Publié le 29 Février 2008

Orgueil et préjugésOrgueil-et-pr-jug-s-40.jpg

 

113 min – 1940 - Noir et Blanc

Réalisé par Robert Z. Leonard, scénario de Aldous Huxley, Helen Jerome, Jane Murfin

D’après le roman de Jane Austen

Avec Greer Garson (Elizabeth Bennet), Laurence Olivier (M. Darcy), Maureen O’Sullivan (Jane Bennet), Mary Boland (Mme Bennet), Edna May Oliver (Lady Catherine de Bourgh), Bruce Lester (Charles Bingley)


 

Dans un petit village de l'Angleterre, Mrs. Bennet veut marier ses cinq filles afin de leur assurer un bel avenir. Lorsqu'un riche rentier, Mr Bingley, s’installe dans les environs, elle espère que ses filles sauront lui plaire, et qu'elle pourra marier l'une d'entre elles au nouveau venu. Malheureusement, il est accompagné d'un ami, qui, s'il est très riche et donc également un bon parti, se montre hautain. L'orgueilleux Mr. Darcy, voit d'un très mauvais œil son ami s'éprendre de Jane Bennet, la plus âgée des sœurs, de peur d'un mariage malheureux. Elizabeth, la seconde fille Bennet, éprouve immédiatement une forte antipathie pour cet homme si peu ouvert.
 

 


Cette version est une adaptation très libre du roman (à noter la présence d’Aldous Huxley pour l’écriture du scénario). Il y manque des scènes importantes (Lizzie ne va pas dans le Derbyshire, entre autres), les costumes indiquent une autre époque, on les dirait tout droit sortis « d’Autant en emporte le vent ». Ce n’est pas très grave en soi car le film ne donne pas d’époque précise, mais mon goût personnel me fait préférer les costumes des versions plus récentes, moins opulents et tape-à-l’œil et puis, du coup, le film accuse un peu son âge.

En fait, j’ai trouvé le début vraiment réussi, mais il y a quelques aberrations vers la fin, notamment par rapport au rôle de Lady de Bourgh. Ces changements m’ont un peu perturbés et j’ai beaucoup moins apprécié la fin du film que le début.

Pourtant, l’esprit du roman est en fin de compte plutôt respecté malgré ces défauts. On y retrouve la pointe de satire sociale et l’humour caractéristiques de la romancière.

Le casting est bien choisi. Greer Garson est une Elizabeth très acceptable, même si au début j’ai trouvé qu’elle confondait irrévérence et minauderie. Physiquement, elle ne correspond pas vraiment à l’image qu’on peut se faire du personnage (et la coiffure n’aide pas) mais ses répliques sont si bonnes (je pense que certaines sont dues aux dialoguistes plutôt qu’à Austen car je n’en avais pas de souvenir) et si pétillantes qu’on finit par l’apprécier. Laurence Olivier est très distingué, séduisant et touchant. Quant à la réalisation, elle est tout à fait réussie, l’image (en noir et blanc) y est soignée.

 

La version 1940 d’Orgueil et préjugés est finalement une bonne comédie romantique, spirituelle et charmante, qui mérite d’être vue, si on ne cherche pas trop à la comparer à l’original ou aux versions plus récentes.

 

    Le DVD ne contient que la V.O.S.T.

    En bonus sur le DVD, un court métrage de propagande pour la « navy » d’une quinzaine de minutes (intéressant d’un point de vue historique mais ennuyeux dans la forme) et un dessin animé avec Barney Bear comme héros ainsi que la bande annonce du film.

bon 

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 29 Février 2008

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Comédie romantique

138 min - 2006

Réalisé par Nancy Meyers

Avec Cameron Diaz, Kate Winslet, Jude Law, Jack Black, Eli Wallach


 

Une Américaine (Amanda) et une Anglaise (Iris), toutes deux déçues des hommes, décident, sans se connaître, d'échanger leurs appartements. Iris, va débarquer dans une demeure de rêve tandis que la distinguée Amanda découvre une petite maison de campagne sans prétentions. Les deux femmes pensent passer de paisibles vacances loin de la gent masculine, mais c'était sans compter l'arrivée du frère d'Iris dans la vie d'Amanda, et la rencontre de Miles pour Iris.

 

 


    Cette comédie enchaîne toutes les platitudes possibles. La romance dégouline, ce n’est pas drôle. J’ai bâillé pendant deux heures. Même le beau Jude Law n’a pas réussi à éveiller ma libido ! Si j’avais accroché et regardé une photo de l’acteur, je n’aurais pas eu à subir le néant des dialogues échangés avec Cameron Diaz.

    Pour dire à quel point je n’ai jamais été touchée, à la fin du film, je ne connaissais toujours pas le nom des personnages, pour moi ils sont toujours restés Jude, Cameron, Kate et « l’autre » (ça m’a occupé d’essayer de me souvenir du nom de l’acteur Jack Black, c’est déjà ça !). Jude Law ne joue pas, il fait juste acte de présence en étant lui-même, Cameron Diaz est affligée de spasmes, tout bouge quand elle parle et Kate Winslet a fait bien attention à parler de façon bien plate et pas trop fort, afin de ne pas me réveiller pendant cette phase comateuse (quelle amabilité !).

    C’est vraiment le type de film qui sert juste à réunir des stars et le scénario y est très secondaire. Les personnages et l’histoire n’ont aucun relief mais surtout, ce qui sauve souvent ce genre, c’est la qualité des dialogues. Ici, ils sont particulièrement insipides. C’est bavard et sans intérêt. J’ai vaguement souri quand Cameron Diaz découvre un secret (deux secrets en fait) et vérifie qu’il n’y en a pas d’autre et ce parce que je venais de me dire que j’aurais cette réaction dans la même situation. C’est un peu mince pour une comédie. Ce n’est même pas « gentillet ».

non

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 24 Février 2008

 

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De Elizabeth Gaskell



Margaret Dawson raconte comment, jeune fille de 16 ans, vers les années 1810, elle est accueillie par Lady Ludlow à Hanbury Court. Elle se remémore la vie qu’elle y a menée pendant plusieurs années, auprès de cette femme de l’aristocratie terrienne d’un autre temps aux prémisses d’une nouvelle ère.
 
Quatrième de couverture : « Je suis une vieille femme maintenant et les choses ont bien changé depuis ma jeunesse. On voyageait alors en diligence avec six personnes à l’intérieur et l’on mettait deux jours pour accomplir un trajet que les gens font aujourd’hui en deux heures à grand renfort d’embarras et dans un fracas à vous rendre sourd. En ce temps-là, les lettres n’arrivaient que trois fois par semaine ; et même, dans certains coins d’Ecosse où j’ai séjourné dans mon enfance, il n’y avait de courrier qu’une fois par mois. Mais, alors, les lettres étaient des lettres ; on en faisait grand cas, on les lisait et on les étudiait comme des livres. Maintenant, la poste arrive bruyamment deux fois par jour, apportant de brefs messages, qui n’ont parfois ni commencement, ni fin, et se résument en une courte phrase dont les gens bien élevés n’oseraient pas user dans la conversation. Bon ! bon !c’est peut-être le progrès ; au fond je le crois. Mais vous ne trouveriez pas aujourd’hui une seule lady Ludlow. Je vais essayer de vous faire faire sa connaissance. »
 
Aux côtés de Jane Austen, des sœurs Brontë et de George Eliot, Elizabeth Gaskell (1810-1865) occupe dans le roman anglais du XIXè siècle une place importante que la critique récente a largement consolidée. Portrait discrètement ironique d’une grande dame de la noblesse terrienne, Lady Ladlow fait partie de ses courts romans, comme Cranford ou Ma cousine Phyllis, où l’originalité de son talent donne sa pleine mesure.
 
 

    Plus qu’un roman, comme Cranford, Lady Ludlow est avant tout une succession d’anecdotes amusantes ou émouvantes sur une société en pleine évolution (thème cher à Gaskell, qu’on retrouve aussi dans Nord et Sud et dans Femmes et filles). Comme toujours, les personnages de Gaskell sont intéressants car complexes. Elle ne porte pas de jugement moral sur eux. Du coup, Lady Ludlow, qui est rigide et qui se réfère encore à un code social quasi-féodal a aussi des aspects touchants. Rigide, réactionnaire et attachée aux privilèges dus à son rang, elle est aussi capable d’être bienveillante et d’agir dans l’intérêt des autres même en allant contre ses convictions. Ses altercations permanentes avec « l’horrible » Mr Gray sont toujours savoureuses : le nouveau pasteur, réformiste, sortant sans perruque mais qui par-dessus tout pousse le vice jusqu’à plaider en faveur d’une école pour les enfants pauvres, est une insulte permanente à Sa Seigneurie mais il va pourtant avoir une grande influence sur la vie de Hanbury. Les personnages sont plaisants, certains représentent l’avenir, comme le petit Harry, fils de braconnier qui apprend à lire grâce à l’intendant sévère mais réformiste. L’écriture est belle (assez moderne je trouve) et ça se lit avec plaisir et facilité.
    Encore une fois, il m’a manqué quelque chose d’un peu plus consistant que ce beau témoignage sur l’époque, plein de digressions en tout genre, mais j’ai pris un grand plaisir à continuer ma découverte de l’œuvre de Gaskell. Je le conseille à tous ceux qui ont aimé Nord et Sud, pas seulement pour l’histoire d’amour mais aussi pour tout le contexte social et sociologique que le roman rendait parfaitement clair, même à cent cinquante ans de distance. Il y a un certain nombre de passages particulièrement délectables.
 
Un personnage parmi tant d’autres, Mr Mountford le vieux pasteur :
« Il y avait aussi beaucoup de bon en Mr Mountford. Il ne pouvait supporter la vue d’une souffrance, d’une tristesse, d’une misère de quelque sorte que ce fût, et, si quelque chose de ce genre venait à sa connaissance, il n’avait de cesse qu’il n’y eût apporté remède à tout prix. Mais il craignait fort le dérangement ; aussi évitait-il autant que possible d’entrer en contact avec les malades et les malheureux ; et il n’aimait pas du tout qu’on lui en parlât. »

bon-indispensable

Publié le 23 Février 2008

The tenant of Wildfell Hall

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De Anne Brontë

 



Une femme mystérieuse s’installe avec son enfant à Wildfell Hall, une vieille demeure sinistre et jusque-là à l’abandon. 
Elle se mêle très peu au reste de la population et semble attirer les hommes célibataires des alentours. Peu à peu, des rumeurs se répandent sur son compte.

   

 


Le narrateur, Gilbert Markham raconte l’arrivée de Mrs Graham à Wildfell Hall. Comme lui, le lecteur découvre la personnalité de cette femme belle mais solitaire et est intrigué par son obsession vis-à-vis de son fils. La seconde partie est le récit d’Helen, par l’intermédiaire de son journal. Elle y raconte comment, jeune et très pieuse, elle s’est, par amour, mariée à un jeune homme charmant mais à la vie dissolue. C’est la partie la plus longue dans laquelle l’auteur montre avec une grande minutie les actions et le caractère de chaque personnage. La fin revient au point de vue de Gilbert.

 

Anne Brontë est une très fine observatrice de la psychologie humaine. En ce sens, elle est plus réaliste que ses sœurs, Charlotte et Emily même si elle est moins « romanesque ». "Agnès Grey", son premier roman, traite d’amours calmes et sereines, ici, le thème est la passion amoureuse qui dégénère. La situation des femmes au milieu du 19è siècle y est décrite sans concessions. L’erreur est interdite car l’épouse ne peut quitter un mari qui l’humilie. Elle est sa propriété et tous ses biens appartiennent de fait au mari. Là où dans le mariage raté, l’homme peut s’échapper, que reste-t-il comme alternative à l’épouse, qu’elle soit responsable ou pas de la situation ? L’écriture est très osée pour l’époque car on y parle d’une épouse qui a une volonté propre et qui refuse le rôle de victime consentante. J’ai trouvé le caractère d’Helen très intéressant car assez naïve au début (quoique raisonnable et sensée, elle croit que l’amour suffit à assurer le bonheur et que l’on peut changer le caractère des gens malgré eux car elle-même se rend compte qu’Huntingdon, malgré son charme, a des défauts qui seraient rédhibitoires pour beaucoup) mais aussi dotée d’une grande force et de beaucoup de détermination. Sa vision de la différence entre l’éducation des garçons (à la morale innée) et des filles (fragiles et trop faibles pour être indépendantes sous quelque forme que ce soit) est très moderne.

On pourrait lui reprocher son côté très moralisateur et c’est vrai que dans le dernier quart, j’ai trouvé le rapport à la religion et à la rédemption un peu lourd à mon goût mais les sentiments, les résultats des actions sont si finement décrits et si réalistes que ce serait réducteur de s’arrêter à la façon parfois peu subtile et répétitive de l’écriture qui, dans l’ensemble, est quand même très agréable. J’ai été très vite happée par l’histoire et mon intérêt n’a pas baissé avant la fin.


indispensable

Publié le 22 Février 2008

Cranford Cranford

295 min – 5 épisodes

Réalisé par Simon Curtis, scénario de Heidi Thomas

D’après 3 romans d’Elizabeth Gaskell: Cranford, Lady Ludlow et Mr Harrison’s confessions
 

Avec Judy Dench (Miss Matty Jenkyns), Eileen Atkins (Miss Deborah Jenkyns), Lisa Dillon (Mary Smith), Simon Woods (Dr Harrison), Imelda Staunton (Miss Pole), Philip Glenister (Mr Carter), Francesca Annis (Lady Ludlow), Julia Sawalha (Jessie)

 

 

 

    1842. Cranford, village du Cheschire, est gouverné par l’étiquette, les habitudes et par-dessus tout, un réseau complexe de femmes. La vie s’écoule de manière immuable en fonction de leurs règles sociales mais Cranford est pourtant sur le point de changer…
    Pour les célibataires Deborah Jenkyns, l’arbitre de la correction à Cranford, et Matty, sa sœur généreuse et discrète, la ville est un lieu d’intrigues : un nouveau médecin séduisant, Frank Harrison, arrive de Londres avec de nouvelles méthodes et peu d’expérience ; un Capitaine de l’armée à la retraite s’installe avec ses filles ; Lady Ludlow prépare une garden-party.
    Cranford a aussi ses secrets qui se révèlent peu à peu : Matty retrouve son amour de jeunesse, l’intendant de Lady Ludlow prend sous son aile un jeune vagabond, mais surtout, la ligne de chemin de fer menace la tranquillité des habitants.


En anglais seulement (avec l’option sous-titrage en anglais)  

    Comment adapter une magnifique œuvre littéraire mais qui n’a pas de très forte intensité dramatique ? La BBC a choisi de mélanger trois courts romans d’Elizabeth Gaskell. L’exercice semble périlleux mais le résultat est une grande réussite. La scénariste est parvenue à imbriquer les trois histoires de façon plus ou moins parallèle mais toujours avec cohérence.
 


    Comme le roman Cranford, la mini série montre une société en pleine évolution : création de lignes de chemin de fer, nouvelles techniques médicales, instruction des masses sont des thèmes abordés. Ainsi, derrière le portrait amusant des petites misères, des ragots, des règles sociales contraignantes des dames (souvent un peu âgées) de Cranford, c’est ce portrait d’une Angleterre du début de l’industrialisation, en pleine mutation, et l’équilibre fragile entre tradition et

développement économique qui transparaissent dans cette adaptation comme dans toute l’œuvre de Gaskell.

 

    L’esprit de l’auteur est donc tout à fait respecté. Les romantiques ne sont pas non plus oubliés grâce aux déboires amoureux du Dr Harrison, dont la méconnaissance des normes amoureuses locales (et le fait qu’il soit le seul bon parti de l’endroit) va lui faire connaître quelques mésaventures.


    Les deux premiers épisodes mettent la situation en place mais sont très amusants. Ensuite, les faits s’enchaînent, certains drôles mais d’autres plus dramatiques. L’ensemble est magnifiquement mis en scène. Les décors, les costumes et la musique sont merveilleux. Quant aux acteurs, ils m’ont tous absolument époustouflés. Il faut dire qu’il y a une belle brochette de grands acteurs. Judi Dench est parfaite comme toujours, Eileen Atkins est formidable est Philip Glenister très touchant en personnage assez rigide mais progressiste. On peut aussi voir dans de petits rôles quelques grands acteurs comme Michael Gambon (le Pr Dumbledore, c’est lui) et Greg Wise ("Raison et sentiments"). En fait, il n’y a pas de personnage qui domine réellement (chacun est mis en valeur à tour de rôle) mais c’est Cranford qui est la véritable vedette de la série, comme centre de toute l’action. Le choix de la ville de tournage est parfait comme tout le reste.
 

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    Bref, c’est encore une admirable adaptation (en l’occurrence on peut presque parler de re-création) des grands classiques anglais par la BBC qui sait toujours faire preuve d’un grand respect pour ses écrivains. A voir autant, voire plus, pour l’ambiance et l’aspect sociologique que pour les intrigues.

Le bonus n'a aucun intérêt si ce n'est de laisser entendre qu'il y a matière à développer une suite.

 
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Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 20 Février 2008

Vermeer - La Dentellière
Johannes Vermeer - La Dentellière

Huile sur toile, 1664, 24 × 21, musée du Louvre, Paris

 

 

Beaucoup de toiles de Vermeer semblent d’une grande beauté. Deux se trouvent au Louvre. La Dentellière est celle que je préfère. On y trouve de multiples détails (les fils entremêlés sont très réalistes) alors que ce sont de très petits formats. Les couleurs sont magnifiques.

J’aimerais aller aux Pays-Bas voir les musées consacrés à ce peintre. 

Rédigé par Isil

Publié dans #Pinacothèque

Publié le 19 Février 2008

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De Radiohead

  

 

« In Rainbows » est un album pour ceux, dont je fais partie, qui ont aimé les Radiohead à leurs débuts et qui ont décroché avec les albums expérimentaux qui ont précédé celui-ci. Si ça reste du Radiohead, c’est-à-dire assez planant, c’est un retour aux classiques et on y retrouve le son des albums "Pablo Honey" ou "OK Computer".

C'est peut-être globalement l’album de Radiohead que je préfère (je crois que c'est le premier du groupe que je suis capable d'écouter en entier et en boucle) mais il n'y a pas de titre qui retienne particulièrement l’attention comme « Creep » ou « No Surprises » dont on retient l’air immédiatement. Après plusieurs écoutes, j’ai quand même été touchée par certaines chansons comme « All I need », « House of Cards » (ma préférée) et « Videotape » (à ne pas écouter quand on a le cafard).

Une très bonne réussite donc même si il n’y a pas de grosse surprise.

 

AvantAprès avoir lancé un concept jusque là utilisé par des inconnus pour se lancer, le téléchargement, Radiohead s’est mis au DIY avec l’album en kit à monter soi-même. Dans la mesure où ça permet d’avoir une nouveauté à moins de 15 euAprèsro, pourquoi pas. Par contre, il faut être capable de coller des stickers sans faire de bulles, alors si vous savez poser du papier peint, vous savez construire votre cd de Radiohead et vous pourrez dire : « c’est moi qui l’ai fait ».

 

 

House of Cards

I don't want to be your friend
I just want to be your lover
No matter how it ends
No matter how it starts

Forget about your house of cards
And I'll do mine
Forget about your house of cards
And I'll do mine

Fall off the table,
Get swept under
Denial, denial

The infrastructure will collapse
Voltage spikes
Throw your keys in the bowl
Kiss your husband goodnight

Forget about your house of cards
And I'll do mine
Forget about your house of cards
And I'll do mine

Fall off the table,
And get swept under

Denial, denial
Denial, denial
Your ears should be burning
Denial, denial
Your ears should be burning
Denial, denial


Rédigé par Isil

Publié dans #Musique

Publié le 14 Février 2008

L’héritage de saint Leibowitz  Miller-Heritage-de-saint-Leibowitz1.jpg

De  Walter M. Miller 


 

Quatrième de couverture : Des siècles après un conflit dévastateur, quelques communautés éparses émergent de la barbarie. Parmi elles, un ordre religieux fondé par Leibowitz, un savant devenu moine, pour sauvegarder les livres et le savoir qui subsistent. Telle est notamment la tâche, bien plus tard, alors que l’Eglise a resurgi de ses cendres, de frère Dent-Noire, un moine d’origine nomade qui songe à renoncer à ses vœux. Le monde occidental semble sur la voix d’une Renaissance, mais l’élection d’un nouveau pape va remettre le feu aux poudres à travers l’affrontement d’une Eglise qui cherche à étendre son influence spirituelleMiller-Heritage-de-saint-Leibowitz2.jpg et politique sur les peuples nomades et d’un pouvoir séculier qui cherche à imposer sa propre loi…Attendue depuis plus de trente ans, cette arborescence d’Un cantique pour Leibowitz, devenu un classique de la S.F., est un événement !


 
 

Le terme « arborescence » utilisé sur la quatrième de couverture est juste puisque l’histoire du roman se déroule soixante-dix ans après le séjour de Thor Thaddeo, le savant de Hannegan City, à l’abbaye de Leibowitz dans « Un cantique pour Leibowitz ».
« L’héritage de Saint Leibowitz » est d’une structure plus classique que le précédent. Ici on suit un personnage tout au long du roman. Je trouve que le titre anglais (Saint Leibowitz and the Wild Horse Woman) est plus parlant lorsqu’on lit le roman car il n’y est pas vraiment question d’héritage en fait. Ça parle beaucoup plus de la confrontation de deux cultures et religions.
On retrouve les points de repère du livre précédent (les busards prennent de l’importance) et le livre regorge de bonnes idées comme le problème théologique posé par le « méridien de la sorcière verte » (ou « Green Witch »). Mais il y a trop de thèmes abordés (schisme religieux, état séculier contre théocratie, guerre sainte, guerre « bactériologique », évangélisation…) et en fin de compte, tous sont juste effleurés. C’est très intéressant mais écrit aussi d’une manière un peu plate, sans relief. Sans regretter la lecture et sans m’être ennuyée, je suis toujours un peu restée sur ma faim. En outre, j’ai trouvé quelques passages un peu confus : entre les très nombreux clans et personnages qui changent de « camp » en fonction des moments et des intérêts, on se perd facilement si on n’a pas une grande concentration. J’ai donc été intéressée mais pas emballée.
 
NB : les derniers chapitres du roman ont été écrits par un autre auteur, Terry Bisson, après le suicide de Miller. Pour être honnête, je ne m’en serais pas aperçue si je ne l’avais lu sur la quatrième de couverture. Le style de l’auteur a été respecté.
 
« Comme le veut l’usage, un ennemi totalement étranger est moins méprisable qu’un frère déviant. »
 
« Monseigneur, ces hommes vivent de massacre et de pillage.
- Une bonne définition de la guerre, n’est-ce pas ? »

bon  

Publié le 10 Février 2008

Il fallait bien que ça arrive, j'ai été taguée et deux fois en plus, par La Liseuse et par Loba.
 


Les règles :
- Écrire le lien de la personne qui l'a taguée.
- Préciser le règlement sur ton blog.
- Mentionner six choses sans importance sur toi.
- Taguer six autres personnes en mettant leur lien.
- Prévenir ces personnes sur leur blog respectif. 

1) J'ai le plus grave défaut dont peut être affublée une lectrice compulsive: je déteste le thé. 

2) J'aime le foot depuis la demi finale de la coupe du monde de 1982. Et dire que je n'ai regardé le match que pour ne pas aller me coucher. 


3) La bière est la seule boisson alcoolisée que j'aime. Surtout si elle est britannique ou irlandaise. Ah la Beamish Red ou la Murphy's Stout! J'adore m'installer à la terrasse d'un café avec un bon livre et une pinte


4) Je HAIS le rose. Ca date de mon enfance où je refusais absolument tout attribut réputé féminin. Bon encore un vieux rose ça va mais le rose "Barbie", je ne peux pas!


5) Je ne suis pas une grande adepte du shopping. En général, je fais une boutique en 5 minutes, puis pour m'en remettre, avant la suivante, je m'arrête dans une librairie d'où je ressors deux heures plus tard, les bras trop chargés pour continuer. J'ai tendance à porter un ou deux vieux jeans un peu râpés de temps en temps. ;o)


6) J'ai commencé à broder il y a quelques années à cause d'une commerçante qui est aujourd'hui une bonne copine, Nath la mercière. Bon, il est vrai que dans ce domaine, je suis très monomaniaque puisque je me limite à des modèles sur le thème de la féerie de chez Nimuë, qui reproduit des illustrations de Jean-Baptiste Monge, entre autres. Je pratique cette activité presque en secret car je me suis longtemps moquée de cette activité de grand-mère.

 

Voilà, la séance de torture est terminée alors je passe le relais: Lamousmé, Karine, Naïk, Martlet, Yueyin et Nath, c'est à vous!

Rédigé par Isil

Publié le 8 Février 2008

Un cantique pour LeibowitzMiller-Cantique-pour-Leibowitz.jpg

De Walter M. Miller



Quatrième de couverture : Devenu moine après la catastrohe nucléaire qui a marqué la fin du XXè siècle, le technicien Leibowitz a fondé un ordre pour sauvegarder les dernières miettes du savoir balayé par la barbarie. Bien plus tard, grâce au travail des adeptes de Saint Leibowitz, c’est une nouvelle Renaissance. Les savants puisent chez les moines le savoir préservé mais souvent mal compris de ses gardiens, et surtout des nouveaux dirigeants, plus avides de puissance que de sagesse. En sorte que l’Histoire menace rapidement de se répéter…

Dans une ambiance qui préfigure celle du Nom de la Rose, d’Umberto Eco, un chef-d’œuvre de la S.F. couronné par le prix Hugo 1961.

 


    Il n’y a pas de héros véritable dans cette œuvre qui est plus la juxtaposition de trois nouvelles qu’un roman. Pourtant, il y a une cohérence d’ensemble qui en fait une histoire suivie et complète. En fait, les trois parties ne se déroulent pas à la même époque : il se passe six cents ans entre chaque événement. La première raconte, dans un monde barbare, la découverte, par un moine, de documents de Leibowitz, fondateur d’un ordre religieux dont la vocation est de protéger le savoir (on comprend pourquoi au fil du roman) et se déroule six cents ans après la catastrophe qui a presque exterminé l’humanité. La deuxième partie, plus sombre, raconte les progrès scientifiques et les interrogations sur le lien entre science et politique qui en découlent. Dans la troisième partie, l’homme a conquis l’espace mais l’histoire menace de se répéter.
    Le lien continu entre ces parties, c’est l’abbaye où saint Leibowitz avait trouvé refuge, un mystérieux vieillard et les busards, présents à chaque époque.  


    Ça faisait bien longtemps qu’un roman de science-fiction ne m’avait pas autant plu. Car en plus d’une bonne histoire, il y a matière à réflexion sur notre monde. C’est fin, bien écrit, l’histoire est subtile et bien menée. Sur le thème de l’apocalypse nucléaire, on peut toujours s’attendre à quelque chose de très sombre mais, au contraire, ce roman est plein d’humanisme, à défaut d’être optimiste.

C’est tour à tour drôle ou grave. La première partie notamment est assez amusante avec l’extase provoquée par une vulgaire copie au papier carbone (les moins de 30 ans vont découvrir l’ancêtre très rudimentaire de l’imprimante !), et le personnage de frère Francis, très sensible à l’émotion qui a sur lui un effet particulier.

    De plus, l’histoire est intéressante car elle symbolise aussi les peurs d’une époque (le roman date de 1960), celle de la guerre froide et de l’attitude face aux sciences. Si la première a beaucoup évolué depuis, l’incompréhension permanente face aux sciences reste d’actualité, ce qui fait également de ce roman une oeuvre qui donne matière à réflexion encore aujourd’hui. En effet, Un cantique pour Leibowitz pose la question de l’utilisation du savoir et de l’éthique dans la science. Bien sûr, le point de vue des scientifiques n’est pas oublié (n’est-il pas aussi dangereux de refuser la technologie que d’en abuser ?) et c’est ce qui rend le livre encore plus profond, plus intéressant et plus intelligent. Le faire sans être rébarbatif est un tour de force que réussit parfaitement Miller.  


    Un livre à lire absolument. Je pense même que c’est le genre de roman qu’il faut lire plusieurs fois pour bien en comprendre les subtilités. J’ai par exemple regretté mes faibles connaissances historiques et religieuses, qui m’ont certainement fait rater des éléments de comparaison avec l’histoire de l’humanité.


« Et au temps des anti-papes, combien d’Ordres schismatiques ont-ils fabriqué leur propre version des événements ? Combien ont fait passer leurs œuvres pour celles d’écrivains d’autrefois ? Vous n’en savez rien, vous n’en pouvez rien savoir. On ne peut nier qu’il y eut autrefois sur ce continent une civilisation plus avancée que la notre. Il n’y a qu’à regarder les décombres, le métal rouillé. On trouve encore leurs routes effondrées sous le sable des déserts. Mais où trouver la preuve qu’ils ont eu ces machines dont parlent vos historiens ? Où sont les restes de voitures se mouvant d’elles-mêmes, de machines volantes ?
- Tout cela est devenu charrues et houes.
- Si cela a existé.
- Si vous en doutez, pourquoi vous occuper des documents Leibowitziens ?
- Parce que doute n’est pas négation. Le doute est un puissant instrument et qui doit être appliqué à l’histoire. »

« La preuve objective est l’ultime autorité. Ceux qui écrivent peuvent mentir, la Nature, jamais. »

coup de coeur