Publié le 28 Septembre 2009

La mégère à peu près apprivoisée

VingtièmeThéâtre, Paris

Du 2 septembre 2009 au 3 janvier 2010

vingtiemetheatre

 

 

Ils sont jeunes, beaux et fous, ils chantent, dansent, jouent du piano et de la guitare, et font même des claquettes. Cette joyeuse troupe vous invite à une adaptation déjanto-kitsch de La Mégère apprivoisée...

 

 


Après le délirant et réussi Roméo et Juliette, la troupe de comédiens de Los Figaros récidive avec une version tout aussi revisitée et déjantée de La mégère apprivoisée de William Shakespeare. Et grâce à Super-Cryssilda, qui m'avait permis de découvrir la première, j'ai pu aussi profiter de cette pièce. Le théâtre est plus grand et les moyens aussi... enfin pas trop quand même. Mais c’est tout l’intérêt car les acteurs compensent par de l’imagination et des délires complets.

 

C’est une comédie musicale façon Broadway... sur Seine : avec des standards revisités, des rimes à « mouette », des claquettes, du French cancan... et tous les tics des chanteurs de comédie musicale volontairement multipliés. Il y a quelques moments d’anthologie. Je dois dire que le résumé de Roméo et Juliette en chanson est fantastique.

 

La troupe est toujours aussi dynamique et efficace. Mon seul regret, c’est que je n’ai pas pu profiter de toutes les références car je n’ai pas lu la pièce (d’après Lou, qui en avait lu la moitié, c’est plus parlant encore) et je n’ai donc pas pu profiter pleinement de la réécriture. Je me suis donc contentée d’admirer la pièce pour elle-même et ça vaut déjà largement le déplacement. Bref, c’est un pur bonheur de voir cette pièce. Los Figaros est décidément une troupe à suivre. Si vous n'avez rien contre le kitch assumé, les robes vichy, les cascades, les jetés d'acteurs dans le public et les têtes de cheval, cette pièce est pour vous.

 

Pour voir la bande annonce, il suffit d’aller sur le site du théâtre et pour plus d’informations sur la troupe (et entendre l’histoire de Roméo et Juliette résumée façon déjantée), c’est par là : http://www.losfigaros.com/

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 24 Septembre 2009

Pourquoi tant de haine ? Je ne demandais rien à personne, je tentais de jouer à la femme invisible (une enfance à imiter les Quatre Fantastique, ça laisse quelques traces) mais ça ne suffit pas. Même Ofélia avait eu pitié de moi mais il y a toujours une sadique qui rôde sur la toile pour me taguer sournoisement. Cette fois, la sadique en question se nomme Fashion (et en plus elle m’a regardé en face toute une après-midi sans broncher alors qu’elle avait déjà sévi et ça, c’est le plus moche). Enfin bref, me voilà censée faire faire mon portrait en répondant aux questions par des titres de livres lus dans l'année. Et ce n’est pas gagné parce que je ne lis pas tant de livres que ça et puis pas de livres avec des titres collant à des questions. Essayez donc de placer Gormenghast dans un portrait !

Donc, voici mon portrait mais je décline toute responsabilité si vous périssez d’ennui avant la conclusion :

  • Décris-toi : Génération MLF même si je suis né après 1968. Si j’étais du genre à tricher, je dirais que le livre qui me décrit le mieux, c’est Procrastination de Terry Pratchett mais je ne l’ai pas lu cette année.
  • Comment te sens-tu ? : Serenity de Joss Whedon... parce que je ne suis pas rancunière, n’est-ce pas Fashion ? D’ailleurs, Almost Perfect irait bien aussi, almost perfectly.
  • Décris là où tu vis actuellement : Un cheval dans la salle de bain de Douglas Adams. Enfin, en l’occurrence, ce serait plutôt un mulot dans la cuisine, tome 2.
  • Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu : Neverwhere de Neil Gaiman. Et je ferais attention au trou.
  • Ton moyen de transport préféré : La porte de Karim Berrouka. Passer une porte, c’est le début du voyage... *fin du mode philosophie-de-pilier-de-bar*
  • Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Laure du bout du monde de Pierre Magnan. Sauf qu’elle ne s’appelle pas Laure... et qu’elle n’est pas tout à fait au bout du monde mais dans la campagne profonde de la France encore plus profonde, ce qui est presque synonyme.
  • Toi et tes amis, vous êtes : Haute fidélité de Nick Hornby. 
  • Comment est le temps : Petit traité de bizzarrologie. En bon français, indescriptible, ce n’est pas un temps, c’est un projet de temps.
  • Ton moment préféré de la journée : Jamais avant le coucher du soleil de Johanna Sinisalo. Le crépuscule, c’est beau. Mon côté vampire sans doute...
  • Qu'est la vie pour toi : Jeu de nains de Terry Pratchett. Beaucoup de bruit pour rien aurait marché tout aussi bien.
  • Ta peur : L’angoisse du roi Salomon de Emile Ajar. Vous trouvez que ça n’a aucun sens ? Et vous avez probablement raison. Enfin, ça n'a rien à voir avec les propositions de couper des enfants en deux... quoique parfois...
  • Quel est le meilleur conseil que tu as à donner Raison et sentiments de Jane Austen.
  • Pensée du jour : Songe d’une nuit d’octobre de Roger Zelazny Soit, nous sommes en septembre mais je suis prévoyante, je préfère prendre un peu d’avance.
  • Comment aimerais-tu mourir ? La mort en dédicace de Didier Daeninckx. Que ce soit clair, je ne veux pas mourir... jamais... d’aucune façon. C’est très surfait la mort si on me demande mon avis (et si on ne me le demande pas, c’est trop tard).
  • La condition actuelle de mon âme : Titus errant de Mervyn Peake. Dans quel état j’erre ? (Attention, jeux de mots crétins à base de meubles interdits)

 

Parce qu'il n'y a pas de raison que je sois la seule à souffrir jouer, je passe le boulet cadeau à Yueyin et Chiffonnette (ça vous apprendra à fanfaronner en commentaire tandis que j'exprime mon ravissement ma souffrance) et Ofélia (ne me remercie pas car après tout ce que tu as fait pour moi en matière de tags, c’est bien normal).

Rédigé par Isil

Publié dans #Brèves de blog

Publié le 21 Septembre 2009

Northanger Abbey

 

2007 – ITV – 95 min

Réalisé par Jon Jones, scénario d’Andrew Davies

D’après le roman de Jane Austen

Avec Felicity Jones (Catherine Morland), JJ Feild (Henry Tilney), Carey Mulligan (Isabella Thorpe), William Beck (John Thorpe), Sylvestra Le Touzel (Mrs. Allen), Liam Cunningham (General Tilney)

 


La jeune et innocente Catherine Morland vit à la campagne dans un monde imaginaire nourri de romans gothiques. Elle est invitée à Bath, ville thermale prisée par la bourgeoisie, pour faire son apprentissage du monde. Catherine rencontre l’hypocrite Isabella Thorpe, l'impétueux John Thorpe et le charmant Henry Tilney. Le temps passe et elle pense de plus en plus à Henry. Un jour, le général Tilney, père d’Henry, invite Catherine à Northanger Abbey, une sombre et mystérieuse demeure qui va réveiller son imagination.

 



Des trois adaptations récentes des romans de Jane Austen par la chaîne britannique ITV, celle de Northanger Abbey est pour moi la plus réussie. L’adaptation peut s’éloigner légèrement du roman parfois, mais l’esprit en est respecté. Elle réussit à être osée pour un public moderne grâce aux fantasmes issus des lectures de Catherine mis en image mais sans tomber dans la vulgarité pour autant. Une scène semblable apparaissait déjà dans la version ITV d’Emma, adaptée par le même scénariste, mais là, ça me semblait totalement déplacé et même ridicule. Ici, ça permet bien de montrer comment l’imagination de Catherine va la mener aux fausses interprétations qui la trompent chez les Tilney.

 

Les acteurs y sont tels que je les attendais : Felicity Jones est une Catherine jolie, naïve et à l’imaginaire débordant. J.J. Feild, dans le rôle d’Henry, y est plein de charme grâce à un regard pétillant et un peu moqueur. Mrs Allen y est telle que dans le roman et Isabella tout à fait convaincante. Les décors et la réalisation sont également réussis.

 

Un seul détail m’a gênée. Il s’agit d’une scène dans laquelle Catherine brûle un livre. Ceci me dérange en soi et surtout ne me semble pas correspondre à ce que dit Austen dans le roman. Après tout, Eleanor et Henry Tilney apprécient les mêmes romans mais ne sont pas influencés par eux pour juger des faits dans la vie. Il me semble donc que le propos d’Austen n’est pas de dire qu’il ne faut pas lire de romans gothiques mais qu’il faut les prendre uniquement pour ce qu’ils sont, de la fiction.

 

Le contresens du téléfilm me choque donc un peu mais hormis ce détail, l’adaptation est très réussie et aussi agréable à voir que le livre est agréable à lire.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 16 Septembre 2009

Northanger Abbey

De Jane Austen

Première parution: 1818

Edition Collector’s Library

301 pages

 


La jeune et naïve Catherine Morland est invitée par des voisins de ses parents, Mr. et Mrs. Allen, à séjourner avec eux pendant quelques semaines à Bath, ville thermale très prisée par la petite bourgeoisie anglaise.

Elle y fait la connaissance d'Isabella Thorpe, une jeune fille hypocrite qui se prend d'affection pour elle, ainsi que de son frère John, vaniteux et impoli. Heureusement, elle rencontre aussi Henry Tilney, jeune homme drôle et plein de bon sens dont elle s'éprend rapidement, et de sa sœur Eleanor.

Leur père, le général Tilney, l'invite à séjourner à Northanger Abbey, une vieille demeure anglaise où Catherine trouve bientôt de quoi satisfaire son imagination débordante nourrie par des romans gothiques.

 

 


Northanger Abbey est le plus léger et peut-être le moins abouti des romans d’Austen. Publié après sa mort, il avait pourtant été le premier acheté par un éditeur. C’est donc le seul texte que Austen n’a pas vraiment remanié. Il s’agit en quelque sorte d’une oeuvre de jeunesse. Mais s’il n’a pas l’intérêt littéraire des autres, Northanger Abbey est certainement l’un des plus charmants.

 

C’est un roman en deux parties, voire deux romans en un. Le début est un récit de formation dans lequel la naïve Catherine, élevée à la campagne, aimée et protégée par ses parents va découvrir le monde et le cynisme lors d’un voyage à Bath, ville où les apparences font tout. Elle se retrouve auprès de personnages francs ou intéressés et n’a pas vraiment les armes pour les différencier. Cela donne quelques situations où l’on s’amuse aux dépends de l’héroïne car bien sûr, le lecteur n’est pas dupe. Même le personnage masculin a plus d’esprit que l’héroïne, ce qui est rarement le cas chez Austen.

 

La deuxième partie qui se déroule à Northanger Abbey, une résidence ancienne, est une parodie des romans gothiques de la fin du XVIIIè siècles, qu’affectionne particulièrement Catherine. Dans une ambiance qui s’y prête (il n’y a pas plus gothique qu’une vieille abbaye labyrinthique aux ailes condamnées et recoins sombres) Catherine s’imagine un effroyable mystère tel un de ceux qu’on peut trouver dans les Mystères d’Udolphe d’Ann Radcliffe, qu’elle dévore. Cela va lui apporter quelques désagréments, mais pas ceux auxquels on pourrait s’attendre. Les malheurs de Catherine sont tout à fait terre-à-terre et bien loin des disparitions ou apparitions mystérieuses.

 

J’aime qu’un auteur utilise l’ironie à ce point et ose se moquer de son héroïne qui est tout à fait sympathique mais vraiment naïve. Avec Austen, le lecteur ne se fait pas d’illusion sur un caractère comme Isabelle, archétype de l’arriviste hypocrite (contrairement à d’autres caractères austeniens, Isabelle n’est pas très douée et n’arrive à tromper qu’une innocente comme Catherine qui n’a pas d’autre référence qu’une famille qui pratique ce qu’elle affirme). La moquerie vis-à-vis de l’héroïne est toujours teintée d’affection cependant et Catherine est intelligente et comprendra la leçon. Les fils de l’intrigue de la première partie vont se dénouer dans cette partie.

 

Le plus délicieux de l’histoire, c’est le rapport au livre, notamment au roman gothique, si cher aux contemporaines de Jane Austen. Relire ce roman après avoir lu Les mystères d'Udolphe est un vrai plaisir. Le parallèle est évident, sauf que Catherine est le contraire d’une héroïne romantique typique : plus physique que cérébrale, elle n’a aucune aptitude particulière et est loin de la jeune fille accomplie. Ce n’est pas non plus une riche héritière (et pourtant, il sera encore beaucoup question d’argent, comme toujours chez Austen) et a une mère « with a good constitution », ce qui lui laisse peu de chances d’être orpheline avant la fin. Dès le départ, Austen ne cesse de dire ce qui se passerait si Catherine était l’héroïne d’un roman gothique. Mais elle nous ramène à la réalité à chaque fois. Et finalement, Catherine ne va pas vivre d’aventures trépidantes, elle va juste devenir adulte.

Un de mes passages préférés de la littérature se trouve dans ce roman, lorsque Catherine et Henry Tilney discutent de livres en général et de livres d’histoire en particulier :

"That is, I can read poetry and plays, and things of that sort, and do not dislike travels. But history, real solemn history, I cannot be interested in. Can you?"

"Yes, I am fond of history."

"I wish I were too. I read it a little as a duty, but it tells me nothing that does not either vex or weary me. The quarrels of popes and kings, with wars or pestilences, in every page; the men all so good for nothing, and hardly any women at all—it is very tiresome: and yet I often think it odd that it should be so dull, for a great deal of it must be invention. The speeches that are put into the heroes' mouths, their thoughts and designs—the chief of all this must be invention, and invention is what delights me in other books."

"Historians, you think," said Miss Tilney, "are not happy in their flights of fancy. They display imagination without raising interest. I am fond of history—and am very well contented to take the false with the true. In the principal facts they have sources of intelligence in former histories and records, which may be as much depended on, I conclude, as anything that does not actually pass under one's own observation; and as for the little embellishments you speak of, they are embellishments, and I like them as such. If a speech be well drawn up, I read it with pleasure, by whomsoever it may be made—and probably with much greater, if the production of Mr. Hume or Mr. Robertson, than if the genuine words of Caractacus, Agricola, or Alfred the Great."

"You are fond of history! And so are Mr. Allen and my father; and I have two brothers who do not dislike it. So many instances within my small circle of friends is remarkable! At this rate, I shall not pity the writers of history any longer. If people like to read their books, it is all very well, but to be at so much trouble in filling great volumes, which, as I used to think, nobody would willingly ever look into, to be labouring only for the torment of little boys and girls, always struck me as a hard fate; and though I know it is all very right and necessary, I have often wondered at the person's courage that could sit down on purpose to do it."

"That little boys and girls should be tormented," said Henry, "is what no one at all acquainted with human nature in a civilized state can deny; but in behalf of our most distinguished historians, I must observe that they might well be offended at being supposed to have no higher aim, and that by their method and style, they are perfectly well qualified to torment readers of the most advanced reason and mature time of life. I use the verb 'to torment,' as I observed to be your own method, instead of 'to instruct,' supposing them to be now admitted as synonymous."

"You think me foolish to call instruction a torment, but if you had been as much used as myself to hear poor little children first learning their letters and then learning to spell, if you had ever seen how stupid they can be for a whole morning together, and how tired my poor mother is at the end of it, as I am in the habit of seeing almost every day of my life at home, you would allow that 'to torment' and 'to instruct' might sometimes be used as synonymous words."

"Very probably. But historians are not accountable for the difficulty of learning to read; and even you yourself, who do not altogether seem particularly friendly to very severe, very intense application, may perhaps be brought to acknowledge that it is very well worth-while to be tormented for two or three years of one's life, for the sake of being able to read all the rest of it. Consider—if reading had not been taught, Mrs. Radcliffe would have written in vain—or perhaps might not have written at all."

Même si c’est certainement le moins profond des romans d’Austen, je peux tout de même affirmer que Northanger Abbey est mon roman de Jane Austen préféré, à l’exception de tous les autres.


Les œuvres d’Austen :

Raison et sentiments

Orgueil et préjugés

Mansfield Park

Emma

Persuasion

Northanger Abbey

Sanditon (inachevé)

Les Watson (inachevé)

Lady Susan (œuvre de jeunesse)

Juvenilia (œuvres de jeunesse)

Publié le 12 Septembre 2009

The lost room

Fantastique

 

2006 – Etats-Unis – 6 épisodes

Scénario de Christopher Leone et Laura Harkcom

Avec Peter Krause, Julianna Margulies, Roger Bart, Dennis Christopher, Peter Jacobson

 

 

 

Juste avant de mourir, un homme confie à l'inspecteur Joe Miller la clé d'une chambre de l'hôtel Sunshine, située aux abords de la mythique Route 66. Il ne sait pas encore qu'il vient d'entrer en possession d'un objet puissant et convoité, ouvrant une porte vers un univers parallèle. Miller, qui s'est lancé à la recherche de sa fille perdue dans cette chambre d'hôtel, devient la proie de tous et de tout ce qui désire son bien le plus précieux : la clé.

 

 


Ça commence comme le scénario d'un jeu vidéo, le héros de l’histoire doit réunir un certain nombre d’objets en apparence anodins (peigne, réveil...) dans une chambre d’hôtel qui n’est pas censée exister afin d’achever sa quête, en l’occurence, retrouver sa fille disparue dans la chambre. Chaque objet possède une vertu magique différente mais c’est la réunion des objets qui permet de résoudre la quête.

 

Cette mini série fantastique possède de nombreux atouts. L’intrigue est consistante et se déroule harmonieusement du début à la fin avec un point de départ qui offre un univers prenant (le chambre d’hôtel et les objets donnent envie d’en savoir plus très rapidement). Il y a néanmoins quelques clichés du genre. Il fallait bien un adversaire à notre héros mais la société secrète vue mille fois n’est pas des plus palpitante ici. On a du mal à craindre pour le héros m’a-t-il semblé. C’est vraiment sur l’argument principal (retrouver sa fille - tellement parfaite que j’étais bien contente qu’elle disparaisse très vite) que se maintient le suspense efficacement.

 

Les acteurs sont convaincants (même si à une ou deux reprises, j’ai eu le sentiment que Julianna Margulies était là parce qu’il fallait bien une femme dans cette histoire et qu’elle se contente un peu du minimum syndical) mais sans profondeur psychologique. On a quelques personnages qui sortent du lot en apportant un peu d'humour.

 

Bref, dans l’ensemble, c’est de bonne facture. Cette série n’a donc rien de révolutionnaire et qui permettrait d’en faire une série culte mais c’est un bon divertissement qu’on suit avec intérêt de la première à la dernière minute. La fin ouverte laisse planer le doute sur une éventuelle suite à cette histoire (qui ne semble pas au programme).

 

 Merci Ys.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 8 Septembre 2009

J.W. Waterhouse: The Modern Pre-Raphaelite
Royal Academy of Arts, Londres
27 June—13 September 2009

 

 

J'ai profité de mon voyage en Angleterre pour visiter une splendide exposition consacrée à un peintre que j'apprécie, John William Waterhouse (1849-1917). Parmi la quarantaine d’oeuvres présentées, on trouve quelques unes de ses plus célèbres, celles qui l’ont rendues célèbre.

 

Waterhouse est né l’année où la Fraternité Pré-Raphaélite a été fondée. Il a hérité du goût de ce mouvement pour certains thèmes tels que les grands écrivains et poètes anglais, Tennyson, Keats et Shakespeare. On voit aussi sa prédilection pour la mythologie grecque. L’exposition rappelle que Waterhouse a été également influencé par le naturalisme français.

 

La rétrospective est faite en cinq parties :

     1. Youthful experiments (1871-1881)

La partie consacrée à la jeunesse du peintre, malgré son intérêt, n’est pas celle qui m’a le plus enthousiasmée. On y trouve beaucoup de scènes de la vie romaine. J’ai quand même été frappée par une toile que je ne connaissais pas :

Miranda, 1875 - Huile sur toile, 76,2 x 101,5 cm - Collection of Robert and Ann Wiggins, USA

 

Ceux qui connaissent un peu la peinture de Waterhouse seront frappés de voir un thème shakespearien que Waterhouse reprendra à la fin de sa carrière dans une de ses plus belles toiles (hélas absente de cette exposition) :

Miranda-The Tempest, 1916 - Huile sur toile, 98 x 136 cm - Collection privée


     2. Building a career (1881-1885)

Le peintre reste académique avec des scènes de l’Antiquité. Il vend bien ses toiles et est admis comme associé de la Royal Academy à 36 ans, en 1885.

St Eulalia, 1885 - Huile sur toile, 188,6 x 117,5 cm - Tate, Londres

Il n’est pas nécessaire de s’y connaître en peinture (j’en suis la preuve) pour commencer à repérer très sérieusement la « patte » Waterhouse vers la fin de cette période.



     3. Associate of the Royal Academy (1885-1895)

Les thèmes évoluent vers des femmes au savoir magique, avec The Magic Circle ou Circe. Je n’avais pas remarqué certains détails sur les reproductions de The Lady of Shalott. On peut voir un Christ en croix à l’avant de la barque.


The Lady of Shallott, 1888 - Huile sur toile, 153 x 200 cm - Tate Britain, Londres

Ophelia, 1889

Circe offering the cup to Ulysses, 1891 - Huile sur toile, 149 x 92 cm - Oldham Art Gallery, Oldham



     4. Royal Academician (1895-1910)

Waterhouse obtient son diplôme d’académicien avec A Mermaid. Femmes fatales, beautés mythiques et littérature romantique sont très représentées.


Hylas and the Nymphs, 1896 - Huile sur toile, 98 x 163 cm - Manchester City Art Galleries, Manchester


Windflowers, 1902 – Huile sur toile, 114 x 79 cm – Collection privée

     5. The Final years ((1910-1917)

Il revient vers les thèmes chers aux préraphaélites. On retrouve des sujets déjà traités auparavant, The Lady of Shalott, Miranda.

I am Half-Sick of Shadows, said the Lady of Shalott, 1916 – Huile sur toile, 100 x 74 cm - Art Gallery of Ontario, Toronto


C’est une exposition exceptionnelle qui en plus de montrer des oeuvres venant de collections privées est très bien faite y compris pour les dilettantes. Les panneaux explicatifs des œuvres donnent même des extraits de poèmes dont sont inspirées les toiles le cas échéant. Une exposition splendide.


Pour les infos pratiques, rendez-vous sur le site de la Royal Academy of Arts.

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 4 Septembre 2009

Un chasseur de lions

De Olivier Rolin

Première parution: 2008

Edition Seuil

234 pages


 

Quatrième de couverture : Les destins croisés d’Edouard Manet, qui meurt à 51 ans de gangrène, et de son collectionneur et modèle occasionnel, Eugène Pertuiset, aventurier, chasseur de lions, homme à femmes, gros mangeur et buveur, explorateur à ses heures, jusqu’à la Terre de feu. En 1881, deux ans avant sa mort, Edouard Manet fait le portrait d’un personnage haut en couleurs de l’époque, Eugène Pertuiset, à ses heures chasseur de lions en Algérie, mais aussi magnétiseur, explorateur, inventeur et trafiquant d’armes, activités qui le mèneront à accomplir de nombreux voyages en Amérique du Sud, et à faire la première tentative d’exploration de la Terre de Feu. Ce Portrait de Pertuiset, le chasseur de lions, qui n’est peut-être pas le plus connu de Manet aujourd’hui, ni le plus admiré, valut à l’artiste un prix au Salon. Les deux hommes étaient liés, et l’aventurier avait le bon goût d’être un collectionneur de Manet. Ce sont les aventures de ce Pertuiset, rocambolesques et assez farcesques, que retrace Olivier Rolin, croisées avec divers épisodes de la vie de Manet. C’est aussi un voyage à travers l’espace (l’Algérie coloniale, Lima, Valparaiso, la Terre de Feu), le temps (le Paris de Napoléon III, la guerre de 70, la Commune), les souvenirs littéraires (Baudelaire, Zola, Maupassant, etc.). Un roman mené tambour battant, comme une suite très rythmée de scènes ou de tableaux colorés. Mais bien sûr, Olivier Rolin ne fait pas un roman classique, et il entrecoupe son récit par l’évocation de souvenirs personnels qui le ramènent vingt-cinq ans en arrière lorsque, journaliste, il arpentait le continent latino-américain. « Le lion que tu chassais, la Terre de Feu que tu explorais, le trésor que tu cherchais, c’était, comme toujours, le temps perdu. »

 


De temps en temps, j’essaie de me rappeler pourquoi la littérature française actuelle me laisse froide. Cette lecture fut une piqure de rappel très efficace. Ma lecture de ce Chasseur de lion a en effet été difficile. Les digressions permanentes, le recours à la deuxième personne du singulier lorsque l’auteur se concentre sur ses souvenirs, ce n’est pas une écriture difficile mais ce n’est pas particulièrement agréable.

 

Le sujet avait pourtant tout pour me plaire. Les destins croisés d’un aventurier et d’un peintre à la carrière riche et intéressante s’annonçaient prometteurs. On y rencontre d’ailleurs de nombreuses célébrités fascinantes de l’époque. Mais le plus difficile pour moi, c’est l’aspect purement descriptif des aventures de Pertuiset. Et au final, il reste surtout l’impression qu’il ne s’est rien passé dans ces soi-disant aventures rocambolesques. En outre, les digressions du narrateur sont encore moins palpitantes. Le fait qu’il rencontre une jolie jeune femme à la terrasse d’un café, en Amérique du Sud, dans sa jeunesse, j’en suis ravie pour lui, mais ça ne parvient pas à me passionner, même lorsque c’est bien écrit.

 

         Je dois quand même reconnaître que je l’ai lu jusqu’au bout sans trop de difficulté et que les cinquante dernières pages, qui se concentrent sur la fin de vie de Manet, si elle font plus documentaire que roman, sont prenantes. Cela a sauvé cette lecture du naufrage complet. Je ne peux pas dire malgré tout que j’ai aimé. C’est trop éloigné de mes lectures habituelles et je m’y suis trop souvent ennuyée.

Edouard Manet - Pertuiset, le chasseur de lions

Un chasseur de lion

De Olivier Rolin

Première parution: 2008

Edition Seuil

234 pages