La ville intemporelle - Gonzales Ledesma

Publié le 19 Février 2009

La ville intemporelle

ou Le vampire de Barcelone

De Francisco Gonzáles Ledesma

Titre original: La ciudad sin tiempo

Première parution: 2007

Edition L’Atalante

407 pages

 

Au XVe siècle, un personnage étrange et immortel naît d’une prostituée de Barcelone. De nos jours, un homme riche est retrouvé mort, exsangue. Marcos Solana, son avocat, s’interroge.

 

Quatrième de couverture : Je viens d'années sans frontières, de villes ensevelies, de cimetières qui me parlent, de chants dont nul n'a souvenir. Je viens d'un temps lointain. Quand je suis né, la grande plaine barcelonaise qui s'étendait au-delà des murailles gothiques était dévolue au vice. On. y trouvait des lupanars bon marché qui n'avaient pas été admis dans la ville close et décente, des bateleurs, toutes sortes de saltimbanques affamés, des mendiants et des hors-la-loi. Ma mère était une esclave. Il ne faut pas s'en étonner. Ce quelqu'un ait cherché à nous tuer tous les deux n'a rien d'étonnant là encore. Ce quelqu'un, c'était l'Autre. Je tairai son nom car il m'arrive souvent de le croiser.

L'œuvre de Francisco Gonzalez Ledesma, né en 1927, avocat puis journaliste, forme un romancero unique et poignant consacré à sa ville, Barcelone. La ville intemporelle, publié en 2007 en Espagne, y a connu un immense succès.

 


     La ville intemporelle est un roman étrangement ensorcelant. Il est composé d’une alternance de chapitres, les uns à la première personne, narrés par un vampire né au XVe siècle dans un lupanar de Barcelone et les autres à la troisième personne, et qui suivent l’histoire de Marta Vives, stagiaire d’un avocat dont un client a été retrouvé mort, exsangue. Ces chapitres se répondent très souvent. Cette construction entretient un suspense qui pousse à enchaîner les chapitres de manière compulsive.

     La figure du vampire est très éloignée du mythe forgé par la littérature fantastique. Ce narrateur-vampire est peu défini, son image assez floue. On ne connaît pas son nom. Il supporte la lumière du jour mais préfère la nuit. C’est un prédateur, il tue pour se nourrir, mais il n’en éprouve aucun plaisir. Il est aussi capable d’éprouver de l’empathie pour les humains, surtout les femmes qui croisent sa route au fil des siècles. Pourtant, il est asexué et c’est en fait ce qui en fait un confident privilégié pour des femmes qui tentent de lutter contre leur destin. En réalité, ce personnage est un témoin autant qu’un acteur. Son statut d’immortel lui permet de traverser l’Histoire de Barcelone. Et c’est surtout de cela que traite ce roman. De l’Inquisition à nos jours, on suit l’histoire et la construction de la ville. Ce proscrit nous fait entrer dans le monde des proscrits et laissés pour compte de la ville, des servantes engrossées par des maîtres brutaux et vouées au mépris général aux prêtres en crise de la foi. Certaines scènes sont dures mais c’est très fort.


     On suit avec le même plaisirs les recherches et interrogations de Marta sur sa famille et ses liens avec des faits étranges.

     Les thèmes du Bien et du Mal sont omniprésents, ainsi que le poids de l’Eglise et l’Inquisition. C’est traité de façon particulièrement intéressante. En outre, l’écriture est superbe, d’une rare finesse et très fluide. Bref, voilà un roman qui mérite d’être découvert, que l’on aime le genre fantastique ou pas. Exceptionnel.

 

« Il est un sourire plus terrifiant encore que celui de la mort : celui de la vie éternelle. »

Rédigé par Isil

Publié dans #Planet SF-fantasy-fantastique

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lael 22/02/2009 09:18

un roman captivant à n'en pas douter!!!!

Isil 22/02/2009 10:06


C'est tout à fait ça. J'ai enchaîné les chapitres sans m'en apercevoir et l'ai lu très vite tellement ça me captivait.


Manu 21/02/2009 19:04

Il y avait longtemps qu'une histoire de vampires ne m'avait plus tentée. Mais là : intrigue originale, belle écriture. Je note :-)

Isil 21/02/2009 19:29


Ce n'est pas tant l'intrigue qui est originale (elle m'a même semblée presque accessoire et ce n'est pas ce qui me marquera le plus même si c'est réussi) que le cadre
lui-même et le regard porté sur l'humanité et la ville de Barcelone.


Karine :) 21/02/2009 13:09

Isil: Pas grave si on est loin de la bit litt... on s'entend que Fevre Dream, ce n'est pas nécessairement si "bit litt" que ça (si ma définition est bonne) et j'ai adoré!! :)  Des petites fois, je suis capable d'aimer les trucs pas guimauve!! :)) 

Isil 21/02/2009 18:25


Je le sais bien, je te charriais bien sûr. Je dois absolument lire Fevre Dream. Mais
connaissant un peu l'auteur, Martin, il y a certainement plus d'action que dans La ville intemporelle.


chiffonnette 21/02/2009 07:58

Je l'ai laissé échappé à mes mains quand le temps fut venu de le lire! Je le regrette mais il va vite arriver à la bibliothèque et ce jour là... J'aime beaucopu le thème et la manière dont il est traité, ce regard sur la ville de Barcelone et son histoire! J'ai hâte!

Isil 21/02/2009 10:02


Oui, c'est vraiment fascinant de suivre ce personnage à travers l'histoire de sa
ville. Bonne lecture.


Karine :) 21/02/2009 02:20

Je pense que c'est pour moi aussi!  Je note très avidement!! :))

Isil 21/02/2009 09:59


On est très loin de la bit-lit pourtant ;-) Bon il ne faut pas que je participe à ta réputation sinon on va encore essayer de te faire lire des bizarreries:-)))
Je suis curieuse d'avoir ton avis.