Publié le 29 Avril 2009

Looking for Eric

 

Grande-Bretagne – 2009 – 120 min

Réalisé par Ken Loach, scénario de Paul Laverty

Avec Steve Evets (Eric Bishop), Eric Cantona (Eric Cantona), Stephanie Bishop (Lily), Lucy Jo Hudson (Sam), Gerard Kearns (Ryan), Stefan Gumbs (Jess), John Henshaw (Meatballs)

 

Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe. Sous son nez, ses deux beaux-fils excellent en petits trafics en tous genres, sa fille lui reproche de ne pas être à la hauteur, et sa vie sentimentale est un désert.

Malgré la joyeuse amitié et la bonne humeur de ses collègues postiers qui font tout pour lui redonner le sourire, rien n'y fait...

Un soir, Eric s'adresse à son idole qui, du poster sur le mur de sa chambre, semble l'observer d'un oeil malicieux. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ?

Eric en est persuadé, le King Cantona peut l'aider à reprendre sa vie en mains.

 

 

 


        J’ai eu la chance d’assister à une projection de Looking for Eric, le nouveau film de Ken Loach, qui sera bientôt en compétition à Cannes. C’était lundi soir à Paris. Je n’ai pas bien compris pourquoi j’ai été invitée dans la mesure où le cinéma n’est pas vraiment ma spécialité et où je suis de moins en moins assidue dans les salles (l’organisateur ne pouvait pas deviner que j’avais revu Land and freedom quelques jours seulement avant son invitation, je suppose). Mais bon, je lis Ken Loach et je cesse de me poser des questions, j’accours, par pur réflexe pavlovien. Je n’ai pas raté un seul Loach au cinéma depuis Raining Stones, ça tombait bien de pouvoir en voir un avant la sortie officielle.

 

Après deux films assez durs, je pensais bien que Loach allait revenir à quelque chose d’un peu plus léger. J’imaginais quelque chose dans le genre de My name is Joe (que j’idolâtre) mais là, j’ai été très surprise.

Non mais qu’est-ce qu’il nous fait Ken Loach ? Ce n’est pas avec ce genre de film qu’on a un prix à Cannes. C’est un film – attention, aux âmes sensibles, là, je vais utiliser un gros mot – optimiste ! Pour un peu je dirais que ça peut même plaire au – attention encore une horreur - grand public. Cannes n’est plus ce que c’était, lorsqu’il fallait être sinistre pour l’emporter. J’avais bien remarqué ces dernières années un certain relâchement mais tout de même, il y a des limites. J’ai beau être vendue (enfin donnée puisque je ne suis même pas payée pour ça) à Ken Loach depuis un sacré bout de temps maintenant, je suis obligée de le constater, Ken Loach se ramollit avec l’âge. Ken, vous nous aviez déjà fait le coup il y a quelques années avec Just a kiss. Attention, Ken, si vous continuez à vous laisser aller, vous allez perdre la partie de vos spectateurs qui ne supporteraient pas d’oser aimer un film au sujet assez consensuel et qui veut juste que vous montriez que le monde-il-est-vachement-dur-voire-complètement-pourri. En sortant de la séance, j’ai eu une pensée émue pour les critiques de Libération et Télérama qui risquent de ne pas s’en remettre. Pour ceux qui comme moi, pensent que le monde est juste souvent un peu gris et qui pensent que le gris clair peut parfois l’emporter sur le gris foncé sans que tout leur système de pensée s’effondre, je vous rassure, ce film est parfait et toujours aussi humaniste. Je m’en fiche que votre film ait une morale assez banale (on s’en sort mieux à plusieurs que seul), qu’on soit presque dans un conte pas très philosophique (avec Eric Cantona dans le rôle de Jiminy Cricket ou de la bonne marraine la fée en plus barbue), vous avez ceci de commun avec Clint Eastwood que vous pouvez vous permettre d’user de quelques ficelles en restant vous-même et en faisant un bon film et rien que pour ça, vous êtes un grand.

Et c’est donc pour ça que j’ai beaucoup aimé, voire adoré ce film et pas seulement parce que le sujet en est le football, argument somme toute très peu présent. Le foot est plus là comme lien social pour les supporters que comme objet d’étude en lui-même. Pas besoin de connaître le sujet pour apprécier ce film (les quelques images de matchs permettent juste de comprendre la ferveur populaire inspirée par Cantona). Etrangement, ce n’est pas tout à fait du Ken Loach (il y a une grande légèreté inattendue et un peu moins de conscience sociale que d’habitude) et pourtant, c’est complètement du Ken Loach (parce que c’est filmé, écrit et joué comme du Loach et qu’il est inimitable) et c’est ce que j’aime chez lui, cette capacité à ne jamais faire deux fois le même film tout en ayant une identité très forte. Loach a toujours su montrer des gens venant de milieux populaires de manière authentique. Pas comme des gens qui parlent de façon très artificielle, qui sont malheureux du matin au soir mais comme des gens qui se marrent au café entre potes, en faisant dans l’humour potache et parfois en dessous de la ceinture, alors qu’ils se demandent comment ils vont s’en sortir la minute d’après. Des gens que je pourrais connaître dans la vie, ceux des brèves de comptoir. Il y a donc toujours eu une forme d’humour dans ses films. Mais Looking for Eric est le film le plus drôle de Loach à ce jour. Là, c’est vraiment hilarant pendant les deux tiers du film. C’est presque une comédie sociale anglaise typique (ça tombe bien, j’aime) mais l’humour reste très loachien (ça tombe bien j’aime encore plus - quitte à inventer des mots, peut-être devrait-on dire très « lavertien » car c’est à Laverty le scénariste attitré de Loach que l’on doit les dialogues). Comme d’habitude, on a droit aux blagues vaseuses des copains du héros (la scène où « l’intello » du groupe arrive avec son livre de développement personnel sous le bras et essaie d’appliquer les théories du livre avec ses copains pas convaincus est hilarante et ce n’est que le début d’une longue série de scènes du même type) mais là, en plus on a un grand numéro de Cantona. Il apparaît ici comme LE Cantona footballeur tel que l’imagine Eric, tel que les amateurs de foot se souviennent de lui, poitrail toujours en avant comme un coq (merci Nathalie pour l’image) et regard impénétrable, celui qui surprenait la presse comme ses supporters par ses sorties absurdes. Evidemment, s’étant fait connaître hors des milieux du foot grâce à son fameux proverbe sur les mouettes et les sardines, Cantona passe son temps à égrener des aphorismes du même acabit, pour le plus grand désarroi d’Eric et le plus grand bonheur des spectateurs.

Ken Loach montre des supporters qui ne sont pas des hooligans mais des gens qui aiment le foot (et surtout leur équipe) comme d’autres aiment les livres, le bon vin, parce que ça les emmène ailleurs. Et c’est de là que tout part. Eric Bishop aime le foot et aime Cantona, joueur adulé de Manchester United, son équipe. J’ai aimé le personnage d’Eric Bishop. Il est tellement proche lorsqu’il se débat avec le monde qui l’entoure (son boulot qu’il fait sans passion, sa famille loin d’être parfaite…) mais surtout avec lui-même car le pire ennemi d’Eric, c’est Eric. J’ai beaucoup aimé la façon dont on remonte le fil de la vie d’Eric peu à peu. C’est en se confiant à un Eric Cantona sorti de son imagination que l’on comprend ce qui l’a conduit à se retrouver à contresens sur un rond point dans les premières images. Il est difficile de parler du film sans en dire trop, car le plaisir est aussi dans la découverte de l’intrigue donc je n’en dirai pas plus, si ce n’est que c’est un film qui parle du manque de confiance en soi, de l’attitude de fuite permanente, de renonciation, face à des situations que l’on ne maîtrise pas. C’est magnifiquement montré tout en étant tendre et amusant et Steve Evets est vraiment excellent.

Mais un film de Loach ne serait pas vraiment un film de Loach s’il n’y avait pas un minimum de drame social. Ici, ça arrive très tard dans le film et ça provoque un glissement vers plus d’émotion que de rire qui disparaît même pendant un bon moment. Eric se trouve impliqué dans les traficotages de son beau fils et ne trouve pas de solution pour s’en sortir. C’est là que la solidarité va jouer. Loach retombe sur ses pieds en reliant l’aspect social et la comédie et le film termine en apothéose.

 

Ce film a un potentiel de futures phrases cultes, et pas seulement parmi  les proverbes crétins de Cantona. Avec la personne qui m’accompagnait, nous avons passé le trajet de retour à récapituler nos passages préférés et nous n’avons pas tout épuisé après avoir traversé la moitié de Paris et fait un bon quart d’heure de train de banlieue.

Looking for Eric est un film très juste dans la psychologie de son personnage principal mais c’est aussi émouvant, passionnant (nous n’avons pas vu les deux heures passer) et très drôle. Il peut aussi toucher un public plus large que le public habituel et si, grâce à ce film, les gens découvrent que Loach est loin d’être l’image typique du cinéma « d’auteur » difficile d’accès tel qu’on peut l’imaginer lorsqu’on n’est pas un cinéphile averti, mais que c’est au contraire quelqu’un qui sait rendre les questionnements de notre époque très accessibles et avec une grande justesse et beaucoup de réalisme, je ne serais pas vraiment surprise et en tout cas absolument comblée.

 

Loach réussit à me surprendre et à m’emporter à chaque fois. Que ce soit dans des films historiques comme Le vent se lève, des comédies sociales comme My name is Joe, des comédies romantiques comme Just a kiss, des films très sombres comme Sweet sixteen, ou des questions d’actualité comme dans It’s a free world, je le suis, même si je ne les aime pas tous avec autant d’ardeur. Je classe les films de Loach dans trois catégories : bons, très bons et excellents. J’en rajoute une quatrième, la classification ‘waouh’ (il parait que je ne suis pas douée pour les titres de rubriques), pour les plus surprenants mais jubilatoires et dans laquelle se place ce film.

J’ajouterai juste un petit mot pour la forme : « Ooh ah Cantona ! ».

 

Merci à Cinefriends pour l’invitation. Le film sortira en salles le 29 mai 2009.

Le site du film : www.lookingforeric.fr

 

Et puis, je ne résiste pas, parce qu’il est certainement le seul joueur français à avoir droit à son hymne officiel (et même à plusieurs) :

‘We’ll drink a drink a drink

To Eric the King the King the King

He’s the leader of our football team

He’s the greatest

French Footballer

that the world has ever seen’

 

Un peu d’humour purement loachien (retranscription de mémoire donc pas tout à fait fidèle mais l’idée y est) :

« - Qu’est-ce qui fait le plus peur à un caïd ?

...

La police ?

Non

...

D’autres caïds ?

Non

...

Sa maman ?

Non !

...

Les syndicats ?! »

 

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 28 Avril 2009

Le songe d’une nuit d’octobre

De Roger Zelazny

Titre original: A night in the lonesome october

Première parution: 1993

Edition J’ai Lu

253 pages

 

Quatrième de couverture : Ce sera pendant l'horreur d'une profonde nuit, la dernière d'octobre. La lune sera pleine. On a un mois pour préparer le Jeu. Pour collecter les outils, déjouer les plans de ceux de l'autre camp, trouver l'endroit magique...L'enjeu est de taille : si ce sont les ouvreurs qui gagnent, alors les Anciens Dieux reviendront, et je ne vous dit pas la catastrophe !

     Moi, Snuff le chien, je vous assure que je ne chôme pas. Entre mes rondes et les informations que je dois récolter, j'estime que je fais bien mon boulot. Notez, la chatte grise se débrouille bien aussi. Mais de quel bord est sa maîtresse ? That is the question...

     Quand Jack l'éventreur, Dracula, Raspoutine, Frankenstein et quelques autres s'affrontent - chacun aidé d'un compagnon à poil ou à plume-, on peut s'attendre à tout ! Surtout par une nuit de pleine lune ...

 


          Les joueurs de cet étrange Jeu ont un mois pour préparer leurs armes, réunir les ingrédients nécessaires et éventuellement, savoir qui sont les autres joueurs et dans quel camp ils se situent. C’est cela qui fait l’essentiel de la trame du roman. Le point culminant du Jeu qui concerne surtout les personnages en général issus de la littérature fantastique est vite expédié à la fin du roman. En effet, ce sont les préparatifs vus du point de vue d’un animal. Le narrateur est donc Snuff, le chien de Jack l’éventreur qui, dans ce récit, n’est pas un criminel sanguinaire mais une sorte de magicien. Il faut bien dire que c’est Snuff qui fait le plus gros du travail pendant les 30 nuits qui précèdent l’étape ultime du jeu. Il va à la pêche aux renseignements et parfois espionne ou échange des informations avec les compagnons des autres joueurs.

En effet, chaque joueur a un compagnon qui le caractérise. L’intérêt du roman, c’est justement ça. Le plaisir réside dans le fait que les personnages issus de la littérature fantastique ne sont pas nommés dès le début. C’est au lecteur de le deviner, grâce à leur description ou à l’animal qui les accompagne. Pour certains, c’est évident mais pour d’autres, on met un peu plus de temps. La caractérisation des animaux est très réussie et réserve quelques surprises. J'avoue que j'étais un peu sceptique sur l'intérêt d'avoir des annimaux comme personnages mais ils sont très convaincants finalement.


Le songe d’une nuit d’octobre est un roman très léger dont l’histoire nous est narrée avec une certaine dose d’humour, parfois morbide. Bref, c’est une petite lecture courte mais très agréable qui me réconcilie avec Zelazny dont je n’avais lu que le premier tome d’Ambre qui ne m’avait pas convaincu.

 

Merci Yueyin.

Publié le 26 Avril 2009

Firefly

Série de science fiction

 

Etats-Unis – 2002 – 14 épisodes

 

Avec Nathan Fillion (Captain Malcolm 'Mal' Reynolds), Gina Torres (Zoë Washburn), Alan Tudyk (Hoban 'Wash' Washburne), Morena Baccarin (Inara Serra), Adam Baldwin (Jayne Cobb), Jewel Staite (Kaylee Frye), Sean Maher (Dr. Simon Tam), Summer Glau (River Tam), Ron Glass (Shepherd Book)

 

Le capitaine Malcolm Reynolds est un vétéran de la guerre qui a opposé des indépendentistes au gouvernement central, l’Alliance. A la défaite de l’Indépendance, Mal a acheté un vaisseau de modèle Firefly qu’il nomme Serenity. Il y embarque sa compagne de l’armée Zoe. Le mari de Zoe, ‘Wash’, le gros bras Jayne et la mécanicienne Kaylee forment le reste de l’équipage. Mal, qui n’a jamais digéré la défaite, reste en marge du centre de l’Alliance et vit d’affaires plus ou moins légales (transport de marchandises et de passagers, contrebande…) avec les planètes terraformées les plus éloignées. Inara, une compagne (sorte de prostituée de luxe) loue une navette et leur assure une certaine respectabilité. Leur tranquillité va cesser lorsqu’ils vont prendre comme passagers un religieux, Shepard Book et un jeune homme et sa sœur qui fuient l’Alliance.

 

 


        La série Firefly, la série SF créée par Joss Whedon (le créateur de Buffy contre les vampires) n’a pas duré une saison. Firefly s’est arrêtée après quinze épisodes (tous n’ont même pas été diffusés).

         Ce qui fait l’originalité de la série, c’est le décor, mélange d’éléments de western et de science-fiction, créant une sorte de space western opera. De la SF, on retrouve le voyage dans l’espace, la conquête de planètes terraformées… Du western, on a les costumes, les colts et les planètes éloignées du centre décisionnel et où règne souvent la loi du plus fort. Mon cerveau a essayé de me lancer des signaux d’alerte me rappelant qu’il m’est rationnellement impossible de justifier un tel grand écart sauf si ce sont des Amish qui ont colonisé l’univers (ou alors, les lois de l’évolution technologique et géopolitiques sont particulièrement étranges) mais ça fait bien longtemps que je n’écoute plus mon cerveau et je me suis contentée d’apprécier l’esthétique.

         De mon point de vue, cependant, l’originalité de la série s’arrête là. La série met surtout en avant les personnges. Ils sont relativement attachants. Malcolm Reynolds, le capitaine du « Serenity » est vaguement cynique et toujours amusant. Il ne ressemble à personne d’autre, la preuve par l’image :

Enfin bon, physiquement on sent à peine l’influence mais sinon, il est très différent. Mal parcours l’espace en faisant des affaires en tout genre à bord d’un vaisseau miteux et c’est un rigolo (ok, dis comme ça, la différence n’est pas flagrante non plus). En fait, dans Firefly, c’est un peu comme si l’Empire (ici appelé l’Alliance) avait gagné et que seul Han Solo et Chewbacca s’en étaient tirés et qu’Han s’était un peu assombri. Et puis ses compagnons sont très différents, moins poilus au moins et même dans le cas de Zoe, bien mieux coiffée (elle prouve qu’on peut faire la guerre en restant glamour, parce q’elle le vaut bien). Le seul personnage que j’ai vraiment trouvé intéressant, c’est Jayne, le bourrin mal dégrossi (enfin je me demande si ça ne s’adresse pas à des gens qui ne connaissent pas trop de gros bourrins dans la vie, parce qu’honnêtement, il l’est juste un peu moins que ma grand-mère et dans mon village d’origine, ce serait le gentleman local). Mais pour moi, c’est celui qui apporte tout le sel de la série (et les rares rebondissements) car c’est un personnage qui s’intéresse avant tout à ses intérêts (il est finalement plus cynique que Mal). L’épisode dont il est le centre, Jaynetown, est mon préféré. Les tergiversations amoureuses de la mécanicienne Kaylee (comme dirait Pierre, je n’aime pas dire du mal mais en effet, elle est gentille) avec Simon m’ont très rapidement lassées (comme dirait Elizabeth Bennet, une petite coucherie est le chose la plus efficace pour dissiper tout sentiment). Quant à Inara (à qui l’on doit quelques platitudes surprenantes dans une série dans laquelle les dialogues sont très soignés)… eh bien mesdames, j’ai une mauvaise nouvelle, en 2500, la carrière la plus lucrative qui s’offrira à vous sera la prostitution. Mais vous pourrez vous syndiquer et ne choisir que des hommes jeunes et beaux alors tout va bien. Tous ces personnages sont au final sympathiques et fondamentalement, je crois que c’est ce qui m’a gêné. Il n’y a pas vraiment d’aspérités. Ils ont des choses à cacher mais comme ils doivent rester sympathiques, je sais que ce ne sera jamais quelque chose d’affreux.

 

Mais ce qui m’a le plus posé problème, ce sont les intrigues. Le fil conducteur reste en ébauche (et cette histoire de complot gouvernemental et des super pouvoirs de River qui en découlent ne m’ont pas inspirés beaucoup de sympathie) et les intrigues développées dans chaque épisode ne m’ont pas toujours intéressées. Les deux premiers épisodes sont très mous. Tout tourne autour de la présentation des personnages et du décor. Ce pilote est très prévisible. Whedon réutilise tout l’arsenal du western sans rien y apporter. Pire, j’ai eu l’impression d’assister à un tour de prestidigitation dont je verrais tous les mécanismes étalés devant moi. Dans les premiers épisodes, j’étais toujours en avance sur l’action, devinant exactement ce qui allait se passer dans la minute qui suivait (la réalisation parfois très démonstrative des premiers épisodes – quand la caméra insiste beaucoup sur un personnage et en oublie totalement un autre, c’est l’autre le méchant, ça marche à tous les coups – n’aide pas à donner une certaine intensité dramatique. Ca enlève beaucoup de plaisir même si ce n’est pas mauvais. Ces défauts s’estompent heureusement à partir du septième ou huitième épisode. Je ne peux pas dire que j’ai été surprise mais c’est plus pêchu.

 

J’ai l’air assez sévère et pourtant, je dois reconnaître que Firefly est une série largement au-dessus de la moyenne (bon, en SF, il n’y a pas beaucoup de concurrents sérieux non plus). Aucun épisode n’est mauvais, certains sont juste un peu moyens. Elle dégage un charme indéniable, les dialogues sont souvent spirituels, les acteurs que je trouvais tous très fades sur les quelques images aperçues auparavant s’en sortent très bien même si aucun personnage ne m’a vraiment passionné. Etrangement, je suis capable de voir les qualités de la série, mais émotionnellement, je ne ressens pas grand-chose. C’est professionnel mais ça me semble finalement assez lisse et mignon alors que je devrais apprécier une certaine richesse du concept. Mais c’est vraiment trop stylisé pour son propre bien, trop linéaire à mon goût, sans aucune surprise scénaristique.

En y repensant, j’ai eu le même problème qu’à la lecture de Neverwhere  de Neil Gaiman (d’ailleurs, le personnage de chasseur de prime psychopate et philosophe à ses heures du dernier épisode m’a immédiatement fait pensé au mercenaire Mr Croup). L’ambiance générale, le « décor » sont magnifiques mais j’ai besoin de plus d’intensité dramatique et de suspense pour être totalement convaincue.

Les amateurs de séries de science-fiction doivent découvrir néanmoins même si on est loin d’un univers de hard-sf, la sf étant plus un élément du décor qu’un réel motif de développement de l’histoire. Les amateurs de western peuvent aussi apprécier.

 

Ces dvd n’existent qu’en zone 1 (Amérique du Nord) avec une version française ou en zone 2 (Europe) en anglais seulement.

Merci Yueyin.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 24 Avril 2009

Pride and Prejudice : Joe Wright

Analyse de film

De Lydia Martin

Première parution: 2006

Editions du Céfal

96 pages

 

 

Quatrième de couverture : Le surgissement dans l'univers cinématographique d'un nouveau Pride and Prejudice en 2005 a de quoi surprendre, après le succès remporté en 1995 par l'adaptation télévisée du célèbre roman de Jane Austen Pride and Prejudice (1813). Que va proposer Joe Wright dont il s'agit du premier film ? Une adaptation de deux heures seulement s'avérera-t-elle capable de transmettre la subtilité du texte austenien ? Or, le film, déjà nominé dans quatre catégories aux Oscars, remporte plusieurs prix, récompensant d'une part le travail réussi de l'équipe, prouvant d'autre part combien ce type de production qualifié tour à tour de film historique, film d'époque, costume drama, heritage film, woman's film demeure ancré dans une conception de films de qualité. Pourquoi un tel engouement, à une époque où les superproductions américaines inondent le marché, où action, suspense et violence semblent être les ingrédients indispensables pour remporter l'adhésion du public ? La représentation d'une Angleterre révolue continue à séduire, et, de surcroît, ces adaptations sont placées au sommet d'une hiérarchie en raison de leur lien avec une source littéraire reconnue, que revendiquent l'équipe de tournage et la campagne promotionnelle des films. Leur vision de l'Angleterre correspond-elle pour autant à celle de Jane Austen ? Difficile de l'affirmer. Les films mettent le passé au goût du jour et se livrent à une re-présentation. L'hypotexte austenien se fait prétexte, et son ambiguïté justifie d'autant plus les écarts et les messages, voire les idéologies, revendiqués par les adaptations.

 

Lydia Martin enseigne l'anglais à l'Université Aix-Marseille I, à Aix-en-Provence. ATER, elle soutient en 2006 une thèse intitulée " Les adaptations à l'écran des romans de Jane Austen : esthétique et idéologie ". Elle a collaboré à plusieurs ouvrages dont A Streetcar Named Desire (Editions du Temps), Dracula : Stoker/Coppola (Ellipses). Elle a publié récemment l'article " Jane Austen's Politeness on Screen : Between Ambivalent Submission and Defiant Self-Assertion " (Culture, Language, Representation, Cultural Studies Journal of Universitat Jaume I, Espagne).

 



Lydia Martin a écrit une thèse sur les adaptations de Jane Austen. Ce livre ne s’intéresse qu’à la dernière adaptation pour le cinéma en date, celle de Joe Wright en 2005. C’est une étude en quatre parties. D’abord, le contexte (vie et œuvre de Jane Austen, les précédentes adaptations des précédentes versions, y compris Bride and Prejudice) est vu rapidement, puis le résumé se fait au moyen d’un découpage selon les lieux. Ensuite viennent l’analyse et une bibliographie et filmographie.

 

C’est la partie consacrée à l’analyse qui est bien sûr la plus longue (environ 50 pages) et elle est découpée en plusieurs sous parties qui s’attardent sur différents aspects du film, qui vont de commentaires sur l’affiche (on nous a épargné le sirupeux « Sometimes the last person on Earth you want to be with is the one you can’t be without » -ils ont osé !- auquel les anglais n’ont pu échapper) à la dimension sociopolitique du film.

 

C’est la première analyse de film que je lis. Je n’ai donc pas d’élément de comparaison. Ce n’est pas très développé et peut-être que des spécialistes de l’image seraient frustrés de la superficialité mais en tant que dilettante, j’ai réellement apprécié l’intérêt et la simplicité du propos (le vocabulaire est très abordable à l’exception de quelques mots qui une fois définis sont très clairs, comme « diégétique » et « extra-diégétique »). La lecture en est donc très facile. C’est un livre à lire en ayant le film sous les yeux car l’auteur fait à deux ou trois reprises référence à des moments précis du film (tel éclairage particulier dans telle scène pour tel effet).

 

Et parmi les mots que j’ai dû chercher dans le dictionnaire :

Hypotexte : texte préliminaire du même auteur ou d'un autre, à partir duquel est dérivé le texte.

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Autres

Publié le 23 Avril 2009

Orgueil et préjugés

 

129 min

Réalisé par Joe Wright, scénario de Deborah Moggach

D’après le roman de Jane Austen

 

Avec Keira Knightley (Elizabeth Bennet), Matthew Macfadyen (Mr. Darcy), Rosamund Pike (Jane Bennet), Donald Sutherland (Mr. Bennet),          Simon Woods (Mr. Bingley), Brenda Blethyn (Mrs. Bennet), Claudie Blakley (Charlotte Lucas), Kelly Reilly (Caroline Bingley)

 

 

En Angleterre, dans un petit village du Hertfordshire, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, Elizabeth Bennet, jeune fille vive et intelligente, est l’une des cinq filles d’un gentleman, et sa favorite. En vertu de la loi, la propriété des Bennet, à la mort de Mr Bennet, passera aux mains d’un cousin éloigné, Mr Collins. Mrs Bennet rêve donc d’un bon mariage pour ses filles, surtout pour Jane, l’aînée et la plus belle.

Lorsque Mr Bingley, un jeune gentleman au revenu confortable loue une propriété près de Longbourn, la vulgaire et peu subtile Mrs Bennet se montre prête à tout pour encourager l’amour naissant de Jane et Bingley. Les sœurs de Bingley et Mr Darcy, un ami, voient cette relation d’un très mauvais œil. Il dédaigne cette compagnie vulgaire et montre beaucoup de condescendance, au point de se faire détester de tous malgré sa richesse. Et lorsque Wickham, un jeune et séduisant officier arrive et raconte à Lizzie ses déboires avec Mr Darcy, elle est prête à le haïr.

 

 


Ce film, je l’ai vu à sa sortie et en le revoyant maintenant, il reste une énigme pour moi. Cette version de l’excellent roman d’Austen n’est pas une adaptation du roman d’Austen que je peux vraiment aimer mais c’est une comédie romantique acceptable (tout le monde n’a pas la chance d’avoir Jane Austen comme dialoguiste). Le début me plait même malgré un certain manque de subtilité. Les pauvres sont très pauvres et les riches très riches (ce que je peux excuser car honnêtement, comment montrer la subtilité des relations sociales en deux heures ?) et Elizabeth est une vraie rebelle donc elle a les cheveux détachés. Soit ! Dans la mesure où cette partie a le mérite de ne pas complètement oublier la comédie de mœurs et la satire sociale, je peux l'accepter. J’ai même été ravie de retrouver cette réplique du roman dans laquelle Elizabeth explique qu’un poème est le meilleur moyen de mettre fin à une belle amourette (c’est une de mes répliques favorites du roman). Mon cerveau s’est quand même rebellé devant la vision horrifique d’une Mrs Bennet juchée sur un meuble en public (mais comment a-t-elle pu grimpé là d’ailleurs ?). Mais, à part une certaine tendance à se regarder filmer (ce qui donne quelques plans magnifiques, je l’admets) et à faire des plans un peu longs à mon goût, au détriment du scénario, je trouve ça plaisant à regarder. En plus la première heure du film fait la part belle à certains acteurs secondaires, surtout Tom Hollander (Mr Collins) et Claudie Blakley (Charlotte Lucas), les personnages les mieux développés du film. En revanche, d’autres sont hélas sacrifiés aux plans interminables sur Lizzie et sa balançoire. Le passage de Wickham est vraiment rapide. Un sourire, une tirade contre Darcy et Lizzie n’aura plus l’occasion de lui parler.

 

Là où ça se gâte franchement, c’est à partir de la déclaration. Là, presque plus rien ne me plait. Je me suis même ennuyée par moments. Là, c’est comme si Wright filmait l’histoire de Lizzie et Darcy au premier degré, sans aucun recul ironique et parfois avec une tendance à la mièvrerie. Là, tout le contexte s’effrite peu à peu. Ça confirme que les histoires d’amour qui finissent bien m’ennuient à mourir. Le réalisateur a sorti l’artillerie lourde de l’imagerie romantique. On aurait vu des minis Eros tournoyant autour des têtes de nos héros romantiques que j’aurais à peine été surprise. Parfois, j’ai ri, comme on rit devant un film à l’humour involontaire, devant le manque de finesse des métaphores : la visite au « musée » de Pemberley me fera toujours mourir de rire (ah ! La métaphore de l’éveil à la sensualité vue par un bulldozer, depuis Rambo mitraillant une armée entière de vietnamiens à lui seul, je n’avais plus vu un truc aussi énorme !). Mon cerveau a parfois préféré se déconnecter complètement pour m’éviter l’énervement, comme à l’arrivée de Lady Catherine de Bourgh de nuit, devant des Bennet en tenue de nuit et assez justement sidérés (euh, même de nos jours c’est impensable, non, ou alors est-ce que je viens d’une famille psychorigide ?). Et à la fin, Lizzie « fait sa Marianne Dashwood » dans de grandes envolées de colère contre sa famille (mon cerveau goguenard s’est un peu réveillé pour ajouter un « de toute façon, vous êtes tous trop que des fachos »), là on est franchement dans le contresens par rapport à Austen (et de là à en conclure que l’amour rend vraiment idiot…).

 

Quant aux acteurs principaux, je n’ai rien de particulier à leur reprocher. Ils correspondent à l’image que le réalisateur et la scénariste (c’est à elle que j’en veux le plus dans cette histoire) ont voulu montrer et c’est cette image qui me déplait. J’ai même trouvé que Matthew McFadyen, sur qui je n’aurais pas misé ma chemise (même mouillée) en voyant l’affiche, a réussi à m’être acceptable, à défaut de me convaincre.

La mise en images est certes très belle, flamboyante même et j’aurais pu l’apprécier s’il s’était agi d’une autre histoire mais elle est ici au service d’une histoire d’amour à l’exaltation plus proche de l’univers de Charlotte Brontë que de celui d’Austen. Au-delà de ça, j’aurais pu accepter quelques défauts mais là, l’accumulation des petits (et parfois des grands) détails agaçants finit par lasser et par occulter les qualités. Je me suis aperçue en revoyant ce film que je me souvenais plus de ce que je n’avais pas aimé que des qualités et j’ai encore vu de nouveaux défauts. Il y a de bonnes choses, même dans la symbolique mais c’est montré de façon tellement grossière !

C’est en fait un film très hollywoodien, fait pour un très grand public et finalement très dans l’air du temps.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 21 Avril 2009

Orgueil et préjugés

 

1995 – BBC – 5 h (6 épisodes)

Réalisé par Simon Langton, scénario de Andrew Davies

D’après le roman de Jane Austen

Avec Jennifer Ehle (Elizabeth Bennet), Colin Firth (Mr. Darcy), Susannah Harker (Jane Bennet), Julia Sawalha (Lydia Bennet), Alison Steadman (Mrs. Bennet), Benjamin Whitrow (Mr. Bennet), Crispin Bonham-Carter (Mr. Bingley), Anna Chancellor (Miss Bingley), Adrian Lukis (Wickham), David Bamber (Mr. Collins), Lucy Scott (Charlotte Lucas), Barbara Leigh-Hunt (Lady Catherine de Bourgh)

 

 

En Angleterre, dans un petit village du Hertfordshire, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, Elizabeth Bennet, jeune fille vive et intelligente, est l’une des cinq filles d’un gentleman, et sa favorite. En vertu de la loi, la propriété des Bennet, à la mort de Mr Bennet, passera aux mains d’un cousin éloigné, Mr Collins. Mrs Bennet rêve donc d’un bon mariage pour ses filles, surtout pour Jane, l’aînée et la plus belle.

Lorsque Mr Bingley, un jeune gentleman au revenu confortable loue une propriété près de Longbourn, la vulgaire et peu subtile Mrs Bennet se montre prête à tout pour encourager l’amour naissant de Jane et Bingley. Les sœurs de Bingley et Mr Darcy, un ami, voient cette relation d’un très mauvais œil. Il dédaigne cette compagnie vulgaire et montre beaucoup de condescendance, au point de se faire détester de tous malgré sa richesse. Et lorsque Wickham, un jeune et séduisant officier arrive et raconte à Lizzie ses déboires avec Mr Darcy, elle est prête à le haïr.

 

 

 


Cette adaptation d’Orgueil et préjugés de Jane Austen est exactement ce que j’attends d’une adaptation de Jane Austen. En réalité, il s’agit presque plus d’une mise en images du roman que d’une adaptation même s’il y a un certain nombre de modifications, dans l’ensemble de bon aloi (Lydia en petite tenue dans les couloirs alors que Mr Collins est là me semble en trop cependant). Il faut dire que cette version bénéficie d’un avantage certain. Le format de cinq heures permet de prendre en compte tous les aspects de l’œuvre originale, ce que ne permettra jamais un film (c’est un des rares grands avantages de la télévision sur le cinéma). La comédie romantique est certes un peu accentuée, pour un public d’aujourd’hui, mais ceux et celles qui comme moi préfèrent la comédie de mœurs (voire de comédie tout court) seront également comblés. On la retrouve de bout en bout.

 

Cette simple « mise en images » est selon moi, dans le cas de Jane Austen, une réussite parce que cela rend bien compte de la simplicité du style d’Austen qui n’est pas dans la démonstration ni l’exubérance mais dans la précision. Le scénario est particulièrement réussi. Beaucoup de répliques sont issues du roman mais même les autres, inventées par Andrew Davies ne déparent pas. J’aurais dû détester la scène de la chemise (ce qui me gêne n’est d’ailleurs pas la chemise mais le caleçon : je ne peux imaginer un homme tel que Darcy se présentant en caleçon devant son personnel) et pourtant, dans la dynamique de comédie, c’est passé. Les décors et les costumes sont particulièrement réussis pour une œuvre de télévision même à gros budget (on peut même voir le passage des saisons à la longueur des manches).

 

La plus grande réussite de cette adaptation, c’est certainement le choix des acteurs. Le couple Ehle/Firth incarne à la perfection ma vision du couple Lizzie/Darcy. Jennifer Ehle a un regard pétillant qui fait passer énormément de choses à l’écran. Elle parvient à faire passer l’impertinence de Lizzie en ayant la maturité nécessaire pour ne pas tomber dans l’impolitesse. C’est un des aspects du roman les plus importants pour moi et j’ai été très agréablement surprise de retrouver cette sensation à l’écran. Quant à Colin Firth, il possède naturellement ce côté froid et raide qui peuvent si facilement passer pour du mépris. Il incarne parfaitement un caractère aristocratique au sens des convenances poussé à l’extrême, réservé autant que hautain. De la même façon que pour Ehle, ce n’est souvent que par le regard que derrière ces conventions et cette raideur aristocratiques transparaissent des émotions. Il compose un personnage aussi subtil que celui du roman. J’adore particulièrement les scènes clés, où il déclare sa passion tout en se contraignant à garder des manières de parfait gentleman. Ses manières compassées tranchent alors avec les vives émotions que la plus ouverte Lizzie ne peut s’empêcher de mettre en avant. Ça me rendrait presque romantique. Presque, parce que c’est quand elle se moque de lui que j’aime le plus, il ne faut pas pousser tout de même.


J’ai rarement eu autant le sentiment qu’un scénariste avait adapté un roman que j’aime en pensant à moi. Aucune adaptation n’atteint jamais la perfection, mais pour moi, celle-ci est ce qui s’en rapproche le plus. Ça a été un choc pour moi, la première fois que je l’ai vue, quelques temps après ma découverte des romans. Et je ne m’en lasse pas malgré les cinq heures que dure la mini-série. Je pense que c’est le cadeau que j’ai le plus offert depuis dix ans d’ailleurs (et toujours avec succès).

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 19 Avril 2009

Pride and Prejudice

De Jane Austen

Première parution: 1813

Edition Collector’s Library

490 pages

 


En Angleterre, dans un petit village du Hertfordshire, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, Elizabeth Bennet, jeune fille vive et intelligente, est l’une des cinq filles d’un gentleman, et sa favorite. En vertu de la loi, la propriété des Bennet, à la mort de Mr Bennet, passera aux mains d’un cousin éloigné, Mr Collins. Mrs Bennet rêve donc d’un bon mariage pour ses filles, surtout pour Jane, l’aînée et la plus belle.

Lorsque Mr Bingley, un jeune gentleman au revenu confortable loue une propriété près de Longbourn, la vulgaire et peu subtile Mrs Bennet se montre prête à tout pour encourager l’amour naissant de Jane et Bingley. Les sœurs de Bingley et Mr Darcy, un ami, voient cette relation d’un très mauvais œil. Il dédaigne cette compagnie vulgaire et montre beaucoup de condescendance, au point de se faire détester de tous malgré sa richesse. Et lorsque Wickham, un jeune et séduisant officier arrive et raconte à Lizzie ses déboires avec Mr Darcy, elle est prête à le haïr.

 

 


     C’est la sixième fois que je lis ce roman et je l’aime toujours autant. A chaque fois, j’y découvre de nouvelles choses.

     Le roman s’ouvre sur une des phrases les plus célèbres de la littérature anglaise : « It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife. ». Austen s’ingénie bien sûr à contredire cette première phrase en opposant à la vérité universelle, l’individualité et la recherche d’authenticité des sentiments. Par deux fois, Elizabeth va refuser de souscrire à cette vérité. Parce que si elle a des principes fermement fixés, elle refuse d’adhérer à une telle norme. Austen détourne le fameux « ils s’aimèrent au premier regard ». Là, c’est ils se détestèrent au premier regard (ou plutôt à la première parole), même si Darcy  va être rapidement, à son corps défendant, attiré par Elizabeth. Mais les apparences sont parfois trompeuses et tout le roman va en être une démonstration. Ce qui m’amuse le plus est de constater à quel point le joug social joue le rôle d’opposant dans les romans classiques et chez Austen tout particulièrement. Comment lever les malentendus quand il est impossible de se parler seul à seul ? Le roman décrit donc une évolution longue de la psychologie de son héroïne Elizabeth (la narration adopte le plus souvent son point de vue) qui va apprendre à dépasser les premières impressions. La narration ne s’attache qu’aux petits événements de la vie courante d’une famille rurale anglaise mais elle le fait avec finesse et précision, et surtout, beaucoup d' humour. Elizabeth est certainement le personnage le plus moderne d’Austen, ce qui explique le succès du roman. Elle est dynamique, amusante et joyeuse tout en étant très perspicace et peu poussée au romantisme. Pourtant, cette perspicacité va parfois lui faire défaut et c’est son amie, la plus cynique Charlotte Lucas qui est la plus clairvoyante de tous les personnages du roman. D’ailleurs, la narration omnisciente ne manque pas de montrer de l’ironie lorsque l’état d’esprit de Lizzie y est décrit, surtout dans la deuxième moitié, lorsqu’elle commence à perdre ses certitudes. Le fait que l’ironie soit présente me rend le personnage plus sympathique que si elle avait été parfaite et perçue au premier degré.

     Outre l’héroïne, le roman montre une belle palette de personnages féminins. Jane, la sœur aînée de Lizzie est belle et douce, presque naïve. L’affection entre les deux sœurs est très touchante. Charlotte Lucas, l’amie de toujours est donc cynique. L’amour n’entre pas en ligne de compte quand on parle de mariage, il s’agit avant tout pour elle d’obtenir la sécurité financière et de ne pas être une charge pour sa famille. Elle représente la vision traditionnelle du mariage de l’époque. Miss Bingley est également cynique mais est en plus prête à tout pour atteindre son but et est donc détestable. Lydia, la plus jeune sœur de Lizzie est un personnage vulgaire comme sa mère (c’est d’ailleurs sa préférée, même si ses préférences varient en fonction des possibilités de mariage), portée à s’amouracher du premier venu et est toujours ridiculisée. Et finalement, sur tous les mariages du roman, un est basé sur la seule raison, un autre est basé sur le seul sentiment (c’est celui sur lequel Austen ironise le plus et pour lequel l’avenir est le moins brillant même si les vauriens et les débauchés s’en sortent finalement assez bien chez elle). Les autres sont équilibrés. Austen développe encore son idée d’équilibre entre le bonheur individuel et le respect des conventions sociales.

     Les hommes sont toujours décrits uniquement en fonction de leurs relations aux femmes (on ne les voit agir qu’en présence des femmes et on ne connaît jamais leurs pensées intimes). Mr Darcy est en apparence hautain mais il se révèle différent peu à peu. Il faut dire que ses débuts ne lui font pas vraiment honneur et que son assurance qu’il suffit qu’il demande quelqu’un en mariage pour ne pas avoir besoin de le faire avec un minimum de tact ne le met pas particulièrement en valeur. Il va donc découvrir que l’insulte n’est pas la façon la plus efficace de gagner l’amour d’une femme. Et puis, il va profiter de la leçon pour faire un effort pour s’ouvrir un peu aux autres. Mr Bingley est sympathique mais influençable. Mr Collins est un personnage comique qui a élevé la flagornerie au rang d’art de vivre. Mr Bennet est un personnage drôle (mais un père catastrophique) dont l’unique plaisir est de ce moquer de sa femme (qui est bien incapable de comprendre son ironie) et de ses trois plus jeunes filles, dont la sottise l’amuse.

 

     Ce que j’aime le plus chez Jane Austen, c’est la façon unique qu’elle a de traiter des sentiments. Ce roman est basé sur une histoire sentimentale et pourtant, peu de sentiments amoureux y sont exprimés. Les deux seules « déclarations » précises et dont on sait tout mot pour mot sont deux demandes en mariage totalement ratées et qui sont là en manière de ressort dramatique. C’est un comble pour une histoire d’amour, la véritable déclaration est tronquée et le rideau se ferme sur les mots utilisés dès que les sentiments se dévoilent à leur juste valeur (c’est finalement au lecteur d’établir ses mots justes). Cela évite tout risque de mièvrerie et c’est certainement ce que j’aime le plus chez Jane Austen. L’amour n’y rend pas bête. En outre, je n’ai jamais lu de roman d’amour dans lequel l’argent prend une telle importance. On y parle plus d’argent que d’amour d’ailleurs.

 

     L’aspect sur lequel j’ai porté mon attention pour cette relecture, c’est la complexité des relations sociales. Austen décrit pourtant un milieu très restreint, la « gentry ». Mais dans ce milieu restreint, j’ai noté cette fois beaucoup de nuances. Lady Catherine de Bourgh et Mr Darcy représentent la vieille garde. Mr Bingley représente la nouvelle aristocratie, récemment anoblie mais venant de la bourgeoisie commerçante, elle-même représentée par l’oncle de Lizzie, Mr Gardiner. Lizzie appartient aux deux mondes puisque son père appartient à la première catégorie et sa mère est issue de la dernière. Dans ce contexte, il est amusant de noter que les comportements des uns et des autres sont aussi liés à cette origine sociale (Miss Bingley, si prompte à critiquer les commerçants est finalement quelqu’un qui veut bien se démarquer de ses origines). Ce n’est pas l’aspect le plus important du roman mais ça ajoute encore à la qualité de l’analyse de la société de son temps et à la satire de l’œuvre d’Austen.

     Tout cela est écrit avec la finesse et l’élégance mais aussi l’humour et la légèreté qui caractérisent l’auteur et que j’aime tant.

 

     Orgueil et préjugés est mon roman de Jane Austen préféré, à l’exception de tous les autres.

 


Les œuvres d’Austen :

Raison et sentiments

Orgueil et préjugés

Mansfield Park

Emma

Persuasion

Northanger Abbey

Sanditon (inachevé)

Les Watson (inachevé)

Lady Susan (œuvre de jeunesse)

Juvenilia (œuvres de jeunesse)

Publié le 16 Avril 2009

Frost/Nixon

 

2009 – Etats-Unis – 2h

Réalisé par Ron Howard, scénario de Peter Morgan, d’après sa pièce de théâtre

Avec Michael Sheen (David Frost), Frank Langella (Richard Nixon), Sam Rockwell (James Reston, Jr.), Kevin Bacon (Jack Brennan), Matthew Macfadyen (John Birt), Oliver Platt (Bob Zelnick)

 

En 1972, le scandale du Watergate éclate. En 1974, le président Richard Nixon est contraint de donner sa démission. En 1977, pour promouvoir ses mémoires, Nixon accepte une interview. A la surprise générale, il choisit de donner une série d’entretiens à David Frost, un animateur de talk show jovial, adversaire peu redoutable pour lui.

  


Le combat télévisuel de Frost contre Nixon, c’est un peu le combat de la mangouste contre le cobra. Si on ne connaît pas le monde animal et qu’on voit une mangouste devant un cobra, on a envie de crier « cours idiote ». Quand on voit Frost au début du film, on pense un peu la même chose.
A notre gauche, nous avons donc la mangouste David Frost, animateur anglais de talk-shows à succès, au sourire ultra-bright possédant plus de dents que la moyenne des humains, qui préfère les mondanités au travail de fond sur les dossiers. Dans l’équipe des mangoustes, nous avons son producteur, un rédacteur en chef et un spécialiste de Nixon et notamment du dossier du Watergate, aucun n’est totalement convaincu de la capacité de Frost à mener cette interview. A notre droite, nous avons le fier cobra, Richard Nixon, homme politique inébranlable et rusé, accompagné d’une équipe très efficace et d’un bras droit acquis à sa cause (Kevin Bacon est impeccable dans le rôle). A priori donc, on ne donne pas cher de la peau de l'animateur. Et pourtant, le duel entre les deux devient vite fascinant.

 

 

Je m’attendais à quelque chose de très hollywoodien (le très gentil contre les très méchants) mais le résultat de ce film est très différent. Frost n’est pas aussi virevoltant qu’une Erin Brokovich. Ce n’est pas un saint (il s'intéresse plus à sa gloire personnelle qu'au bien commun) mais il est impliqué (il n'a pas vraiment le choix une fois qu'il se lance). Nixon n’est pas un grand méchant. C’est un homme qui est sûr de lui mais il n’est pas présenté comme diabolique ou totalement antipathique. Du coup, je trouve que ça renforce le propos du film. On a là deux acteurs qui servent parfaitement leurs personnages avec beaucoup de classe. Le début du film montre la préparation des quatre entretiens prévus. On voit vraiment les coulisses des deux côtés avec des scènes où un parallèle entre les deux personnages est fait. Des deux côtés, on observe l'adversaire, on prépare ses arguments. Ensuite, on passe aux interviews et là, c’est complètement hypnotique et pourtant il se passe si peu de choses, on voit juste deux hommes assis face à face et qui parlent. Comment un homme de la maîtrise de Nixon pourrait-il en venir à admettre ses fautes ? Là est tout le suspense de cette partie. C'est très fort.

J’ai beaucoup aimé et je n’ai pas vu passer les deux heures.

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 13 Avril 2009

Laure du bout du monde

De Pierre Magnan

Première parution: 2006

Edition Folio

293 pages

 

Marlène rêvait de quitter Eourres, petit village perdu des Hautes-Alpes, aux paysages âpres. Mais lorsqu’elle tombe enceinte, elle se trouve contrainte d’épouser le père, Romain Chabassut. Elle abandonne donc ses rêves pour donner naissance à une fille, petit être fragile qui n’aurait même pas dû survivre. Sa mère éprouve du dégoût pour l’enfant mais tout le reste de la famille fonde de grands espoirs sur elle.

 

Quatrième de couverture : " - Qu'est-ce que ça veut dire aimer ?

- Je l'ai lu dans un livre, dit Laure.

- À la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien ? personne ! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches " Voici ce qu'on pense du sentiment à Eourres quand Laure naît. Cette phrase du livre est comme une fiche d'état civil pour Laure qui pèse sept cent cinquante grammes à sa naissance. Pas plus qu'Eourres on ne peut l'inventer parce que seul ce pays pouvait permettre cette naissance. Il est impossible de concevoir, si on ne les a pas vus, ces montagnes, cette géologie démentielle, ce chaos de la fin des temps ou de leur début. Songez au silence, à l'isolement, mais songez à l'obstination de Laure qui à trois ans demande à apprendre à lire et à six conduit le troupeau. Songez à cette petite fille perdue dans ce pays sans grâce qui veut échapper non pas à sa condition mais à son ignorance de la vie. Songez à tout ce qu'elle va devoir braver si elle y parvient.

 


Laure du bout du monde me permet de découvrir Pierre Magnan, auteur de la maison assassinée, porté à l’écran il y a quelques années et dont je garde un bon souvenir mais dont j’ignorais qu’il était tiré d’un roman.

 

Laure du bout du monde m’a plus semblé être une chronique romancée de la vie des paysans de Provence à la fin des années cinquante qu’un véritable roman.

La description de la vie des paysans m’a semblée très bien rendue, de façon assez réaliste. Ce sont des histoires que j’aurais pu entendre dans ma famille même si je viens d’une région beaucoup moins rude. Le livre décrit une vie très dure (les enfants travaillent très tôt en plus des heures passées à l’école) et très dangereuse (on n’appelle pas le médecin facilement). En quelques lignes, Magnan parvient à cerner un des plus grands problèmes de la gestion d’une ferme : « On avait planté dix hectares de lavande et tout d’un coup, ça ne se vendait plus. Les spécialistes étaient venus trois ans auparavant dire : « Plantez de la lavande dans ces champs où vous faites pâturer et qui ne rapportent rien ! » Toute la vallée s’y était mise. Mais il y avait des spécialistes dans tous les pays. Il semblait que le monde entier, du bout de l’Asie jusqu’au sud de l’Amérique et du septentrion au cap de Bonne-Espérance, s’était mis à faire de la lavande. Et comme tous les acheteurs se foutaient éperdument que les producteurs des Baronnies vivent ou crèvent, ceux-ci s’étaient précipités vers les essences les moins chères, c’est-à-dire toutes celles du monde entier, sauf celles des Baronnies. ». Laure, l’héroïne de cette histoire n’a pas beaucoup de joies pour compenser car elle est un peu mise à l’écart par sa mère.

J’ai trouvé formidable de retrouver une anecdote qui renvoie à une expérience que j’ai vécue à la mort de mes grands-parents. Je me suis alors trouvée l’héritière d’un magnifique… morceau de chaîne en or. Elle n’avait pas de fermoir et était trop courte pour faire le tour du coup. J’ai alors découvert qu’il était autrefois de coutume de découper les bijoux pour en faire des parts d’héritage. Ma grand-mère avait donc hérité de son morceau (bien évidemment inutilisable en l’état). Magnan utilise ce fait qui devait se produire assez souvent.

 

La chronique est donc tout à fait réussie. En revanche, j’ai regretté l’absence d’une histoire un peu consistante. Il n’y a qu’une succession d’événements. Les efforts de Laure pour échapper à cette vie ne m’ont pas vraiment suffi. J’ai même commencé à éprouver moins de plaisir quand le récit commence à ne s’intéresser qu’à elle plutôt qu’à l’ensemble de la famille. En outre, dans les cinquante dernières pages, à partir du moment où Laure part poursuivre ses études, il n’y a qu’une succession de difficultés qui finissent par alourdir le propos sans que ça amène grand-chose (sauf le passage où Laure fait tout pour ne pas finir comme sa mère qui éclaire le propos).

 

Malgré cette fin un peu lourde, j’ai apprécié ma lecture. Je n’exclus pas de lire un autre roman de l’auteur un jour.

 

Maillon n°4 :

Choix d' Hathaway

Publié le 9 Avril 2009

Le peuple d’en bas

De Jack London

Titre original: The people of the abyss

Première parution: 1902

Edition Phébus Libretto

250 pages

 

 

Quatrième de couverture : 1902. London, déguisé en clochard, se perd pendant trois mois dans les bas-fonds de Londres, et en rapporte ce témoignage terrifiant.

Loin des avenues de l'aventure, mais au plus près des réalités d'un siècle qui, décidément, commençait sous de bien sinistres couleurs.

 

 


1902. Victoria vient de mourir et l'Angleterre prépare le couronnement de son successeur. London, jeune journaliste américain se fait passer pour un marin en rupture de ban pour pouvoir s’immerger totalement dans les bas-fonds de l’est londonien et vit comme ses habitants. Le Royaume-Uni est alors un grand Empire et une réussite économique incontestable. Pourtant un adulte sur quatre à Londres meurt dans un hospice ou à l’asile. Selon Jack London, 939 habitants sur 1000 finissaient indigents en Grande-Bretagne à cette époque.

 

Le récit est exemplaire. Clair, intéressant, London raconte avec une certaine ironie les problèmes rencontrés par les pauvres et qui les mènent à ces situations terribles. La description des conditions de vie est terrible. Dans un premier temps, London observe. Il parle avec les gens, tente de se loger, de manger, de passer une nuit à l’asile. Il commence par chercher un logement. Cela permet de décrire la crise du logement que connaît Londres à cette période. Des logements ont été transformés en locaux professionnels pour des besoins économiques et les demandes de logement augmentent. Les prix augmentent donc beaucoup et la surpopulation s’étend avec le manque d’hygiène qui en découle. La description des asiles est également terrifiante : l’hygiène et la nourriture sont insuffisants mais les vagabonds n’ont pas d’autre choix que de s’y rendre car la police les empêche de dormir dans les rues ou les parcs et s’ils ne trouvent pas une place dans un asile, ils sont condamnés à marcher toute la nuit. Là, ils passent parfois des nuits blanches et ils doivent assister à l’office, ce qui les empêche de chercher du travail. C’est donc difficile pour tous. Les jeunes survivent plus ou moins bien mais malheur à qui est vieux et seul sans soutien ! Et il est difficile de ne pas finir seul dans ces conditions d’hygiène désastreuse.

 

Au fil du récit, le socialisme de London transparaît de plus en plus. L’ouvrage se fait alors plus analytique mais aussi plus militant. London compare la situation d’un ouvrier britannique à celle de son équivalent aux Etats-Unis. Les travailleurs anglais sont si peu alimentés qu’ils sont peu productifs. Il dénonce aussi la justice absurde qui condamne les tentatives de suicide alors qu’elle est tolérante avec certaines formes de violences.

 

Avec ce récit plus ou moins journalistique, j’ai découvert un Jack London très différent de celui des récits de mon enfance, Croc-blanc et l’appel de la forêt. C'est un excellent écrivain. Son écriture est très agréable et son ironie permet aussi de faire passer ses idées au demeurant très intéressantes. A côté de ses descriptions, la misère décrite par Dickens dans ses romans paraît bien édulcorée. J’ai été frappée par l’actualité de certains thèmes abordés. Un très bon livre, à découvrir pour tous ceux qui s’intéressent à cette époque.

 

Reçu dans le cadre du Victorian Christmas swap. Merci Madame Charlotte.

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Autres