Publié le 31 Décembre 2008

 

70 livres, bd et mangas lus.

29 classiques et 18 SFFF (24 si l'on compte ceux classés dans les classiques, mais qui appartiennent également à ce genre). Peu de contemporains hors fantasy et SF. 4 relectures (dont 1 bd)


Mes préférés de l'année:

Catégorie découverte: (parce que j'aime encourager les petits jeunes qui débutent)
Peake, Mervyn - Titus d'Enfer 
Magistral et je vais me jeter assez rapidement sur la suite.

Hardy, Thomas - Far from the madding crowd
Une redécouverte en fait car j'ai lu Tess d'Urberville il y a très longtemps. Cela n'est probablement qu'un début.

Priest, Christopher - Le Prestige
Une très belle façon de finir l'année et la bonne nouvelle c'est que j'en ai un autre de l'auteur dans ma pal.

Forster, E.M.
-
Avec vue sur l'Arno 
Maurice m'attend sur ma pal.

Miller, Walter M. -
Un cantique pour Leibowitz
Et dire que ce livre était sur ma pal depuis 10 ans et sur ma lal depuis 20 ans!


Catégorie confirmation:

Dickens, Charles - Les Temps difficiles
Pas le meilleur Dickens mais ça reste un de mes auteurs chouchous. Je ne peux pas imaginer ne pas aimer un texte de Dickens. Heureusement car j'en ai 11 autres sur ma pal. A raison de deux ou trois par an, j'en ai encore pour quelques années avant de me lancer dans une relecture de mes préférés.

Stevenson, Robert Louis - Le Maître de Ballantrae
J'aimais déjà bien Stevenson mais là, ce fut une révélation.


Pratt, Hugo
 -
Corto Maltese: Les Celtiques
Quelle joie de retrouver mon plus grand plaisir de l'adolescence intact! Je vais continuer à ajouter des Corto à ma bibliothèque.


Catégorie relecture:

Gaskell, Elizabeth - Nord et Sud 
A la troisième lecture, j'y trouve toujours de nouveaux détails à explorer. Un vrai bohneur à chaque fois.


Mention spéciale à:

Jordis, Christine - Promenades anglaises, dans la catégorie « normalement je n'aime pas ce genre mais là j'ai beaucoup aimé et je n'en reviens pas encore »
Les récits de voyage sont un genre que je n'apprécie pas trop mais là, ce voyage sur les traces de la culture anglaise, j'en redemande. Existe-t-il le même genre d'ouvrage pour la littérature française?

                 Attention, deux auteurs vivants se cachent dans cette liste, saurez-vous les retrouver?


     Mes objectifs pour 2009-2010 (j'ai une pal trop grosse pour espérer y parvenir en un an seulement):
     - Lire plus de littérature francophone et de contemporains (depuis trois ou quatre ans, je prends beaucoup de retard, le français le plus récent que j'ai lu doit être Les âmes grises de Philippe Claudel).
Et pour me lancer, j'ai deux nouveautés 2008 dans ma pal, Un chasseur de lions d'Olivier Rolin et La Porte des Enfers de Laurent Gaudé. Je dois aussi lire Le rivage des Syrtes de Julien Gracq. Un challenge de trois livres dans l'année devrait être à ma portée mais j'espère faire mieux, au gré des sorties en poche. 

     - J'aimerais aussi retenter les classiques français dont l'étude scolaire m'a souvent dégoûtée. Peut-être un Zola si je trouve avec lequel commencer ou Stendhal, mon pire traumatisme de collège. Et Madame Bovary de Flaubert, pour lequel je n'ai même pas l'excuse de la scolarité. C'est là qu'il va bien me falloir deux ans pour les trouver puis les lire (car comme chacun sait, Madame Bovary est très difficile à trouver en librairie. Bon d'accord, il faut juste que je retrouve le vieil exemplaire de la bibliothèque familiale qui possède une bonne vingtaine de livres).
Pour les idées, allez Super libraire, au boulot!
Si vous avez quelques titres à me conseiller, n'hésitez pas à me laisser un commentaire argumenté. 

     Devant la taille de ma pal, je n'ose même pas envisager de relecture dans une période proche mais comme en général, ça se fait dans l'inspiration du moment, « wait and see ».

De toute façon, ma seule résolution de l'année est de ne pas prendre de résolution.


Et pour être autant à la page avec mes voeux qu'avec mes lectures: 

Bonne année  1979  2009 ! 

A tous, ceux qui laissent des commentaires et lecteurs silencieux, je vous souhaite une année 2009 pleine de bonnes lectures. 

Rédigé par Isil

Publié le 28 Décembre 2008

Christmas Carol
De Charles Dickens
Première parution: 1843
Edition Everyman's Library
Illustrée par Arthur Rackham
155 pages


Au cours de la nuit précédant Noël, Ebenezer Scrooge, un vieil homme acariâtre et avare reçoit la visite du fantôme de son associé défunt Jacob Marley venu lui annoncer la visite de trois fantômes. Et en effet, Scrooge reçoit la visite successive des trois fantômes incarnant Noël passé, présent, et futur.
 



     Le chant de Noël est un conte moral. C'est de peur de la mort qu'il est question ici. Que va laisser Scrooge en ce monde ? En se rappelant le Scrooge qu'il a été autrefois, et ce qu'il est au moment où les esprits lui parlent, il finit par prendre conscience de ce qui l'attend. On suit le cheminement de Scrooge avec délectation. Dickens utilise ses ficelles habituelles, une pincée de pathétique avec Tiny Tim et beaucoup d'humour. L'ensemble est très agréable à lire. Les cinq parties de l'histoire montrent un aspect de Scrooge et le contraste entre ce personnage froid et sombre et l'esprit de Noël (la vision de Noël est assez moderne d'ailleurs, avec une ambiance plus festive que religieuse) qui règne auteur de lui est saisissant. Ce n'est pas mon Dickens préféré mais je retrouve toujours le même plaisir dans l'écriture et le côté emphatique assumé de Dickens. Une relecture plaisante.


     J'ai commencé à lire en parallèle une version française, celle de Gallimard Jeunesse, merveilleusement illustrée par Roberto Innocenti (pour moi le meilleur illustrateur de classiques jeunesse actuel) et une version anglaise illustrée par Arthur Rackham (que j'adore) mais je me suis rapidement concentrée sur la version anglaise. J'ai toujours une pensée émue pour le malheureux traducteur qui doit s'attaquer à Dickens. C'est un auteur qui aime jouer avec la langue anglaise et qui se fait un malin plaisir à prendre des expressions dans leur sens littéral. Or ici, le premier paragraphe s'appuie sur une locution typiquement anglaise : « as dead as a doornail » (littéralement « mort comme un clou de porte ») qui signifie « mort et bien mort ». Donc, à partir d'une idée très réussie en anglais, la traduction s'étend sur quelque chose qui n'a pas de sens particulier en français.

     Voici le passage en anglais :

« MARLEY was dead: to begin with. There is no doubt whatever about that. The register of his burial was signed by the clergyman, the clerk, the undertaker, and the chief mourner. Scrooge signed it: and Scrooge's name was good upon 'Change, for anything he chose to put his hand to. Old Marley was as dead as a door-nail. Mind! I don't mean to say that I know, of my own knowledge, what there is particularly dead about a door-nail. I might have been inclined, myself, to regard a coffin-nail as the deadest piece of ironmongery in the trade. But the wisdom of our ancestors is in the simile; and my unhallowed hands shall not disturb it, or the Country's done for. You will therefore permit me to repeat, emphatically, that Marley was as dead as a door-nail. »

     Et sa traduction française :

« Il faut dire, avant tout, que Marley était mort. Là-dessus, pas de doute possible. Le registre mortuaire avait été signé par le pasteur, son clerc, l'entrepreneur des pompes funèbres et le principal deuilleur. Scrooge l'avait signé. Et le nom de Scrooge était une garantie en bourse, quel que fût le papier qu'il lui plaisait d'endosser.

Le vieux Marley était aussi mort qu'un clou de porte. Attention! je ne veux pas insinuer par-là que je sache, d'après ma propre expérience, ce qu'il y a de particulièrement mort dans un clou de porte. J'aurais été tenté, quant à moi, de considérer un clou de cercueil comme le morceau de ferraille le plus mort qui soit sur le marché. Mais la sagesse de nos ancêtres réside en cette image et mes mains profanes n'iront pas l'y troubler, ou c'en est fait de ce pays. Permettez-moi donc de répéter, avec emphase, que Marley était aussi mort qu'un clou de porte. »


     Je conseille quand même les deux versions pour leurs illustrations (même si celle de Gallimard Jeunesse n'est plus éditée, on peut la trouver d'occasion).

Un Chant de Noël
Edition Gallimard
Parution 1990, illustrée par Roberto Innocenti
152 pages


"A merry Christmas, uncle! God save you!" cried a cheerful voice. It was the voice of Scrooge's nephew, who came upon him so quickly that this was the first intimation he had of his approach.

"Bah!" said Scrooge, "Humbug!"

He had so heated himself with rapid walking in the fog and frost, this nephew of Scrooge's, that he was all in a glow; his face was ruddy and handsome; his eyes sparkled, and his breath smoked again.

"Christmas a humbug, uncle!" said Scrooge's nephew. "You don't mean that, I am sure?"

"I do," said Scrooge. "Merry Christmas! What right have you to be merry? What reason have you to be merry? You're poor enough."

"Come, then," returned the nephew gaily. "What right have you to be dismal? What reason have you to be morose? You're rich enough."

Publié le 23 Décembre 2008

Doctor Who

Saison 4

Série de science-fiction britannique

 

Avec David Tennant, Catherine Tate, Freema Agyeman, Piper Laurie, Kylie Minogue, Alex Kingston



Le Docteur revient pour treize nouveaux épisodes.

Les dvd anglais ont le mérite de contenir l’épisode de Noël, qui passe entre deux saisons. Cette fois, le Docteur se trouve sur le Titanic et évidemment il y rencontre une serveuse interprétée par Kylie Minogue. C’est un épisode très réussi mais qui a quand même un petit goût de déjà-vu (on est surpris que le docteur ne repère pas les méchants immédiatement).


Dans la saison 4 à proprement parler, eh bien, si on m’avait dit que la nouvelle compagne du docteur deviendrait presque ma préférée, je l’aurais difficilement cru. Et pourtant, elle assure. Elle est moins sexy et plus âgée que les précédentes et fonctionne donc sur un tout autre plan. Elle est plus un élément comique et a du répondant face au docteur.


On retrouve de vieilles connaissances et il y en a de nouvelles. Le Docteur qui n’est pas « impossible mais juste un peu improbable » se retrouve à Pompéi, apprend qu’il faut se méfier des GPS, des librairies, des pilules qui font maigrir et des guêpes géantes.

La fin de « Forest of the dead » me laisse sceptique. Je sais qu’on est dans un rêve mais ces sortes de halo avec personnes vêtues de blanc au ralenti, c’est vraiment trop pour moi et bon sang ne pourrait-on pas rêver d’autre chose que d’un mari et d’enfants dans une vie idéale (moi, si quelqu’un doit rêver ma vie, j’exige d’être une jeune, belle et riche héritière qui n’a que du champagne dans son frigo, merci d’avance et si c’est vraiment impossible, je me contenterai d’un prix nobel de physique).


Mon épisode préféré de la saison est sans conteste « The Unicorn and the wasp ». On y explique la disparition de quelques jours d’Agatha Christie en 1926, façon Doctor Who. Evidemment, c’est toujours un coup des extra-terrestres. Cet épisode est sur le modèle de celui de la première saison avec Dickens (auquel il est malicieusement fait allusion au cours de l’épisode) ou celui de la troisième saison avec Shakespeare. On y mélange joyeusement la vie et l’œuvre de l’auteur à la SF. J’aime ces moments à forte teneur en référents culturels même si on peut toujours les apprécier sans cela. Cet épisode est particulièrement jubilatoire et j’ai bien l’intention de le revoir en ayant potassé ma bibliographie de l’œuvre de l’auteur avant parce que les titres fusent de manière subliminale évidemment et si j’en ai repéré beaucoup (de « The dead’s man folly » à « They do it with mirrors »), j’en ai certainement raté quelques uns. On y découvre aussi comment Agatha Christie a eu l’idée d’écrire «Le Meurtre de l’Orient Express », toujours selon la version de la série. Pour la forme, c’est évidemment une enquête policière façon Agatha Christie (et un peu Cluedo aussi). La scène où l’on voit la description des vraies activités des suspects en parallèle avec ce qu’ils décrivent n’est sans doute pas un procédé très nouveau mais ça fonctionne particulièrement bien.


Les deux derniers épisodes sont probablement un peu confus (disons qu'ils partent dans tous les sens) mais quel plaisir de revoir tant de connaissances.

Bref, une bien belle saison dans l'ensemble.


Les saisons précédentes:

Saison 1
Saison 2
Saison 3 

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 20 Décembre 2008

Il ne sera pas répondu à deux des questions existentielles posées . Ce mystérieux "47" reste mystérieux. La nourriture anglaise est un mystère auprès duquel l'identité du fameux casseur de vase de Soissons est une broutille. Mais il est possible que je puisse dire qui est ma swappeuse. Mais pour celà, il faut auparavant subir mes aventures swappesques.

11h35, lundi 8 décembre 2008, le facteur me remet un colis qui me laisse sans voix. Il est énorme. Je lui claque la porte au nez (au facteur, pas au colis - l'armée entière du Mordor ne m'aurait pas repris le colis -, en n’oubliant pas les formules d’usage quand même), me précipite en chaussons sur des dalles de ciment humides au péril de ma vie mes chevilles tout en lisant l’adresse (parfois, j'ai l'âme d'une aventurière) de ma swappeuse (que je reconnais immédiatement). Je cherche des piles neuves pour mon appareil photo peu coopératif, un cutter (également peu coopératif car même mes ongles sont plus efficaces).

Mon gros colis avant/après:

 Mais non, il n'y a pas que deux paquets, les autres sont en dessous.

des paquets par milliers (enfin beaucoup)

Après cette opération de récupération, j'ai perdu quelques dixièmes de vision à chaque œil à cause de tous ces post-it d’un rose éblouissant.


Je commence par ouvrir les paquets de petits plus (comme je suis très forte question déduction, je me doute que ceci n’est pas un livre, ni un cracker géant d'ailleurs) :

Après ouverture, ça donne ça:
 - un lutin ahuri (j’avais la même tête en ouvrant le paquet sauf que mon nez est beaucoup moins long). Il est déjà le roi de ce Noël.

- des Hula Hoops (très victoriens isn’t it ?) dont la promesse me laisse songeuse : « 100% huile de tournesol » (les britanniques sont donc persuadés que l’huile de tournesol est au sommet de la chaîne des huiles, ça en dit long sur la gastronomie anglaise). Ce sont des anneaux de pomme de terre (ça a le goût des Chipsters) et avec une bonne bière pour l’apéro, c’est très bon.

- une bougie décorée (de ma couleur préférée, pourpre)

- un pot de Lemon curd du Surrey (je me le réserve pour les grandes occasions mais j’en salive d’avance)

- des Lemon Puff, gâteaux au citron terriblement anglais (il doivent contenir à peu près 150g de sucre pour 100g !! ... Bon d’accord j’exagère, il y a un peu de matières grasses aussi). Ils ne sont plus de ce monde. 


Je peux ensuite passer aux livres mais c’est étrange, il reste quatre paquets. Y aurait il un paquet d'autre chose déguisé en livre ? Une boule de Noël peut-être ? ... Non, il s’agit bien de quatre livres.

 Bon, d’accord là on ne voit pas très bien les titres. Et encore un peu de perte de vision au passage !

 Là, c’est nettement mieux :

- Jack London : Le Peuple d’en bas (l’était assez beau garçon ce Jack. Vous devrez attendre un peu pour un avis plus constructif sur ce livre)

- Paul Féval : Les mystères de Londres (La quatrième de couverture parle de « réalité sociale à la Dickens et mystère à la Wilkie Collins », de quoi m'appâter)

- Christopher Priest : Le Prestige (ce sera donc mon premier steampunk et il a été primé, rien que ça)

et en bonus (entre la littérature et le calcul, ma swappeuse a fait son choix)

- Wilkie Collins : Pierre de Lune (comme je ne savais pas avec lequel continuer ma découverte wilkienne, ça tombe à pic)

D’excellents choix qui sont faits pour me plaire à priori.

 

Et pour finir, vous pouvez admirer le petit plus « fait maison » : un magnifique dessin qui ornait l’enveloppe de la carte très amusante qui accompagnait mon précieux colis. On est artiste ou on ne l'est pas! 

Et pour respecter l'esprit de Noël (parce que d’habitude, dénoncer est mon loisir préféré), je vous épargnerai sa pratique très personnelle de l'anglais que je me réserve néanmoins le droit d'utiliser à tout moment contre elle.

Attention
, avant de révéler le nom de ma swappeuse, je voudrais lancer un signal d’alarme : méfiez-vous, Wilkie rend fou ! Après les pressions affreuses dont Lilly a fait les frais, j’ai peur. En effet, je soupçonne que la barbe de Wilkie* possède un pouvoir surnaturel qui rend ses lectrices incontrôlables. Je ne peux pas expliquer autrement le post-it qui accompagnait « Pierre de lune »:
 Ce « Wilkie POWA » me terrifie.

Cette swappeuse qui me fait un peu peur, c’est… Madame Charlotte, à qui j’avais d'ailleurs essayé de soutirer le nom de sa swappée en d’autres lieux.

Un très grand
Merci Madame Charlotte, je suis enchantée par ce beau colis. Tu n’aurais pu mieux choisir.

Mon nouvel ami Victorien le lutin de noël se joint à moi pour te remercier et souhaiter à toutes les Victorian swappeuses un bon Noël victorien !

Et merci aux organisatrices de ce swap, Cryssilda et Lou.


* Pour rappel, Wilkie, c’est lui (si vous l’accusez de n’être pas très glamour, c’est à vos risques et périls, soyez prévenus, les WCA (Wilkie Collins Addicts) rôdent)


Ah oui et au fait:
Charlie Powa! 

Rédigé par Isil

Publié dans #Swap

Publié le 18 Décembre 2008

Le portrait de Mr W.H.

De Oscar Wilde

Titre original: The portrait of Mr W.H.

Première parution: 1889

Edition Le Livre de Poche, « La Pochothèque » dans Œuvres d’Oscar Wilde

40 pages

 


Le narrateur et son ami Erskine enquêtent sur l’identité du dédicataire des Sonnets de Shakespeare, un certain « Mr W.H. »
 


 


Je pensais avoir tout lu de Wilde excepté De Profundis mais en ouvrant ce recueil de ses oeuvres, je suis tombée sur deux essais dont celui-ci.
 
Le Portrait de Mr W.H. est un essai « romancé » sur l’art.

D’une part, Wilde offre son interprétation de l’identité du fameux W.H. On se rend vite compte que c’est surtout le plaisir intellectuel de la recherche, plus que le résultat qui importe. Wilde traite également du faux en art. Jusqu’où peut-on aller pour convaincre ?

Le texte hésite entre fiction et réflexion mais au final, c’est la fiction qui l’emporte largement et c’est tant mieux. Wilde ne se prend pas assez au sérieux pour imposer un point de vue qu’il sait bien trop facilement contestable et choisit de s’en sortir par une pirouette. Et il le fait avec son brio habituel. C’est très agréable à lire et facile d’accès. Ce n’est pas avec cette œuvre qu’il faut découvrir Wilde (sauf si l’on est très intéressé par un point de vue particulier et original sur l’art) mais à lire par les fans de l’auteur.


Et puis, à plusieurs reprises, Wilde utilise les vers de Shakespeare et c’est toujours un plaisir :

« Ainsi, tu fus à moi dans un rêve irréel :

Endormi, j’étais roi, - réveillé, rien de tel »

 

Et dans leur version originale :

« Thus have I had thee, as a dream doth flatter,

In sleep a king, but waking no such matter. »

Publié le 16 Décembre 2008

L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

De Robert Louis Stevenson

Titre original: The Strange case of Dr Jekyll and Mr Hyde

Première parution: 1886

Edition Robert Laffont « Bouquins »

54 pages

 

Mr Utterson, notaire londonnien, découvre qu'un mystérieux Mr Hyde, responsable de l'agression d'une fillette est étrangement lié à son ami et client, le Dr Jekyll. Inquiet pour son ami, Utterson enquête.

  


     Ce court roman sur le thème du double est une petite merveille. La révélation se fait petit à petit, par touches subtiles. Si aujourd’hui on n’est plus surpris par le dénouement, on peut encore admirer la façon dont Stevenson met en place son histoire. Comment il donne des indices subtils qui seront tous expliqués dans les dernières pages.

     Bien que connaissant l’histoire, j’ai été surprise par certains aspects. D’abord, le point de vue est celui d’Utterson, un ami de Jekyll. Les événements qui se déroulent autour de Jekyll et Hyde ne sont en général que des témoignages indirects. Jekyll ne s’exprime vraiment que dans les dernières pages. Cela donne donc un sentiment bizarre : on n’éprouve pas d’empathie pour lui, on le regarde de façon clinique et pourtant, le récit est passionnant et se déguste tranquillement. La psychologie est la base de ce roman, l’instinct de l’humain (si réfréné pendant l’époque victorienne où la simple pensée du désir est une attaque contre la civilisation toute entière) se battant pour se dégager de l’homme public policé. J’ai suivi ce récit sans un instant d’ennui et la réflexion qu'il entraîne me fascine, sur un sujet qui est pourtant rebattu aujourd’hui, avec l’apport de la psychologie.

Publié le 14 Décembre 2008

à Sèvres, le 13 décembre 2008  

Je tiens d’abord à remercier Brize de l’avoir signalé car j’avais oublié que c’était ce samedi que se déroulaient ces rencontres. Je passe 364 jours de l’année à affirmer que Sèvres est la ville la plus ennuyeuse du Monde et 1 jour à me dire qu’après tout…

 

L’exposition à la médiathèque municipale avait pour thème les Géants et trois illustrateurs étaient en vedette : Gustave Doré, Théodor Kittelsen et Arthur Rackham. J’adore Doré et Rackham alors j’ai évidemment été charmée par cette exposition. Et comme tous les ans, je me dis que je devrais m’inscrire à la médiathèque, ne serait-ce que pour ces livres d’illustrations introuvables dans le commerce et comme tous les ans, je vais oublier demain. On peut retrouver les bibliographies de cette année et des années précédentes sur le site de la médiathèque.

 

Les Rencontres de l’Imaginaires se déroulent au SEL, le lieu des activités culturelles sévriennes et permettent de rencontrer des acteurs des littératures de l’imaginaire, auteurs et publications (fanzines ou petits éditeurs). Cet année, l'invité d'honneur était Philippe Curval et une exposition était consacrée à Eric Scala. L'affiche est dessinée par Manchu.
Je ne pensais rester que très peu de temps et finalement, je n’y ai jamais passé autant de temps. D’abord parce que je suis restée une heure à discuter avec les membres de l’association Tolkiendil qui tenait un stand. Vous savez, vous, quelles sont les trois herbes que Sam demande à Gollum de rapporter quand il s’apprête à cuisiner un lapin ? Moi non (je dirais thym, romarin et sauge, comme ça de mémoire). En tout cas, je peux vous annoncer que la révision de la traduction du Seigneur des Anneaux est prévue pour…2007. Hem, apparemment, la maison d’édition a eu d’autres priorités et ce projet est reporté.

Je trouve la rencontre avec les auteurs dans les salons du livre habituellement terriblement ennuyeuse. Je n’ai en général pas lu leurs livres et je ne comprends pas pourquoi on n’invite jamais Herbert, Tolkien ou Asimov sur des salons, et de toute façon, je ne sais jamais quoi leur dire d’autant plus que ma timidité m’empêche d’aller au-delà de « bonjour ! », ce qui n’est pas super constructif comme rencontre, j’en conviens. Donc, les années précédentes, je passais mon chemin mais là, je suis arrivée dans une période creuse et j’ai pu discuter avec les quelques auteurs qui ne déjeunaient pas (c'est-à-dire peu) et dont j’avais déjà les livres chez moi. J’ai pu parler de Tolkien un long moment avec Edouard Kloczko, auteur de l’Encyclopédie des Elfes  (il n’aime pas l’adaptation de Jackson, moi oui, il aime l’adaptation de Dracula par Coppola, moi non). J’ai pu parler des trois premières pages des Poubelles pleurent aussi (je n’ai pas eu le temps de lire au-delà) avec Guillaume Suzanne et l’illustrateur de la couverture. Et je ne demande presque jamais de dédicace mais là je suis revenue en fin de journée avec mes livres sous le bras et j’ai eu droit à une aquarelle de Zariel.

Bref, j’ai passé un bon moment. J’ai été à deux doigts d’acheter un roman de Catherine Dufour (qui était aussi en dédicace) mais je vais attendre une éventuelle sortie en poche. En revanche, j’ai acheté quelques novellas des éditions Griffe d’Encre, dont La vieille anglaise et le continent et un numéro de la revue Galaxies. J’ai surtout trouvé les exposants moins sinistres que les années précédentes. Ils ont presque tous donné l’impression qu’on ne les dérangeait pas en leur disant bonjour (il en reste quand même un ou deux, réfractaires, qui ont l’air de s’ennuyer ferme), ce qui est un net progrès par rapport aux années précédentes.

Pour avoir encore plus de regrets de n'y avoir été, le programme et les invités, c'est ici.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 11 Décembre 2008

The Ruby in the smoke

A Sally Lockhart mystery 1

De Philip Pullman

Première parution: 1985

Edition Dell Laurel-Leaf

230 pages

 

En 1872, lorsque son père disparaît en mer de Chine dans des circonstances suspectes, la jeune et intrépide Sally Lockhart se retrouve livrée à elle-même dans le Londres inquiétant de l'époque victorienne... Sans qu'elle le sache encore, un grand danger rôde autour d'elle. Parviendra-t-elle à percer le secret d'un rubis fabuleux qui excite les convoitises et sème la mort autour de lui ? Il semble être au cœur du mystère.




      Je dois faire un aveu, je n’ai pas aimé Les Royaumes du nord. En fait, je ne l’ai même pas lu jusqu’au bout. J’ai abandonnée après le premier tome et essayé de continuer un peu plus tard, mais je n’ai pas dépassé les cinquante premières pages du deuxième. Le problème, c’est que je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi je n’aimais pas, tous les ingrédients d’une histoire que j’aime sont réunis, roman d’initiation, univers parallèle, aventure… mais rien à faire, je me suis ennuyée du début à la fin.

Lorsque j’ai vu l’adaptation des aventures de Sally Lockhart à la télévision, récemment, je n’ai pas été tellement convaincue et j’hésitais donc à lire The ruby in the smoke, premier de la série. Chrestomanci m’a « forcé » la main grâce au London swap.


     L’ambiance victorienne me semble plutôt bien rendue et l’intrigue, à base de commerce d’opium et de joyaux disparus est plaisante. Et pourtant, je n’ai pas été intéressée. Je dois être insensible à la manière d’écrire de Pullman. Tout m’y semble artificiel et creux. Les personnages m’ennuient (dans un roman jeunesse à base d’aventures et de suspense, je m’attends à éprouver au moins un peu d’empathie pour eux même si le manque n’est pas toujours rédhibitoire). Il est vrai que ma rencontre avec Sally s’est mal passée. L’auteur veut en faire une femme forte, ce dont je ne me plaindrai pas, mais du coup il en oublie juste un peu d’en faire un être humain. Quand on voit un homme avoir un malaise devant soi, c’est bien de ne pas hurler ou s’évanouir mais tenter de lui porter secours ou appeler de l’aide me semble encore plus formidable. Se contenter d’éloigner le bas de sa robe pour éviter de toucher le cadavre peut paraître peu sympathique. Même si après cela, je n’ai plus rien à reprocher au personnage, si ce n’est d’être ennuyeux, c’était un mauvais départ. Je n’ai pas plus apprécié les autres personnages que Sally.

     Bref, malgré les qualités de l’auteur, son écriture me rend la lecture un peu pénible. Pire je me suis aperçue au cours de ma lecture que j’avais déjà tout oublié de la série télé que j’ai pourtant vue assez récemment.


     J’ai malgré tout préféré The ruby in the smoke aux Royaumes du Nord car au moins j’ai réussi à aller jusqu’à la fin. Je pensais tenter de relire les Royaumes du Nord mais là, je suis de plus en plus convaincue que je n’aimerai pas plus avec du recul. Mais je ne suis toujours pas totalement certaine de comprendre exactement ce que je n’aime pas chez cet auteur. Voilà un mystère pour Sally Lockhart.

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Jeunesse

Publié le 9 Décembre 2008

C'est marron, c'est moche, ça ne va avec rien mais qu'est-ce que ça fait plaisir!
Il est arrivé, il est énorme, il est magnifique.


Quel est ce nombre "47" sur le colis? Est-ce le nombre de paquets qu'il contient? Un mystérieux code sorti tout droit d'un épisode de "Lost" ? Qui est ma Father Christmas swappeuse? Peut-on survivre à la nourriture anglaise? Pour avoir les réponses (ou pas) à ces questions, rendez-vous le 20 décembre. 

Le 20 j'enlève le haut!

Rédigé par Isil

Publié dans #Swap