Publié le 29 Octobre 2008

Comme on n’a pas tous les jours 18 ans, je voulais quelque chose d’original pour ceux de ma grande nièce adorée. Je l’ai donc emmenée à Londres pour un week-end.

Jour 1:

L’arrivée est une découverte aussi pour moi, puisque désormais on arrive à St-Pancras. Après une installation rapide dans un chouette petit hôtel très tranquille à moins de cinq minutes de la gare, la visite a pu commencer. Première vision de Londres pour ma nièce à la sortie du métro, un choc, Picadilly Circus:

 
Ballade dans les rues: Charing Cross Road, Cecil Street et ses bouquinistes, Trafalgar Square et une petite visite de la National Gallery, St James’s Park et les Houses of Parliament, avant de finir la soirée dans un pub.



Jour 2:

J’ai un scoop: parfois il pleut à Londres. C’est mon troisième voyage à Londres et le premier où j’ai vu des trottoirs humides. J’ai un deuxième scoop: le dimanche, l’Abbaye de Westminster est fermée aux visiteurs car c’est un lieu de culte (ça n’a jamais arrêté le tourisme à Notre-Dame, ce genre d’argument). Pas de visite donc et une arrivée sous la pluie à Buckingham Palace pour assister à une relève de la garde tout aussi humide:


La pluie a cessé pour la visite des boutiques autour d'Oxford Corner.


Pour finir la soirée, j’avais réservé une table au Rules, le plus vieux restaurant de Londres, situé à Covent Garden. Le cadre est très vieille Angleterre et la cuisine traditionnelle est bonne et très copieuse. Pour moi, une Game Pie (tourte au gibier) accompagnée de chou puis un « Sticky Date & Toffee Pudding » avec sa sauce au caramel, un régal. Pour Anne, Curry de faisan accompagné de riz et de chutney divers et en dessert, un crumble aux pommes et aux mûres. A notre grande honte, nous avons été incapables de finir les desserts.

Jour 3:

Le soleil est de retour. Au programme de la journée, nous avons donc London Eye, la grande roue qui permet de découvrir Londres vue du ciel:


Le Tower Bridge et la Tour de Londres, avec les joyaux de la Couronne.


Après un petit arrêt rapide à Saint Paul’s Cathedral, la journée se termine par deux grands magasins. Le premier, Harrod’s évidemment, pour trouver « le » maillot de foot bleu pour mon neveu (il est désormais l’heureux propriétaire d‘un vrai maillot de Chelsea) puis Foyles, une grande librairie. Là, c’était mon auto-cadeau personnel. J’y ai fait « quelques » achats (sachez seulement que j’ai hélas fait le plein avant de trouver le rayon sf), des classiques surtout, bien sûr.
Je l’ai enfin trouvée, l’édition parfaite de « Our Mutual Friend » que je cherchais. Elle est toute simple d’extérieur mais élégante et les illustrations en noir et blanc de Marcus Stone sont splendides.

Jour 4:

Madame Tussauds et ses stars: 
C'est moi ou à part le chapeau et le fouet, rien n'est ressemblant?

Au moins, lui on peut le photographier sans avoir 50 personnes qui s'amassent autour, pas comme Brad et Angelina.

Et Westminster Abbey au pas de course pour le plaisir de retrouver le Poet’s corner et la tombe de Dickens.


Et notre dernière vue de Londres avant le départ en train, les escalators vertigineux du métro:


Mes achats, livres, dvd, cd :

Des livres: Eliot, "Daniel Deronda"; Trollope, "Barchester Towers" ; Gissing, "New Grub Street" ;
Shaffer, "The Guernsey literary and potato peel pie society" ; Dickens "Little Dorrit" ; Gaskell, "Round the sofa"
Hill, "The death of Dalziel" et "A cure for all diseases"
Des dvd: "Ashes to ashes" et un vieux "Doctor Who" des années 70 et la b.o. de la série "Life on Mars"
Marcus Stone, illustration

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 24 Octobre 2008

Il est arrivé !
Colis London swap, ça signifie des livres et des surprises, c’est-à-dire accroissement du plaisir garanti.

Avant déballage:

Qui a bien pu concocter ce trésor ? Je ne l’avais pas beaucoup aidée, la pauvre, je lui avais donné peu de directives ou indices. Elle avait donc bien du mérite de s’y coller !

Le prénom me donnait une indication mais avant même d’ouvrir la carte finale, celle donnant le nom de ma swappeuse, j’avais deviné. Ai-je un don extraordinaire ? Non, mais j’ai eu quelques indices à l’ouverture des paquets. Mais reprenons dans l’ordre.
Après arrachage déchirage déballage:
 D’abord, des livres :

- Nick Hornby : Haute fidélité (chick lit version homme, je ne demande qu’à découvrir)

- Philip Pullman : The ruby in the smoke

- J.M. Barrie : Peter Pan (en v.o., ça tombe bien, je l’ai lu il y a un moment en français et souhaitais le relire un jour en anglais).

 

Des friandises et des surprises :

- Des Finger et des After Eight à grignoter (je n’en ai pas mangé depuis l’enfance, encore l’effet nostalgie qui fonctionne à fond)

- Des marque-pages avec des livres et des chats (C’est gentil de prévenir de ne pas faire pareil mais je te rassure, je ne suis pas équipée pour).

- 2 jolies cartes, une avec des souris (ce n’est pas gentil de harceler une pauvre femme qui est réveillée la nuit par une musaraigne, heureusement qu’elles sont très chouettes) et une avec des nains de jardin (ça va je n’ai jamais eu de problème avec des nains de jardin).

 

Et maintenant, il est temps de voir comment j’ai eu la certitude de l’identité de ma swappeuse :

- Des badges « Punks not dead » (j’ai fait une plongée instantanée dans mes années lycé, je ne sais pas si je dois te remercier pour ça !) m’ont mis la puce à l’oreille.

- 2 cds compil’ de chansons anglaises (British rock et London Songs) avec tout plein de morceaux de The Cure ne m’ont laissé aucun doute. Et en parcourant la liste, je découvre des noms comme Echo et les Bunnymen (ça me fait un peu penser à R.E.M. que j’adore) et une chanson d’Indochine qui s’appelle « Peter Pan » et je vais pouvoir écouter en boucle la seule chanson de Depeche Mode que j’aime vraiment (mais comment as-tu deviné ?).

 

Tu es démasquée CHRESTOMANCI !

 

MERCI beaucoup ! Les Finger et les cds m'ont carrément mis en transe.

Et bien sûr merci à Ys pour l’organisation de ce swap.

 

PS : trop facile les intrus ;-)

PS bis : Ys, j’interdis ici tout commentaire à propos de ceux qui ne savent pas compter, moi ça me va très bien (ce n’est pas très démocratique, mais on n’est pas en démocratie, on est chez moi, na !).
 


Et pour couronner le tout, je pars demain en week-end pour… Londres !

J’espère avoir le temps de passer faire un petit coucou à Peter Pan.
Et pour m'accompagner:

Rédigé par Isil

Publié le 23 Octobre 2008

Under World

De Reginald Hill

Première parution: 1988

Edition HarperCollins

424 pages

 

Lorsque la petite Tracey Pedley a disparu dans les bois de Burrthorpe, les membres de cette communauté fermée des mineurs du coin avaient leur avis sur ce qui s’était passé mais la police a conclu à la culpabilité d’un tueur d’enfant qui s’est suicidé. On s’interroge pourtant sur le rôle du dernier homme à l’avoir vue et sur sa chute fatale dans un puit de mine abandonné. Son fils, Colin, est de retour et est prêt à en découdre.

Un meurtre dans les mines va obliger Dalziel à enquêter dans cette communauté hostile à la police après une grève très dure.

  


Reginald Hill est mon auteur de romans policiers contemporains préféré et pas seulement parce qu’il est fan de Jane Austen, dont il utilise l’œuvre dans certains de ses romans. Il est l’auteur d’une série dont les premiers tomes datent des années 70 et qui mettent en scène Andy Dalziel, un vieux policier grossier et son jeune subordonné éduqué Peter Pascoe. Cette série a été adaptée pour la télévision et est connue en France sous le titre « Inspecteurs associés » (Dalziel and Pascoe en V.O.). En plus des bonnes intrigues et de l’écriture excellente de la série, j’aime les personnages. Dalziel est assez original dans le genre. Il n’est pas du genre à traîner son mal-être et ses questionnements sur la vie, l’univers et le reste comme la plupart des héros policiers. Il n’est pas du genre à se demander pourquoi sa femme est partie (il aurait d’ailleurs été plus surprenant qu’une femme puisse rester avec lui). Il est odieux, il passe son temps à gratter certaines parties de son anatomie en public, il engueule tout le monde en jurant comme un charretier, bref c’est un gros con vulgaire et il fonce dans le tas mais c’est un bon vivant. Et on finit par s’attacher à lui parce que c’est un type réglo et loyal qui a parfois des élans de sensibilité inattendus. En fait, il se fait un malin plaisir à ne jamais agir comme les gens s’y attendent. Son subordonné Pascoe est un nouveau type de policier. Il a fait des études, il est moins corporatiste que la plupart des policiers, il fait confiance aux méthodes modernes. Bref, c'est un  objet de moquerie constant pour son supérieur.

La série a d’autres personnages récurrents, le sergent Wield, policier imperturbable et Ellie Pascoe, gauchiste, féministe, toujours prête à fustiger les brutalités policières mais aussi femme de Peter. Les joutes verbales entre elle et Dalziel sont toujours savoureuses même si, elle le reconnaît elle-même, gagner contre lui, c’est comme vouloir « tuer un grizzli en le chatouillant ». La série met aussi en scène le Yorkshire, région industrielle et ses communautés. Le premier de la série, « Une femme trop sociable » (publié au Masque) se passait dans un club de rugby, le deuxième, « Leçons de meurtre », dans une université. J’ai lu tous ceux qui ont été traduits en poche et je me suis arrêtée faute de combattants.

 

Je reprends ma lecture après quelques années avec la suite en anglais, « Under World », le dixième de la série, qui se passe dans un village de mineurs dans les années 80. Il est un peu long à démarrer. On y découvre une histoire complexe où sont mêlés disparition d’enfant, conflits sociaux, ambitions politiques et journalistiques. Le début se concentre surtout sur Colin Farr, un mineur qui suit des cours universitaires avec Ellie Pascoe et l’enquête d’un journaliste sur une ancienne affaire à laquelle était mêlé le père de Colin. En plus, les tensions sociales sont beaucoup mises en avant. Un policier résume les relations entre la police et la population locale : « -You’re not really expecting trouble, are you ? said Pascoe.

The man shrugged.

- You weren’t here during the Strike, sir. Ever see that film, Zulu ? Well, that’s what it were like in here that night we had the bother. Except that in the film the redcoats stood their ground. We had more sense. We ran ! Since that night, I’ve been ready for anything. A mob’s like a dog. Once it’s bitten, it can always do it again. »

 

C’est, malgré ce démarrage un peu long, un bon cru qui se dévore (même si j’ai dû m’habituer au parler populaire du Yorkshire et des mineurs en anglais), l'intrigue se tient parfaitement et Dalziel est égal à lui-même.
 J’encourage tout le monde à découvrir cet auteur qui a obtenu de nombreux prix, même s’il est difficile à trouver en France aujourd’hui.

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Policiers

Publié le 19 Octobre 2008

Animal Farm

De George Orwell

Première parution: 1945

Edition Penguin

95 pages

  

Mr Jones de Manor Farm est fainéant et souvent ivre. Le jour où il oublie de nourrir les animaux. Une rébellion s’ensuit, sous la direction de Snowball et Napoleon, les cochons. Faisant vœu d’éliminer toute iniquité au sein de la ferme, « Animal Farm » s’organise pour profiter à ceux qui marchent sur quatre pattes. Pourtant, comme le temps passe, les idéaux de la révolution sont corrompus puis oubliés… 

 


     J’avais 16 ans lorsque j’ai lu « Animal Farm ». C’était une lecture obligatoire, c’était en anglais et pourtant, j’avais déjà beaucoup aimé.

     Dans cette dystopie, Orwell explore les mécanismes qui mènent d’une révolution à une tyrannie. La masse des individus non éduqués suit sans réfléchir en se contentant de scander des slogans. Le récit est très efficace et on suit ce cheminement avec intérêt et dégoût. Tout y passe : propagande, manipulation, révisionnisme historique, hypocrisie du système où « certains animaux sont plus égaux que d’autres », la mégalomanie et la paranoïa du chef…

     Le style est assez plat, presque journalistique. Pas d’avis, peu d’émotion, aucune digression, Orwell se contente de donner les faits. Cela fait encore plus ressortir le côté satirique. C’est très réussi.

Publié le 16 Octobre 2008

Avec vue sur l’Arno

De Edward Morgan Forster

Titre original: A room with a view

Première parution: 1908

Edition 10/18

287 pages

 

 

Quatrième de couverture : Entre un baiser volé parmi les cataractes de violettes sur les ravins de Fiesole, un baiser raté par un fiancé au pince-nez d’or, et un baiser repris par un amoureux passionné dans un sentier étroit, la jeune Lucy se libérera du carcan victorien de son existence convenue pour devenir un superbe personnage de roman qui devrait faire rêver les lecteurs des années 80 comme il enthousiasma ceux des années 10.
  


Comme toute jeune anglaise du début du vingtième siècle qui se respecte, Lucy Honeychurch va à Florence pour parfaire son érudition. Bien entendu, elle ne peut voyager qu’accompagnée d’un chaperon (en l’occurrence, sa cousine Charlotte) et ne se sépare jamais de son Baedeker, le guide touristique de référence. Pour Lucy, ce voyage va être le début de quelque chose de nouveau, d’une ouverture résumée par cette phrase : « Puis le charme pernicieux de l’Italie agit sur elle et, au lieu d’acquérir de l’érudition, elle se mit à être heureuse. »

Eduquée selon des valeurs traditionnelles de la fin de l'époque victorienne, Lucy va rencontrer les Emerson, qui font preuve d’une grande indélicatesse en proposant d’échanger leurs chambres avec les deux cousines afin que celles-ci puissent bénéficier d’une vue sur l’Arno. Dans le monde de Lucy, cela ne se fait pas. D’autant plus que le père comme le fils sont des parvenus et des anti-conformistes, donc infréquentables.

Voici le point de départ du cheminement intérieur de Lucy. Ces deux mondes opposés vont ensuite se retrouver en Angleterre et Lucy va être amenée à s’interroger sur ses sentiments et sur ce qu’elle attend de la vie et de son mariage programmé avec Cecil Vyse, symbole d’érudition mais également du rapport victorien entre les hommes et les femmes, synonyme d’enfermement psychologique.

 

Quelle belle surprise ! J’ai été charmée par l’écriture de ce roman dont je connaissais déjà la trame pour avoir vu Chambre avec vue, la magnifique adaptation de James Ivory. Je craignais une lecture fastidieuse, et j’ai immédiatement compris qu’il n’en serait rien. C’est délicat, c’est ironique, c’est fin, bref, c’est magnifique ! Il n’y a pas une phrase en trop. Tout est ciselé à la perfection. On suit le cheminement intérieur de Lucy, on le comprend parfaitement. A travers ce magnifique portrait, c’est le glissement d’une époque à une autre, celle de l’époque victorienne à la période où les femmes vont acquérir plus de liberté, une plus grande dose d’indépendance. C’est un roman de formation, de découverte de soi qu’il faut lire absolument !

 

« Mais son genre est de ceux qu’on désapprouve plutôt qu’on ne les déplore. Dès son arrivée ici il nous a bien un peu hérissés, et, j’ose affirmer, non sans raison. Il n’a ni tact ni manières et ne sait pas garder ses opinions pour lui. Nous avons été sur le point d’adresser à son sujet une plainte à la pauvre Signora, mais, tout bien pensé, nous nous sommes abstenus et j’en suis heureux aujourd’hui.

- Dois-je en conclure, dit Miss Bartlett, que c’est un socialiste ? »

Publié le 13 Octobre 2008

Corto Maltese : Sous le signe du Capricorne

De Hugo Pratt

Première parution: 1979

Edition Casterman

140 pages 

 

Quatrième de couverture : 1913, Tropique du Capricorne, Guyane hollandaise plus précisément. C’est ici que débute ce chapitre des aventures de Corto Maltese, loin des menaces qui planent sur l’Europe.

Chevaleresque, bagarreur et toujours trop curieux, gentilhomme de fortune des temps modernes, épris de justice et sans scrupules, Corto avance sur le chemin de sa destinée très particulière, au gré des rencontres et des mystères qui jalonnent sa route.
 


J’ai toujours autant de plaisir à retrouver Corto dans ses aventures même pour une énième lecture. Sous le signe du Capricorne nous emmène en Amérique du Sud, de la Guyane hollandaise au Brésil. Le dessin y est toujours sublime. C’est du pur Corto, avec de l’aventure, de la bagarre, des femmes de caractère, une chasse au trésor. On y rencontre des personnages forts : Bouche dorée, Raspoutine…

Je le place un peu en dessous de La ballade de la mer salée car le paranormal est trop présent à mon goût dans cette bd d’aventures (heureusement, Corto a les pieds sur terre) et surtout, plus qu’une histoire suivie, on a plusieurs chapitres qui sont autant d’intrigues successives, plus proches de la nouvelle que du roman. Mais ça reste excellent.

 
Autre chronique :

Corto Maltese : Les Celtiques

Publié le 9 Octobre 2008

Le Grand Pays

La Légende des Tueuses-Démon, tome 1

De Ange

Première parution: 2008

Edition Bragelonne

294 pages

 

 

Quatrième de couverture : À 11 heures, ils demandèrent à Malïn de se suicider. Ils l’amenèrent dans la suite princière et lui laissèrent, selon la tradition, une dague, un bol de breuvage d’épices au miel et une fiole de poison. Puis ils s’inclinèrent et sortirent. Malïn resta seul. Il avait quatorze ans.

Mais un autre destin attend le jeune prince.

Car ce même matin, le palais royal est frappé par une entité maléfique et meurtrière qui précipite ses habitants dans la folie et la mort. Pour Malïn, à l’espoir fou de sauver sa propre vie succède celui de libérer son peuple.

En compagnie d’une jeune fille arrachée in extremis aux horreurs qui ont envahi le palais, il part pour un voyage épique au-delà des mers, à la recherche des Tueuses-démon, seules capables, selon la légende, de vaincre l’ennemi invisible qui ravage sa patrie.

 


     A priori, ce roman de fantasy, premier tome d’une trilogie, n’a rien d’extraordinaire. L'intrigue est très classique, c'est celle de la quête d'un jeune héros, et n'apporte rien de nouveau. Il est malgré tout plus réussi que la moyenne avec un petit quelque chose en plus, un monde cohérent même s'il est peu développé (l'ambiance est plutôt asiatique) et des éléments originaux qui se dévoilent au fil de la lecture. Un petit bémol peut-être, un vocabulaire parfois trop d’aujourd’hui, peu habituel dans le genre. Ce ne sont que quelques expressions, ici ou là, rien de rédhibitoire donc. L’histoire est intéressante et il y a peu de temps morts. Je l’ai donc dévoré mais je ne pensais pas qu’il puisse m’épater à ce point.

     J’ai vraiment été surprise au fil de la lecture. Cela ne m’était jamais arrivé dans ce genre. Tout semblait évident et puis non. Les auteurs (Ange est un binôme) ont chamboulé mes certitudes à partir des deux tiers du livre. La quête est classique mais la fin est surprenante, hors des sentiers battus. Les personnages sont intéressants pour des adolescents, surtout le personnage d’Alia (décidément, ce prénom me plaît bien), loin de la jeune capricieuse évaporée qu’on pourrait attendre d’une courtisane. Elle se révèle une fine politique. Rien que pour ça, ce roman vaut un détour. La suite s’annonce sombre.

Publié le 8 Octobre 2008

Appaloosa

Western - Etats-Unis - 2008

Réalisé par Ed Harris, scénario de  Robert Knott et Ed Harris

D’après le roman de Robert B. Parker

Avec Ed Harris (Virgil Cole), Viggo Mortensen (Everett Hitch), Renée Zellweger (Allison French), Jeremy Iron (Randall Bragg), Lance Henriksen (Ring Shelton)

 

Au Nouveau-Mexique, en pleine conquête de l'Ouest, la petite ville minière d'Appaloosa vit sous la domination du tout-puissant Randall Bragg et de ses hommes, qui n'ont pas hésité à éliminer le shérif.

Pour mettre fin au règne de la terreur, la communauté fait appel au marshal Virgil Cole et à son adjoint, Everett Hitch, réputés pour avoir ramené la paix et la justice dans des villes où plus aucune loi n'avait cours. Pourtant, cette fois, Cole et Hitch vont se heurter à un adversaire d'une autre dimension. Leurs méthodes implacables risquent de ne pas suffire. L'apparition d'Allison French, une séduisante veuve, va aussi mettre leur duo à l'épreuve.

 


     Si vous êtes nostalgiques de l’émission de télé la Dernière Séance, ce film est fait pour vous. Il est certes plus lent et moins rempli d’yeux plissés et de fusillades que les classiques du genre mais ça reste un bel hommage.

Appaloosa est en effet un bon western, de facture classique, aussi bien dans l’histoire évoquée que dans la réalisation. L’image est belle, les décors sont somptueux. Le shérif et son adjoint sont des personnages réussis, pas des gros durs, mais ils ne tombent pas non plus en permanence dans l’introspection comme c’est trop le cas à mon goût ces dernières années.

     Le recul nécessaire pour ne pas se retrouver dans une parodie du genre est apporté par des répliques qui font mouche sans jamais faire sombrer le film dans la farce grotesque.


     Les trois acteurs principaux sont parfaits, charismatiques sans cabotiner, ils ont une énorme présence à l’écran sans essayer de se voler la vedette. Même les silences, parfaitement calibrés pour ne pas devenir ennuyeux, sont lourds de sens et sont particulièrement réussis (si on m’avait dit qu’un jour j’aimerais le silence au cinéma !). Ed Harris et Viggo Mortensen valent largement John Wayne et Dean Martin. Cela faisait bien longtemps que Jeremy Irons ne m’avait pas fait autant plaisir. Le point faible du film, pour moi (mais je crois être loin d’être la seule à l’avoir ressenti), c’est Renée Zellweger dont le rictus qu’elle arbore pendant les trois quarts du film est insupportable alors que l’ambiguïté du personnage méritait bien mieux.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 6 Octobre 2008

Chrestomanci et La Liseuse m’ont fait l’honneur de me désigner pour le prix « I love your blog ». Si j’étais du genre flagorneur (remarquez avec quelle élégance j’évite l’expression "cire pompes"!), je dirais que je suis bien embêtée parce que leur blog fait partie de mes préférés. Ils font partie de ceux que je suis depuis le début. Celui de La Liseuse fait en plus partie de ceux dont je me suis inspirée pour mettre le mien en forme. Allez, au diable la mesquinerie, je suis prête à toutes les bassesses quand je le pense sincèrement, alors à toutes les deux je l’affirme : « I love your blog too ».

 


En voici les règles
 :

- mettre le logo et les règles sur votre blog.

- mettre le lien de la personne qui vous a attribué ce prix.

- désigner 7 de nos blogs préférés.

- les prévenir que vous leur avez attribué ce prix !

 

Je pourrais citer tous ceux qui sont dans mes liens parce que, s’ils sont dans mes liens, par définition, n’étant pas très portée sur le masochisme, c’est que je les aime. Alors, je vais y aller un peu au hasard :

- Yueyin : je dois être probablement la cinq millième à la citer mais Tolkien sait pourquoi, je ne peux m’en empêcher (eh oui, je te vole cette expression, Yueyin, et sans aucune honte en plus). Sérieusement, Tolkien ET Austen, comment résister ?

- Martlet : pour les nouveautés SFFF (même pas encore sorties en France) que je note même si je ne les lirai que dans dix ans, quand elles seront en poche et que j’aurai lu tous les classiques. Et puis je veux absolument voir le magnifique logo apparaître sur ton blog (on est au XXIe siècle, y’a pas de raison, hein, que des femmes qui font tout pour l'éviter en général soient les seules à se taper la honte avec des cœurs sur leur blog) mais ça c’est par pure bassesse alors je ne vais pas m'étendre sur le sujet.

- Algernon : pour SES blogs SFFF qui disparaissent honteusement dès que je tourne le dos (non, je ne suis pas parano et je n’y vois pas de rapport de cause à effet mais quand même…) et qui me fait me demander si je ne vais pas finir par lire Howard et son fameux Conan. Et aussi pour Tolkien et Gérard Philippe.

- Cryssilda : pour la littérature victorienne que nous partageons, elle Collins et moi Dickens. Et pour ses récits de voyage en Ecosse.

- Madame Charlotte : pour les auteurs morts, Dickens et les autres. Je lui pardonne même de ne pas avoir complètement succombé à Austen (je suis trop bonne parfois).

- Canthilde : que je suis depuis peu mais qui m’a déjà donné plein de nouvelles idées lectures (lectures classiques bien sûr) et que je compte bien explorer de plus en plus.


Et une place spéciale, un giga « I love your blog » pour :

- Lamousmé : pour ça et ça, parce qu’elle ne parle pas souvent de livres mais quand elle en parle, ça me provoque une fièvre acheteuse incontrôlable (Lamousmé, mon compte en banque ne te dit pas merci !), et surtout pour quelques superbes samedi après-midi qui n’auraient pas eu lieu sans ce blog.

 

J’aurais aussi pu citer, en vrac, Chimère et son courageux « je lis la Trilogie martienne » actuel (parce qu’il va me falloir plusieurs mois pour me remettre du premier) et sa chronique à venir sur Dune que j'attends toujours ; Hydromielle qui a aimé Hypérion de Simmons (c'est qu'on va finir par lui faire aimer les classiques de la SF!) ; Naïk ou Lilly et leurs classiques ; Michel et ses policiers ; Gaël qui aime Orgueil et préjugés et Oliver Twist (deux grands signes d'intelligence et de subtilité) et bien d’autres encore mais je ne le ferai pas parce que ça ferait plus de sept et que je ne suis pas du genre à tricher.

Rédigé par Isil

Publié le 1 Octobre 2008

Titus d’Enfer
La Trilogie de Gormenghast tome 1

De Mervyn Peake

Titre original: Titus Groan

Première parution: 1946

Edition Phébus Libretto

502 pages

  

Le gigantesque château de Gormenghast est la propriété des comtes d’Enfer. Il y a là, le mélancolique Lord Tombal, 76ème comte d'Enfer, son épouse Gertrude qui ne s’intéresse qu’à ses oiseaux et à ses chats, sa fille Fuchsia, jeune fille de 15 ans, solitaire et sauvage, son fils Titus, le 77ème comte qui vient au monde au début de l’histoire, Cora et Clarisse, les sœurs jumelles de Lord Tombal. Les serviteurs sont tout aussi étranges que les maîtres du château. Cette famille est soumise aux rituels ancestraux, sauvegardés par Grisamer le maître des cérémonies. Finelame, un jeune et ambitieux marmiton de 17 ans s’échappe des cuisines et grâce à sa ruse, réussit à s'introduire dans l'entourage du comte. Il va tout faire pour devenir indispensable… 

 

Quatrième de couverture : Premier roman de la célèbre " Trilogie de Gormenghast ", où Mervy Peake (1911-1968) invente un univers de fiction aussi étrange, aussi inquiétant que celui de Tolkien - une large dose d'humour féroce en plus... Une vaste métaphore de l'humaine condition, picaresque et irrévérencieuse à souhait, qui fit se récrier d'aise Grahame Greene... et comparer Peake à Rabelais, Swift, Powys - rien de moins. 

 


Comment trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti en lisant ce roman fantastique ? J’en suis incapable, je ne peux que dire que j’ai beaucoup aimé, ce qui n’est pas, j’en conviens volontiers, un argument très valable ou particulièrement intéressant. Pourquoi j’ai aimé ? Parce que…

Titus d’Enfer ne pouvait être écrit que par un anglais. Cette folie, ce côté « over-the-top » (la bataille épique entre Lenflure, le gros cuisinier, et Craclosse, le serviteur squelettique est un grand moment) se situent dans la tradition britannique et parfois, les personnages m’ont eu l’air tout droit sortis de l’univers de Dickens. En effet, il faut peu de mots à l’auteur pour arriver à décrire un personnage, au-delà de son physique, par son attitude, sa façon de parler… C’est parfois délirant mais si délicieux, fascinant même. Il faut être capable de se laisser glisser dans cet autre monde, à la fois irréel (l’ordre de grandeur est chamboulé avec ce château gigantesque qui semble vivant, qui est le personnage principal de cette histoire) et tellement ancré dans le réel (les personnages sont si humains). Parce que en fin de compte, c’est bien de l’humain que parle ce roman, à travers une galerie de personnages archétypaux : Tombal, le 76è comte d’Enfer, mélancolique se raccrochant à des rituels immémoriaux dont la signification est perdue, Gertrude, sa femme, insensible à tout sauf à ses oiseaux et ses chats, leur fille Fuschia, solitaire qui se réfugie dans un vieux grenier, le docteur Salprune, sa sœur Irma (tellement « lady ») et tous les autres. C’est un monde clos, qui ne s’ouvre au monde qu’en de rares occasions. Et même à l’intérieur du château, seuls les cérémonials poussent les gens à se réunir. Tous vivent assez isolés finalement.


        
Il ne faudrait pas croire pour autant que ce roman soit difficile d’accès, hermétique ou ennuyeux. Ce n’est pas le cas du tout. Au contraire, le roman parvient même à nous faire ressentir l'ennui des personnages sans que cela ne le soit pour le lecteur. L’écriture en est belle et semble couler de source. Le fantastique et l’outrance sont assez légers finalement, même s’ils sont marquants et l’humour est bien présent. Mais surtout, l’intrigue, quoique simple, est tout à fait passionnante à suivre. Le machiavélique Finelame parviendra-t-il à atteindre son but? La fin laisse en suspens certains aspects de l’histoire qui se poursuivra dans « Gormenghast ». 
 

J’ai l’impression de ne pas posséder l’art de pouvoir exprimer toute la fascination que ce roman a exercée sur moi. Il faut le lire pour comprendre.


La Trilogie de Gormenghast:
1. Titus d'Enfer
2. Gormenghast
3. Titus errant