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Publié le 14 Mars 2011

Troll hunterTroll-Hunter.jpg

1h43 – Norvège - 2010

Réalisé par André Øvredal

Avec Otto Jespersen, Hans Morten Hansen, Tomas Alf Larsen, Johanna Mørck

 

 

Un groupe d'étudiants norvégiens partent à la recherche de mystérieux trolls géants, accompagnés d’un chasseur spécialisé.


 

Dans un moment d’égarement m’est venue l’idée saugrenue d’aller voir un film tourné caméra à l’épaule. Oui, j’avoue, je trouve que le pied pour la caméra est une des plus belles inventions du cinéma qui fait toute la différence entre un film de Preminger et le film de vacances de tonton Léon (d’accord, pas toute mais ça y participe un peu). N’écoutant que mon courage (ou mon inconscience), j’ai pourtant profité du festival Ciné Nordica à Paris pour voir en avant-première Troll Hunter, qui sortira en juillet 2011 en France. L'appel des territoires sauvages de la Norvège a été le plus fort.

 

Troll Hunter  se présente donc comme un document réalité, tourné caméra à l’épaule. L’idée du film est plutôt amusante avec son histoire de complot gouvernemental pour cacher l’existence des trolls (et dès qu’on voit le premier débarquer à l’écran, on se dit que ce doit être un travail à plein temps). Il regorge de trouvailles scénaristiques amusantes, notamment dans les différentes techniques de chasse en fonction des espèces. D’ailleurs, avec ce film, on en apprend beaucoup sur les trolls et leurs mœurs. Cette idée de rationalisation de l’existence des trolls et l’adaptation du folklore sont savamment maîtrisés.

Je m’attendais à un voir un nanar, je craignais le navet, mais on se trouve en fait devant un petit film sympathique où l’humour est volontaire, où les dialogues sont efficaces, où les effets spéciaux sont loin d’être ridicules (et on n’est pas déçu par l’argument de vente du film, puisque du troll, on en a et de toutes sortes). La deuxième moitié du film a quelques longueurs hélas mais j’ai néanmoins passé un bon moment. C’est à voir comme une curiosité pour amateurs de créatures fantastiques originales.

 

semaine nordique

voire un peu plus

Organisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 22 Février 2011

Very cold tripVery-Cold-trip.jpg

1h35 – Finlande - 2010

Réalisé par Dome Karukoski

Avec Jussi Vatanen, Jasper Pääkkönen, Timo Lavikainen

 

 

Dans le nord de la Finlande, Janne, trentenaire ne fait rien de ses journées depuis qu’il est au chômage. Le jour où il utilise l’argent destiné à un décodeur pour boire avec ses copains tout aussi désoeuvrés que lui, sa compagne Inari craque. Elle lui pose un ultimatum… s’il ne rapporte pas un décodeur avant le lendemain matin, elle le quitte. Janne n’a pas le choix. Entraînant avec lui ses deux meilleurs amis, il se lance dans la quête du décodeur en pleine nuit par -15° sur des routes enneigées… et sans argent.

 


Sur un scénario plus que mince, j’ai assisté à une comédie qui fait passer un bon moment, ce qui s'est révélé une excellente surprise. Les premières images de Very cold trip donnent le ton, les finlandais ont un humour spécial. On y voit de magnifiques images d’un paysage blanc immaculé sur lequel trônent des arbres majestueux. La voix off, celle de Kapu, nous raconte comment il a eu la meilleure note de sa scolarité. C’est là que la caméra se fixe sur un arbre où flotte une corde. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise mais on assiste là à un beau moment d’humour noir.

La suite du film joue plus sur un humour décalé voire parfois sur le potache que sur cette lancée mais on est toujours dans un côté presque absurde qui est très plaisant. Ce n’est pas un humour qui fait s’étouffer de rire mais c’est néanmoins efficace et on s’amuse tout au long du film (une scène au milieu du film m’a parue un peu longue mais même là, on sourit suffisamment en attendant une suite plus que prometteuse). Ce road movie n’est pourtant guère trépidant si on le compare à ses homologues américains mais le petit côté social qui n’est pas exploité mais qui ressort malgré tout lui donne un cachet supplémentaire. En effet, le film n'explique pas clairement comment les délocalisations ont poussé les jeunes à partir vers des régions plus peuplées  mais c'est présent et ici, on voit que pour ceux qui restent comme Janne et ses copains, les options sont l’alcoolisme et/ou le suicide. Et puis ce qui fait la qualité du film, ce sont surtout les personnages, une bande de losers sympathiques qui retrouvent un peu de dignité tout en se trouvant dans des situations particulièrement embarrassantes et rocambolesques. Janne est accompagné par Räihänen qui fantasme sur une femme qui apparaît sur un jeu du bar qu'il fréquente et par Kapu, qui a un regard tellement détaché sur tout qu’on sent bien qu’il est au bout du rouleau. Le personnage de l’ancien petit ami d’Inari qui a aussi un rôle important est également assez plaisant à suivre dans le genre détestable au regard de pervers.

 

On peut regretter le titre racoleur du film pour sa sortie en France, surfant sur le succès de Very Bad Trip. On peut aussi regretter la bande son à base de variété particulièrement sirupeuse (c'est tout de même sympathique de découvrir que "L'oiseau et l'enfant" s'est exportée). Mais Lapland Odyssey, le titre international original, est une comédie sympathique et réussie qui mérite le détour, même si l’humour nordique ne fonctionnera sûrement pas sur tout le monde. Néanmoins, le film a obtenu le Prix du jury au Festival de l’Alpe d’Huez (et a même été le coup de cœur de la profession), il a donc ses chances.

 

L’avis de Cryssilda

 

semaine nordiqueOrganisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 8 Décembre 2009

Spaced

 

Série comique britannique – 1999 (saison 1) et 2001 (saison 2)

14 épisodes de 27 min


Réalisé par Edgar Wright, scénario de Jessica Stevenson et Simon Pegg

Avec Simon Pegg (Tim Bisley), Jessica Stevenson (Daisy Steiner), Mark Heap (Brian Topp), Nick Frost (Mike Watt), Julia Deakin (Marsha Klein), Katy Carmichael (Twist Morgan)

 

 

Daisy essaie de devenir journaliste et vit dans un squat. Tim travaille dans une boutique de comics, rêve de publier ses propres comics et vient de se faire larguer par sa copine. Tous les deux se rencontrent dans un pub et décident de se faire passer pour un vrai couple pour obtenir l’appartement de leur rêve près de Tufnell Park à Londres.

 

 

 


Après avoir vu Shaun of the dead, une comédie doublée d’un film de zombies, je me suis intéressée à ce que l’équipe avait fait avant. A Londres, j’ai trouvé l’intégrale de la sitcom qui leur a permis de faire leurs armes.

Spaced a été co-écrite par Simon Pegg et Jessica Stevenson et comme Shaun of the dead, a été réalisée par Edgar Wright. J’ai commencé à regarder en ayant l’impression que j’allais voir une sorte de Friends à l’anglaise. Le début le laisse présager. Deux jeunes d’environ 25 ans se rencontrent et deviennent colocataires. On a le sentiment qu’on va se retrouver avec une comédie romantique dont le but sera de démontrer que les protagonistes sont en fin de compte faits l’un pour l’autre. En fait, ce n’est que le côté annexe de l’histoire et finalement, le scénario est réellement plus basé sur l’amitié que sur les relations de couple (même si ça a son importance à plusieurs reprises, surtout pour Tim qui ne se remet pas de sa rupture). La série est avant tout basée sur la galerie de personnages assez différents, tous déjantés et surtout tous très bien écrits (même celle qui devrait être la concurrente de Daisy dans la saison 2 dans le cœur de Tim est trop sympa pour être détestée de ceux qui voudraient voir Tim et Daisy en couple).

On a donc Tim Beasley, un geek (mais pas trop) fan de science-fiction et de jeux vidéos, qui fantasme sur Dana Scully et Buffy, pleure en regardant Star Wars (et déteste la menace fantôme et surtout Jar Jar Binks avec toute la mauvaise foi qui caractérise les fans de la trilogie originelle) et a peur des bambous (entre autres). Il travaille au Fantasy Bazaar, un magasin de comics et son patron se nomme Bilbo Bagshot (il est interprété par Bill Bailey qui joue Manny dans Black Books).

Son meilleur ami est un ancien militaire moustachu, Mike, renvoyé pour avoir tenté d’envahir Paris. Il aime tout ce qui ressemble de près ou de loin à la guerre, les armes à feu (y compris les Robot wars, des réunions de bourrins où s’affrontent des robots téléguidés). Par un miracle que seuls les anglais peuvent accomplir, même ce personnage caricatural et bourrin réussit à devenir attachant, notamment dans son amitié avec Tim.

Daisy Steiner est quasiment allergique au travail. Elle trouve toujours une raison pour pratiquer la procrastination. Elle est très loin des standards habituels du personnage féminin de la sitcom moyenne. Elle porte des vêtements de jogging et des t-shirts informes dès qu’elle est chez elle. Le moment où elle postule à un emploi dans un magasine féminin est hilarant.

Sa meilleure amie, Twist travaille dans la mode… enfin, façon de dire et est elle une véritable fashionista qui ne perd pas une occasion de faire des remarques désagréables à Daisy.

Lorsqu’ils emménagent dans leur nouvel appartement, Daisy et Tim rencontrent Brian, un peintre totalement illuminé voire un peu terrifiant. La propriétaire de l’immeuble, Marsha est elle aussi allumée. On ne la voit jamais sans un verre (voire la bouteille) à la main et si on ne la voit pas, on l’entend se disputer avec sa fille adolescente, à l’étage au dessus. Brian et Marsha sont des personnages dont chaque apparition provoque son lot de rires. Je rêve de rencontrer un homme qui s’appelle Brian, juste pour le plaisir de lui dire « Hello Brian » avec la concupiscence d’une Marsha Klein. Ce qui est formidable, c’est que tous les personnages sont mis en avant et aucun ne tire la couverture à soi. Même le chien est formidable.

 

Dans la forme comme dans le fond, on est finalement loin des sitcoms habituelles et cela se remarque dès le milieu du premier épisode. Comme pour toute sitcom réussie, l’écriture est au cordeau, les dialogues sont précis et font mouche mais là, en outre, la créativité est au pouvoir, dans les scénarios comme dans la réalisation. Le visuel fait partie intégrante de la série et en est une des grandes réussites. Les références à la culture pop sont si nombreuses qu’on en rate probablement (un épisode est filmé façon Matrix, par exemple et bien sûr, Star Wars est un élément récurrent) mais peu importe, qu’on les reconnaisse ou pas, on peu simplement regarder au premier degré et y trouver son compte (un minimum d’attrait pour cette culture est quand même certainement requis pour apprécier l’humour déjanté mais je n’avais pas reconnu la référence à Vol au dessus d’un nid de coucou ou d’autres encore et j’ai aimé l’épisode quand même).

Spaced est au final une série superbe (même les gags régressifs qui ne devraient plus faire rire après 10 ans m’ont fait rire), qui a dix ans et qui n’a pourtant visuellement pas vieilli du tout, qui est d’une originalité folle et que j’ai déjà envie de revoir, pour le plaisir de tenter de comprendre toutes les références (indiquées dans les bonus du dvd)... Et puis pour le plaisir de revoir une série dans laquelle on peut voir ça :

 

Un seul défaut à signaler : cette série n’est jamais passée à la télévision française et n’existe donc qu’en v.o. (avec sous-titres en anglais en option).

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 16 Octobre 2009

Le Prisonnier

 

Grande-Bretagne – 1967 – 17 épisodes

Créée par George Markstein et Patrick McGoohan

Avec Patrick McGoohan

 

 

Un agent secret britannique démissionne brutalement. Il est enlevé chez lui, après avoir été anesthésié. À son réveil, il se retrouve dans un lieu qui lui est inconnu, le Village, en apparence idyllique, habité par une communauté de villageois tous vêtus d'habits colorés et d'un badge numéroté les identifiant. Il sera désormais désigné comme le Numéro 6 et mettra tout en oeuvre pour s’évader et découvrir qui se cache derrière cet enlèvement.

 

 


J’ai vu la plupart des séries anglaises des années 60 à l’adolescence, dans les années 80 mais je ne sais comment, le Prisonnier, série culte pourtant, m’avait échappée. Et c’est vraiment dommage car c’est selon moi une des meilleures séries de tous les temps, qui équilibre bien aspect psychologique et action.

Dès le début, c’est fait de façon particulièrement intelligente. En réalité, on ne sait rien de ce fameux Prisonnier. Le résumé est présenté de façon silencieuse pendant le générique de début (et rien que mettre un générique aussi long, c’est très culotté). On y voit cet homme dont on devine l’activité sans même connaître son nom, l’enchaînement des événements qui l’amènent au village... mais finalement, tout commence dans le Village. C’est là que tout se passe.

 

En effet, on voit ce parfait village coloré et fleuri avec ses parfaits habitants. Et là, on comprend rapidement que Numéro 6 avec son costume sombre représente un individualisme inversé (à lui le lugubre aux autres les couleurs et le bonheur permanent, joie de vivre presque obligatoire qui se révélera bien sûr souvent factice), face à une société uniforme et oppressante. La série utilise beaucoup le ressort de l’absurde pour accentuer le sentiment que peut ressentir le Numéro 6. La lutte avec le Numéro 2, symbole d’un pouvoir à la fois changeant et immuable est psychologique et le Numéro 1 est la grande interrogation de la série.

 

Je pense que ce que j’ai le plus aimé, c’est que la rébellion et l’individualisme du Prisonnier ne sont pas des caprices d’ado attardé. Au contraire, Numéro 6 lutte mais en respectant les règles de la cité. Il ne manque jamais d’adresser la célèbre formule « be seeing you » (« bonjour chez vous »), souvent de manière ironique d’ailleurs. Ainsi, il va jusqu’à se présenter au simulacre d’élection destiné à masquer l’absence de réelle démocratie (le discours sur le droit au temps libre et le ‘moins travailler’ rappellera forcément quelques discours politiques actuels). Différents thèmes sont ainsi abordés. Si certains sont un peu datés comme l’obsession du conditionnement de type pavlovien, qui me semble typiquement de cette période, d’autres restent d’actualité comme l’éducation comme moyen de contrôle ou la justice. On peut regretter un léger essoufflement vers la fin dans quelques épisodes (heureusement, j’adore le western alors l’épisode western quoique assez délirant passe quand même bien mais disons que certains épisodes n’apportent pas grand chose à l’arc narratif) mais il y a toujours suffisamment d’action pour ne pas s’ennuyer.

 

D’un autre côté, c’est aussi une des séries les plus frustrantes qui soit. Si on aime avoir toutes les réponses apportées sur un plateau à la fin, ce n’est pas la série qu’il faut voir, on en ressort avec autant de questions qu’on y entre. C’est au spectateur de se faire sa propre interprétation (et je soupçonne qu’une vie ne suffirait pas à en étudier tous les aspects).

 

Au final, si on n’est pas totalement allergique aux images kitsch à la limite du psychédélique, aux effets spéciaux plus que pauvres (d’après les excellents bonus, un robot était prévu comme gardien mais c’est finalement la boule blanche si fameuse qui est présente pour des raisons de coût) et à certains détails datés (les scènes de bagarre sont terriblement artificielles), cette série est exceptionnelle. A voir et à revoir.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 11 Octobre 2009

L’hôpital et ses fantômes
Fantastique

Danemark - 1994 (saison 1) et 1997 (saison 2) - 8 épisodes
Réalisé par Lars von Trier
Avec Ernst-Hugo Järegård (Helmer), Kirsten Rolffes (Sigrid Drusse), Søren Pilmark (Jørgen Krogshøj), Jens Okking (Bulder), Baard Owe (Bondo), Birgitte Raaberg (Judith), Peter Mygind (Mogge), Udo Kier (Aage Krüger)



Le Royaume est l'hôpital technologiquement le plus avancé du Danemark. Pourtant, la science va être mise à mal par des événements surnaturels. Une ambulance fantôme, des voix dans l'ascenceur... ce n'est que le début d'inquiétantes manifestations. Mme Drusse, patiente de l'hôpital adepte du spiritualisme et son fils brancardier vont enquêter.



    Après le succès de Lynch et de son Twin Peaks aux Etats-Unis, un autre réalisateur s'est essayé à la série télévisée dans les années 90. Je ne suis pas fan de von Trier, je n'ai jamais réussi à voir un de ses films jusqu'au bout parce que je suis victime d'une forte allergie à la caméra qui bouge et avec lui, on risque le choc anaphylactique à tout moment.

    L'hôpital et ses fantômes (Riget) est une des rares exceptions à ce principe. Non seulement j'en gardais un excellent souvenir mais j'ai pris autant de plaisir à le revoir en DVD. Pourtant, il y a toujours cette caméra à la main, la réalisation est très dépouillée, les images sont parfois sépia ou vertes,  les médecins ne ressemblent pas tellement à George Clooney et le seul qui soit relativement agréable à l'oeil n'est pas particulièrement sympathique (sauf si on aime l'humour noir des médecins, à base de cadavres).

        Il y a deux saisons à cette série. La première est exceptionnelle dans tous les domaines. J'ai adoré. Il y a du suspense, de l'humour bizarre (avec une parodie de loge maçonnique, une patiente-enquêtrice assez odieuse avec son fils...), noir parfois et l'histoire est très prenante. Je dois avouer qu'à la fin du premier épisode, j'ai eu des doutes et me suis demandée comment j'avais pu aimer la série. Lars von Trier est bien d'accord avec moi puisqu'à la fin de l'épisode (il apparaît après chaque épisode), il vient faire un peu de teasing. Ce premier épisode n'est qu'une mise en bouche dans laquelle on voit vivre les médecins de l'hôpital, comme s'il s'agissait d'une série hospitalière à la "Urgences"... médecins tous plus bizarres les uns que les autres, carriéristes, étranges, parfois odieux: Bondo, obsédé par ses recherches sur une maladie rare, le directeur un peu dépassé, l'interne qui traficote, l'étudiant bizarre mais surtout, mon préféré, le Pr Helmer, médecin suédois fraîchement arrivé qui déteste la terre entière en général et les Danois en particulier et qui le fait savoir. Mais ensuite, c'est de mieux en mieux. et dès le deuxième épisode, j'ai été prise par l'histoire de fantôme qui se manifeste. J'ai aimé le regard parfois naïf mais finalement très lucide des deux handicapés mentaux qui guident le spectateur par leurs commentaires tout en faisant la vaisselle. Le fantastique y est développé. Les fantômes sont très réussis malgré le peu d'effets spéciaux. Lars von Trier réussit à créer une atmosphère pesante. Il n'y a pas de gore mais c'est particulièrement efficace. Et surtout, on a envie de savoir ce qui est arrivé à cette petite fille fantôme.

    La saison deux est très en dessous à mon avis. Le manque de moyens pour les effets spéciaux se fait sentir dès qu'on voit le "bébé" trop vite grandi et c'est même souvent grotesque. Le grand guignol l'emporte parfois sur l'intrigue, la loge maçonnique semble parfois être utilisée pour meubler alors que l'intrigue se relâche. Néanmoins, en toute honnêteté, j'ai quand même suivi facilement cette saison, sans m'ennuyer, même si le résultat n'est pas grandiose et il y a de grandes scènes comme celle où Helmer, comme à son habitude, monte sur le toit de l'hôpital pour pouvoir crier sa haine du Danemark et fait la liste de toutes les réussites suédoises: "Krisprolls, Ja!".
La fin est ouverte (une suite était prévue) et peu convaincante (un peu trop ridicule à mon goût). Mais ça n'a pas réussi à gâcher mon enthousiasme tant j'ai aimé la saison 1 et certains moments de la saison 2.

C'est le genre de série qu'on adore ou qu'on déteste tant elle sort des sentiers battus. Malgré la saison 2 plus faible, elle mérite d'être vue. Je la trouve assez jubilatoire, le genre qu'on n'oublie pas, d'ailleurs, je ne l'avais pas oubliée dans la masse des séries vues dans les années 90.

Merci Lou.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 21 Septembre 2009

Northanger Abbey

 

2007 – ITV – 95 min

Réalisé par Jon Jones, scénario d’Andrew Davies

D’après le roman de Jane Austen

Avec Felicity Jones (Catherine Morland), JJ Feild (Henry Tilney), Carey Mulligan (Isabella Thorpe), William Beck (John Thorpe), Sylvestra Le Touzel (Mrs. Allen), Liam Cunningham (General Tilney)

 


La jeune et innocente Catherine Morland vit à la campagne dans un monde imaginaire nourri de romans gothiques. Elle est invitée à Bath, ville thermale prisée par la bourgeoisie, pour faire son apprentissage du monde. Catherine rencontre l’hypocrite Isabella Thorpe, l'impétueux John Thorpe et le charmant Henry Tilney. Le temps passe et elle pense de plus en plus à Henry. Un jour, le général Tilney, père d’Henry, invite Catherine à Northanger Abbey, une sombre et mystérieuse demeure qui va réveiller son imagination.

 



Des trois adaptations récentes des romans de Jane Austen par la chaîne britannique ITV, celle de Northanger Abbey est pour moi la plus réussie. L’adaptation peut s’éloigner légèrement du roman parfois, mais l’esprit en est respecté. Elle réussit à être osée pour un public moderne grâce aux fantasmes issus des lectures de Catherine mis en image mais sans tomber dans la vulgarité pour autant. Une scène semblable apparaissait déjà dans la version ITV d’Emma, adaptée par le même scénariste, mais là, ça me semblait totalement déplacé et même ridicule. Ici, ça permet bien de montrer comment l’imagination de Catherine va la mener aux fausses interprétations qui la trompent chez les Tilney.

 

Les acteurs y sont tels que je les attendais : Felicity Jones est une Catherine jolie, naïve et à l’imaginaire débordant. J.J. Feild, dans le rôle d’Henry, y est plein de charme grâce à un regard pétillant et un peu moqueur. Mrs Allen y est telle que dans le roman et Isabella tout à fait convaincante. Les décors et la réalisation sont également réussis.

 

Un seul détail m’a gênée. Il s’agit d’une scène dans laquelle Catherine brûle un livre. Ceci me dérange en soi et surtout ne me semble pas correspondre à ce que dit Austen dans le roman. Après tout, Eleanor et Henry Tilney apprécient les mêmes romans mais ne sont pas influencés par eux pour juger des faits dans la vie. Il me semble donc que le propos d’Austen n’est pas de dire qu’il ne faut pas lire de romans gothiques mais qu’il faut les prendre uniquement pour ce qu’ils sont, de la fiction.

 

Le contresens du téléfilm me choque donc un peu mais hormis ce détail, l’adaptation est très réussie et aussi agréable à voir que le livre est agréable à lire.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 12 Septembre 2009

The lost room

Fantastique

 

2006 – Etats-Unis – 6 épisodes

Scénario de Christopher Leone et Laura Harkcom

Avec Peter Krause, Julianna Margulies, Roger Bart, Dennis Christopher, Peter Jacobson

 

 

 

Juste avant de mourir, un homme confie à l'inspecteur Joe Miller la clé d'une chambre de l'hôtel Sunshine, située aux abords de la mythique Route 66. Il ne sait pas encore qu'il vient d'entrer en possession d'un objet puissant et convoité, ouvrant une porte vers un univers parallèle. Miller, qui s'est lancé à la recherche de sa fille perdue dans cette chambre d'hôtel, devient la proie de tous et de tout ce qui désire son bien le plus précieux : la clé.

 

 


Ça commence comme le scénario d'un jeu vidéo, le héros de l’histoire doit réunir un certain nombre d’objets en apparence anodins (peigne, réveil...) dans une chambre d’hôtel qui n’est pas censée exister afin d’achever sa quête, en l’occurence, retrouver sa fille disparue dans la chambre. Chaque objet possède une vertu magique différente mais c’est la réunion des objets qui permet de résoudre la quête.

 

Cette mini série fantastique possède de nombreux atouts. L’intrigue est consistante et se déroule harmonieusement du début à la fin avec un point de départ qui offre un univers prenant (le chambre d’hôtel et les objets donnent envie d’en savoir plus très rapidement). Il y a néanmoins quelques clichés du genre. Il fallait bien un adversaire à notre héros mais la société secrète vue mille fois n’est pas des plus palpitante ici. On a du mal à craindre pour le héros m’a-t-il semblé. C’est vraiment sur l’argument principal (retrouver sa fille - tellement parfaite que j’étais bien contente qu’elle disparaisse très vite) que se maintient le suspense efficacement.

 

Les acteurs sont convaincants (même si à une ou deux reprises, j’ai eu le sentiment que Julianna Margulies était là parce qu’il fallait bien une femme dans cette histoire et qu’elle se contente un peu du minimum syndical) mais sans profondeur psychologique. On a quelques personnages qui sortent du lot en apportant un peu d'humour.

 

Bref, dans l’ensemble, c’est de bonne facture. Cette série n’a donc rien de révolutionnaire et qui permettrait d’en faire une série culte mais c’est un bon divertissement qu’on suit avec intérêt de la première à la dernière minute. La fin ouverte laisse planer le doute sur une éventuelle suite à cette histoire (qui ne semble pas au programme).

 

 Merci Ys.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 25 Août 2009

Torchwood, Children of Earth

Saison 3

 

2008 - 290 min (5 épisodes)

Réalisé par Euros Lyn, scénario de Russel T. Davies

Avec John Barrowman (Captain Jack), Eve Myles, (Gwen Cooper), Gareth David-Lloyd (Ianto Jones), Kai Owen (Rhys Williams), Peter Capaldi (John Frobisher)

 

     Gwen commence une journée ordinaire lorsque tout bascule. Des enfants s’arrêtent en pleine rue, tous au même moment et où qu’ils soient. Le gouvernement britannique est confronté à son passé et prend les choses en main dans le plus grand secret. Torchwood enquête de son côté mais l’équipe va devoir affronter le pire.

 

 


     La saison 2 de Torchwood m’avait beaucoup plu mais je la trouvais encore perfectible. Il n’y avait qu’à demander. Pour la première fois, je place Torchwood à la hauteur de sa série mère, Doctor Who. Il n'y a que cinq épisodes et c'est une saison feuilletonnante. On sent qu’il y a plus de moyens. L’action est là,  plus que jamais, les effets spéciaux, l’intensité dramatique, tout est plus fort que dans la saison précédente, qui était déjà riche en émotions. C'est encore plus sombre aussi. Terrible mais somptueux, et malgré tout, l’humour est toujours présent.

 

     Peter Capaldi est excellent dans son rôle de cynique rattrapé par bien plus cynique que lui. C’est un des personnages les plus réussis et les plus riches de la série. Il n’est jamais antipathique malgré son rôle terrible dans l’histoire. On en apprend aussi plus sur les vies de nos héros et notamment sur le passé de Jack.


     C’est palpitant, on ne voit pas le temps passer. J’ai même presque passé le dernier épisode en apnée. J’avais beau m’attendre à quelque chose de terrible depuis le premier épisode - tout met en condition pour ça - j’attendais l’événement plus tard et au moment où je me relâchais, où je pensais que le pire était passé, le scénariste a encore réussi à frapper fort.

 

     J’en connais qui risquent de ne pas se remettre du « don’t forget me ». Je n’en suis pas encore tout à fait remise moi-même à vrai dire.

 


Saison 1

Saison 2

Saison 3

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 18 Juillet 2009

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé

 

2009 – 2h32

Réalisé par David Yates. Scénario de Steve Kloves

D'après le roman de J.K. Rowling

Avec Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ron Weasley), Emma Watson (Hermione Granger), Michael Gambon (Albus Dumbledore), Jim Broadbent (Horace Slughorn), Tom Felton (Drago Malefoy), Alan Rickman (Severus Rogue)

 

 

Harry Potter est sur le point d’entamer sa sixième année à l’école de Poudlard. Il sait que Drago Malfoy prépare quelque chose. L’ombre de Voldemort plane sur les Moldus comme sur le monde des Sorciers, même sur l’école qui semble vulnérable pour la première fois. Harry va devoir aider le Professeur Dumbledore à contrer Voldemort. Pour cela, ils vont devoir faire appel à un nouveau professeur, Horace Slughorn.

 

 


Après un cinquième volet que j’avais apprécié mais que j’avais trouvé particulièrement frustrant tant il y avait de coupes, je suis allée voir Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé sans aucune attente, en tentant d’oublier le plus possible le roman. Et je dois dire que du coup, ce nouvel opus a largement dépassé mes attentes, je pense même que c’est mon préféré de la série.

 

La réalisation m’a parue bien plus fluide que L’ordre du Phoenix, pourtant également de David Yates. Et surtout, les décors sont merveilleusement mis en scène, surtout dans la première heure et c’est sûrement le seul moment, tous films de la série confondus, où j’ai vraiment retrouvé ce mélange de noirceur et de légèreté que j’aime dans l’univers de Harry Potter. Les effets spéciaux sont réussis et bien dosés.

L’histoire se concentre sur la relation Dumbledore/Harry Potter/Pr Slughorn (une fois encore, le nouveau personnage est exceptionnel) et leurs recherches ainsi que sur Drago Malfoy (j’ai trouvé Tom Felton à la hauteur). D’ailleurs, j’ai trouvé que globalement, à part Rupert Grint qui surjoue (il faut dire qu’il n’est pas aidé par son rôle dans cet opus), les jeunes acteurs se sont tous beaucoup améliorés.

Mon plus grand regret est que l’on passe beaucoup de temps sur les amourettes assez enfantines des uns et des autres (honnêtement ça m’a quand même bien fait rire) au détriment de certains personnages que j’aurais aimés voir plus, comme Rogue, surtout. Du coup, l'histoire du Prince de Sang-Mêlé passe presque à la trappe mais honnêtement, je m’y attendais car je ne voyais pas comment retranscrire ça sans être ennuyeux. Là, l’histoire est cohérente, fluide, compréhensible par tous donc satisfaisante. Il y a peu d’action (il n’y en a pas tant que cela dans le roman me semble-t-il) mais je ne me suis pas ennuyée et j’ai même eu peur alors que je savais ce qui allait se passer (dans la grotte), ce qui est plutôt bon signe pour moi que le réalisateur maîtrise l'art du suspense.

J’espère que la suite sera à la hauteur.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 16 Juin 2009

Torchwood, saison 2

 

2008 – 13 épisodes de 50 min

Créé par Russel T. Davies, produit par la BBC

Avec John Barrowman (Captain Jack Harkness), Eve Myles (Gwen Cooper), Gareth David-Lloyd (Ianto Jones), Burn Gorman (Owen Harper), Naoko Mori (Toshiko Sato), Kai Owen (Rhys Williams), James Marsters (Captain John Hart), Freema Agyeman

 


Après une mystérieuse disparition, le capitaine Jack Harkness reprend sa place au sein de l’organisation secrète TORCHWOOD à Cardiff. La menace extra-terrestre s’amplifie pour toute l’équipe ; les agents doivent enquêter sur d’étranges disparitions, affronter un redoutable agent du temps, et défier une créature qui pourrait bien être la mort elle-même. Un voyage dans le temps qui va les mener de la Première guerre mondiale au 51è siècle...

 

 

 


     Après une impression un peu mitigée sur la saison 1, que je trouvais pleine de défaut, même si au final, les derniers épisodes m’avaient convaincus de voir la suite, cette deuxième saison, tient toutes ses promesses. Tout ce qui était particulièrement agaçant auparavant a été en grande partie gommé. Gwen Cooper a toujours un caractère fort et empathique qui la pousse à ne pas se contenter de faire son travail sans se poser de question mais elle cesse d’avoir son regard de chien battu et est bien plus attachante. Contrairement à beaucoup, j’aime bien son copain Rhys, qui lui permet de mener un semblant de vie normale dans une profession aussi à part et où le secret est omniprésent (d’ailleurs, la série tourne beaucoup autour de ce thème, d’où la nécessité d’avoir un tel personnage). Owen Harper cesse d’être le Dom Juan du pauvre pour se révéler bien plus intéressant et la deuxième moitié de cette saison va vraiment le mettre à l’honneur de manière très judicieuse. En plus, l’épisode 12, Fragments, explique le pourquoi de son comportement, tout comme il explique la fragilité de Toshiko. Enfin, Ianto Jones devient un élément à part entière de l’équipe et apporte la touche d’humour anglais typique. Enfin et surtout, dans cette nouvelle saison, Torchwood est une véritable équipe qui travaille de concert.

 

     Les intrigues sont aussi bien plus intéressantes et à part un ou deux épisodes Encore un cow boy du futur!peut-être un peu plus moyens, l’ensemble est très nettement supérieur à la saison précédente. La saison commence d’ailleurs fort avec l’arrivée d’un personnage formidable (hélas trop peu présent), le capitaine John Hart, pendant cynique de Jack et tout autant amateur de blagues salaces à double sens, et les derniers épisodes sont très émouvants au point que même mon coeur de pierre a fondu face au « because you’re breaking my heart » cher à Karine. Un arc narratif a été ébauché avec en filigrane, le passé de Jack et sans doute que de ce côté là, il y a encore matière à progression, comme dans la continuité des épisodes qui ne me semble pas encore à son maximum (9 auteurs différents pour 13 épisodes, ça n’aide pas toujours à créer une identité propre même si la cohérence est parfaitement respectée) même s’il y a là encore une nette amélioration. D’ailleurs, la saison 3 de cinq épisodes devrait être plus cohérente encore puisque il s’agira d’une saison feuilletonante apparemment. Donc, cela laisse présager le meilleur.

 

     Bref, cette saison est très convaincante, avec d’excellents épisodes qui montent en puissance dès le cinquième, Adam, pour ne jamais décevoir ensuite.

 

Et Jack est toujours égal à lui-même :

« Je n’existe pas... pour un homme de mon charisme, c’est un exploit. »

Rédigé par Isil

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