la revue Présence d’esprits

On n’y trouve pas un seul medium mais des fanzines aux articles très intéressants si j’en crois le peu que j’ai lu pour le moment et on y trouve aussi un très bon vendeur, Traqueur stellaire. Présence d’esprits, c’est un peu comme à la boucherie, on a droit a des « y’en a un peu plus, j’vous l’mets quand même ? » alors si j’ai acheté des trucs à lire, c’est de la faute de Guillaume. Mais bon, ça ne compte pas, une revue, ce n’est presque pas un livre.

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Des films

Hunter Prey

de Sandy Collora (2010)

hunter_prey_poster2.jpgUn film qui aurait pu être très correct et qui ne l’est pas. Bon, pour commencer, il y a eu publicité mensongère. On nous promet de l’orc de l’espace avec une très très grosse arme et l’orc, on le voit à peine cinq minutes. Et les armes… si on considère que l’arme est un symbole phallique, ce film est une métaphore sur l’impuissance. Les personnages l’ont toujours à la main mais ne s’en servent quasiment jamais.

Pourtant, le scénario n’est pas mauvais. Des cydoniens poursuivent une créature masquée dont on ne sait rien, après le crash de leur vaisseau sur une planète désertique. C’est une course poursuite (enfin personne ne court, il faut tenir 1h30 et puis, il ne faudrait pas abîmer le décor qui consiste en de jolies dunes parfaitement ridées). hunterprey.jpg.pngLe problème du film ne réside pas tant dans l’histoire qui n’est pas mauvaise donc, malgré des temps morts, et qui réserve même quelques bonnes surprises (le dernier quart d’heure est plein de rebondissements assez bien vus). Le jeu des acteurs est correct même si le masque en latex du cydonien l’empêche d’être expressif ce qui l’oblige à tout exprimer en grimaces dignes d’un dessin animé par moment. Ce n’est pas non plus la réalisation qui gâche le plus le film. Elle n’est ni nerveuse, ni lyrique, ni inventive, elle est même assez plate mais on a souvent vu pire dans des films à très petit budget (et puis, si vous voulez de chouettes fonds d’écran sur votre ordinateur, il y en a quelques uns… et avoir l’impression de regarder sa page d’accueil Windows au cinéma, ce n’est pas banal). hunterprey-screen.jpgNon, malgré tout, ce n’est pas ce qui gêne le plus. Le pire dans ce film, ce sont les dialogues. Monsieur le scénariste, il ne faut pas laisser votre petit frère de huit ans (ou pire, Bernard Werber) écrire les dialogues. Parfois, il y a des dialogues tellement mauvais qu’ils sont drôles, là ils sont tellement mauvais qu’ils sont juste mauvais. C’était absolument navrant de platitude. J’ai même eu de la peine devant les tentatives laborieuses d’humour qui tombait à plat.

Enfin bon, j’ai quand même tiré une leçon philosophique de ce film. Comment peut-on survivre dans une situation impossible, par exemple dans un désert et sans eau ? Facile, il suffit de vouloir vivre (je tâcherai de m’en souvenir si je tombe du dixième étage d’un immeuble). Et puis, moment très "Expendables", derrière tout type à gros canon viril, il y a un cœur tout mou qui ne demande qu’à s’éveiller à l’amour. Cette tension amoureuse d’enfer entre un gros dur et son Blackberry du futur, c’était beau (sors de cette puce électronique Pénélope Garcia).

Bref, c'est un film qui avait des idées mais qui souffre d'un manque de budget et de finition.

 

Planète hurlante (screamers)

de Christian Duguay (1995)

affichePlaneteHurlante.jpg

Tiré d’une nouvelle de Philip K. Dick, ce film avait tout pour me plaire.

Sirius 6B a été colonisée par le NBE (Nouveau bloc économique) pour son berynium, un minerai. Lorsque le danger du berynium, substance hautement radioactive, est compris, une Alliance se crée pour lutter contre le NBE qui voudrait continuer l’extraction. Pour se protéger, l’Alliance crée une arme efficace, un robot de métal souterrain qui déchiquette l’ennemi. Sans que les scientifiques de l’Alliance comprennent pourquoi, ces armes appelées screamers sont devenues autonomes et se reproduisent seules.

Ca part bien mais ça devient vite prévisible à partir du moment où un événement particulier se produit au milieu du film. Cela se suit quand même très bien et l’ensemble fonctionne.

Malgré des clichés, une fin un peu sirupeuse et quelques personnages caricaturaux, c’est un film agréable, avec de l’action, qui fait passer un bon moment.

 

 

 


J'imaginais un immense salon mais en fin de compte, les Utopiales, ce n'est pas très grand et malgré tout, il y a tant à voir et faire qu'on peut y aller plusieurs jours. Le bilan de ces premières Utopiales est très positif et je compte bien y retourner.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 7 Novembre 2010

Science [et] fiction, aventures croiséesexpo-science-et-fiction.jpg

Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris

21 octobre 2010 — 3 Juillet 2011 

 

 

Science [et] fiction, aventures croisées est une exposition qui fait dialoguer divers domaines scientifiques et œuvres de science-fiction.

Battlestar GalacticaDes théories et connaissances scientifiques y sont donc présentées et illustrées par des objets originaux ayant servi au tournage de films sur ces thèmes et par des objets issus des sciences et technologies. Ces objets très divers (qui vont de maquettes d’engins spatiaux ou de costumes de films aux scripts de Star Wars ou aux carnets de travail de plusieurs auteurs de science-fiction) sont présentés par thèmes, de la conquête spatiale à la vie extra-terrestre, en passant par le voyage dans le temps, les robots ou le clonage.

Carnet Laurent Genefort

Pour comprendre les influences réciproques de la science et de la science-fiction ou pour simplement admirer de près des objets qui ont marqué la culture SF, cette exposition est une réussite totale. Un robot


 

 


Science-et-science-fiction.JPGSciences et science fiction n'est pas un catalogue d'exposition classique puisqu'il ne reprend presque pas les objets de l'exposition. C'est dommage mais il est néanmoins très beau, richement illustré et aussi passionnant à lire qu'instructif (pour les passages que j'ai déjà lu depuis jeudi).

Science-et-science-fiction-1.jpg


Comme quelques camarades blogueurs, les éditions Folio SF m’ont accordé le privilège d’assister à l’inauguration de cette exposition avec Emma, aussi satisfaite que moi de l’expérience si j’ai bien compris. J’y ai découvert la cuisine moléculaire (la choucroute et le couscous ont encore de beaux jours devant eux) et j’ai pu rencontrer des blogueurs que je connaissais déjà comme Tigger Lilly et Vert ou que je découvrais en vrai pour la première fois, comme Lelf, Anudar et surtout une des premières que j’ai suivies lors de ma découverte des blogs, la seule et l’unique Lhisbei. J'ai donc passé une soirée doublement agréable. Merci à Folio SF.

S'il est question de verres dorés ou argentés à un moment ou à un autre, je ne suis au courant de rien. Je ne suis pas impliqué dans l'affaire, je n'ai rien vu ni rien entendu.

 

Pour en savoir plus sur l'exposition, rendez-vous sur le site officiel.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 30 Janvier 2010

J'avais adoré l'Ecosse lors de mon premier voyage en 2007 et m'étais bien promis d'y retourner. C'est ce que j'ai fait en octobre 2009, un peu poussée  par Cryssilda (enfin, elle n'a pas vraiment eu besoin de me supplier pour être honnête). Je n'ai pas encore relaté ce nouveau séjour. Il est temps de vous faire partager quelques images de la très belle île d'Arran, située au sud-ouest de l'Ecosse.

 

Cryssilda et moi devons absolument arrêter de sombrer dans la surenchère avant que ça ne finisse mal. Parce que décider de partir ensemble un week-end en Ecosse, jusque là, c’est formidable ; décider d’aller à Arran juste parce que la newsletter de l’office du tourisme le propose et que ça nous attire sans qu’on sache pourquoi, c’est déjà léger mais ça passe; quand en plus on se retrouve au bout du monde, dans le coin le plus perdu de l’île qui est déjà assez perdue, juste parce que quelqu’un connaît quelqu’un qui lui a conseillé un B&B dans ce village (Betty, c’est ta faute tout ça), c’est franchement délirant. Heureusement, nous sommes des dures. Nous avons donc passé non pas un mais trois jours (sous le regard médusé des habitants) à Lochranza, à une heure du ferry à Brodick, village joignable avec un bus qui ne circule que toutes les 2 heures environ. Et dire qu’on croyait que le « good luck » lancé par le réceptionniste de l’hôtel à Ayr la veille du départ était de l’humour écossais… il est évident que c’était purement de l’observation primaire.

Arran_Lochranza, le B&B

Lochranza, ancienne église reconvertie en B&B                                       

 

Comment décrire Lochranza ? Imaginons un village très perdu de la France profonde où il n’y a pas grand-chose. Eh bien Lochranza, c’est pareil en pire. Nous avons été mises dans l’ambiance tout de suite grâce à la propriétaire du B&B qui nous a demandé de bien fermer la grille d’entrée, à cause des biches qui dévastent le jardin. Alors moi, on ne me la fait pas. J’ai vu Le loup-garou de Londres et plein d’autres films qui font peur: si les habitants d’un coin paumé se barricadent la nuit et donnent des raisons comme ça, c’est suspect. Ce ne sont pas des biches normales, c’est sûr… de là à conclure que le village est cerné par des biches-garous, il n’y a qu’un pas, et de là à découvrir l’existence de zombiches…

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Enfin, comme nous sommes arrivées à l’heure du déjeuner, les biches, plus nombreuses que les humains, et de loin, étaient encore dans leur état normal et nous avions faim. Le pub le plus proche n’ouvrant qu’à 16h, il nous fallait nous débrouiller mais ce n'était pas un problème parce que le village est équipé d’une épicerie, c’est magnifique… enfin bien sûr, ça aurait été  magnifique si le placard à balai contenant trois paquets de chips qui sert d’épicerie avait été ouvert. Mais bon, Cryssilda est une highlander et moi je suis “born to be wild not to panic” alors nous n’avons pas paniqué et cherché un autre endroit pour trouver de la nourriture avant d’être obligées de rejouer la première scène du film Raining stones de Ken Loach. Bon, bien sûr, comme la distillerie était en face et qu’il y avait une cafeteria, nous n’avions pas non plus vraiment le temps de paniquer.

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Après un repas bien mérité (il nous a bien fallu une heure pour aller du B&B à la distillerie – les villages écossais sont longs… et Cryssilda aime parler à tous les animaux qui passent… et ils sont nombreux les animaux à Arran), nous avons juste eu le temps découvrir le village et la côte alentour avant la nuit et passer la (longue) soirée dans l’unique pub du village.

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Le château de Lochranza

 

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Entre Lochranza et Catacol

 

lochranza-Tor-ch-wood.jpgNous avons découvert la base de Torchwood 4 mais ce n'est pas encore tout à fait au point, juste une petite correction à faire...

 

L’avantage à Arran, c’est qu’on peut se reposer parce que la vie nocturne n’y est pas trépidante. Le lendemain matin, nous étions donc en pleine forme pour notre deuxième jour et toutes les belles ballades qui s’offraient à nous… ainsi que pour les joies du temps écossais. J’ai un scoop, ce ne sont pas les brownies (les lutins, pas les gâteaux) qui peignent les montagnes et les landes pour les rendre si belles, c’est la pluie qui donne ces superbes couleurs (voir en même temps, du soleil, de la pluie et deux arc-en-ciel sur un paysage écossais, c'est émouvant). Et parfois, la pluie tombe aussi sur les touristes. Et là, elle tombait sur nous. Mais heureusement, on avait décidé d’aller visiter Blackwaterfront et ses environs, sur la côte ouest de l’île. Mais heureusement, comme il nous a fallu plusieurs heures pour y arriver (avec un passage par le magasin de sports de Brodick pour m’acheter un pantalon imperméable), nous avons pu commencer une promenade magnifique par un temps magnifique c’est-à-dire à peu près sec en terme local.

 Voyage-Ecosse---Arran_0353.jpgQui a dit qu'il n'y a rien à faire à Arran? On peut très bien entasser des cailloux, c'est une activité très chouette.

 

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King's Cave à Blackwaterfront. Robert the Bruce y aurait vu une araignée (oui, cette anecdote est extraordinaire, pas moins)

 

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La forêt enchantée. Nous n'y avons croisé ni sorcière ni brownie mais on s'y attendait presque.

 

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Bien sûr, une balade sans pluie en Ecosse n’est pas une balade alors la dernière partie nous a bien rappelé où nous étions. Heureusement, les locaux sont sympas et acceptent les éponges humaines déguisées en bibendum au pub. Après le retour à Lochranza et une réflexion intense de moins d'une seconde pour choisir notre lieu de sortie du soir, nous avons passé la soirée au pub (un des avantages du manque d'alternative c'est qu'on ne se bat pas pour savoir où passer son temps). Heureusement, il y a plusieurs variétés de bières locales pour varier les plaisirs. Et puis Cryssilda qui découvre un ciel avec des étoiles et un monde sans réverbère, c’est une attraction en soi.

 

Le lendemain, pour notre dernier jour, comme il pleuvait encore plus que la veille, nous avons tout naturellement décidé de faire une randonnée dans la montagne autour de Lochranza, parce que ce n’est pas un peu de pluie qui va avoir raison de nous. Nous avons finalement découvert que les vêtements de pluie ne sont pas imperméables à la pluie écossaise pendant plus de quatre heures, mais que dos au vent et sans bouger pour mieux sécher entre deux averses, l’Ecosse, c’est beau (enfin ça ce n’était pas vraiment une découverte mais bon, avec la difficulté et les rires, on apprécie encore plus). Nous avons aussi découvert qu’un sentier peu visible veut dire qu’il est introuvable et que mettre son pied sur un terrain stable sur une lande écossaise n’est pas de tout repos mais que l’on peut ressortir de la boue plus propre que d’une rue parisienne grâce à l’eau (des flaques ou du ciel, ça reste un mystère parce que au bout d’un moment, on a du mal à faire la différence).

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Ah si, finalement la pluie a gagné et devant des nuages toujours plus menaçants, nous avons dû rebrousser chemin tant bien que mal. Que celui qui n’a jamais crié « Mummy, mummy. Are you my mummy ? » alors qu’il était perdu dans la montagne nous jette le premier rocher. Après quelques bains de pieds involontaires au passage et même un joli plongeon pour Cryssilda qui aime visiblement beaucoup la natation en trou d’eau, nous avons pu rejoindre la civilisation, commencer à sécher et choisir notre destination pour la soirée, un lieu très original, le pub du village. Il semble que les gens du coin ne doivent pas avoir l’habitude des visiteurs récidivistes, ce qui explique sans doute l’exclamation étonnée d’un pilier de bar « Three days ?! Here !!!!! » Oui oui, on entendait parfaitement tous ces points d’exclamation. Alors bien sûr, il était visiblement bien imbibé aussi et pas par l’eau de pluie mais justement, l’alcool rend franc.

 

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Lochranza

 

 

Nous avons donc quitté Arran le lendemain, sans avoir été attaquées par des zombiches. Je ne vois pas pourquoi le bus ne s’est pas arrêté au milieu de nulle part pour que je puisse admirer les phoques qui s’ébrouaient au soleil (Cryssilda va probablement prétendre que la vue d’un phoque provoque chez moi une réaction étrange, c’est tout à fait exagéré à mon avis).

Enfin, pour finir notre randonnée et voir des phoques et des dauphins, nous serons obligées d’y retourner.

 

Cryssilda a-t-elle aimé Arran ? As-t-elle des photos de zombiches? Le suspense est insoutenable mais ça tombe bien, il suffit d’aller lire son billet pour le savoir.

 

D'autres photos dans l'album, par .

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 17 Décembre 2009

45493135.jpgà Sèvres, le 12 décembre 2009

Ou comment la rencontre de blogueurs nuit gravement à la visite des stands.

 

Cette année, l’exposition sur le thème des fées et enchanteurs à la médiathèque était assez décevante, avec seulement quelques panneaux cachés dans un coin présentant peu d’illustrations. En revanche, on pouvait voir les couvertures des éditions « Ailleurs et Demain » qui fêtaient leurs quarante ans. J’ai découvert que Philippe Starck avait été pressenti pour le design des couvertures.

 

         Les Rencontres de l’Imaginaires proprement dites se déroulent au SEL, le seul lieu d’activités culturelles de la ville. Cette année, l'invité d'honneur était Gérard Klein, créateur et directeur de la collection « Ailleurs et Demain » chez Robert Laffont. L'affiche est dessinée par Caza. Comme chaque année, des expositions étaient visibles au sous-sol.

 

         La conférence du matin sur l’uchronie, présentée par Eric Henriet et Alain Grousset était passionnante.

Ensuite, quelques blogueurs, dont quelques membres du Cercle d’Atuan, El JC, Spocky et Vert, que j’avais déjà rencontrés se sont retrouvés pour le déjeuner. Le point de ralliement était le bonnet péruvien de Férocias et par chance, comme il n’y a pas de vendeur de bonnets péruviens à proximité du SEL (fans des Bidochon, bonjour), donc Férocias a été très vite identifié comme seul porteur de bonnet péruvien du lieu.

Le déjeuner au restaurant japonais a été un peu long (et pas seulement parce que j’ai pris la moitié de la carte) mais au moins, j’ai appris comment réparer un livre (j’ai beaucoup de doutes pour la mise en pratique mais en théorie, je suis super forte maintenant) car il paraîtrait que certains achètent de vieux livres non pas pour les lire mais simplement pour les collectionner, comme c’est étrange !

 

J’avais prévu de retrouver Brize sur place l’après-midi et nous sommes allées assister ensemble à la conférence de Gérard Klein, où nous avons découvert avec stupeur mais enthousiasme que la SF bulgare est soutenue avec enthousiasme par au moins un individu en France.

 

         Autant dire tout de suite qu’après cela, je n’ai pas vu grand-chose des stands et encore moins des auteurs. Je suis quand même repartie avec deux livres, À vos souhaits de Fabrice Colin (qui a bien sûr disparu avant que je puisse le faire dédicacer) et L’homme à rebours de Philippe Curval.

Mais au moins, j’ai passé un excellent moment avec les blogueurs et une dernière discussion autour d’un verre avec Brize, Spocky et M. Spocky a agréablement conclu la journée, même si nous avons été virés du café à cause de l’arrivée des auteurs pour le dîner.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 28 Septembre 2009

La mégère à peu près apprivoisée

VingtièmeThéâtre, Paris

Du 2 septembre 2009 au 3 janvier 2010

vingtiemetheatre

 

 

Ils sont jeunes, beaux et fous, ils chantent, dansent, jouent du piano et de la guitare, et font même des claquettes. Cette joyeuse troupe vous invite à une adaptation déjanto-kitsch de La Mégère apprivoisée...

 

 


Après le délirant et réussi Roméo et Juliette, la troupe de comédiens de Los Figaros récidive avec une version tout aussi revisitée et déjantée de La mégère apprivoisée de William Shakespeare. Et grâce à Super-Cryssilda, qui m'avait permis de découvrir la première, j'ai pu aussi profiter de cette pièce. Le théâtre est plus grand et les moyens aussi... enfin pas trop quand même. Mais c’est tout l’intérêt car les acteurs compensent par de l’imagination et des délires complets.

 

C’est une comédie musicale façon Broadway... sur Seine : avec des standards revisités, des rimes à « mouette », des claquettes, du French cancan... et tous les tics des chanteurs de comédie musicale volontairement multipliés. Il y a quelques moments d’anthologie. Je dois dire que le résumé de Roméo et Juliette en chanson est fantastique.

 

La troupe est toujours aussi dynamique et efficace. Mon seul regret, c’est que je n’ai pas pu profiter de toutes les références car je n’ai pas lu la pièce (d’après Lou, qui en avait lu la moitié, c’est plus parlant encore) et je n’ai donc pas pu profiter pleinement de la réécriture. Je me suis donc contentée d’admirer la pièce pour elle-même et ça vaut déjà largement le déplacement. Bref, c’est un pur bonheur de voir cette pièce. Los Figaros est décidément une troupe à suivre. Si vous n'avez rien contre le kitch assumé, les robes vichy, les cascades, les jetés d'acteurs dans le public et les têtes de cheval, cette pièce est pour vous.

 

Pour voir la bande annonce, il suffit d’aller sur le site du théâtre et pour plus d’informations sur la troupe (et entendre l’histoire de Roméo et Juliette résumée façon déjantée), c’est par là : http://www.losfigaros.com/

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 8 Septembre 2009

J.W. Waterhouse: The Modern Pre-Raphaelite
Royal Academy of Arts, Londres
27 June—13 September 2009

 

 

J'ai profité de mon voyage en Angleterre pour visiter une splendide exposition consacrée à un peintre que j'apprécie, John William Waterhouse (1849-1917). Parmi la quarantaine d’oeuvres présentées, on trouve quelques unes de ses plus célèbres, celles qui l’ont rendues célèbre.

 

Waterhouse est né l’année où la Fraternité Pré-Raphaélite a été fondée. Il a hérité du goût de ce mouvement pour certains thèmes tels que les grands écrivains et poètes anglais, Tennyson, Keats et Shakespeare. On voit aussi sa prédilection pour la mythologie grecque. L’exposition rappelle que Waterhouse a été également influencé par le naturalisme français.

 

La rétrospective est faite en cinq parties :

     1. Youthful experiments (1871-1881)

La partie consacrée à la jeunesse du peintre, malgré son intérêt, n’est pas celle qui m’a le plus enthousiasmée. On y trouve beaucoup de scènes de la vie romaine. J’ai quand même été frappée par une toile que je ne connaissais pas :

Miranda, 1875 - Huile sur toile, 76,2 x 101,5 cm - Collection of Robert and Ann Wiggins, USA

 

Ceux qui connaissent un peu la peinture de Waterhouse seront frappés de voir un thème shakespearien que Waterhouse reprendra à la fin de sa carrière dans une de ses plus belles toiles (hélas absente de cette exposition) :

Miranda-The Tempest, 1916 - Huile sur toile, 98 x 136 cm - Collection privée


     2. Building a career (1881-1885)

Le peintre reste académique avec des scènes de l’Antiquité. Il vend bien ses toiles et est admis comme associé de la Royal Academy à 36 ans, en 1885.

St Eulalia, 1885 - Huile sur toile, 188,6 x 117,5 cm - Tate, Londres

Il n’est pas nécessaire de s’y connaître en peinture (j’en suis la preuve) pour commencer à repérer très sérieusement la « patte » Waterhouse vers la fin de cette période.



     3. Associate of the Royal Academy (1885-1895)

Les thèmes évoluent vers des femmes au savoir magique, avec The Magic Circle ou Circe. Je n’avais pas remarqué certains détails sur les reproductions de The Lady of Shalott. On peut voir un Christ en croix à l’avant de la barque.


The Lady of Shallott, 1888 - Huile sur toile, 153 x 200 cm - Tate Britain, Londres

Ophelia, 1889

Circe offering the cup to Ulysses, 1891 - Huile sur toile, 149 x 92 cm - Oldham Art Gallery, Oldham



     4. Royal Academician (1895-1910)

Waterhouse obtient son diplôme d’académicien avec A Mermaid. Femmes fatales, beautés mythiques et littérature romantique sont très représentées.


Hylas and the Nymphs, 1896 - Huile sur toile, 98 x 163 cm - Manchester City Art Galleries, Manchester


Windflowers, 1902 – Huile sur toile, 114 x 79 cm – Collection privée

     5. The Final years ((1910-1917)

Il revient vers les thèmes chers aux préraphaélites. On retrouve des sujets déjà traités auparavant, The Lady of Shalott, Miranda.

I am Half-Sick of Shadows, said the Lady of Shalott, 1916 – Huile sur toile, 100 x 74 cm - Art Gallery of Ontario, Toronto


C’est une exposition exceptionnelle qui en plus de montrer des oeuvres venant de collections privées est très bien faite y compris pour les dilettantes. Les panneaux explicatifs des œuvres donnent même des extraits de poèmes dont sont inspirées les toiles le cas échéant. Une exposition splendide.


Pour les infos pratiques, rendez-vous sur le site de la Royal Academy of Arts.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 18 Août 2009

     Si j'avais eu le choix, je ne serais jamais partie en août, mais je suis partie en accompagnatrice, à l'insu de mon plein gré. Mais Berlin, même en été n'est pas une ville prise d'assaut par les touristes et finalement, c'est agréable d'avoir de longues journées. Seule la chaleur a été un peu difficile mais j'ai découvert une ville que j'ai beaucoup aimée.

     Ce qui m'a le plus frappé, dès le départ, en dehors de la taille de la ville (impossible de se contenter de ses pieds ici), c'est le manque souvent flagrant d'homogénéité de l'architecture. Je n’ai jamais eu autant le sentiment de ressentir l’histoire d’une ville en la visitant. Les effets de l’histoire du dernier siècle sont tellement visibles, et encore marqués (jusque dans les feux de signalisation), monuments de la période prussienne, de la période soviétique et du renouveau se mélangeant. C'est différent des capitales habituelles mais c'est le grand charme de Berlin. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Mais surtout, les travaux en cours laissent penser que la ville pourrait encore changer de physionomie dans les années à venir (je me demande bien ce que va devenir le chantier du Palast der Republik, par exemple, juste en face de l'Île aux Musées). Et les berlinois n’hésitent pas à regarder leur histoire en face, semble-t-il (à moins que cela ne soit que de façade), mais sont aussi tournés vers l’avenir.

 

Jour 1:

     2 août, 3h15 du matin, le réveil sonne. Et une ado de 15 ans à 3h du mat’, c’est tout mou (enfin encore plus que d’habitude). A 4h, il faut être à l’arrêt de bus, c’est dur, surtout sous la pluie. Cinq heures plus tard, après un rétroviseur de bus perdu et un projet de croissant comme petit déjeuner (je ne dois pas avoir la même notion de petit déjeuner qu’Air France), nous arrivons à Berlin. Il fait chaud, très chaud.


     Au bout d’une heure, ma phrase préférée en allemand, c’était « Sprechen Sie Englisch ? ». C’est aussi le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que quand on ne maîtrise pas la langue, il vaut mieux éviter les questions en allemand et passer directement à l’anglais. Parce que sinon, les berlinois, qui sont très sympathiques avec les touristes et font de leur mieux pour aider, ils se mettent à vous parler en allemand et là, comme vous venez juste de mobiliser toutes vos capacités pour poser la question, vous prenez un air ahuri qui n’est pas des plus seyants. En plus, beaucoup d’entre eux parlent anglais.


     Nous commençons par prendre la ligne de bus 100, la plus touristique de Berlin, ce qui permet d’avoir un aperçu des monuments. Cryssilda qui est là en week-end nous donne rendez-vous à Alexanderplatz, un lieu mythique. Nous descendons du bus, pénétrons sur la place et là c’est le choc... euh, c’est ça la place ? Ah ouais quand même ! Une fontaine avec une oeuvre d’art moderne non identifiée avec quelques jeunes zonards qui picolent autour, c’est spécial comme arrivée. On se demande si les bouteilles de bière vides qui flottent dans la fontaine font partie de l’oeuvre. Visiblement pas ou alors le jeune homme qui patauge dans l’eau (vu l’eau, ça relève de la cascade) et qui les récupère est un voleur d'œuvres d’art.

     Cryssilda nous explique alors que de l’autre côté des splendides bâtiments de type soviétiques (il y a une erreur dans l’expression « splendides bâtiments de type soviétiques », saurez-vous la retrouver ?), il y a une magnifique fontaine et que Berlin, c’est beau en vrai. Nous avons décidé de ne pas fuir la ville immédiatement donc. Et nous avons eu raison.

Fontaine de Neptune


     Cryssilda nous a emmené déjeuner à Nicolaiviertel. C’est un quartier qui a été reconstruit. Ça fait un peu carton pâte tellement c’est coloré mais j’ai bien aimé ce côté kitsch et ça fait vraiment village dans la ville.Nicolaiviertel

     Comme il faisait très chaud, personne n’était très motivé pour crapahuter mais personne n’avait très faim non plus. Nous voulions juste un plat léger. Et là, j’ai un scoop. Les allemands ne sont pas tout à fait comme nous. Ils doivent avoir deux estomacs ou un truc comme ça. Ou alors ils cachent un Slitheen à l’intérieur. Ou bien, comme certains animaux, ils cachent une réserve de nourriture dans les joues pour l’hiver. Je ne vois pas d’autre explication susceptible d’expliquer la taille des portions servies dans les brasseries. Si on m’avait dit que je n’arriverais pas à finir une salade ! (Mais bon, d’habitude, il n’y a pas le jardin entier de mes parents dedans - mes parents sont connus pour avoir un jardin susceptible de nourrir tout Paris en cas de siège). Et le service est lent... très lent. Mais la bière est bonne. Et ça permet de rigoler avec les menus en français. Il faut toujours lire les traductions des menus, c’est un régal. Là, on a eu du mal à comprendre ce qu’était le « hareng vierge de ménage », entre autres aliments divers « de ménage ». Et puis Cryssilda a pu goûter un produit typiquement allemand, un ‘chausson aux pommes’ (qui était en fait ce que jusque là, nous avions toujours appelé un strudel). Cryssilda nous a quitté après le déjeuner. C’est alors que le vrai marathon berlinois a commencé (enfin après une autre très longue pause et un autre tour en bus).

 

     Après Nicolaiviertel et le Rote Rathaus (l'Hôtel de Ville de brique rouge), nous avons erré dans les rues jusqu'au Hackescher Markt, un peu au nord d'Alexanderplatz, où l'on trouve beaucoup de restaurants et de bars et tout près de là, se trouvent les Hackesche Höfe, des cours aux façades de briques vernissées où l'on trouve des boutiques design.

Hackesche Höfe

     Puis, direction la Fersehturm (Tour de Télévision) pour voir le soleil se coucher sur Berlin. Il est impossible de la rater. On la voit de partout.


Le pluie s'est mise à tomber mais comme nous n'avions toujours pas faim, nous nous sommes contentées d'une gaufre avant de rentrer.

 

Jour 2:

     Le temps était gris et il tombait de la bruine de temps en temps le matin mais au moins, nous n'avons pas souffert de la chaleur. et puis, requinquées par une nuit de sommeil complète et un petit déjeuner allemand (allemand, en langage petit déjeuner, ça veut dire, très très copieux et encore, nous sommes arrivées à l'heure de pointe et n'avons pas eu le courage d'attendre que tout l'étal de nourriture soit regarni donc, nous nous sommes contentées d'un petit déjeuner copieux), nous étions très motivées.

     Au programme de la journée:

     Le bus 100 passe par Groβer Stern, devant la Siegessäule (Colonne de la Victoire). La montée des marches est une vraie sinécure après St Paul's quelques jours auparavant. La vue sur la Brandenburger Tor au bout d’une longue avenue est sûrement plus belle par temps ensoleillé:

Colonne de la Victoire

 

Ça avait l'air moins brumeux en vrai. Le coton tige, c'est la Fernsehturm et à gauche, on voit le Reichtag et sa coupole.

 

     Un passage par le Tiergarten (un parc immense en plein milieu de la ville), et un arrêt intrigué devant certains monuments un peu spéciaux s'imposent:

Mémorial soviétiqueAvouez que les soviétiques avaient le sens des couleurs. En rouge et gris, lala la la la... Et encore, avec les tanks qui accueillent le visiteur, c'est encore plus gai.

 

     Nous rejoignons finalement la Porte de Brandebourg, puis le Reichtag. Là, devant la file d'attente interminable, on sort le plan B et on s'inscrit à la visite guidée en français qui a lieu tous les mardi à 13 heures.

     On se dirige donc vers l'Île aux Musées (nommée ainsi par un grand sens de l'à-propos  puisqu'il s'agit d'une île sur laquelle se trouvent de nombreux musées). On commence par une visite de la cathédrale baroque, le Berliner Dom et de sa coupole.

Berliner Dom

     Nous avons un petit creux (c'est presque l'heure du goûter) et comme il fait beau,  nous décidons d'aller à Hackescher Markt pour prendre un petit repas tranquillement. Ce fut une erreur. Le service est toujours aussi long (il faut dire que c'est de l'industrie lourde la restauration allemande, je n'ai jamais vu de terrasses de cette taille) et nous avons perdu du temps. Mais j'ai au moins pu goûter une spécialité locale, la Berliner Weissbier, tout un programme. Alors là, c'est un peu surprenant au premier abord. Quand on commande une bière et qu'on vous apporte ça...


... eh bien si on n'est pas capable de dire en allemand que, "euh non, là, il doit y avoir une erreur je n'ai pas commandé un soda, j'ai commandé une bière et personne n'aurait l'idée saugrenue de mettre une paille dans un verre de bière et en plus, une bière, ça ne peut pas être vert, n'est-ce pas?", il vaut alors mieux se taire, remercier , prendre une grande inspiration et boire courageusement. C'est ce que j'ai fait. Ça n'a pas grand chose à voir avec de la bière mais c'est bon. Et puis j'ai découvert ce qu'est l'aspérule.

     Hélas, cet intermède nous a donc fait perdre du temps et nous avons visité le splendide Pergamon Museum trop rapidement à notre goût (je dois dire que je n'avais pas prévu qu'il serait d'une telle richesse). La reconstitution du monumental Autel de Pergame ou de la Porte d'Ishtar et la Porte du marché de Milet sont impressionnants et la collection d'objets est grandiose.

Détail de la Voie de la procession de la Porte d'Ishtar.

 

     Nous avons été chassées pour cause de fermeture. La balade a continué vers la Neue Synagoge puis le Tacheles, une sorte de galerie d'art à ciel ouvert dans un bâtiment complètement décrépi (considéré comme étant devenu trop commercial mais bon, tout est relatif parce que les visiteurs étaient nombreux mais les acheteurs nettement moins).

TachelesOn le sent bien le côté trop couru du Tacheles là? Non? Bon d'accord, ça ne saute pas aux yeux et à l'intérieur c'est pire.

 

     La balade se poursuit sur Friedrichstrasse jusqu'aux Friedrichstadtpassagen, un ensemble d'immeubles qui abritent une galerie commerciale. C'est Jean Nouvel qui a créé les Galeries Lafayettes (au quartier 207) et les quartiers 205 et 206 valent également un rapide coup d'oeil.


     Un dernier petit passage par la Porte de Brandebourg nous réserve des surprises:

Ah tiens, un Stormtrooper égaré! Rejoins le côté obscure de la Porte Luke! Pshhh (ce n'est pas plutôt Nicolas Hulot qui fait "pshhh"? Hulot, Darth Vador, je les confond toujours)

Et comme nous n'avons toujours pas faim, nous nous contentons d'une part de tarte au Café Einstein, sur Kurfürstenstrasse. Ils ont de la tarte au citron vert. J'adore le citron vert. J'adore le Café Einstein.


Jour 3:

     Cette fois, on se prépare bien. On passe du petit déjeuner copieux au petit-déjeuner gargantuesque pour se passer de déjeuner. Et bonne nouvelle, il fait beau mais pas trop chaud.

     Le circuit du jour nous emmène à Gendarmenmarkt. Là, le Französischer Dom et le Deutscher Dom se font face. Entre les deux, au fond de la place, le Konzerthaus est de toute beauté. Dès qu'on voit des marches, on grimpe, donc nous avons grimpé le Französischer Dom.

Französischer Dom

 

     Le temps de visiter tout ça, et il est l'heure de rejoindre le Reichtag pour la visite guidée. C'est la fouille qui est longue mais c'est beaucoup plus rapide que pour les autres visiteurs et surtout, nous pouvons rentrer dans la salle des députés (ou du moins dans la galerie des visiteurs).  Après ça, nous rejoignons la coupole et sa rampe d'accès en colimaçon très pratique.

Reichtag

 

Sous la coupole du ReichtagLà, finalement, il fait chaud.

 

     A côté de la Porte de Brandebourg, l'Holocaust-Mahnmal rend hommage aux juifs victimes du nazisme.

Holocaust-Mahnmal

 

     Nous rejoignons Unter den Linden, une grande avenue (hélas quelques travaux gâchent un peu certains monuments). De là,  nous prenons le bus 200 pour rejoindre le KaDeWe, le plus grand magasin d'Europe. Si les premiers étages ressemblent à tous les magasins de luxe d'Europe, l'épicerie est impressionnante (seul Harrods à Londres pourrait tenter de rivaliser). C'est là que nous trouvons le bretzel de nos rêves.

     De là, nous reprenons le bus pour rejoindre la Postdamer Platz et continuer notre shopping. Je n'ai pas été particulièrement séduite par l'architecture (d'autant plus qu'un des immeubles était en travaux) mais il y a plein de boutiques et le soir, le Sony Center est particulièrement agréable. Mais les brasseries servent encore des portions gigantesques. Cinq saucisses, c'est bon mais c'est lourd.

 

Jour 4:

     Il fait de plus en plus chaud. C'est terrible. Nous allons nous mettre au frais dans les espaces verts de Schloss Charlottenburg, le château baroque des rois de Prusse. Nous commençons par la très longue visite du château. C'est beau mais le baroque, c'est un peu chargé.

Château de Charlottenbourg et jardin

     Le parc est magnifique (et frais).

 

     Mo était aussi à Berlin. Nous décidons de nous rencontrer ce jour là mais avant, nous voulons visiter le Jüdisches Museum (le musée juif). En deux heures, on a largement le temps. C'est passionnant (et très bien climatisé, je veux y vivre tous mes étés) mais c'est très long et nous avons rendez-vous et après quatre heures de visite à Charlottenburg et deux heures là, on commence à fatiguer. et ma nièce est du genre à écouter l'audioguide du début à la fin et dans l'ordre et  nous sommes en retard. Enfin bref, le vingtième siècle est passé à une vitesse folle.


     J'ai donc rencontré Mo pour la première fois (enfin non, la deuxième mais la première j'ai juste eu le temps de la saluer, l'équipe Rochester s'en souvient encore de la Place des Vosges). Mais attention, la rencontre de blogueuses nuit gravement à la visite. Parce que bon, nous nous sommes quittées un peu tard finalement. Mais en germanophile convaincue, elle nous a appris plein de choses passionnantes sur la ville.  Ma nièce frime un maximum depuis.

 

Jour 5:

     Le jour fatal. J'avais réussi à éviter les coups de soleil et le dernier jour, j'ai eu droit à de beaux bras façon crevette cuite en plus de la chaleur torride.

     Nous avons fuit la ville pour la banlieue, afin de visiter le château de Sans-souci, à Potsdam. Le château et le parc sont immenses et la visite est très longue (nous sommes restées une bonne demi-journée et n'avons eu le temps de visiter que ce château, visite pourtant rapide et le Nouveau Palais est encore plus grand) mais ça vaut le coup., la promenade est très plaisante. Le château est de style rococo. Les perroquets et les cigognes qui sortent des murs de la chambre jaune, c'est spécial.

Potsdam, Schloss Sans-Souci

 

Pavillon chinois

Le Pavillon Chinois: finalement, le baroque, c'est très sobre (dans l'album, vous pourrez voir les dorures en détail).

 

     Nous avons préféré quitter Potsdam avant d'avoir tout vu parce que les temps d'attente étaient longs et qu'il faisait très chaud dans le parc. De retour à Berlin, nous avons perdu du temps, à la recherche d'un drapeau allemand. Il y a des filles qui vont partager une chambre d’internat qui vont avoir une belle surprise à la rentrée, le drapeau allemand géant, ça vous fignole une déco.

 

     J'avais très envie de visiter un musée de peinture. J'ai choisi l'Alte Nationalgalerie mais comme Mo nous avait conseillé le musée égyptien, l'Altes Museum, nous avons donc fait un arrêt là d'abord. Le célèbre buste de Nefertiti est là, mais le reste des antiquités égyptiennes, nous les avons cherchées un moment. Renseignements pris, elles sont emballées pour changer de musée.

     Après le sauvetage d'un téléphone portable de la noyade dans un sac (aux dernières nouvelles, il s'est remis de ses émotions), nous avons visité l'Altes Nationalgalerie. Les toiles  impressionnistes   pour lesquelles j'y allais ne sont pas inoubliables mais il y a de beaux Caspar David Friedrich.


     Nous avons ensuite tenté une deuxième spécialité locale, la Currywurst (saucisse au curry). C'est très bon. Ensuite, nous avons rejoint la East Side Gallery où l'on peut voir un long morceau du Mur de Berlin, décoré dans les années 90 par divers artistes. La plus célèbre de ces fresques, c'est certainement le baiser de Brejnev et Honecker.


     J'aime beaucoup ce symbole, une Trabant traversant le Mur:

 

     Pour finir ce séjour, nous avons visité notre dernier lieu historique, Checkpoint Charlie.

 

 Et pour finir, quelques surprises berlinoises:

     Un ours rencontré au coin d'une rue (et il y en a beaucoup à Berlin):

 

     Les feux pour piétons sont différents à l'est et à l'ouest de la ville. Ceux-ci sont ceux de l'Est. Sauf que parfois, on en rencontre à l'Ouest, vers Tiergarten, notamment. Même les Ampelmenschen ont parfois préféré fuir à l'Ouest.


Pour voir plus de photos, c'est .

Merci à Cléanthe pour le temps qu'il a consacré à me donner quelques conseils. Et merci à Mo pour avoir fait la même chose avec Cryssilda qui m'a transmis les bons plans.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages