Publié le 27 Février 2011

Vikings.jpgVikings

De Philip Wilkinson

Titre original: Vikings

Première parution: 2008

Edition Milan Jeunesse

24 pages

 

Quatrième de couverture: Redoutables guerriers et courageux explorateurs, les Vikings pillaient les villes et les villages, parcouraient les océans et faisaient du commerce dans des pays lointains il y a plus de mille ans.

Qui étaient-ils? Découvre d'où venaient les Vikings et comment ils vivaient.

Qui était le plus puissant de leurs dieux? Explore le monde fascinant des mythes et légendes vikings.

Pourquoi les Vikings donnaient-ils des noms à leurs épées et à leurs haches? Familiarise-toi avec leurs terribles armes.

Pourquoi les Vikings ornaient-ils la proue de leurs bateaux de figures évoquant un dragon? Découvre comment ils construisaient leurs célèbres drakkars.

Voyage dans le temps et découvre le rôle joué par ces guerriers venus du nord de l'Europe.

 


      Ma formidable libraire connaissant mon obsession actuelle pour les Vikings et connaissant ma mauvaise foi lorsqu'il s'agit d'offrir des livres seulement en fonction du destinataire m'a aiguillé sur ce trésor caché au rayon jeunesse. Je n'ai pas encore pu tester ce livre sur sa cible, un enfant de 8 ans qui ne connait pas encore le monde viking. J'ai donc lu ce livre seule et ne peux pas trop estimer à partir de quel âge je le conseillerais. Il faudra donc se contenter de mon regard d'adulte sur ce livre.
Divers 0605

     Certes, c'est donc un livre destiné aux enfants mais j'ai pris un grand plaisir à le feuilleter. D'abord, c'est un très bel objet, bien illustré et qui recèle des trésors délicieux comme une carte-poster, un bateau viking en pop up ou un décodeur de runes.Divers-0607.JPG

       Sur le fond, le livre est également très bien fait puisqu'il aborde tous les aspects de la civilisation viking. Bien sûr, c'est sommaire, mais pas simpliste (j'ai eu recours au dictionnaire) et on arrive à y apprendre des choses. L'auteur maitrise visiblement son sujet. Comme c'est un anglais, il insiste surtout sur les raids vikings en Grande-Bretagne mais Rollon n'est pas oublié et les voyages vers l'Orient non plus. Chaque thème est développé dans de courts encarts sur deux pages. On y pioche plein de détails qui plairont aux petits comme aux grands tels que les différents bois utilisés pour la fabrication d'un bateau viking ou des exemples de noms que les Vikings donnaient à leurs épées. Divers-0609.JPG

     Ce  livre est donc un excellent point de départ vers le monde viking, en attendant la lecture plus consistante des Vikings de Régis Boyer.


Les thèmes abordés:

Les origines - Les navires de guerre - Les raids des Vikings - Les rois des mers - Voyages dans les terres - Les rois et le Thing - Sagas et légendes - Le cosmos des Vikings - Les dieux et les déesses - La vie quotidienne - L'art Viking - La mort et les funérailles - La fin d'une époque - Chronologie 


"Une fois lavé et nourri, un homme pouvait se rendre au Thing, même si ses habits étaient les pires guenilles." (Les paroles du Sage, tirées de l'Edda poétique)

 

semaine nordique

Organisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Jeunesse

Publié le 26 Février 2011

Une maison de poupéeIbsen-Une-maison-de-poupee.jpg

De Henrik Ibsen

Titre original: Et Dukkehjem

Première parution: 1879

Edition GF-Flammarion

246 pages

 

 Nora et Torvald Helmer sont mariés depuis huit ans et ont trois enfants. Après des années financièrement difficiles, le ménage peut enfin mener une vie confortable avec le nouveau poste de Torvald qui devient directeur de banque. Nora se contente en apparence d'être une épouse délicieuse et frivole que personne ne prend au sérieux, surtout pas Torvald. Mais pour sauver son mari malade qu'elle aimait, alors qu'ils manquent d'argent pour aller le soigner en Italie, elle n'a pas hésité à agir à son insu en contractant une dette et pire, en faisant un faux en écriture. Elle s'est tue pendant huit ans, jusqu'au jour où son débiteur menace de tout révéler à son époux. 

Quatrième de couverture :
   HELMER
"Tu n'as pas été heureuse !
   NORA
Non. J'ai été joyeuse, voilà tout. Et tu as toujours été si gentil pour moi. Notre foyer n'a jamais été rien d'autre qu'une salle de récréation. Ici, j'ai été ton épouse-poupée, tout comme à la maison, j'étais l'enfant-poupée de papa. Et mes enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais divertissant que tu te mettes à jouer avec moi, tout comme ils trouvent divertissant que je me mette à jouer avec eux. Voilà ce qu'a été notre mariage, Torvald.
   HELMER
Il y a quelque chose de vrai dans ce que tu dis... tout exagéré et outré que ce soit. Mais dorénavant, cela changera. Le temps de la récréation est passé..."


   Une maison de poupée est une pièce d'une très grande subtilité qui demanderait de multiples lectures pour qu'on puisse espérer en tirer toute la richesse. Le norvégien Ibsen y fait un portrait assez sombre de la petite bourgeoisie norvégienne de la fin du XIXè siècle. En premier lieu, tout au long de la pièce, on y voit des femmes qui se sacrifient (Mme Linde, l'amie de Nora, s'est mariée pour assurer la subsistance de la famille tandis que Nora doit porter seule sa faute pour ne pas déchoir de son statut de femme-enfant qui plait tant à son mari). Et tout au long de la pièce, on voit à quel point cela finit par devenir destructeur si l'on cantonne les femmes à cela. Ce n'est qu'en ayant une personnalité propre que les femmes pourront s'épanouir en tant qu'épouses et mères. Ce n'est pas révolutionnaire, mais c'est déjà moderne pour l'époque.

    Ce qui ressort également tout au long de la pièce, c'est le côté trompeur des apparences. Torvald, l'homme qui aime sa femme ne peut l'accepter que s'il la domine totalement, comme la femme-enfant qu'il a épousée. Il ne peut surtout pas supporter de contrevenir aux règles de la société petite bourgeoise à laquelle il se soumet, changeant d'avis en fonction du risque social. Finalement, c'est Nora, qui n'est pourtant pas un personnage particulièrement enthousiasmant tant elle se comporte comme une enfant, qui se révèle la plus forte des deux. Les autres personnages de la pièce, le Dr Rank, Krogstad et Kristin Linde ne sont pas ce qu'ils semblent être. 


   Bref, c'est une pièce formidable qui part assez lentement pour monter en puissance aux deuxièmes et troisième actes. Les dialogues sont minimalistes et austères et on voit au final que rien n'est laissé au hasard, chaque réplique est importante (il suffit de voir l'emphase de Nora pour parler de liberté au début de la pièce et de voir à quel point la signification de ce terme évolue pour elle jusqu'à la fin). En outre, malgré cette froideur du style, j'ai trouvé la pièce, surtout la fin, particulièrement émouvante en plus d'être très osée. Je découvre Ibsen avec cette pièce et c'est une rencontre plus que réussie.

 


"Pendant huit longues années... et même davantage... depuis le premier jour où nous avons fait connaissance, nous n'avons jamais échangé un propos sérieux sur un sujet sérieux."


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Organisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Théâtre

Publié le 25 Février 2011

La Cité des JarresIndridason-Cité des jarres

DeArnaldur Indriðason

Titre original: Mýrin

Première parution: 2000

Edition Points

328 pages

 

 

Quatrième de couverture : Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L'inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un " truc bête et méchant " qui fait perdre son temps à la police... Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la " cité des Jarres ", une abominable collection de bocaux renfermant des organes...



      La Cité des Jarres est un polar islandais dans la veine de ceux du suédois Henning Mankell. D'ailleurs, au départ, le commissaire Erlendur, le personnage principal d'Indridason fait tellement penser au commissaire Wallander de Mankell que ça peut faire craindre le pire (à peu près le même âge, même regard sur le monde, mêmes problèmes relationnels avec leurs enfants, même la santé défaillante les rapproche). Pourquoi lire une copie plutôt que l'original? Heureusement, Indridason a suffisamment de talent pour soutenir la comparaison et finalement, je n'ai jamais été gênée par la proximité des personnages, Erlendur a sa personnalité propre (une forme d'esprit sarcastique) qui le rend assez attachant.

      La trame de l'intrigue tourne autour de la fameuse base de données génétiques des Islandais. En enquêtant sur un meurtre en apparence banal, Erlendur va mettre au jour une affaire sombre du passé. L'histoire policière sert donc de prétexte à une interrogation sur la filiation et les dérives de la 'mise en fiche' des données génétiques.

 

      L'intrigue s'étire peut-être un peu trop sur la fin, une fois qu'on commence à comprendre les choses, malgré un bon sens du suspense général mais peu importe, ce genre de policier vaut autant pour l'ambiance et le style que pour l'enquête elle-même. De ce côté là, Indridason est très efficace et j'ai pris un grand plaisir à découvrir un nouveau policier dont je vais suivre les enquêtes avec assiduité.

 

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Organisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Policiers

Publié le 24 Février 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation

 

Un peu de semaine nordique:

"Le désespoir, ce n'est pas la même chose. Tout le monde doit traverser ça, c'est une initiation. Tant qu'on n'a pas hurlé à la lune, ou face à la mer, ou contre ses parents, on ne peut pas grandir. Le prince et la princesse Sans Chagrin n'ont aucune chance. On les a anesthésiés avec une piqûre dans l'âme. Si on veut être vivant, on est obligé de faire l'expérience de la douleur."

Henning Mankell - Avant le gel

 

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Organisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi

Publié le 23 Février 2011

Jamais avant le coucher du soleilSinisalo---Jamais-avant-le-coucher-du-soleil.jpg

De Johanna Sinisalo

Titre original: Ennen päivänlaskua ei voi

Première parution: 2000

Edition Acte Sud, Babel

318 pages

 

 

Quatrième de couverture : Dynamique photographe de pub, Ange vit en solitaire stressé. Un soir, rentrant chez lui, il sauve des bottes d'une bande de jeunes quelque chose qui ressemble fort à un animal blessé. Il lui faudra vite se rendre à l'évidence : la chose recueillie dans son appartement est un enfant troll, perdu certes mais sauvage et d'une violence inquiétante.

 

Commencent alors d'une part une enquête qui se doit d'être la plus discrète possible sur ce que sont ces êtres que nombre de documents ne disent pas imaginaires mais bien réels et, d'autre part, une partie de cache-cache avec les amis, les collègues de travail et les voisins d'immeuble.

 

Au quotidien du photographe, qui tient peut-être l'occasion de réaliser les photos de sa vie mais doit dissimuler l'existence de son troll, se mêlent ainsi des données qui, progressivement, lui disent que ce qu'il vit n'est pas un rêve mais une réalité dangereuse à laquelle il va bien falloir trouver une solution... forcément radicale.

 

 


Jamais avant le coucher du soleil est un roman fantastique finlandais quelque peu perturbant. On y retrouve un univers excessivement décalé comme seuls les scandinaves sont capables d’en créer. En plus d’un troll, on a ici une bande de gens qui désire ce qu’il ne peut avoir, une esclave sexuelle achetée par Internet et un homme dont l’obsession pour un troll bestial est particulièrement malsaine. Bref, Johanna Sinisalo est partie dans un délire total et est allée jusqu’au bout. A force d’être délirant, on pourrait lui reprocher d’en faire un peu trop parfois et de tomber un peu à plat (si on part du principe que les Trolls existent, un Troll en jean pour une pub, ce n’est pas plus intéressant qu’un chien à lunettes alors ça ne fonctionne plus vraiment comme élément comique) ou bien de jeter beaucoup d’idées mais de rester superficielle (aucun personnage qui gravite autour d’Ange n’est développé). Pourtant, malgré quelques défauts, ce roman est prenant.

En outre, j’ai beaucoup aimé sa construction. L’alternance de chapitres courts qui enchaînent des points de vue différents rend le récit très dynamique et jamais ennuyeux. A cela s’ajoutent les « documents » sur les trolls qui entrecoupent le récit, extraits du Kalevala, contes populaires, récits ethnographiques, etc. C'est fait de manière très efficace.

 

Jamais avant le coucher du soleil est un roman particulier mais agréable à lire voire difficile à lâcher lors de la lecture.


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Organisée par Cryssilda et Emma

Publié le 22 Février 2011

Very cold tripVery-Cold-trip.jpg

1h35 – Finlande - 2010

Réalisé par Dome Karukoski

Avec Jussi Vatanen, Jasper Pääkkönen, Timo Lavikainen

 

 

Dans le nord de la Finlande, Janne, trentenaire ne fait rien de ses journées depuis qu’il est au chômage. Le jour où il utilise l’argent destiné à un décodeur pour boire avec ses copains tout aussi désoeuvrés que lui, sa compagne Inari craque. Elle lui pose un ultimatum… s’il ne rapporte pas un décodeur avant le lendemain matin, elle le quitte. Janne n’a pas le choix. Entraînant avec lui ses deux meilleurs amis, il se lance dans la quête du décodeur en pleine nuit par -15° sur des routes enneigées… et sans argent.

 


Sur un scénario plus que mince, j’ai assisté à une comédie qui fait passer un bon moment, ce qui s'est révélé une excellente surprise. Les premières images de Very cold trip donnent le ton, les finlandais ont un humour spécial. On y voit de magnifiques images d’un paysage blanc immaculé sur lequel trônent des arbres majestueux. La voix off, celle de Kapu, nous raconte comment il a eu la meilleure note de sa scolarité. C’est là que la caméra se fixe sur un arbre où flotte une corde. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise mais on assiste là à un beau moment d’humour noir.

La suite du film joue plus sur un humour décalé voire parfois sur le potache que sur cette lancée mais on est toujours dans un côté presque absurde qui est très plaisant. Ce n’est pas un humour qui fait s’étouffer de rire mais c’est néanmoins efficace et on s’amuse tout au long du film (une scène au milieu du film m’a parue un peu longue mais même là, on sourit suffisamment en attendant une suite plus que prometteuse). Ce road movie n’est pourtant guère trépidant si on le compare à ses homologues américains mais le petit côté social qui n’est pas exploité mais qui ressort malgré tout lui donne un cachet supplémentaire. En effet, le film n'explique pas clairement comment les délocalisations ont poussé les jeunes à partir vers des régions plus peuplées  mais c'est présent et ici, on voit que pour ceux qui restent comme Janne et ses copains, les options sont l’alcoolisme et/ou le suicide. Et puis ce qui fait la qualité du film, ce sont surtout les personnages, une bande de losers sympathiques qui retrouvent un peu de dignité tout en se trouvant dans des situations particulièrement embarrassantes et rocambolesques. Janne est accompagné par Räihänen qui fantasme sur une femme qui apparaît sur un jeu du bar qu'il fréquente et par Kapu, qui a un regard tellement détaché sur tout qu’on sent bien qu’il est au bout du rouleau. Le personnage de l’ancien petit ami d’Inari qui a aussi un rôle important est également assez plaisant à suivre dans le genre détestable au regard de pervers.

 

On peut regretter le titre racoleur du film pour sa sortie en France, surfant sur le succès de Very Bad Trip. On peut aussi regretter la bande son à base de variété particulièrement sirupeuse (c'est tout de même sympathique de découvrir que "L'oiseau et l'enfant" s'est exportée). Mais Lapland Odyssey, le titre international original, est une comédie sympathique et réussie qui mérite le détour, même si l’humour nordique ne fonctionnera sûrement pas sur tout le monde. Néanmoins, le film a obtenu le Prix du jury au Festival de l’Alpe d’Huez (et a même été le coup de cœur de la profession), il a donc ses chances.

 

L’avis de Cryssilda

 

semaine nordiqueOrganisée par Cryssilda et Emma

Rédigé par Isil

Publié dans #DVD & Cinéma

Publié le 21 Février 2011

Saga d’Eiríkr le RougeSaga-d-Eirikr-le-rouge.jpg

Suivi de Saga des Groenlandais 

De Anonyme

Titre original: Eiríks saga rauda et Groenlandinga saga 

Première parution: XIIè - XIIIè siècles

Edition Folio

107 pages

 

 

Quatrième de couverture : Eiríkr le Rouge, condamné au bannissement à la suite des meurtres de Eyjóld la Fiente et de Hrafn le Duelliste, met les voiles et part à la découverte du Groenland. Leifr, fils d’ Eiríkr et de Thjódhildr, part du Groenland vers la Norvège mais son bateau est détourné vers les Hébrides … Quant à Thorfinn Karlsefni, fils de Thórdr Tête-de-cheval, il part à la découverte du Vinland, contrée lointaine de Terre-Neuve…

Le nom d’Eiríkr le Rouge évoque l’aventure, la bravoure, la magie des vikings et les découvertes de contrées sauvages du Grand Nord…



Ce très court recueil d’une centaine de pages est une saga islandaise c’est-à-dire, selon la définition de Régis Boyer, un récit « rapportant la vie et les faits et gestes d'un personnage, digne de mémoire pour diverses raisons, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, en n'omettant ni ses ancêtres ni ses descendants s'ils ont quelque importance ». Et en effet, on n’oublie aucun ancêtre. D’ailleurs, en commençant à lire la première des deux courtes sagas qui composent ce recueil, j’ai été prise de vertige. Tous ces noms jetés sur le papier, c’est éprouvant. Pour vous donner une idée, voici le début :

"Il y avait un roi guerrier qui s’appelait Óláfr le Blanc. Il était fils du roi Ingjaldr, fils de Helgi, fils d’Óláfr, fils de Gudrodr, fils de Hálfdan aux jambes blanches, roi des Uplönd. Óláfr guerroyait sur la route de l’ouest et conquit Dyfflin en Irlande ainsi que le pays de Dyfflin. Il s’en fit roi. Il épousa Audr la Très-Sage, fille de Ketill au nez plat, fils de Björn du Ru, un noble homme de Norvège."

Et comme ça, pendant une trentaine de page, chaque fait est accompagné de nombreux noms (avec des surnoms comme ‘la Fiente’ qui laissent tout de même perplexes). En plus de cela, les auteurs de sagas ne s’embarrassent pas de détails autres que les noms. Les faits sont rapportés de manière très brève et la psychologie des personnages inexistante. Les Vikings ne connaissent que deux choses, la négociation du commerçant ou la force du guerrier. En outre, Eiríkr le Rouge, bien que découvreur du Groenland, fait central de ces deux sagas, n’en est pas le héros, contrairement à ce que peut laisser entendre le titre. Il ne va même pas participer au mythique voyage vers le Vinland (peut-être Terre-Neuve) où les Vikings combattront les gens du cru, les Skraelingar. On suit donc de nombreux personnages successivement.

 

Pourtant, une fois passé le cap des pages remplies de noms, je me suis laissée prendre par l’histoire de ces commerçants-aventuriers qui naviguent d’île en île, passant un hiver ou conquérant une terre, négociant des alliances ou se battant. Ces récits censés raconter des événements historiques teintés d’un christianisme mélangé à des restes de paganisme, sont aussi imprégnés de merveilleux, on y trouve sorcières et rêves prémonitoires.

Le deuxième récit, la Saga des Groenlandais, plus court raconte les mêmes événements. Le texte est plus simple, moins chargé de noms, plus concis donc et je l’ai préféré. Il y a même des meurtres crapuleux qui rendent la fin encore plus prenante.

 

La saga d’ Eiríkr le Rougeet la Saga des Groenlandais appartiennent à un ensemble sagas-islandaises.jpgde trois récits nommé les Sagas du Vinland. Il est dommage que la troisième saga, Le Dit des Groenlandais, encore plus court que les deux autres, ne soit pas dans ce recueil. J’ai donc ressorti mon recueil des Sagas islandaises dans l’édition de la Pléiade (ma première tentative de lecture avait été un échec) pour profiter aussi de ce récit. Cette édition contient les mêmes traductions de Régis Boyer et d’autres sagas, dont ce texte supplémentaire. Ce récit traite de la venue du premier évêque du Groenland, d’honneur viking, du ‘thing’, l’assemblée viking où on décidait de beaucoup de choses et de ce qu’on y négociait (ou de la façon d’éviter la négociation lorsque l’on sentait qu’on allait perdre). Il est très intéressant également. En outre, la notice de Régis Boyer sur l’archéologie face aux récits des sagas est passionnante à lire.

 

J’ai donc fini par apprécier ces sagas, malgré un début difficile. Cela m’a donné envie de me replonger dans celles que j’avais abandonnées il y a quelques années.

 

semaine nordiqueOrganisée par Cryssilda et Emma

 

rentrée littéraire 1220

 

Merci à Elysio pour le prêt.

Publié le 20 Février 2011

Mr. BrownChristie-Mr-Brown.jpg

De Agatha Christie

Titre original: The secret adversary

Première parution: 1922

Edition Le Livre de poche

254 pages

 

 

Pendant la première Guerre Mondiale, le Lusitania est coulé, un agent secret remet d’importants documents à une jeune fille sur le point de monter sur un canot de sauvetage. Quelques années après la fin de la guerre, Tommy Beresford (soldat pendant la guerre) et Tuppence Crowley (qui a également participé à l’effort de guerre), des amis de longues date se retrouvent financièrement forts démunis. Tuppence ne voit que trois solutions pour ne pas être obligée de retourner vivre chez ses parents : épouser un homme riche, ce qui n’est pas si facile qu’on croit, toucher un héritage ou créer sa propre société. C’est ainsi que les « jeunes aventuriers » voient le jour. D’ailleurs, un homme douteux leur demande très vite de retrouver une jeune fille pour une forte somme d’argent. Tuppence et tommy vont se retrouver au milieu d’une affaire d’espionnage d’une importance capitale.

 

Quatrième de couverture : C'est toujours après le drame qu'on s'avise qu'un personnage falot a traversé la scène sans que personne lui prête attention. Et justement, dans le bureau de Mr Whittington, il y avait un clerc qui se faisait appeler Mr Brown. Mais voilà ! Personne n'était capable de se rappeler quoi que ce fût de Mr Brown. Pas même son visage.

 


Quand on est à la fois who-maniaque et fan d’Agatha Christie, l’épisode sept de la quatrième saison, The Unicorn and the wasp (Agatha Christie mène l’enquête, en français) est particulièrement jubilatoire. L’épisode est empli de référence à l’oeuvre de l’auteur puisque non seulement, des événements de la vie de Christie sont utilisés, la trame de l’épisode se base sur quelques livres mais le scénariste s’est aussi amusé à insérer dans les dialogues des personnages des titres de romans de Christie. On peut donc jouer à retrouver tous les titres.

            Comme nous sommes quelques blogueuses à partager cette double passion, nous avons décider de nous faire plaisir égoïstement entre nous en lisant ou relisant ensemble tous les romans de la grande Agatha cités dans The Unicorn and the wasp ou qui ont servis de modèle à la construction de l’intrigue. Nous commençons avec Mr Brown, un titre que je n’avais encore jamais lu.

challenge DW Christie1

         Mr. Brown est le deuxième roman écrit par Christie. En toute honnêteté, ça se ressent un peu au niveau de l’intrigue. Il y est question d’espionnage, de complots internationaux (mais cela reste toujours un peu flou et assez caricatural) et ce n’est pas là que je préfère Agatha Christie. En outre, les suspects sont si peu nombreux qu’il est très difficile de passer à côté (en général, même si je trouve le coupable, Christie embrouille tant les pistes que je ne suis jamais sûre tant les motivations sont floues tandis que là, je n’ai jamais douté malgré les tentatives de diversion). Ce n’est donc pas dans Mr Brown qu’Agatha Christie exerce le mieux sont talent de reine du suspense.

 

         En revanche, ce roman a un atout majeur, l’enthousiasme évident avec lequel elle a créé ses personnages. On rencontre pour la première fois Tommy Beresford et Tuppence Crowley (future madame Beresford). Tuppence est vive et pleine d’esprit. Sa verve fait mouche et c’est une héroïne moderne, indépendante et drôle. Tommy, plus dans la retenue, n’est pourtant pas en reste et se révèle vite être un personnage à la hauteur de Tuppence. Rien que pour cela, Mr Brown se lit au final avec un plaisir immense. Je le relirai avec plaisir pour retrouver le duo qui m’a procuré quelques autres heures de plaisirs dans ses aventures postérieures. Malgré ses défauts, ce roman reste enthousiasmant.

 

Mes co-lectrices : Chiffonnette, Fashion, Karine, Mo, Pimpi et Yueyin

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Policiers

Publié le 17 Février 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation

 

Un peu de dénonciation pour jeter un odieux personnage en pâture à la vindicte populaire:

"1843: Louis-Philippe décide que l'Administration respectera l'orthographe de l'Académie. Il crée la faute d'orthographe."

Se réconcilier avec l'orthographe de Bernard Fripiat

Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi

Publié le 10 Février 2011

C'est Chiffonnette qui le dit,

Jeudi citation

 

Un peu d'analyse de texte:

snoopy-005.jpg

"- Lucy: This "Snow White" has been having trouble sleeping, see?

Well, she goes to this witch who gives her an apple to eat which puts her to sleep...

Just as she's beginning to sleep real well... you know, for the first time in weeks... this stupid prince comes along, and kisses her, and wakes her up!

-  Linus: I admire the wonderful way you have of getting the real meaning out of a story..."

 

"- Lucy: Cette "Blanche Neige" avait du mal à dormir, tu vois?

Eh bien, elle va voir cette sorcière qui lui donne une pomme qui la fait dormir...

Alors qu'elle commence à vraiment bien dormir... tu vois, pour la première fois depuis des semaines... ce stupide prince arrive, et il l'embrasse et il la réveille!

- Linus: J'admire la façon merveilleuse que tu as de faire ressortir le sens réel d'une histoire..."

The Complete Peanuts 1965 to 1966, Charles M. Schulz

 

Enfin une jeune fille lucide...

Rédigé par Isil

Publié dans #Citations du jeudi