Carmilla - Le Fanu

Publié le 4 Décembre 2008

Carmilla

De Sheridan Le Fanu

Première parution: 1871

Edition GF Flammarion

153 pages

  

Quatrième de couverture : Laura vit dans un château reculé de la profonde Styrie, entourée de son père et de deux gouvernantes. Son existence paisible est perturbée par l'arrivée soudaine de la ravissante Carmilla, victime d'un accident d'attelage. Les deux jeunes femmes nouent rapidement une amitié exaltée et sensuelle. Mais Laura ignore que Carmilla est un être dangereux, capable de se repaître du sang de son hôte ! Paru en 1871, Carmilla compte parmi les textes fondateurs de la littérature vampirique. Annonçant le fameux Dracula de Bram Stoker, ce récit nous entraîne dans un univers inquiétant et fascinant, où attraction et répulsion se confondent.

Le dossier de l'édition consacre un groupement de textes au motif de la morte amoureuse " (Théophile Gautier, Stéphane Mallarmé, Villiers de L'Isle-Adam). Il prolonge l'étude du vampire par celle des monstres féminins dans la littérature. 

 


Carmilla est un des textes fondateurs du mythe littéraire du vampire. Stoker s’en est d’ailleurs certainement inspiré pour écrire Dracula. Très agréable à lire, Carmilla souffre néanmoins, selon moi, d’un côté répétitif. Une seule idée est répétée tout au long de ce très court texte. C’est en dehors de ce défaut un récit qui se suit avec plaisir. L’aspect attraction/répulsion (un trouble sexuel, lié à l’attirance irrésistible des deux personnages féminins affleure tout au long du récit), victime/bourreau doublé d’une sensualité rare pour l’époque est très bien mené. En effet, contrairement à Dracula, pur prédateur, Carmilla est une héroïne romantique qui souffre de son statut de vampire car elle ne le contrôle pas. La préface parle de Dom juanisme à propos du personnage de Carmilla et je trouve cela assez juste. Elle est séductrice mais une fois la proie captive, elle passe à la suivante. Cet aspect est réussi et attrayant.

Sans avoir été totalement emballée, j’ai donc pris un grand plaisir à la lecture et j’ai suffisamment apprécié pour avoir envie de lire autre chose de l’auteur.

Tout le dossier qui accompagne cette édition est d’ailleurs très intéressant.

 


« L’amour exige des sacrifices, et il n’est pas de sacrifice sans effusion de sang… »

Rédigé par Isil

Publié dans #Livres - Les classiques

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Lou 12/12/2008 12:32

Tu as lu aussi les nouvelles de Polidori, de Byron et la première nouvelle de Stoker mettant en scène son vampire ?

Isil 12/12/2008 14:26


Je vais à rebours: d'abord Anne Rice puis ensuite Dracula et Carmilla :-) L'image du vampire que j'avais venait plutôt du ciné avec de vieux films
expressionnistes allemands ou ceux avec Christopher Lee (sans oublier l'extra "Bal des vampires" de Polanski)
Je ne connais pas cette nouvelle de Stoker. Quel est le titre? Le Polidori est introuvable en français donc je le lirai quand j'aurai l'occasion de le trouver en anglais. Je sais qu'il y a un poème
allemand qui est une première référence littéraire mais je n'en connais pas le titre (et je ne comprends pas l'allemand en plus).


yueyin 07/12/2008 14:07

pfff je ne l'ai même pas trouvé à ma médiathèque hier !!! C'est même pas juste !

Isil 07/12/2008 14:47



Tu as bien des voisines toulousaines prêtes à te le prêter. Sinon, je veux bien te l'envoyer.



Cendre 07/12/2008 11:30

J'ai adoré cette lecture, c'est d'ailleurs l'une de mes oeuvres favorites du style vampirique avec l'incontournable "Dracula" de Stoker.

Isil 07/12/2008 11:35


Sans avoir adoré Carmilla mais seulement beaucoup aimé, je trouve aussi que c'est ce que j'ai lu de meilleur dans le genre (j'en ai lu peu il faut dire). Après Dracula
bien-sûr :-)


Lou 07/12/2008 11:30

J'avais beaucoup aimé moi aussi, même si pour moi "Dracula" reste également le meilleur livre écrit sur les vampires, ZE classique incontournable, indispensable pour aborder la littérature vampirique. Tu verras que "Les Mystères de Morley Court" n'ont strictement rien à voir avec cette novella... une drôle de surprise pour moi :)

Isil 07/12/2008 11:33



Oui et pourtant, sans Carmilla, Dracula n'aurait probablement pas été Dracula.



yueyin 06/12/2008 10:19

JE connaissais de nom bien sûr (j'ai pas mal lu sur le mythe des vampires bon j'avoue...) mais l'idée ne m'avait pas effleurée de le lire... tolkien sait pourquoi... erreur réparée, je me le note pour parfaire ma tournée classique ;-)!

Isil 06/12/2008 10:36


Indispensable pour ta culture vampiresque :-)