Publié le 30 Septembre 2010

C'est le retour du concours Folio SF et de sa question du jeudi. Répondez à la question de la semaine pour remporter un exemplaire du roman d’Hal Duncan, Evadés de l’enfer !

Duncan - Evadés de l'enferEli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau… en partance pour l’Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n’en est qu’une copie… franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n’ont plus alors qu’une idée en tête : trouver un moyen de s’évader.

 

 

 

 

 

Question : Cet écrivain britannique de hard sf et sceptique proclamé a commencé à publier dans les années 50, mais c’est à la fin des années 60 que son roman le plus fameux a été édité. Ce roman était en fait tiré d’une nouvelle de cet auteur, au moment où elle a été adaptée pour le cinéma.

Qui est cet auteur ?

 

Les réponses doivent être adressées à l’adresse mail avant dimanche à 20h. 

isil.concours@gmail.com

 

Le gagnant de la semaine sera tiré au sort parmi les bonnes réponses.

Bonne chance !

 

www.folio-lesite.fr/foliosf

Publié le 26 Septembre 2010

Merci à tous les participants. La question était plus simple que je ne le craignais puisque  14 personnes ont trouvé la bonne réponse. Mais venons-en au principal, la question à la réponse et le résultat du tirage au sort. 

La réponse était…matheson.jpg

L'Homme qui rétrécit  (The Shrinking man) de Richard Matheson

«L'araignée fonça sur lui dans l'ombre des étendues sableuses, tricotant furieusement de ses pattes immenses. Son corps ressemblait à un œuf gigantesque et luisant qui tremblait de toute sa masse noire tandis qu'elle chargeait à travers les monticules privés de vent, laissant dans son sillage des ruissellements de sable.
L'homme en resta paralysé. Il vit l'éclat lumineux des yeux de l'araignée. Il la regarda escalader une brindille de la taille d'un rondin, le corps haut perché sur ses pattes que le mouvement rendait floues, jusqu'à atteindre le niveau des épaules de l'homme.»

Folio science-fiction N°22
(Source : site Folio SF)


Et le gagnant du jour est Chiffonnette.

Bravo Chiffonnette ! Tu recevras ton livre d'Hal Duncan après la fin du concours.

 

Et pour les perdants, pas de panique, il vous reste quatre occasions de gagner. A jeudi pour la prochaine question.

folio sf affiche

www.folio-lesite.fr/foliosf

Publié le 23 Septembre 2010

Voici votre première des cinq chances de remporter un exemplaire du roman d’Hal Duncan,  Duncan - Evadés de l'enferEvadés de l’enfer !

Eli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau… en partance pour l’Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n’en est qu’une copie… franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n’ont plus alors qu’une idée en tête : trouver un moyen de s’évader.

 

 

 

 

Question : Ce roman de 1956 raconte l’histoire d’un homme qui après une exposition à une substance radioactive, subit progressivement un changement physique. Il devra alors lutter seul pour sa survie dans un univers familier mais hostile. L’auteur de ce roman a écrit un grand classique de la SF qui revisite un mythe et a aussi été scénariste pour une des plus anciennes séries de SF à la télévision, aujourd’hui devenue culte. C’est également lui qui a scénarisé l’adaptation cinématographique du roman mystère en 1957.

Quel est ce roman ?

 

Les réponses doivent être adressées à l’adresse mail avant dimanche à 20h (aucune réponse en commentaire mais signalez l’envoi de la réponse pour que je puisse vérifier que votre mail est bien arrivé). 

isil.concours@gmail.com

 

Le gagnant de la semaine sera tiré au sort parmi les bonnes réponses.

Bonne chance !

 

www.folio-lesite.fr/foliosf

Publié le 22 Septembre 2010

sauver-Neverland.jpgVenez soutenir la librairie Neverland le samedi 25 septembre à partir de 15h.

Des auteurs seront présents: Mélanie Fazi, Nathalie Dau, Karim Berrouka, Jacques Mucchielli, Stéphane Beauverger, Léni Cèdre, Jeanne A Debats, Isabelle Guso.

Même le libraire de Scylla abandonne son antre pour l'occasion, c'est dire si c'est là qu'il faut être samedi si vous aussi, vous êtes "born to read".

Librairie Neverland
37 avenue de Stalingrad, 78260 Acheres

Pour y aller: RER A, Achères Ville

Publié le 20 Septembre 2010

Etoiles, garde-à-vous !Heinlein---Etoiles--garde-a-vous.jpg

De Robert A. Heinlein

Titre original: Starship Troopers

Première parution: 1959

Edition J’ai Lu

314 pages

 

 

Quatrième de couverture : Après la grande guerre atomique de la fin du XXe siècle, le monde ne fut plus que chaos et désordre. Pour éliminer les hordes barbares qui s'étaient formées, les survivants durent remettre leur sort entre les mains de l'armée. Un siècle plus tard la civilisation, arrivée à l'âge des étoiles, reste dirigée par les militaires. Dans cet univers, Juan Rico s'engage le jour de ses dix-huit ans dans l'infanterie spatiale. Il ne sait pas quel sort terrible attend les fantassins qui, sur les mondes lointains, vont devoir affronter les armées arachnides…

 

 


Etoiles, garde-à-vous !commence sur une scène où l’on découvre le jeune soldat Juan Rico en pleine action. Mais très vite, le roman enchaîne sur le passé de Rico qui va quitter la voix toute tracée que la fortune de ses parents lui assure pour s’engager dans l’armée. On découvre alors un monde dans lequel la citoyenneté et notamment le droit de vote ne s’obtiennent que par le service militaire. Il s’agit d’un roman d’initiation dont la narration est à la première personne.

Ce début où Rico nous raconte le pourquoi de son engagement est remarquable pour ses questionnements. En effet, la philosophie morale est un cours que suivent tous les élèves et on y voit très rapidement transparaître une critique de notre société moderne laxiste, qui pousse à réfléchir sur notre société.

Ensuite, c’est l’entraînement militaire proprement dit auquel on assiste. Le lecteur a le même niveau de connaissance que Rico et donc notre compréhension se fait au rythme de sa formation. On y voit une vie dure voire terrible pour les moins endurants, mais aussi un monde de fraternité et de solidarité. Si cette partie m’a semblé parfois un peu longue, ces longues descriptions d’entraînements sont encore une fois entrecoupées de réflexions politiques, philosophiques ou morales toujours très intéressantes, ce qui finit toujours par sauvegarder l’intérêt du récit.

Ainsi, on va voir la progression de Rico à l’intérieur de l’armée. Mais la fin est un retour à l’action avec la guerre contre des créatures sans notion d’individualité chère à l’humain, qui est l’exact opposé de la société imaginée par Heinlein.

 

Finalement, dans ce récit, les Arachnides, espèce extra-terrestre ennemie proche des insectes, sont peu présentes. Il ne s’appesantit pas sur la guerre ou sur les batailles. Il s’agit à mon sens plus d’une réflexion sur un certain nombre d’aspects moraux. Ce que j’ai trouvé le plus réussi, justement, c’est que Heinlein pousse à la réflexion plus qu’il n’apporte de réponses. Son monde, méritocratie parfaite où seuls les militaires peuvent voter mais où les droits individuels de tout individu sont respectés, est trop beau pour être vrai et à l’occasion, une idée un peu simpliste transparaît (comment ai-je survécu à un chien qui n’a jamais été puni et qui est pourtant parfaitement obéissant? Voilà un grand mystère si j’en crois les théories développées par le professeur de philosophie morale de Rico) et pourtant, il y a le plus souvent une vraie profondeur dans ce roman qui est tout ce qui pour moi fait la bonne science-fiction, celle qui est une ouverture sur la réalité du monde que nous connaissons.

 

Etoiles, garde-à-vous !est le premier roman de Robert Heinlein que je lis. C’est une première lecture réussie qui en entraînera certainement d’autres.

 

star wars summer  defi_robert_heinlein_small.jpg  Defi SF 2010

Publié le 16 Septembre 2010

La collection Folio SF fête son dixième anniversaire en octobre et pour célébrer cet folio-sf-affiche.JPGévénement, Folio SF offre, pour l’achat de deux Folio SF, une anthologie originale :

L’O10ssée, L’odyssée Folio SF en 10 nouvelles.


Maïa Mazaurette, Mary Gentle, Stéphane Beauverger, Thomas Day, Jean-Philippe Jaworski et Robert Charles Wilson offrent des textes inédits alors que des auteurs hors genre que sont Antoine Bello, Antoine Chainas, Marie Darrieussecq, Jean-Baptiste del Amo, Tristan Garcia, Jean-Pierre Luminet et Mathieu Terence livrent et partagent leur curiosité pour la littérature de science-fiction. 

 

 

 

 

 

Folio SF propose aussi aux lecteurs de ce blog de gagner un roman de la collection qui sortira le 28 octobre. Il s’agit de :

Duncan---Evades-de-l-enfer.JPG

Hal Duncan

Évadés de l’Enfer !

Quatrième de couverture : Eli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau… en partance pour l’Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n’en est qu’une copie… franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n’ont plus alors qu’une idée en tête : trouver un moyen de s’évader. 

Après le monumental Livre de toutes les heures (Vélum et Encre, parus dans la collection Lunes d’encre aux Éditions Denoël), Hal Duncan offre avec Évadés de l’Enfer ! un court roman explosif qui confirme tout son talent.

 

 

Il y a 5 exemplaires de ce roman à gagner. Le concours se déroulera sur 5 semaines, chaque jeudi à partir du 23 septembre. Les quatre premières semaines, vous devrez répondre à une question-énigme sur les auteurs et romans de la collection Folio SF. La cinquième semaine, le 21 octobre, une épreuve un peu plus originale et personnelle vous attendra. Il faudra faire appel à votre imagination.

Chaque semaine, vous aurez jusqu'au dimanche 20h pour répondre. Le gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses, par une main innocente (oui bon, soit… je n'ai pas de main innocente sous le coude alors ce sera ma main, il faudra s’en contenter). Le nom du vainqueur sera annoncé le dimanche soir à 21 h.


Rendez-vous dès jeudi prochain à 20h pour la première question.


www.folio-lesite.fr/foliosf

Publié le 14 Septembre 2010

J.R.R. Tolkien, une biographieCarpenter - biographie de Tolkien 

De Humphrey Carpenter

Titre original: J.R.R. Tolkien, a biography 

Première parution: 1977 

Edition Pocket 

318 pages 

 

 

Quatrième de couverture : Né en 1892 en Afrique du Sud, l’éblouissant, le « wonderful » J.R.R. Tolkien a grandi dans les faubourgs de Birmingham et étudié à Oxford pour devenir l’un des meilleurs linguistes de son époque. Mais la biographie de cet homme discret se cache dans le royaume imaginaire qu’il allait inventer…

Tolkien demeure à jamais dans ce pays de merveilles de la Terre du Milieu, parmi le peuple effacé et très ancien des Hobbits qui nous ressemble tant. Dans cette oeuvre enchantée, objet d'un culte jaloux au départ, qui compterait un jour des millions de fidèles et d'initiés partout dans le monde. Dans un passé lointain de rêve, un conte de fées ou de fantasy. Voici l'histoire d'un enchanteur, Merlin des temps modernes, créateur d'une épopée mythologique d'une éclatante poésie.



Tolkien inside

 «  C’est un curieux paradoxe, que Bilbo le Hobbit et le Seigneur des Anneaux soient l’œuvre d’un obscur professeur spécialisé dans le dialecte moyen anglais des West Midlands, et qui vécut une vie de banlieusard ordinaire entre ses enfants et son jardin. »

J.R.R. Tolkien, une biographie est la première biographie que je lis. Comme Tolkien, je n’ai jamais pensé que la vie d’un écrivain permet de comprendre vraiment son œuvre. C’est sans doute encore plus vrai pour Tolkien, homme à priori peu palpitant s’il en est. Petit bourgeois professeur à Oxford, dont le seul signe particulier (pas tant que ça pour l’époque d’ailleurs) a été sa participation à la Première Guerre Mondiale, on s’attend un peu trop à lire la vie d’un Bilbo qui aurait refusé de suivre les nains. J’ai donc entamé ce livre sans attente particulière, avec la seule crainte de m’ennuyer. 

 

En réalité, j’ai pris un grand plaisir à cette lecture. A partir des lettres et du journal de Tolkien et de témoignages de ses proches, Carpenter retrace la vie d’un homme psychologiquement complexe. En huit parties, du mariage de ses parents, tous deux issus de familles de commerçants ruinées, à Bloemfontein en Afrique du Sud aux dernières années, et le succès, la vie de Tolkien défile devant nous à un rythme soutenu avec la guerre et la perte de ses amis, les études, la vie de famille, l’activité professionnelle et sociale. Elle apporte surtout des éléments importants sur le cheminement intellectuel qui l’a mené à créer un univers mythologique complet.

 

Il faut dire que les premières années de Tolkien ont été difficiles. Après la mort de son père, Mabel, sa mère revient en Angleterre et y élève seule ses deux enfants, surtout après sa conversion au catholicisme quand sa famille la rejette. C’est elle qui enseigne au petit Ronald les bases du latin, du grec et du français. A sa mort, Tolkien a douze ans. Ce traumatisme va participer à construire sa personnalité.

«  Et certainement, la perte de sa mère eut un effet profond sur sa personnalité. Elle en fit un pessimiste.

Ou plutôt, elle en fit deux personnes. Par nature, il était joyeux, presque exubérant, avec un goût très vif pour la vie. Il aimait la conversation et l’activité physique. Il avait un sens vif de l’humour et une grande facilité à se faire des amis. Mais désormais, il révéla un autre côté de sa nature, plus secret : celui qui domine dans son journal et dans ses lettres. Par ce côté-là, il était capable d’accès de désespoir. Plus précisément - et c’est ce qui se rattache de plus près à la mort de sa mère -, quand il tombait en cet état, il avait le sentiment d’une perte imminente. Rien n’était sauf. Rien ne durerait. Aucune victoire n’était décisive. »

 Il est alors normal, dans ces conditions, qu’à dix-sept ans, il tombe amoureux d’Edith Bratt, son aînée de trois ans, orpheline elle aussi. Ses études et l’opposition de son tuteur vont contrarier ses amours. Là, on voit un Tolkien romantique, qui attend patiemment d’avoir l’âge requis pour épouser Edith :

« Quand il pouvait avoir une permission, Edith et lui allaient se promener dans la campagne. Ils découvrirent près de Roos un petit bois où poussaient des buissons de fenouil et où ils aimaient se retrouver. Ronald se souvient d’Edith à cette époque: « Elle avait les cheveux d’un noir de jais, la peau blanche, les yeux brillants, et comme elle chantait - comme elle dansait! » Pour lui, elle chantait et elle dansait dans la forêt, et cela donna le conte qui est au centre du Silmarillion: l’histoire d’un mortel, Beren, qui tombe amoureux de la jeune elfe Lúthien Tinúviel, quand il la voit danser dans les bois, au milieu des fenouils. »

Mais en même temps, il lui impose ses vues religieuses. Tolkien est clairement un petit bourgeois de son époque. Edith est également une femme du début du vingtième siècle, son éducation est primaire même si elle a appris le piano. Cela fait qu’ils n’avaient pas grand-chose en commun. La vie d’Edith a dû être souvent assez difficile (d’autant plus que timide, elle ne se plaisait pas parmi les lettrés d’Oxford) même si Tolkien l’aimait beaucoup au point de lui faire plaisir dans les dernières années de sa vie en quittant Oxford:

Carpenter n’insiste pas trop sur la vie privée du couple et parle plus des enfants pour qui Tolkien aimait inventer des histoires. Il faut dire que la vie de professeur à Oxford n’est pas trépidante et pendant un moment, il est bien trop occupé à faire vivre sa famille en corrigeant des copies et en assurant sa charge de cours d’anglo-saxon pour que sa vie soit intéressante. C’est un professeur apprécié :

« Il dit son cours sans hésiter en suivant ses notes et en improvisant sur quelques points. Il prend le texte ligne à ligne, discute le sens de certains mots, certaines expressions, les problèmes que cela pose. Les étudiants le connaissent bien et suivent assidûment ses cours, pas seulement pour la clarté qu’il jette sur des textes obscurs, mais parce qu’ils l’aiment bien: ses plaisanteries leur plaisent, ils ont l’habitude de son débit de mitrailleuse et ils le trouvent avant tout humain, plus en tout cas que certains de ses collègues qui font leurs cours avec un certain mépris pour leur public. »

Pendant cette période de sa vie, il trouve des moments de plaisirs avec ses amis des clubs qu’il forme, le plus célèbre étant celui des Inklings auquel appartenait aussi C.S. Lewis, mais ce n’était pas le premier :

« Le Kolbitar, pour lui donner son titre islandais (« ceux qui en hiver se tiennent si près du feu qu’ils ‘mordent le charbon’ »), est un club de lecture fondé par Tolkien un peu sur le modèle du Club des Vikings à Leeds, sauf que ses membres sont tous des assistants. Plusieurs fois par trimestre, ils font des soirées où ils lisent des sagas islandaises. »

 

Mais le plus intéressant, dans cette biographie, c’est le processus créatif de Tolkien et de voir par quel cheminement logique il en est arrivé à la construction de la Terre du Milieu. Déjà, petit, Ronald était attiré par les contes et récits mythologiques :

« Les légendes du roi Arthur le passionnaient aussi, mais ce fut surtout à lire les Contes de fées d’Andrew Lang qu’il prit le plus grand plaisir ; surtout le Red Fairy Book dont les pages recelaient la plus belle histoire qu’il ait jamais lue : celle de Sigurd qui tua le dragon Fafnir : un récit étrange et puissant qui se passe dans le Nord, dans un pays sans nom. Ronald s’y plongeait tout entier chaque fois qu’il le lisait. « J’avais grande envie des dragons », dit-il longtemps après. « Bien sûr, mon corps timide ne souhaitait pas les avoir pour voisins. Mais un monde où se trouvait l’idée même de Fafnir était pour moi plus beau et plus riche, quel qu’en fût le danger. » »

Mais il était aussi déjà animé par une grande curiosité intellectuelle :

 « Connaître le latin,, le grec, le français, l’allemand, c’était une chose. C’en était une autre que de comprendre pourquoi ces langues étaient ainsi. Tolkien avait commencé par examiner l’ossature, les éléments qui leur étaient communs ; il avait commencé, en fait, à étudier la philologie, la science des mots. Et ce qui le stimula particulièrement, ce fut d’apprendre à connaître l’anglo-saxon. »

Mais cela ne lui suffit pas, ses études le mèneront donc plus loin et auront un rôle fondamental :

«  Il continua à rechercher l’ossature de toutes ces langues, fouillant dans la bibliothèque scolaire et explorant les derniers rayons de la bibliothèque cornique (des Cornouailles), plus loin dans la même rue. A l’occasion, il se mit à trouver – et à recueillir assez d’argent pour les acheter – des livres allemands sur la philologie, « secs comme la poussière », mais qui pouvaient apporter des réponses à ses questions. Philologie : « l’amour des mots ». Car c’était ce qui l’avait animé. Ce n’était pas un intérêt aride pour les principes scientifiques du langage, c’était un amour profond pour la forme et la sonorité des mots, qui lui venait des jours où sa mère lui avait donné ses premières leçons de latin.

Conséquence de cet amour des mots : il s’était mis à inventer son propre langage. »

 

C’est ainsi que, non seulement son travail de philologue lui a permis d’enrichir son travail d’auteur, ce que toute personne qui connaît un peu Tolkien sait,  mais on découvre que l’inverse est tout aussi vrai :

« Même lorsqu’il traitait seulement des aspects les plus techniques du langage, Tolkien était un professeur brillant. Lewis suggère dans sa nécrologie que c’était en partie grâce à l’attention qu’il avait longtemps portée sur les langages inventés, le fait qu’il n’était pas seulement un étudiant en langues, mais un inventeur de langues: « Si étrange que cela paraisse, ce fut sans nul doute la source de la richesse et du caractère concret qui le distingua des autres philologues. Il est allé à l’intérieur du langage. » »

Si au début, il crée soit par pur amusement intellectuel, soit pour s’occuper (comme pendant sa convalescence pendant la guerre où il écrivit la première version de La chute de Gondolin), il finit par aller de plus en plus loin :

« Bientôt, il se mit à penser que des poèmes épars et sans lien, sans thème commun, cela ne lui convenait plus. Au début de 1915, il reprit son poème sur Earendel et en garda l'argument pour une histoire plus longue. Il avait montré le poème original à G.B. Smith qui lui avait dit aimer ces vers mais ne pas comprendre de quoi il s'agissait. Tolkien lui avait répondu : « Je ne sais pas. Je vais tâcher de trouver. » Pas d'inventer : tâcher de trouver. Il ne se considérait pas comme celui qui invente une histoire mais comme celui qui découvre une légende. Et cela tenait en fait à ses langages inventés.

Il travaillait depuis quelque temps à son langage influencé par le finnois, et, en 1915, il l’avait amené à une certaine complexité. Il trouvait que c’était « un passe-temps de dingue » et n’espérait pas y intéresser quiconque. Mais parfois il écrivait des poèmes dans cette langue, et plus il y travaillait plus il sentait qu’il fallait une « histoire » pour lui servir de base. En d’autres termes, il n’y a pas de langage sans un peuple pour le parler. Il mettait ce langage au point, maintenant il lui fallait trouver des gens dont ce serait la langue. »

 

On voit aussi, dans cette biographie, comment Tolkien pouvait trouver son inspiration. Que ce soit Edith lui inspirant Lúthien ou une simple rencontre lui inspirant le nom de Gamegie, un vers rencontré dans un poème de Cynewulf en vieil anglais lui inspirant son premier poème du futur Silmarillion ou une carte postale rapportée de Suisse, Tolkien se nourrit de tout pour son imaginaire.

« Tolkien avait lui-même parfaitement conscience de la ressemblance entre le personnage et son créateur. « En fait, je suis un hobbit », écrivit-il un jour, « en tout sauf en taille. J’aime les jardins, les arbres, les cultures non mécanisées; je fume la pipe, j’aime la bonne nourriture simple (pas congelée) et je déteste la cuisine française; j’aime les gilets brodés, et j’ose même en porter en ces temps de grisaille. J’adore les champignons (pris dans les champs) »

 

Madelener - der Berggeist

« Avant d’entamer le voyage de retour, Tolkien acheta des cartes postales. Parmi elles, une reproduction d’un tableau de J. Madelener, un artiste allemand. Der Berggeist, l’esprit de la montagne, montre un vieil homme assis sous un pin, sur un rocher. Il a une barbe blanche, porte un chapeau à large bord et un long manteau. Il parle à un chien blanc qui flaire ses paumes retournées, et il a une expression souriante mais apitoyée ; on aperçoit au loin des rochers escarpés. Tolkien a gardé soigneusement cette carte et, bien plus tard, il écrivit sur l’enveloppe où il l’avait placée : « Origine de Gandalf ». »

On y découvre bien-sûr un Tolkien perfectionniste à l’extrême, ce que l'on peut deviner lorsqu'on lit ses textes et que l'on sait qu'il a mis douze ans à écrire le Seigneur des Anneaux :

« Tolkien avait la passion de la perfection pour toute chose écrite, que ce soit de la philologie ou des contes. Cela venait de son lien sentimental avec son œuvre, qui ne le laissait rien faire d’autre manière que la plus sérieuse. »

Mais, plus surprenant, dans le même temps, c’est un homme qui n’a aucune méthode, ce qui le pousse à ne rien finir. Cela peut s’expliquer pour son œuvre: 

« En d’autres termes, Tolkien ne voulait pas finir parce qu’il ne voulait pas contempler en face l’idée qu’il n’aurait plus rien à créer dans son monde inventé, à « sous-créer », dirait-il plus tard. »

               Mais il se comporte de la même façon dans son travail de chercheur en philologie, ce qui explique le peu de travaux publiés pour une carrière aussi longue.

 

J'avais déjà quelques connaissances sur Tolkien mais j’ai tout de même réussi à faire quelques découvertes sur le personnage. Moins travailleur qu’on aurait pu le supposer malgré son perfectionnisme, brouillon, pas toujours tolérant, avec une conscience de classe mais qui aimait parler avec des gens de tout milieu,  qui n'a jamais éprouvé le besoin de voyager ailleurs que dans son imaginaire, Tolkien est en effet un personnage tout en contrastes. J’ai donc passé un excellent moment avec ce livre qui se lit presque comme un roman. Les aventures éditoriales de Tolkien aux Etats-Unis sont même franchement savoureuses et permettent d’en savoir plus sur certaines pratiques littéraires de l’époque.

L’auteur n’insiste pas sur les dates ce qui rend le récit vivant mais pas toujours évident pour replacer les éléments dans leur contexte. Cependant, les annexes comportent une chronologie bien faite à laquelle se reporter. L’index est très bien si l’on veut s’y référer encore après lecture ou si en cours de lecture, on souhaite retrouver un passage sur tel ou tel protagoniste ou fait. Par exemple, si on veut savoir comment Tolkien apprend l’anglo-saxon, l’index renvoie à la page 46. Quelques photos accompagnent judicieusement la vie de Tolkien.  

Tout fan de Tolkien devrait apprécier cet ouvrage.

Challengevalar1


"A mesure que les années passaient, ses langages et ses contes étaient de plus en plus « réels » à ses yeux: des langues et des chroniques historiques qu’il devait éclaircir. En d’autres termes, quand il était de cette humeur, il ne disait pas d’une contradiction apparente dans le récit ou d’un nom peu satisfaisant: « Cela n’est pas ce que je veux, je dois le changer », mais: « Qu’est-ce que cela veut dire? Il faut que je le trouve. »

Ce n’était pas qu’il ait perdu la raison ou le sens des proportions. C’était un peu comme une « réussite » intellectuelle (il aimait beaucoup jouer à ce jeu de cartes), et cela venait aussi de ce qu’il croyait à la vérité ultime de sa mythologie. Et, d’autres fois, il pouvait changer radicalement un des points importants d’une histoire, comme n’importe quel auteur. Il avait des attitudes contradictoires, mais, là comme en d’autres aspects de sa personnalité, Tolkien était fait de contradictions."

 

Voyons si Yueyin, co-lectrice de choc du challenge a aimé autant que moi. 

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Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Autres

Publié le 9 Septembre 2010

Il existe des terres de perdition sur lesquelles il ne faudrait jamais mettre les pieds sous peine de subir d’étranges effets secondaires. Ça vous pousse à des actes qu’on pourrait qualifier, pour rester neutre, de "bizarres" voire "obsessionnels" mais que je vous demanderai, par pur souci de charité envers des personnes que nous ne nommerons pas (enfin pas avant une ou deux lignes) de vous contenter d’appeler « imaginatifs ».

Il est un lieu mystérieux, donc, où Yueyin, Fashion, Cryssilda et moi nous emballons sur des auteurs morts voire inconnus. Eh oui, à coup de citations et d’enthousiasmes pour du vieil anglais ou des nains, il semblerait, selon des sources officieuses, que Yueyin et moi ayons fini par entraîner certaines vers ces terres inconnues que sont les textes médiévaux de pays lointains et dangereux. Le Middle-earth Challenge a visiblement des effets secondaires fort étranges sur lesquels il est temps que la science se penche sérieusement. Parce que c'est là que, en toute logique (car ‘logique’ est notre surnom –oui, nous avons toutes le même surnom, et alors ? - ), nous avons donc décidé que nous aussi avions droit à notre rentrée littéraire. La nôtre sera pleine de héros musclés ou de preux chevaliers, de créatures plus ou moins féroces et plus ou moins crédibles, de malédictions, de quêtes et de trésors.

 

Venez donc nous rejoindre pour cette...

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rentrée littéraire 1220… à peu près

Parce qu'il faut être précis, le « à peu près » peut être considéré comme très légèrement euphémistique puisque ça englobe tout le Moyen-âge (approximativement entre 500 et 1500). On lit autant qu’on veut et ce qu’on veut, récits, poèmes ou autres écrits, du moment que ça a été écrit au Moyen-âge.

 

Il suffit de s’inscrire dans les commentaires de ce billet ou chez mes camarades "medievista".

Rédigé par Isil

Publié dans #Brèves de blog

Publié le 7 Septembre 2010

 

L’EddaEdda.jpg

De Snorri Sturluson

Première parution: XIIIe siècle

Edition Gallimard, L’Aube des Peuples

232 pages

 

 

Quatrième de couverture : Rédigée au début du XIIIe siècle par l’éminent historien Snorri Sturluson, l’Edda constitue le recueil de mythologie nordique le plus complet que nous ait légué le Moyen Âge scandinave. Au cours de récits souvent hauts en couleur, l’auteur retrace tout d’abord la création de l’univers à l’origine des temps, avec notamment l’épisode du démembrement d’Ymir, le géant primitif ; puis il présente les principaux dieux de l’antiquité païenne et raconte leurs exploits, leurs aventures et leurs querelles, tandis qu’à l’arrière-plan se profile de plus en plus nettement le drame du monde, le fameux Crépuscule des dieux, dont la description particulièrement saisissante constitue le point d’orgue de l’ouvrage.

Bien qu’il ait été conçu plus de deux siècles aprè s la conversion officielle de l’Islande au christianisme, ce traité témoigne d’une intime connaissance des poèmes mythologiques composés à l’époque païenne tant en Norvège que dans l’île des sagas. A ce titre, l’Edda offre un intérêt capital pour l’étude de l’ancienne religion scandinave, de même que pour les enquêtes de mythologie comparée indo-européenne.

Cette nouvelle traduction repose sur un examen approfondi de la tradition manuscrite de l’œuvre, en sorte qu’à la différence des traductions précédentes, elle tient largement compte des principales variantes fournies par les manuscrits de l’Edda.

 

Spécialiste de la Scandinavie ancienne et médiévale, François-Xavier Dillmann est directeur d’études à la IVe Section de l’Ecole pratique des  Hautes Etudes en Sorbonne.

Le Prix de la Traduction 1991 de la Société Française des Traducteurs lui a été décerné pour L’Edda. Il est également responsable de l’édition française de l’Histoire des rois de Norvège de Snorri Sturluson, publiée dans cette même collection.

 

 


Tolkien inside          L’Edda en prose, écrite par Snorri Sturluson, islandais chrétien du treizième siècle, est une somme de récits mythologiques et héroïques des anciens scandinaves. Malgré une influence chrétienne évidente (la description de Hel, l’Enfer en est un exemple assez flagrant), c’est une source importante de connaissance de ces mythes. C'est ma deuxième lecture de ce livre qui m'avait beaucoup plu. Ma lecture récente de Beowulf m'a donné envie de me replonger dans ce texte.

  

La première partie « Gylfaginning » (La mystification de Gylfi) est la plus longue. En une centaine de pages, on découvre la cosmogonie scandinave, sous la forme d’un dialogue entre Gylfi et trois hauts personnages rencontrés à Ásgard. On y découvre le géant Ymir et l’origine du monde, la naissance des géants, les dieux et leurs actes de bravoure (Thor, pas toujours à son avantage lorsqu’il se fait berner mais très fort, Tyr le hardi, Odin), Loki (et ses enfants monstrueux, le loup Fenrir et le serpent de Midgard qui contient le monde) ou encore l’apparition des premiers hommes. Cette première partie s’achève sur le Ragnarök, ou Crépuscule des Dieux, qui décrit une fin du monde apocalyptique. Au-delà de l'intérêt du texte, la liste des nains de la page 44 ne peut que réjouir la fan de Tolkien qui est totalement éveillée en moi. Le début est assez descriptif mais heureusement, l'intérêt monte rapidement et puis on nous appâte très rapidement avec la fin du monde.

  

La deuxième partie, « Skáldskaparmál » (L’art poétique) nous plonge dans les récits mythologiques et héroïques. Le dieu Thor se bat contre des géants, le marteau qui reviendra à Thor est forgé… Cette partie recèle aussi un des joyaux des récits scandinaves, celui qui sera plus tard rendu célèbre par Wagner dans son opéra L'Anneau du Nibelung. Ici, on a un aperçu de la Völsunga, la saga qui raconte la malédiction qui s’abat sur l’anneau du nain Andvari lorsque Loki le lui enlève et tout ce qui en découle puis le destin tragique de Sigurd, Gudrun et Brynhild. Cette histoire est magnifique, on y trouve du sang, des larmes, des vengeances terribles et même un dragon, mais elle est aussi quelque peu frustrante. Elle donne surtout envie de lire la Völsunga saga.

  

L’influence de l’Edda sur Tolkien m’a parue encore plus claire que lors de ma première lecture. Le lien entre entre L'Edda et Le Hobbit est absolument évident. En outre, l’histoire de Tyr et du loup Fenrir m’a en partie fait penser à Beren dans le Silmarillion. Mais surtout, je trouve que la construction des deux livres est assez semblable. Dans les deux, on ne suit pas une histoire mais de multiples histoires  successives raccrochées au même motif, avec de multiples personnages, avec une première partie consacrée à la création du monde et à la description des divinités et une deuxième partie qui raconte des récits mythologiques remplis de héros tragiques. La mythologique décrite dans l’Edda est sombre, pour les héros humains comme pour les dieux, comme l'est celle créée par Tolkien dans le Silmarillion.

  

On connaît la plupart des mythes décrits dans L’Edda, dont les figures sont beaucoup reprises dans la culture populaire moderne mais souvent cette connaissance se fait de manière déformée. Il ne faut donc pas se priver de découvrir l’original, texte magnifique et passionnant malgré une forme littéraire qui nous est peu familière.

Les notes sont très nombreuses et en fin de volume de l’édition Gallimard, ce qui n’en facilite pas la lecture mais qui l’enrichit considérablement. Les illustrations  en noir et blanc que l’on trouve dans cette édition sont très bien choisies.

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"Loki arriva chez le nain qui s'appelle Andvari, alors que celui-ci avait pris dans l'eau la forme d'un poisson. Loki l'attrapa et exigea de lui, comme rançon, tout l'or qu'il possédait dans son rocher. Quand ils pénétrèrent dans le rocher, le nain apporta tout l'or qu'il possédait: c'était une immense fortune. Mais le nain dissimula sous son bras un petit anneau d'or. Loki le vit et lui ordonna de livrer l'anneau. Le nain le pria de ne pas lui prendre cet anneau, en déclarant que, s'il le conservait, il pourrait faire renaître et fructifier sa fortune à partir de lui. Mais Loki lui répondit qu'il ne conserverait pas le moindre sou, puis il lui prit l'anneau et sortit. Alors, le nain proclama que cet anneau provoquerait la mort de quiconque le posséderait. Loki répliqua que cela lui plaisait fort et déclara aussi que ces paroles pourraient bien conserver toute leur validité quand il les répéterait à celui qui recevrait l'anneau"


Voyons ce que Yueyin, ma soeur en Tolkienie, en a pensé.

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Publié le 6 Septembre 2010

Je travaille dans une petite entreprise qui fournit des entreprises publiques. Je connais donc le problème des paiements différés (paradoxalement, l'Etat est un payeur sûr mais très lent) et autres joyeusetés qui rendent les rapports avec les banques difficiles. Il suffit d'un interlocuteur indélicat pour que ça devienne même franchement impossible. 

Quand une libraire indépendante qui fait des bénéfices depuis le début, qui fonctionne donc, est en danger, pas parce qu'elle n'est pas viable mais parce que la banque ne prend pas ce facteur en compte, il faut agir pour donner un poids financier qui permettra de négocier et de ne pas couler un commerce à cause de frais bancaires exorbitants. Les fournisseurs risquent de ne plus suivre et de refuser de fournir les commandes. Il s'agit donc d'une urgence.

Vous pouvez sauver une librairie.

 

Pour en savoir plus, c'est sur le blog de la librairie Neverland. Et vous pouvez aussi rejoindre le groupe Facebook.

 

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Rédigé par Isil