Publié le 30 Juin 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation

   

Un peu d'esprit chevaleresque:

Rébecca, répondit-il, tu ne sais pas combien il est impossible pour un homme exercé aux exploits de chevalerie de rester passif comme un prêtre ou comme une femme, quand des actions d’honneur s’accomplissent autour de lui. L’amour du combat est la nourriture dont nous vivons. La poussière de la mêlée est l’air que respirent nos narines ! Nous ne vivons… nous ne souhaitons vivre que tant que nous sommes victorieux et renommés. Telles sont, jeune fille, les lois de la chevalerie auxquelles nous sommes voués par serment, et auxquelles nous offrons tout ce qui nous est cher.

Walter Scott - Ivanhoé

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Mois kiltissime organisé par Cryssilda et Lou.

Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi

Publié le 28 Juin 2011

Œuvres complètes d’OssianMacPherson-Ossian

De James Macpherson

Titre original: The poems of Ossian

Première parution: 1765

Edition Editions Transatlantiques

189 pages

 

Quatrième de couverture : Les Grecs puisèrent leurs fictions dans leur esprit ; Ossian trouva les siennes dans son cœur…

Alors que nous n’avons pratiquement plus de documents historiques sur l’épopée celtique des premiers siècles de notre Histoire, le témoignage d’Ossian est de tout premier ordre et, tous ceux et toutes celles qui recherchent en eux, leurs lointaines racines celtiques, se doivent de connaître puis d’étudier l’œuvre d’Ossian.

Ils pourront retrouver la morale philosophique et religieuse qu’enseignaient encore les druides au 3è siècle.

 


En 1761, Seumas MacMhuirich (James Macpherson), un poète écossais, annonce avoir découvert un texte écrit par Ossian, supposé barde écossais du 3è siècle. Il édite une traduction de cet écrit. Très vite, des doutes sur l’authenticité des textes naîtront. D’ailleurs, les soi-disant originaux n’ont jamais été produits. On peut comprendre ces doutes à la lecture. On baigne plus dans le romantisme 18è siècle que dans le récit de hauts faits qui caractérisent en général le récit épique des premiers siècles occidentaux.

 

En effet, les poèmes d’Ossian, c’est la poésie épique en version romantique. Les événements tragiques ne se produisent jamais par beau temps. Il y a en général un vent précurseur d’orage pour vous prévenir qu’il va y avoir des morts. C’est donc très stéréotypé et en outre assez répétitif. On est loin de la poésie épique de Beowulf. Même Cuchulainn, malgré son côté un peu répétitif m’avait semblé plus agréable à lire et bien plus intéressant sur le fond surtout. Même lorsque des noms aussi exotiques que Erragon, Mathos, Bosmina ou Clessamor vous font vibrer, si la poésie du 18è siècle ne vous transporte pas, il est difficile d’adhérer à ces histoires d’amants toujours séparés. En effet, le texte se focalise plus sur ces thèmes que sur les combats qui sont pourtant les causes de ces séparations.

 

Chez MacPherson, les femmes meurent littéralement de chagrin ou de joie (finalement, il y a un peu d’originalité). Heureusement que la réalité est plus prosaïque sans quoi j’aurais littéralement pu périr d’ennui. J’ai donc préféré arrêter ma lecture au bout de 130 pages (sur les 150). Si je me fie à la quatrième de couverture, je me sens plus proche de l’esprit des Grecs que du cœur des Ecossais.  


« Mais la Nuit à son char attelle les tempêtes,

 

Les Autants font mugir leurs effroyables voix ;

Les chênes, battus à la fois,

Et courbant sous les vents leurs orgueilleuses têtes,

Roulent au pied du mont dont ils furent les rois.

Darthula, muette, immobile,

L’oeil morne, les cheveux épars,

Dans sa fureur sourde et tranquille,

Promène partout ses regards.

Mais bientôt ses genoux fléchissent :

Un dard est caché dans sa main ;

Elle le plonge dans son sein,

Et des flots de sang en jaillissent. »

 

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... écossaise du 3è siècle avant de mourir (même si le kilt n'avait pas encore été inventé)

Mois kiltissime organisé par Cryssilda et Lou.

Publié le 25 Juin 2011

Une étude en rougeConan Doyle-Etude en rouge 

De Arthur Conan Doyle

Titre original: A study in scarlet

Première parution: 1887

Edition Le Livre de Poche

222 pages

 

John Watson, ancien médecin militaire, est blessé au combat et se retrouve à Londres, désargenté. Il s’installe avec l’énigmatique Sherlock Holmes au 221B Baker Steet. Sans occupation, Watson étudie le comportement étrange de son colocataire puis se retrouve entraîné par lui dans une mystérieuse affaire de meurtre où des indices se révèlent une fausse piste laissée là volontairement.

 

 


J’ai découvert Arthur Conan Doyle à travers les aventures du Professeur Challenger, héros du Monde Perdu et de plusieurs autres récits et j’adore le personnage de Sherlock Holmes. Pourtant, je n’avais lu (et relu) qu’une seule de ses aventures, Le chien des Baskerville, ce que j’osais un jour avouer incidemment à la fabuleuse et admirable Yueyin, qui une fois revenue de son effroi, n’a pas manquer de tenter de parfaire mon éducation séance tenante en m’offrant un recueil des deux premiers romans. J’ai donc enfin pu remédier à cette faute grave.

 

Une étude en rougeest le premier roman dans lequel Conan Doyle met en scène son personnage emblématique. C’est donc le roman dans lequel on s’attache tout particulièrement à décrire Sherlock et son caractère. En outre, on y découvre également Watson qui sera le narrateur des aventures du détective.

 

Le roman s’ouvre donc sur le récit de Watson de ses difficultés de convalescent désargenté tout juste revenu de la guerre et sur sa rencontre avec Sherlock Holmes (que le lecteur découvre donc à travers la vision qu’en a Watson). La première partie du récit va en outre nous permettre de découvrir en même temps que Watson les talents d’enquêteur et le caractère spécial de Holmes, ce qui donne des passages délicieux où Watson découvre par exemple que Holmes n’a aucune connaissance en littérature ou en astronomie et des connaissances spéciales en botanique (fort sur les poisons) entre autres. Cette première partie nous amène donc à suivre l’enquête sur un meurtre dont la victime est mormone.

C’est là que le récit prend un tour étrange puisque l’on quitte Londres et les deux protagonistes pour revenir dans le passé, aux Etats-Unis où l’on découvre les agissements peu reluisants de mormons. Cela éclaire l’affaire et c’est par un retour à l’enquête d’Holmes et à la révélation finale, encore une fois racontées par Watson, que s’achève le récit.

 

En fin de compte, ce n’est pas tellement l’intrigue qui importe le plus, même si elle se suit sans déplaisir une fois passée la surprise de suivre une partie de l’histoire sans enquête policière. C’est plutôt l’ambiance qui est très plaisante et surtout, le personnage de Sherlock Holmes que l’on découvre ici est magnifiquement rendu. Il y a déjà presque tout: les gamins des rues qui servent d'informateurs, dont Wiggins, le violon, Lestrade et Gregson, les inspecteurs de Scotland Yard. Même lorsqu’on connaît déjà le personnage par le cinéma et la télévision (avec plus ou moins de concordance avec le canon), c’est un réel bonheur de le voir prendre vie au fil des pages. J’aimais déjà Sherlock Holmes, cela ne s’est pas démenti ici.

 

Merci à Yueyin.

challenge--Kiltissime5.jpgMois kiltissime organisé par Cryssilda et Lou.

Publié le 22 Juin 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation

   

Un peu d'esprit élisabéthain, parce que je vais passer le week-end en compagnie de Will, de Benedick et de Beatrice et que je m'en réjouis d'avance:

What should I do with him—dress him in my apparel and make him my waiting gentlewoman? He that hath a beard is more than a youth, and he that hath no beard is less than a man; and he that is more than a youth is not for me, and he that is less than a man, I am not for him.

 

Qu'en ferais-je? Irais-je le vêtir de mes robes et le prendre pour dame d'atour? Qui porte la barbe est plus qu'un jouvanceau et qui n'a pas de barbe est moins qu'un homme: or, qui est plus qu'un jouvanceau n'est point pour moi et qui est moins qu'un homme, je ne suis pas pour lui.

William Shakespeare - Much ado about nothing (Beaucoup de bruit pour rien), Acte 2, scène 1


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Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi

Publié le 20 Juin 2011

Après un premier voyage ensemble en Ecosse (sur la formidable île d’Arran), Cryssilda et moi avons décidé de récidiver quelques mois plus tard. Comme elle avait été emballée par une visite à New Lanark lors d’un précédent voyage et que son enthousiasme est contagieux (et qu'Abbotsford est récalcitrant), nous avons donc choisi d’y passer une journée lors d’un week-end à Edimbourg en février 2010. New-Lanark-map.JPG

New Lanark est un village situé à côté de Lanark, à environ une heure de Glasgow et d’Edimbourg. Sa situation sur la Clyde permettait de profiter de l’énergie hydraulique et était donc idéale pour qu’un industriel écossais, David Dale, y construise une filature de coton en 1785. Dale fit également construire des logements pour les ouvriers, logements de qualité supérieure à ce qui se fait à l’époque. L’histoire aurait pu s’arrêter là si un philantrope n’avait pas épousé la fille de Dale.

En effet, le gendre de Dale, le gallois Robert Owen, qui rachète l’usine de son beau-père en 1800, en profite pour y mettre ses idéaux en pratique. C’est un utopiste socialiste qui pensait que des ouvriers mieux traités et mieux éduqués (ce que Dale avait commencé à faire en ouvrant une école) seraient plus productifs et mieux à même de participer au développement des filatures en développant un esprit communautaire. A l'école seront ajoutés des magasins communautaires et des jardins ouvriers. Owen s’assure de la rentabilité en introduisant également de nouvelles normes de comptabilité mais cela ne suffira pas à obtenir un soutien financier suffisant de ses partenaires. Il quitte New Lanark en 1825. Mais il continuera à promouvoir ses idées jusqu’à sa mort.

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New Lanark est donc un symbole à la fois des idées progressistes qui se développeront au 19è siècle et de la révolution industrielle britannique. Lorsque les usines ont fermé dans les années 60, le village a été peu à peu abandonné et a failli être détruit. Mais une fondation s’est créée : les bâtiments ont été sauvegardés et transformés en attraction touristique. Aujourd’hui, le village est classé au patrimoine mondial par l’UNESCO.

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(cliquez sur les photos pour agrandir)

Et on comprend pourquoi dès la découverte du village depuis le parking après une belle balade dans la campagne écossaise depuis la gare de Lanark.

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Une arrivée spectaculaire

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Si l’attraction principale, le voyage d’une petite ouvrière qui raconte la vie en 1910 peut paraître un peu kitch par son discours angélique, la visite d’une classe, d’une maison ouvrière et de la manufacture nous replongent bien dans le passé. Face aux métiers à tisser, je n’ai pu que penser à Nord et Sud, roman qui traite des conditions ouvrières dans les filatures du milieu du 19è siècle. Ecosse--New-Lanark-0286.JPG

Résidences ouvrières

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La filature

 

Mais New Lanark ne vaut pas que pour son aspect historique. Sa situation en fait un lieu de balade divin. Une promenade en longeant la rivière jusqu’aux chutes de la Clyde s’impose (après tout, elles ont inspiré le peintre Turner).

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Pour plus d'informations, le site du New Lanark World Heritage a une partie en français.

 

 

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  Mois kiltissime organisé par Cryssilda et Lou.

 

Rédigé par Isil

Publié dans #Sorties - Voyages

Publié le 18 Juin 2011

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Ça faisait longtemps que je n'avais pas participé à un swap alors quand Lhisbei a proposé un mini swap Continents Perdus mon sang de fan de Vingt mille lieues sous les mers et du Monde Perdu n'a fait qu'un tour (et ma pal a tenté de se suicider par auto effondrement mais c'est un détail). Il est aujourd'hui temps de partir à la recherche du trésor postal arrivé chez moi il y a quelques jours, envoyé par l'aventurière-swappeuse, Valunivers.

 

Voici l'objet mystérieux:

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Ho, un colis avec empreintes de pas (pourvu qu'il n'y ait pas une bête vivante en provenance directe du Monde Perdu à l'intérieur parce que je ne saurais pas m'occuper d'un dinosaure)

 

A priori, pas de créature terrifiante en vue, mais des paquets sur lesquels sont notés des petits mots.

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Qu'y-a-t-il sous ces mystérieux papiers?

Des livres (hem, deux livres, je n'aime pas dénoncer mais certains blogueurs ne savent pas compter jusqu'à un):

     - "Jean-Marc Barr rêverait d'y retourner pour les vacances" dixit ma swappeuse (pourvu que Luc Besson ne décide pas d'en faire un film, dixit moi): La ville du gouffre d'Arthur Conan Doyle (j'adore Conan Doyle mais ne connaissais pas du tout ce titre avant ce swap, je suis enchantée de l'avoir reçu, d'autant que cet exemplaire sort directement de la bibliothèque familiale et qu'il en est ressorti après moultes aventures dignes de Jules Verne).

     - "Girl power" (heu?... Posh Spice a écrit un roman sur le monde perdu de la mode taille -1?... ah non, on nous a épargné ça): She de Henry Rider Haggard, un auteur que je n'ai encore jamais lu, ce qui est une honte, vu que j'ai vu et aimé Les mines du roi Salomon dans une vie antérieure.

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De quoi supporter les longues marches à la recherche de civilisations disparues:

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J'ai déjà dit que j'aimais ça? Oui? On ne dit jamais à quel point les galettes bretonnes, c'est bon.

 

Objet indispensable à l'aventurier qui se respecte (certes, la matière n'est pas la plus conseillée mais la céramique, c'est tout de même plus agréable que le métal et on peut être aventurier tout en étant attaché à son confort):

swap-1707.JPGHo! Un mug très sombre sur lequel on ne voit pas grand chose... étrange cadeau...

"De la chaleur naît la lumière..."... et la lumière fut dans mon cerveau. 

swap-1710.JPGLe même avec une boisson chaude... c'est tellement plus beau! (et il n'y a pas à dire, le Tardis, c'est ce qu'on fait de mieux pour explorer les continents perdus... même si le Docteur vous avait promis les plages de Bora Bora mais c'est un détail)

 

Et si on ajoute à cela une jolie carte et des marque-pages monstres gardiens de livres faits maison, on obtient cette belle photo de famille:

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Merci à Valunivers pour ce colis très réussi et les excellents choix de livres.

Merci et bravo à Lhisbei pour l'organisation toujours parfaite.

Rédigé par Isil

Publié dans #Swap

Publié le 16 Juin 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

 

Jeudi citation

 

Un peu d'analyse linguistique pointue:

Jacques, s'obstinant à parler anglais, commettait plus d'une bavure qui faisait rire aux larmes le bon capitaine et son second; Jonathan lui faisait comprendre de son mieux la cause de cette hilarité. Quand il avait le bonheur, pour exprimer sa pensée, de tomber sur le mot juste, il le prononçait assez mal pour amener de singuliers quiproquos. Ainsi au dîner, pour demander du pain, il dit au capitaine:

- Give me some bread, en prononçant braïd.

Speedy éclata de rire.

- Sais-tu ce que tu viens de demander là? lui dit Jonathan.

- Sans doute, du pain!

- Pas du tout; tu as demandé un peu de fiancée!

- Mais enfin bread signifie bien...

- Oui! quand on le prononce braid.

- Voilà le difficile, s'écria Jacques: au fond, toutes les langues se ressemblent! Il n'y a que la prononciation qui diffère!

Jules Verne - Voyage à reculons en Angleterre et en Ecosse

 

Avec cette citation, j'ouvre officiellement ma participation au mois kiltissime, organisé par Cryssilda et Lou. Ce mois va être placé sous le signe de l'Ecosse.

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Rédigé par Isil

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Publié le 9 Juin 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation


En hommage à Titine pour son futur challenge, un peu de sens aigu de la comparaison:

"... Petit comme un nain."

Pilier de bar anonyme, 1996, recueilli par Jean-Marie Gouriot dans Brèves de Comptoir

Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi

Publié le 2 Juin 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation

 

 

Un peu de chevelure royale et d'humanisme franc:

Arcadius, dont nous avons déjà parlé, fut alors envoyé par Childebert et Clotaire, auprès de leur mère Clotilde. Il se présenta devant la reine, tenant d'une main une paire de ciseaux et de l'autre un poignard nu. "Ô reine très-glorieuse, dit-il, vos fils, nos maîtres, attendent que vous manifestiez votre volonté, que vous vous prononciez sur le sort de vos petits-enfants. Voulez-vous qu'ils vivent privés de leurs chevelures, ou bien voulez-vous qu'ils soient égorgés?" A ces mots, et à la vue des deux instruments de la dégradation ou de la mort de ses enfants, elle est tour à tour agitée par des sentiments de terreur et de colère. Dans l'excès de sa douleur, ne sachant trop ce qu'elle disait, elle laisse échapper ces paroles: "J'aime mieux qu'ils soient égorgés."

Grégoire de Tours - L'Histoire des rois francs

Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi