Le Silmarillion - Tolkien

Publié le 1 Septembre 2010

The SilmarillionTolkien-Silmarillion

De J.R.R. Tolkien

Première parution: 1977

Edition HarperCollins

443 pages

 

 

Quatrième de couverture : The Silmarilli were three perfect jewels, fashioned by Fëanor, most gifted of the Elves. When the first Dark Lord, Morgoth, stole the jewels for his own ends, Fëanor and his kindred took up arms and waged a long and terrible war to recover them. This is the story of their rebellion against the gods and the history of the heroic First Age of Middle-earth.

 
 


Tolkien inside

Le Silmarillion est une œuvre posthume. Bien qu’il soit la base de l’œuvre puisque Tolkien en avait commencé les brouillons bien avant Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux, il ne l’avait jamais terminé et c’est son fils qui a achevé la mise en forme du texte à partir des nombreux brouillons.  Le livre se compose de cinq parties (sans compter les appendices, au demeurant passionnantes pour les fans).

 

Les deux premières parties, l’« Ainulindalë » et le « Valaquenta » présentent la cosmogonie de l’univers que l’on retrouve dans les autres récits de la Terre du Milieu, de la création des Ainur, les dieux, par Eru, le Créateur, de la musique qui crée Arda, la Terre du Milieu, à la description des plus puissants de ces Ainur, les Valar qui choisirent d’attendre la venue des Elfes et des Hommes sur Arda et de Melkor, le Valar rebelle. Ces deux parties très courtes (une vingtaine de pages) forment donc une sorte de récit mythologique assez poétique.

 

La troisième partie est la plus longue. Il s’agit du « Quenta Silmarillion », qui conte l’histoire des Silmarils, ces joyaux fabriqués par le plus doué des Elfes, convoités par Morgoth (autre nom de Melkor), et qui vont changer le destin des Elfes. Là, on retrouve le souffle épique des récits de Tolkien, qui n’a rien à envier aux grands récits mythiques nordiques. Les Elfes y sont bien différents de ceux du Seigneur des anneaux. C’est l’orgueil du plus grand d’entre eux et de ses fils qui va presque briser le monde. L’orgueil est un thème fort du récit. Ce sont les Elfes qui sont au cœur du récit mais des Hommes au destin terrible sont également présents, comme Beren, dont l’histoire est très inspirée d’un récit de l’Edda, qui est le premier Edain à aimer une Elfe  ou l’histoire tragique de Túrin Turambar et de la malédiction qui pèse sur sa famille. On y voit aussi la montée en puissance de Sauron, la naissance des dragons et des araignées monstrueuses, entre autres. C’est une pure merveille qui demande simplement un gros effort pour retenir tous les noms.

 

La quatrième partie, l’« Akallabêth » raconte l’ascension et la chute de Númenor, l’île des Edain, les Hommes au cours du Deuxième Âge de la terre du Milieu. Cette partie est certainement la plus frustrante du récit car elle est courte et ne permet qu’un survol rapide de ce récit. Les Hommes y deviennent eux-mêmes orgueilleux (c’est décidément un thème récurrent) et jaloux des dieux. L’angoisse de la mort, le cadeau empoisonné qui leur a été fait les conduira au désastre.

 

La cinquième partie, « Les Anneaux de pouvoir et le Troisième Âge » raconte l’histoire de l’Anneau de Sauron. Pour qui a déjà lu le Seigneur des anneaux, ce n’est qu’un résumé un peu frustrant également (encore que les circonstances de la montée en puissance de Sauron, la fabrication des anneaux et la première guerre de l’anneau y sont un peu plus détaillées). Ceux qui voudraient lire le Silmarillion avant le Seigneur des anneaux auront intérêt à ne pas lire cette partie.

 

         Cette relecture du Silmarillion a été une révélation pour moi. Dans mon souvenir, qui remonte à vingt ans, c’était une lecture belle mais difficile. Là, je n’ai retrouvé que le plaisir. En outre, ce texte enrichit la lecture du Seigneur des anneaux. Les Elfes y sont montrés sous un autre jour. Certains personnages sont déjà là même si ils ne font que de la figuration. Ces récits sont merveilleux et enchanteurs quoique très sombres (on est très proche de ce point de vue de la mythologie scandinave). Magique!

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"On rapporte qu'après le départ des Valar il y eut un grand silence et qu'Ilúvatar resta seul à méditer longtemps. Puis, il se leva et il dit: "Voyez comme j'aime la Terre, qu'elle soit la demeure des Quendi et des Atani! Que les Quendi soient les plus belles des créatures terrestres, qu'ils possèdent et imaginent et fassent apparaître plus de beauté que tous mes autres Enfants et qu'ils trouvent le grand bonheur en ce monde! Mais je donnerai aux Atani un pouvoir différent." Et il souhaita que les coeurs des Humains soient toujours en quête des limites du monde et au-delà, sans trouver de repos, qu'ils aient le courage de façonner leur vie, parmi les hasards et les forces qui régissent le monde, au-delà même de la Musique des Ainur, elle qui fixe le destin de tous les autres êtres."

 

 

Voyons combien de fois ma compagne de lectures tolkienesques, Yueyin aura utilisé les mots « géant, épique, magique, fabuleux » dans son billet.

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Rédigé par Isil

Publié dans #Planet SF-fantasy-fantastique

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Marie 10/09/2010 09:21



Lu il y a quelques années, j'avais adoré ce livre ! On plonge dans le merveilleux, très sombre certes...


 



Isil 14/09/2010 20:01



Et le relire est encore meilleur...



Maribel 10/09/2010 01:58



Je suis en train de lire Bilbo, tranquillement, mais sûrement, je me rendrai jusqu'à ce tome. ^^



Isil 14/09/2010 20:00



Chouette. Tu vas voir l'évolution du style entre le conte pour enfants et la mythologie du Silmarillion.



chiffonnette 06/09/2010 20:13



J'avais adoré, été transcendée, n'avais pas levé le nez pendant quelques jours... Et maintenant j'ai envie de le le relire! C'est malin!



Isil 07/09/2010 20:47



Très malin!



Anudar 04/09/2010 20:01



Sans fond, c'est le mot :) ...


L'histoire des deux arbres m'a toujours fait une forte impression. Ainsi que celle de la chute de Gondolin...



Isil 05/09/2010 09:59



Evidemment, les deux arbres... quand on a lu le Seigneur des Anneaux, ça parle. La chute de Gondolin fut un moment de grande frustration. J'aurais aimé que ça fasse
un livre complet à soi tout seul.



Anudar 04/09/2010 18:33



Me voici nouveau ici... Et content de poster sur un compte-rendu concernant le Silmarillion que j'ai relu (un peu en diagonale) il y a quelques jours !


Quelle révélation, après avoir lu le Seigneur des Anneaux, toutes ces découvertes concernant le point de départ de tous les mythes de la Terre du Milieu !



Isil 04/09/2010 19:49



Bonjour Anudar et bienvenu. Je suis lectrice anonyme de ton blog depuis 3 jours, la blogosphère est sans fond :-)


C'est un plaisir de voir d'où tout est sorti, en effet. Pour moi, la révélation est venue de ma relecture et du souvenir très fort que m'avaient laissé certaines
histoires comme celles de Beren ou de Hurin.