Sire Gauvain et le Chevalier vert - Anonyme

Publié le 28 Mars 2011

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De Anonyme

Titre original: Sir Gawain and the Green Knight

Première parution: XIVè siècle

Edition 10/18

154 pages

 

 

Quatrième de couverture : C'est Noël. Et, comme de coutume, avant de partager le festin de la Table Ronde, le roi Arthur attend un récit fabuleux. Pour cette fois, il ne sera certes pas déçu! Un personnage d'épouvante, à l'étincelante vêture verte, se dresse sur un cheval, vert lui aussi... Que lui veut-il? Pourquoi brandit-il à la fois une branche de houx et une cruelle hache de guerre? Qui est donc cet être monstrueux qui demande à être décapité et s'en retourne ensuite la tête sous le bras?

S'il vous plaît d'écouter ce lai... Je m'en vais vous le conter sur-le-champ...

 


Tolkien inside

Sire Gauvain et le Chevalier vert est un roman de chevalerie écrit en moyen anglais et en vers allitératifs à la fin du XIVe siècle. C’est l'une des premières grandes œuvres de la littérature anglaise, avec Les Contes de Canterbury de Chaucer.

 

Cette traduction française, si elle ne respecte probablement pas les allitérations d’origine (elle est une traduction de la traduction de Tolkien et pas du texte en moyen anglais), est très plaisante à lire. L’histoire est très prenante. Le merveilleux intervient rapidement et ce défi improbable semble vite un jeu de dupes. Lorsque le Chevalier vert, après un coup de hache donné par Gauvain, prend sa tête sous le bras et repart, on se demande bien comment Gauvain va s’en sortir puisqu’il doit également recevoir un coup de hache un an et un jour plus tard. Mais bien sûr, avant de subir cette épreuve, Gauvain va en outre devoir se mettre à la recherche du mystérieux chevalier qui n’a pas laissé d’adresse, ce serait trop simple. Et là encore, des épreuves vont l’attendre sur la route, surtout dans un château où le maître et la maîtresse des lieux sont bien étranges. Gauvain, personnage réputé et humble va découvrir que l’envie de survivre est parfois plus forte que le courage et ses qualités de chevalier pur et sans faille de la Table Ronde seront mises à rude épreuve. Il sera notamment soumis aux tentatives de séduction d'une belle dame de façon très osée (et le pauvre a une excellente raison de résister, ce qui rend ces scènes aussi surprenantes que délicieuses).

Je suis certainement passée à côté de la richesse du texte. Ainsi, le parallèle entre les scènes de séduction et de chasse, vers la fin du récit, semble évident mais il est difficile d’en déterminer les tenants et les aboutissants. De même, les longues descriptions  amusantes de l’équipement du Chevalier vert et de Gauvain (tout de rouge et d’or vêtu, des poulaines au heaume,  jusqu’au cheval Gringalet, tout est détaillé) sont probablement chargées de symboles. Si cela aiguise la curiosité voire provoque un peu de frustration chez le lecteur non spécialiste de l’époque médiévale, cela n’entache pas le plaisir de la lecture. Au contraire, l’auteur parvient à maintenir un grand suspense jusqu’à la fin. Il parvient même à introduire une surprise à la fin du récit car on y apprend que ce n’est pas le Chevalier vert qui est derrière tout le défi et la quête qui en découle.

 

J’aime beaucoup les romans de chevalerie en général, ceux qui mettent en scène Gauvain en particulier et ce Sire Gauvain et le Chevalier vert est mon préféré du genre. Si vous aimez les quêtes périlleuses et les héros virils en soieries rouge (car on peut être viril en soie chez les chevaliers), ce roman en vers est pour vous.

 rentrée littéraire 1220


Et bien sûr, je me devais de partager cette lecture avec une autre maniaque du moyen anglais plus ou moins dans le texte, Yueyin.


« ‘Si tu es le preux que tous les chevaliers disent,

Tu auras la bonté de m’accorder la partie de jeu que je te réclame de droit »

C’est alors qu’Arthur répondit,

Et lui dit : ‘Sire le courtois chevalier,

Si tu revendiques vraiment la bataille,

Ici les combats ne te feront pas faute.’ »

 

« Bot if þou be so bold as alle burnez tellen,

Þou wyl grant me godly þe gomen þat I ask

bi ryȝt.'

Arthour con onsware,

And sayd, 'Sir cortays knyȝt,

If þou craue batayl bare,

Here faylez þou not to fyȝt.' »

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Les classiques

Commenter cet article

Bénédicte 31/03/2011 09:27



Une littérature de spécialiste N'y a t-il pas eu d'adaptation cinématographique de ce livre ?



Isil 03/04/2011 11:14



Je trouve que ce n'est pas tellement une littérature de spécialiste justement, j'ai aimé alors que je n'ai aucune formation littéraire.


Je ne connais pas d'adaptation.



El JC 28/03/2011 23:40



Je ne cours pas l'acheter, mais ne désespérez pas du monde pour autant, c'est juste qu'il est déjà dans la bilbiothèque. Viril et en soie rouge ! C'est sans doute un concept...



Casse-bonbec 28/03/2011 22:31



Bonjour !  j'ai étudié ce livre (version "bilingue" anglais ancien - anglais moderne) dans le cadre de mes études d'anglais... j'avoue avoir bien aimé l'histoire mais en avoir "bavé" !



Pascale 28/03/2011 22:18



Vous m'épatez à réussir à lire en moyen anglais, chapeau (haume) bas ! Je n'ai pas ouvert un récit de la Table ronde depuis le collège, honte sur moi. Pourtant j'ai beaucoup aimé à l'époque. Il
faudrait que je m'y remette.



yueyin 28/03/2011 20:16



Ah et au fait j'adore ton article... si tout le monde ne court pas l'acheter après ça, c'est à désespérer du monde, moi je dis !!!!