Publié le 30 Avril 2008

L’Art du Disque-Monde

De Terry Pratchett et Paul Kidby

Edition L'Atalante ; 2007

70 pages


Quatrième de couverture : Le Disque-monde navigue dans l'espace sur le dos de quatre éléphants posés sur une tortue géante (ils étaient autrefois cinq, mais c'est une autre histoire). C'est un monde débordant de magie, un monde de contrastes et d'extrêmes qui va de la métropole grouillante d'Ankh-Morpork, la plus ancienne ville du Disque (aujourd'hui administrée d'une main de fer dans un gant de velours par le Patricien, le seigneur Vétérini), jusqu'au vieil empire du Klatch où il existe quinze mots différents pour désigner l'assassinat. Sans oublier le mystérieux continent XXXX - ou Quatricks, sur lequel rien de ce qu'on a entendu dire n'est vraiment exagéré -, le tout petit royaume de Lancre et l'Uberwald, un pays sinistre ou des bruits de collision retentissent dans la nuit. Et puis il y a les habitants. Les sorcières Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg, Magrat Goussedail (aujourd'hui reine, bien entendu). Une pléthore de mages, comme l'archichancelier Mustrum Ridculle, le bibliothécaire, Rincevent, l'économe... Les moines de l'histoire et les vieilles familles de vampyres. De grands héros, tels Cohen le barbare et sa Horde d'Argent, Sam Vimaire, le capitaine Carotte et les hommes du Guet municipal... et les gens ordinaires comme Planteur Je-m'tranche-la-gorge, Ron l'Infect, les Igor... et la Mort. Le Disque-monde est peut-être né de l'imagination de son créateur, Terry Pratchett, mais, au fil de la trentaine de romans publiés, il a mené sa propre vie. Le présent ouvrage réunit pour la première fois les illustrations du voyage personnel de Paul Kidby sur le Disque, en couleurs éclatantes et en noir et blanc raffiné : un bouquet de personnages qui ont gagné le cœur de millions de lecteurs remplis d'admiration dans le monde entier. Voici " L'art du Disque-monde ".

 


    Evidemment, ce livre d’illustrations s’adresse exclusivement aux fans de la série des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. Si on ne connais pas la Mort (enfin celle du Disque-Monde hein, personne ne vous demande d’avoir eu une expérience paranormale !), Rincevent, le mage le plus nul de l’histoire de la magie (mais qui a le don de se trouver toujours là où il se passe quelque chose), Mémé Ciredutemps et la têtologie (eh oui, la sorcellerie c’est surtout un état d’esprit) ou Sam Vimaire et sa (fine) équipe, vous n’y comprendrez rien de toute façon.

 

    En voyant ces illustrations, je me suis rendue compte que tous ces visages m’étaient familiers car je m’en étais fait une image très précise dans la tête. On y retrouve les éléments les plus récurrents de la série. Ankh-Morpok, Lancre, l’Uberwald, les Guildes, les personnages, les dragons. On « reconnaît » immédiatement Mémé Ciredutemps et son côté revêche ou Nounou Ogg, la sorcière joviale, de même que Rincevent et sans parler évidemment de la Mort (quel sourire avenant !) ou du bibliothécaire. Il n’y a que Vimaire qui m’ait apporté un petit élément de demi surprise car je ne le voyais pas spécialement comme ça. Mais son côté désabusé est parfaitement exprimé par l’illustration.

    Le plus plaisant dans ce genre d’exercice, c’est de voir les pastiches d’œuvres d’art célèbres. Dans cet ouvrage, sans parler de la couverture dont l’inspiration semble évidente (quelle surprise de découvrir qui a servi de modèle !), on retrouve Le penseur (façon trolle), le Cri de Munsch, l’American Gothic (de Grant Wood), l’expérience de la pompe à air (de Wright), une découverte pour moi.

Dans les commentaires de Pratchett, on trouve cette phrase qui me semble assez bien résumer l’esprit de la série :

« Le Disque-Monde est un monde de magie, mais on n’y recourt pas tous les jours. Pourquoi ? Parce que c’est barbant, peu sûr et tellement difficile, quand on veut faire les choses dans les règles, qu’il vaut sans doute mieux oublier les grenouilles, bien se coiffer, soigner son maquillage, son maintien, sa garde-robe, et chercher tout de suite un vrai prince. ».


    Juste un petit regret : j’aurais aimé voir des illustrations de Josh Kirby, le premier illustrateur de la série, dont j’aimais beaucoup le foisonnement de détails. Cela aurait été un bel hommage (pour laisser le bénéfice du doute, je ne sais pas si il a fait d’autres travaux que les illustrations de couverture). Un moment très plaisant entre deux tomes des Annales du Disque-Monde.

Publié le 27 Avril 2008

Contes et légendes d’Irlande

De Georges Dottin

Edition Terre de Brume
309 pages



38 contes traditionnels irlandais

 

Quatrième de couverture : C'est à un monde étrange et merveilleux que nous convie Georges Dottin dans ces Contes et Légendes d'Irlande. On monde peuplé de "leprechauns", de fées, de géants et de nains, de filles de rois et d'animaux fabuleux...

Directement traduits du gaélique, ces contes reflètent à la fois, par leur rusticité et leur étrangeté, toute la puissance de la mythologie de l'Irlande celtique et l'essence de ce monde primitif à jamais disparu. Ils sont à eux seuls une clef majeure pour la compréhension de ce que pouvait être la vision celtique du monde bien avant l'arrivée du christianisme. Les Contes et Légendes d'Irlande restent un ouvrage indispensable à la connaissance des fondements culturels de la verte Érin.

 

Georges Dottin (1863-1928) fut sans doute un des plus grands spécialistes des langues et littératures celtiques. Docteur en philologie, professeur à la faculté de Rennes, il a consacré sa vie à l'étude de cette civilisation qui le passionnait en publiant un grand nombre d'ouvrages et en collaborant à de nombreuses revues.  

 


    Les contes et légendes présentés dans cet ouvrage ont été recueillis à la fin du XIXème siècle, la plupart du temps, sous la dictée de conteurs. Ce n’est pas une écriture littéraire et Georges Dottin a choisi de traduire sans retravailler les textes.

C’est agréable à lire mais ce qui manque, ce sont les clés de décodage. On a envie d’en savoir plus, de comprendre les symboles utilisés, dont certains comme le Glaive de Lumière reviennent souvent. Une petite note explicative qui n’alourdirait pas trop le récit aurait été la bienvenue. Les seules indications sont des renvois à des légendes bretonnes comparables, la plupart dans des livres de Luzel, spécialiste de la culture bretonne. Il est vrai que l’on peut repérer certains thèmes communs, comme les deux bossus et la comptine des lutins (lundi, mardi...). Il y a trois sortes de récits, les contes merveilleux (les plus nombreux), les légendes pieuses et les facéties. Ce sont ces dernières que j’ai le plus appréciées. On y joue beaucoup sur les mots : « la vieille idiote » prend au mot toutes les expressions métaphoriques comme « tirer la porte derrière soi ». On y découvre qu’il peut être utile de se déplacer avec une porte !

    A lire si on s’intéresse au folklore.


De cette lecture, j’ai retiré la constatation suivante : l’homme roux est souvent magicien. Donc, pour mon prochain voyage en Irlande, j’en conclus que je devrais éviter les roux mais comme ça me semble un principe tout à fait contestable, je vais prendre des risques !

Publié le 19 Avril 2008

Mr Harrison’s confessions

 

De Elizabeth Gaskell



Angleterre. Milieu du XIXème siècle. Lorsque Mr Harrison arrive à Duncombe pour y exercer sa profession de médecin, il ne connaît pas les codes qui régissent les relations sociales d’un village de la province anglaise. Pourtant, quand on est un jeune homme célibataire dans un monde régi par des femmes qui n’ont que le mariage comme perspective, il faut savoir se montrer prudent dans son comportement.

 


    J’ai déjà parlé de la mini-série Cranford, diffusée sur la BBC et sortie en DVD. A cette occasion, Mr Harrison’s Confessions, Cranford et My Lady Ludlow ont été réunis sous le titre de The Cranford chronicles, dans un livre de la collection américaine Vintage Classics. J’ai déjà lu et parlé des deux derniers et il ne me restait que le premier à lire.


    Mr Harrison’s Confessions est une nouvelle de moins de cent pages. Je pensais vraiment ne pas trop aimer cette banale histoire romantique. Et pourtant, l’humour m’a beaucoup plu. Ce n’est certes pas une histoire extraordinaire, beaucoup moins aboutie que ce que j’ai lu de l’auteur jusqu’à présent. On n’y retrouve pas la richesse psychologique et sociale de Nord et Sud ou de Cranford, mais j’ai passé un moment très plaisant face aux quiproquos dont est victime le malheureux docteur entouré de trop nombreuses prétendantes, dont une, Jemima Bullocks, n’est même pas consentante (ah le poids de la famille). Le docteur Harrison raconte à un ami comment ces malentendus l’ont presque mené à sa perte aussi bien sur le plan professionnel que personnel.

    Ne découvrez pas Gaskell avec ce petit divertissement sans réelle envergure mais si vous avez l’intention de lire Cranford (qui vaut vraiment le coup) et Lady Ludlow (la seule œuvre de Gaskell qu’on trouve encore assez facilement en français), cette édition comprenant les trois œuvres qui ont été utilisées pour écrire la série, permet également d’apprécier cette histoire qui se lit sans déplaisir et je dois même dire avec une certaine jubilation lors de scènes assez comiques. Et puis, Mr Harrison est un homme parfait puisqu’il possède des livres d’Austen, Dickens et Thackeray (il lit même « Vanity Fair » !)

    Réflexion de Mr Harrison après une réception calamiteuse où il a été retenu tout le temps par les femmes qui l’intéressent le moins et qui l’ont tenu éloigné de celle dont il est amoureux :

« I thought honour was a very good thing, but merriment a better. »

Publié le 16 Avril 2008

Histoire de Tom Jones

De Henry Fielding



Tom Jones est abandonné par sa mère et élevé par le bon mais naïf M. Allworthy. Amoureux de Sophie Western mais victime de ses faiblesses et discrédité aux yeux de son bienfaiteur par l’hypocrite M. Blifil, le neveu de M. Allworthy, il doit quitter sa vie confortable et partir sur les routes.

 

Quatrième de couverture : Tom Jones, enfant trouvé élevé par un châtelain, et amoureux de Sophie, rencontre de nombreuses aventures, de la campagne à la ville et au bonheur. Le roman est un vaste panorama de l'Angleterre au XVIIIe siècle. Il se place dans la tradition de la satire, à la suite de Gulliver de Swift et de L'Opéra du gueux de John Gay, mais aussi de Molière et de Cervantès : l'auteur ne veut pas seulement nous amuser, il défend une morale philosophique et chrétienne, tout en rejetant le conservatisme. Il se rattache à la philosophie de la liberté de Locke. Fielding renouvelle le roman d'aventures et de mœurs en le nourrissant de sa culture, qui va du roman gréco-romain aux picaresques espagnols et à Manon Lescaut. Il s'agit, et c'est ce qui en fait la gloire, d'une " épopée comique en prose ", comme le dit l'auteur lui-même. 

 


    Dans cette comédie de mœurs, le propos de Fielding est clair, il s’agit d’édifier tout en amusant. On sent d’ailleurs par rapport à sa propre œuvre, à travers les commentaires qu’il fait lui-même sur l’écriture dans certains chapitres, un certain recul qui est tout à fait agréable. Si le sujet qu’il traite est sérieux, la façon dont il est traité est, elle, légère et très ironique. La morale d’époque n’est pas pesante car en fait, à travers  cette histoire, Fielding s’attaque à l’hypocrisie plus qu’à l’absence de morale. Tom Jones n’est pas un héros parfait : pour le milieu du XVIIIème siècle, son libertinage est coupable mais il n’est pas fondamentalement mauvais par rapport à d’autres personnages qui n’ont que l’apparence de la vertu car lui n’est jamais dans le calcul. Il pêche uniquement par excès d’enthousiasme et de spontanéité. Cela le rend si attachant qu’on a plaisir à suivre ses aventures, malgré ses légers défauts qui l’entraînent toujours plus loin vers sa chute. Sur sa route, il va rencontrer toute la « nature humaine » sous la forme de la bêtise, de la jalousie, de l’extrémisme, de médecins, voleurs, aubergistes plus ou moins honnêtes, menteurs et hypocrites. 

    Ce roman est donc une satire qui s’attaque à cette « nature humaine », comme l’affirme l’auteur dans une de ses très nombreuses digressions. Celles-ci pourraient faire peur (Fielding a l’honnêteté d’avertir le lecteur dès les premières pages) mais elles ne ralentissent pas le récit et apportent plutôt une certaine richesse au roman qui, du coup, est très loin de se limiter à une histoire sentimentale. A aucun moment, mon attention n’est retombée et je dois dire que le retournement de situation final m’a particulièrement réjoui. L'écriture est également belle et fluide.

    J’ai également aimé les personnages, pas toujours nuancés à priori (les serments d’amour sont toujours très emphatiques, avec menace de mort par chagrin d’amour et autres), mais toujours intéressants et souvent amusants. Mr Allworthy et sa bonté un peu naïve, Mrs Bellaston, très soucieuse de son image, Mr Blifil et sa flagornerie, sont tous des personnages marquants. Même Sophie, seul personnage qu’on pourrait qualifier de parfait n’est pas monolithique (voyager seule de nuit sans s’évanouir dénote une certaine forme d’indépendance voire de courage coupable !). Le ridicule et superstitieux Partridge est un élément comique indéniable, tout comme le vulgaire et tyrannique Squire Western qui aime autant sa fille que son chien préféré (il a l'art du compliment!).


   Bref, c’est très agréable à lire. Fielding se réclame de Cervantès que j’ai déjà envie de lire depuis longtemps mais aussi des philosophes grecs et latins. Ce roman m’a aussi permis de tourner mon regard vers Manon Lescaut et Le Paysan parvenu, que je ne connais que de nom.


    En outre, comme de nombreux fans, j’en voulais à Francis Ledoux pour sa traduction du Seigneur des Anneaux, mais j’ai énormément apprécié l’écriture de celle de Tom Jones.

Publié le 13 Avril 2008

Christie’s

Librairie anglaise


www.chezchristies.com

Adresse:

17 Place du Marché
86160 Gençay

Tél: 05 49 50 61 94

Horaires d'ouverture:
mardi à samedi 10h00 - 12h00, 14h00 - 18h00 / dimanche (Juillet/Août) 15.00 - 18.00
 



    Une librairie anglaise-salon de thé bien fournie en plein cœur de la Vienne (à une vingtaine de kilomètres de Poitiers), non, ce n’est pas un mirage dû à la chaleur (ici le désert est plutôt vers et n’est guère propice aux visions). Ce lieu existe bien, des témoignages l’attestent.  

 

 
 

    Ici, on trouve quelques livres neufs mais surtout, beaucoup de livres d’occasion. Le rayon classique est épatant. Enfin, il l’était avant notre passage, à moi et à deux amies, appelons-les B. et M.) car trois « classiqueuses » en excursion, ça laisse des traces (là où on passe, les livres ne repoussent pas!).

     J’avais un objectif: vendre 4 livres (une vieille édition de David Copperfield et A Christmas carol de Dickens, The Great Gatsby de Fitzgerald et Cranford de Gaskell)… et n’en acheter aucun. Bon, vous verrez si j’ai tenu cette résolution.

  

    B., comme d’habitude, a été la plus gourmande: de nombreux livres pour enfants, en plus des classiques parmi lesquels un recueil de nouvelles de Thomas Hardy (je pose une option pour emprunt!), sans parler des autres produits, thé… 
    M. a fait une petite sélection d’Austen avec Persuasion et Sense and sensibility. Elle a également trouvé la même édition que moi de North and South (ce qui est amusant car je voulais m’en débarrasser et j’avais failli l’apporter pour le vendre et finalement c’est B. qui l’aura). Et enfin, the Scarlet letter d’Hawthorne (là encore, je pose une option!).

  
   Quant à moi, eh bien, le libraire ne m’a pris que le Gaskell et (j’ai un peu honte de l’avouer), j’ai acheté une édition de David Copperfield du Reader’s Digest parce que je la trouve à mon goût (je l’ai déjà en français donc ça n’augmente pas ma pal, donc ce n’est pas grave) et mes copines m’ont autorisée à prendre une édition impeccable à 3,50 euros du Vicar of Wakefield d’Oliver Goldsmith, retrouvée à presque 30 euro sur Amazon, une super affaire donc. Résultat, je suis entrée avec quatre livres et suis ressortie avec cinq, dont deux exemplaires de David Copperfield! Et bien sûr avec un marque-pages! Et puis finalement, j’ai réussi à caser mes livres laissés pour compte, auprès de maîtres aimants alors je m‘en tire bien.

 

Pause thé d'après shopping bien méritée au milieu des livres
     En plus d’une librairie intéressante pour une minuscule ville de moins de 2000 habitants perdue au milieu des champs, le salon de thé permet de goûter des gâteaux anglais maison. Peu de choix mais le Lemon drizzle cake est excellent!

 

marque-page

Rédigé par Isil

Publié dans #Librairies

Publié le 7 Avril 2008

The Other Boleyn Girl

 

2008 – 115 min

Réalisé par Justin Chadwick ; scénario de Peter Morgan

D'après l'oeuvre de Philippa Gregory

Avec Natalie Portman (Anne Boleyn), Scarlett Johansson (Mary Boleyn), Eric Bana (Henry VIII ), Mark Rylance (Sir Thomas Boleyn), Kristin Scott Thomas (Lady Elizabeth), David Morrissey (duc de Norfolk), Ana Torrent (Catherine d'Aragon)

 


Le roi Henry VIII se détourne de la reine Catherine, son épouse incapable de lui donner un héritier mâle. Aussitôt, le duc de Norfolk y voit un moyen de placer sa famille en bonne position dans les faveurs du roi. Il pousse Sir Thomas Boleyn, le mari de sa soeur, à pousser dans le lit royal, sa fille aînée, Anne. Anne y voit un moyen d'obtenir un époux puissant à long terme. Le projet de Sir Thomas et d'Anne est cependant contrarié quand le roi s'éprend de son autre fille, Mary.   

 


    Je ne sais trop que dire de ce film. Je l’ai regardé sans déplaisir mais sans grand plaisir non plus. J’ai trouvé l’histoire des soeurs intéressante même si elle aurait méritée d’être moins caricaturale pour être vraiment passionnante. Le personnage de Mary par exemple, est si terne que, même parfaitement interprété par Scarlett Johansson, je n’ai pas réussi à m’y intéresser vraiment. J’ai trouvé Anne (Natalie Portman) plus intéressante car moins monolithique. Elle commence par minauder pour finalement apprendre à devenir séductrice.


  Là où j’ai eu un vrai problème avec ce film, c’est que je n’avais rien lu dessus avant et que j’y suis allée les yeux fermés, ce qui explique en partie ma déception. Je pensais que j’allais voir un film comme “Elizabeth” (avec Cate Blanchett), c’est à dire un film dans lequel intrigues amoureuses et politiques seraient mêlées. Ici, la politique est à peine effleurée. La question religieuse est expédiée à la vitesse du son. Henry VIII paraît très effacé (je sais qu’il n’est pas au centre du film mais on pourrait quand même laisser entrevoir, de temps en temps, que c’était aussi un être politique). J’ai même fini par me demander comment il avait pu régner aussi longtemps et “user” autant d’épouses. J’ai beau être inculte en histoire, je connais quand même quelques noms comme Wolsey. J’espérais donc une opposition entre lui et Anne Boleyn qui aurait pu étoffer le récit. Mais là, rien, si ce n’est son nom évoqué à un moment.
 
 

   Un autre problème est lié au temps. Je n’ai absolument aucune idée du temps écoulé entre le début et la fin du film. Heureusement qu’il y a une naissance de temps en temps pour me rappeler que tout ça ne se fait pas en trois mois.

    Il y a aussi de nombreux détails qui m’insupportent particulièrement. Un exemple parmi beaucoup d’autres: Mary s’enfuyant seule dans la nuit à cheval. J’ai beau savoir qu’il est très difficile d’éviter les anachronismes et les impossibilités dans ce genre de film, là je n’arrive vraiment pas à faire semblant d’y croire. Le problème c’est que ce genre de détails se multipliant, ça finit par agacer. Beaucoup de choses, des relations entre des personnages me semblaient trop modernes. A tel point que, en sortant du cinéma, j’ai éprouvé le besoin de voir ce qu’il en était et effectivement, mes soupçons se sont confirmés, notamment sur la relation entre les soeurs. J’ai eu vraiment l’impression que l’on plaquait une histoire et des sentiments modernes sur un contexte historique ancien et je trouve que ça manque vraiment de naturel.


   
Malgré tout, je n’ai pas détesté et je ne le déconseille pas particulièrement mais il faut y aller en toute connaissance de cause. Vous allez voir un joli petit film romantique (cet aspect est plutôt réussi,
sans être grandiose) avec de beaux paysages et de beaux costumes. Sans un bon casting, je crois que j’aurais quand même probablement vraiment détesté. Au moins, j’aurai découvert que Natalie Portman est une excellente actrice. Et puis ça m’a donné envie de mieux connaitre cette période historique qui m’a l’air passionnante. Mais c’est sûr, je ne le ferai pas avec un livre de Philippa Gregory.

 

Pour en savoir plus:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Boleyn

http://www.tudorplace.com.ar/aboutAnneBoleyn.htm (en anglais)

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 6 Avril 2008

btt button 

Comment avez-vous découvert votre/vos auteur(s) favori(s)? Recommandé(s) par un ami? Tombé dessus par hasard dans une librairie? Un livre qu'on vous a offert?

Était-ce l'amour au premier coup d'oeil? Ou l'histoire d'amour a-t-elle évoluée au court d'une longue histoire?



Je me rends compte que mes amis n'ont jamais été à l'origine de mes lectures favorites. Quel constat! J'ai des amis ignobles en fait. A quoi ils servent?
Bizarrement, le seul qu'on m'ait recommandé l'a été par un de mes frères qui a dû lire trois livres dans toute sa vie. C'est Dune de Frank Herbert qui traînait dans sa chambre. Toutes mes autres découvertes ont été le fruit de rencontres personnelles. Quelques exemples:

- J.R.R. Tolkien: la plus "fortuite". J'avais quinze ou seize ans et j'étais un rat de bibliothèque. Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi "Le seigneur des anneaux" totalement au hasard au CDI du lycée, peut-être le nom de l'auteur m'avait-il semblé exotique. En tous cas, dès les premières pages, j'ai adoré l'histoire, ça a été une évidence pour moi que ce livre me suivrait. C'est d'ailleurs le premier livre que j'ai acheté avec mon premier petit boulot.

 - Jane Austen: la rencontre la plus "inattendue". Je connaissais Austen mais je l'avais cataloguée dans la catégorie "pour midinettes sentimentalistes", ce qui m'avait été confirmé par "Bridget Jones" d'ailleurs. J'ai découvert l'acteur Jeremy Northam, ce qui m'a poussé à regarder "Emma" de Douglas McGrath à la télé. J'ai beaucoup aimé l'humour du film et je me suis donc précipitée dans la première librairie venue pour acheter le roman. Ça a été un coup de foudre immédiat. Pour la première fois de ma vie, moi qui ne m'étais jamais souciée du style d'un auteur, j'ai ressenti la beauté de la langue, en plus de l'intelligence et de la finesse de l'analyse psychologique de l'auteur. Je n'ai été déçue par aucun de ses écrits.

- Charles Dickens: la rencontre la plus "longue" et la plus "complexe". J'ai lu mon premier Dickens, "David Copperfield" en anglais vers vingt ans. C'était le premier long roman que je lisais en anglais et Dickens n'est pas forcément le choix le plus facile pour commencer. J'avais donc globalement bien aimé mais sans plus. J'aimais pourtant bien l'univers et les histoires dans les adaptations d'Oliver Twist au ciné, mais je n'étais pas pressée d'aller plus loin. Et puis, grâce à l'adaptation de la BBC d' "Orgueil et préjugés" d'Austen (on y revient), je me suis tournée vers d'autres adaptations des classiques anglais de la chaine, j'ai donc commencé par "Our mutual friend" (L'ami commun) et encore une fois, emballée par la série, je me suis jetée sur le livre qui est aujourd'hui un de mes livres de chevet (lu deux fois déjà et je sais que je le relirai encore et encore, malgré ses 1000 pages). Puis quelques temps plus tard, la BBC a adapté "Bleak House" ("La Maison d'Apre-Vent") et , encore une fois, j'ai vu la série et lu le livre dans la foulée. Là, j'ai compris que j'aimais décidément beaucoup Dickens et cet amour ne s'est jamais démenti au bout de six romans lus. Je suis heureuse avec Dickens car il a beaucoup écrit et cela me laisse donc encore de longues années de découverte.

Rédigé par Isil

Publié le 3 Avril 2008

Be Kind Rewind

 

2008 – 1h34

Réalisé par Michel Gondry

Avec Jack Black (Jerry), Mos Def (Mike), Danny Glover (M. Fletcher), Mia Farrow (Miss Falewicz), Melonie Diaz (Alma)

 


Un homme dont le cerveau devient magnétique efface involontairement toutes les cassettes du vidéoclub dans lequel l'un de ses amis travaille. Afin de satisfaire la demande de la plus fidèle cliente du vidéoclub, une femme démente, les deux hommes décident de réaliser les remakes des films effacés parmi lesquels "SOS Fantômes", "Le Roi Lion" et "Robocop".

 


« Be Kind Rewind », c’est le nom du vidéoclub où travaille Mike. Autant le dire, un magasin qui ne vend que des cassettes VHS n’a pas un grand avenir mais le patron, M. Fletcher, essaie de le sauver malgré tout. Il n’est pas aidé par Mike (et son copain parano Jerry) qui sont de grands enfants. Le film s’ouvre sur une scène en noir et blanc (avec la bande qui « craque » de temps en temps), documentaire sur un certain Fats Waller, jazzman des années 20, le héros de Passaic (New Jersey). Cela surprend mais c’est en fait le fond de l’histoire.

Bon soyons honnête, le scénario n’a rien d’extraordinaire. L’histoire de cet immeuble que M. Fletcher et Mike veulent sauver de promoteurs n’est pas d’une originalité folle mais c’est surtout un prétexte pour le fond du film, les films « suédés » (ne cherchez pas dans le dictionnaire, le mot est aussi inventé qu’il en a l’air). Et là, tout l’imaginaire de Michel Gondry ressort. Si vous avez « joué » à refaire des films chez vous avec trois bouts de ficelle (ah les attaques au sabre laser façon Jedi avec manche à balai et bruitage maison : « Que la force soit avec toi ! »), vous allez sûrement aimer ce film qui joue en partie sur la nostalgie des films qu’on a aimé, mais pas seulement. Les cascades de « Rush Hour 2 » m’ont bien fait rire alors que je ne connais pas l’original. J’avoue quand même que « SOS fantôme » m’a particulièrement fait plaisir, effet nostalgie oblige sans doute. Jack Black est très bien en type parano qui finit par se prendre pour une star.

Ce n’est pas le film du siècle mais j’ai bien aimé. C’est avant tout un film amusant, plaisant, chaleureux et régressif.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma