L'Edda - Sturluson

Publié le 7 Septembre 2010

 

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De Snorri Sturluson

Première parution: XIIIe siècle

Edition Gallimard, L’Aube des Peuples

232 pages

 

 

Quatrième de couverture : Rédigée au début du XIIIe siècle par l’éminent historien Snorri Sturluson, l’Edda constitue le recueil de mythologie nordique le plus complet que nous ait légué le Moyen Âge scandinave. Au cours de récits souvent hauts en couleur, l’auteur retrace tout d’abord la création de l’univers à l’origine des temps, avec notamment l’épisode du démembrement d’Ymir, le géant primitif ; puis il présente les principaux dieux de l’antiquité païenne et raconte leurs exploits, leurs aventures et leurs querelles, tandis qu’à l’arrière-plan se profile de plus en plus nettement le drame du monde, le fameux Crépuscule des dieux, dont la description particulièrement saisissante constitue le point d’orgue de l’ouvrage.

Bien qu’il ait été conçu plus de deux siècles aprè s la conversion officielle de l’Islande au christianisme, ce traité témoigne d’une intime connaissance des poèmes mythologiques composés à l’époque païenne tant en Norvège que dans l’île des sagas. A ce titre, l’Edda offre un intérêt capital pour l’étude de l’ancienne religion scandinave, de même que pour les enquêtes de mythologie comparée indo-européenne.

Cette nouvelle traduction repose sur un examen approfondi de la tradition manuscrite de l’œuvre, en sorte qu’à la différence des traductions précédentes, elle tient largement compte des principales variantes fournies par les manuscrits de l’Edda.

 

Spécialiste de la Scandinavie ancienne et médiévale, François-Xavier Dillmann est directeur d’études à la IVe Section de l’Ecole pratique des  Hautes Etudes en Sorbonne.

Le Prix de la Traduction 1991 de la Société Française des Traducteurs lui a été décerné pour L’Edda. Il est également responsable de l’édition française de l’Histoire des rois de Norvège de Snorri Sturluson, publiée dans cette même collection.

 

 


Tolkien inside          L’Edda en prose, écrite par Snorri Sturluson, islandais chrétien du treizième siècle, est une somme de récits mythologiques et héroïques des anciens scandinaves. Malgré une influence chrétienne évidente (la description de Hel, l’Enfer en est un exemple assez flagrant), c’est une source importante de connaissance de ces mythes. C'est ma deuxième lecture de ce livre qui m'avait beaucoup plu. Ma lecture récente de Beowulf m'a donné envie de me replonger dans ce texte.

  

La première partie « Gylfaginning » (La mystification de Gylfi) est la plus longue. En une centaine de pages, on découvre la cosmogonie scandinave, sous la forme d’un dialogue entre Gylfi et trois hauts personnages rencontrés à Ásgard. On y découvre le géant Ymir et l’origine du monde, la naissance des géants, les dieux et leurs actes de bravoure (Thor, pas toujours à son avantage lorsqu’il se fait berner mais très fort, Tyr le hardi, Odin), Loki (et ses enfants monstrueux, le loup Fenrir et le serpent de Midgard qui contient le monde) ou encore l’apparition des premiers hommes. Cette première partie s’achève sur le Ragnarök, ou Crépuscule des Dieux, qui décrit une fin du monde apocalyptique. Au-delà de l'intérêt du texte, la liste des nains de la page 44 ne peut que réjouir la fan de Tolkien qui est totalement éveillée en moi. Le début est assez descriptif mais heureusement, l'intérêt monte rapidement et puis on nous appâte très rapidement avec la fin du monde.

  

La deuxième partie, « Skáldskaparmál » (L’art poétique) nous plonge dans les récits mythologiques et héroïques. Le dieu Thor se bat contre des géants, le marteau qui reviendra à Thor est forgé… Cette partie recèle aussi un des joyaux des récits scandinaves, celui qui sera plus tard rendu célèbre par Wagner dans son opéra L'Anneau du Nibelung. Ici, on a un aperçu de la Völsunga, la saga qui raconte la malédiction qui s’abat sur l’anneau du nain Andvari lorsque Loki le lui enlève et tout ce qui en découle puis le destin tragique de Sigurd, Gudrun et Brynhild. Cette histoire est magnifique, on y trouve du sang, des larmes, des vengeances terribles et même un dragon, mais elle est aussi quelque peu frustrante. Elle donne surtout envie de lire la Völsunga saga.

  

L’influence de l’Edda sur Tolkien m’a parue encore plus claire que lors de ma première lecture. Le lien entre entre L'Edda et Le Hobbit est absolument évident. En outre, l’histoire de Tyr et du loup Fenrir m’a en partie fait penser à Beren dans le Silmarillion. Mais surtout, je trouve que la construction des deux livres est assez semblable. Dans les deux, on ne suit pas une histoire mais de multiples histoires  successives raccrochées au même motif, avec de multiples personnages, avec une première partie consacrée à la création du monde et à la description des divinités et une deuxième partie qui raconte des récits mythologiques remplis de héros tragiques. La mythologique décrite dans l’Edda est sombre, pour les héros humains comme pour les dieux, comme l'est celle créée par Tolkien dans le Silmarillion.

  

On connaît la plupart des mythes décrits dans L’Edda, dont les figures sont beaucoup reprises dans la culture populaire moderne mais souvent cette connaissance se fait de manière déformée. Il ne faut donc pas se priver de découvrir l’original, texte magnifique et passionnant malgré une forme littéraire qui nous est peu familière.

Les notes sont très nombreuses et en fin de volume de l’édition Gallimard, ce qui n’en facilite pas la lecture mais qui l’enrichit considérablement. Les illustrations  en noir et blanc que l’on trouve dans cette édition sont très bien choisies.

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"Loki arriva chez le nain qui s'appelle Andvari, alors que celui-ci avait pris dans l'eau la forme d'un poisson. Loki l'attrapa et exigea de lui, comme rançon, tout l'or qu'il possédait dans son rocher. Quand ils pénétrèrent dans le rocher, le nain apporta tout l'or qu'il possédait: c'était une immense fortune. Mais le nain dissimula sous son bras un petit anneau d'or. Loki le vit et lui ordonna de livrer l'anneau. Le nain le pria de ne pas lui prendre cet anneau, en déclarant que, s'il le conservait, il pourrait faire renaître et fructifier sa fortune à partir de lui. Mais Loki lui répondit qu'il ne conserverait pas le moindre sou, puis il lui prit l'anneau et sortit. Alors, le nain proclama que cet anneau provoquerait la mort de quiconque le posséderait. Loki répliqua que cela lui plaisait fort et déclara aussi que ces paroles pourraient bien conserver toute leur validité quand il les répéterait à celui qui recevrait l'anneau"


Voyons ce que Yueyin, ma soeur en Tolkienie, en a pensé.

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Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Les classiques

Commenter cet article

Cryssilda 21/09/2010 20:25



Il n'est pas exclu que je lise ça un jour.... vilaine!



Isil 22/09/2010 23:52



*rire dément* Vous succomberez tous



Julien "Naufragés" 14/09/2010 21:02



Je devrais penser à le lire tiens. Cela semble bien intéressant, d'autant que je viens de terminer un ouvrage sur les Vikings il y'a peu! Merci pour ton billet



Isil 14/09/2010 22:01



Ah oui, à lire si on s'intéresse à la période, d'autant qu'un livre sur les vikings y fait certainement référence et s'en est servi comme source.



El JC 12/09/2010 09:45



Merci pour ce beau billet, je l'attendai pour voir si je devais franchir le pas ou non lors du challenge. Convaincu je suis...



Isil 14/09/2010 20:27



Oui, il le faut, c'est sûr. Le début est déstabilisant parce qu'on n'a pas l'habitude de ces formulations archaïques mais très vite, c'est passionnant.



martlet 10/09/2010 21:58



Hey,


Ahhh l'Edda ! Un paquet d'années que je veux m'y mettre, et ce billet ne va pas m'en dissuader :)


Je fais le middle earth challenge "non officiellement", c'est peut-être l'occasion...



Isil 14/09/2010 20:26



Bon retour Martlet. Attention, je prends le risque d'un jeu de mot et j'ajoute: "pourvu que ça dure" :-)


L'Edda est indispensable, voilà, c'est dit.



chiffonnette 09/09/2010 20:31



Tout est de ta faute, je l'ai emprunté à la bib!



Isil 14/09/2010 19:53



*rire dément* Nous allons pousser la terre entière à lire l'Edda.