Lecture en cours

Suzy McKee Charnas
Un vampire ordinaire

356 pages

Lectures terminées;
chroniques à venir:

- Patrick Süskind: Le pigeon
- Jasper Fforde: The Eyre affair
- Olivier Rolin: Un chasseur de lions

INDEX



livres-chevet.JPG
Ma pile à lire 

Widget_logo 

frise.jpg
www.ulike.net
  Challenges 2009:

terminé le 01/04/09


Rechercher

British corner

La littérature anglaise du 19è siècle
Jane AustenCharles DickensElizabeth Gaskell
 

 

 

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

mp.jpg

Pour laisser un message, un commentaire, un conseil...
livre-d-or.jpg


Samedi 4 juillet 2009

Le monde selon Monsanto

De Marie-Monique Robin

Première parution: 2008

Edition La Découverte

400 pages

 

Quatrième de couverture : Monsanto est le leader mondial des OGM, mais c'est aussi l'une des entreprises les plus controversées de l'histoire industrielle. Production de PCB, de polystyrène, d'herbicides dévastateurs (agent orange) ou d'hormones de croissance bovine et laitière (interdites en Europe) : depuis sa création, en 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits. Pourtant, aujourd'hui, Monsanto se présente comme une entreprise des « sciences de la vie », récemment convertie aux vertus du développement durable. Qu'en est-il exactement ? Quels sont les objectifs de cette entreprise, qui, après avoir longtemps négligé les impacts écologiques et humains de ses activités, s'intéresse tout à coup au problème de la faim dans le monde ? Fruit d'une enquête exceptionnelle de trois ans qui a conduit Marie-Monique Robin dans trois continents (Amérique du Nord et du Sud, Europe et Asie), ce livre retrace l'histoire fort mal connue de cette entreprise.

 

 


J’ai mis énormément de temps à lire cette enquête sur l’entreprise Monsanto, version papier du reportage diffusé sur Arte il y a quelques temps. J’ai en effet un énorme défaut, lorsque je lis ce genre de chose, je suis tous les liens donnés. Ca ne facilite pas la lecture. Celui qui a déjà lu 64 pages en anglais sur le suicide des agriculteurs en Inde comprendra ma douleur. En outre, je n’ai jamais pris autant de notes. C’est un sujet qui m’intéresse puisque je suis fille d’agriculteur et que les produits phytosanitaires et les semenciers ont fait partie de mon quotidien pendant toute mon enfance (indirectement bien sûr, mes parents ne sont pas des tortionnaires qui envoyaient leurs enfants manier des produits dangereux à la sortie de l’école) et aujourd’hui encore, il m’arrive d’assister à de passionnantes conversations sur les avantages comparés de telle et telle variété de blé en terme de rendement ou de verse. Ma vie est tout à fait palpitante, n’est-ce pas ? 

Pour en revenir au livre, la thèse de Marie-Monique Robin est simple (voire simpliste ?) : Monsanto est prête à tout pour s’emparer de l’agriculture mondiale, ne se préoccupe pas de la santé humaine et met sur le marché uniquement des produits dangereux, que ce soient les PCB, le Roundup ou les OGM. Ses dirigeants infiltrent ou menacent tous les niveaux des Etats et toutes les institutions, y compris scientifiques.

 

 

Le début est incontestable, lorsque l’auteur évoque le scandale du PCB dans les années 70. Là, la journaliste s’appuie sur des faits reconnus et la seule chose qui me gêne un peu, c’est une forte tendance à vouloir faire pleurer dans les chaumières. S’en tenir aux faits me semble toujours plus probant que d’abuser d’un vocabulaire du domaine de l’émotion, phénomène assez généralisé et très agaçant du reportage de nos jours, qui passe encore moins à l’écrit. Cette petite facilité n’enlève rien à la démonstration cependant. Les problèmes posés par le lobbying et les liens entre économie et politique sont intéressants aussi mais parfois plus affirmés que clairement démontrés. Toute la partie sur les liens entre FDA (Food and Drug Administration, en charge de la réglementation légale pour la mise en place des produits sur le marché) et Monsanto (cela dit, ça marcherait avec la plupart des grandes entreprises) est intéressante. On voit que les liens étroits par le jeu des chaises musicales entre les entreprises et l’administration sont au moins discutables d’un point de vue éthique. Cela mériterait un livre en soi et pas juste quelques dizaines de pages.

 

La suite en revanche a fini par beaucoup me gêner. C’est un bel exemple d’une démonstration à charge avec une succession d’argumentations biaisées et d’affirmations assez vaguement étayées. Je ne prendrai qu’un exemple mais c’est loin d’être le seul. Le Roundup (un herbicide, produit phare de l’entreprise) est d’abord pris sous l’angle de l’argument de la publicité mensongère, ce qui est incontestable puisque la société a été condamnée : le produit n’est pas biodégradable à 100%. C’est alors que la démonstration part en vrille. De biodégradabilité, on passe à la toxicité (au passage, si le public fait l’amalgame entre les deux, j’imagine que ça ne nuira pas à la diabolisation voulue du produit et c’est toujours ça de gagné pour la suite) et alors, Marie-Monique Robin nous explique pourquoi il faut absolument interdire le Roundup et cette raison, c’est ... que des gens se suicident avec. Eh oui, j’ai découvert grâce à cet ouvrage qu’il ne faut pas boire de Round up (en tout cas, moins de ¾ de tasse, la dose létale). Alors, dans ma grande bonté, plutôt que de vous faire la liste de tous les produits qui devraient être interdits pour cause de suicide (ça va quand même de la corde (il faut dénoncer la Corderie royale de Rochefort) aux rivières, surtout celles avec des ponts - oui, interdisons les ponts et rendons Bouygues responsable), je vais vous apprendre que si une personne de 60 kg avale 240 grammes de sel, elle meurt aussi. Attention aussi à l’aspirine : chez les adultes, l’intoxication aiguë intervient à partir d'une prise de 10 g (http://www.freewebs.com/medicaments/medicament_aspirine.htm). Il est donc temps d’interdire l’aspirine, et je ne parle même pas du sirop contre la toux et du doliprane, véritables bombes à retardement (oui, avec moi, apprenez à manier le vocabulaire catastrophiste de base). Bref, si demain vous vous empoisonnez en avalant un sachet de sel entier, il ne faudra pas vous plaindre, je vous aurai prévenus.

 

Pour le reste, toute la démonstration (plus de la moitié du livre) est basée sur le prétendu danger lié aux OGM. Je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet. Le problème, c’est qu’il est difficile de juger si on manque de connaissances scientifiques comme c’est mon cas. Le principe « d’équivalence en substance » utilisé par la FDA (avec l’influence de Monsanto) pour faire passer la réglementation sur les OGM aux Etats-Unis est contesté par les anti-OGM. Mais là, j’avoue avoir eu du mal à suivre l’explication. Il y a aussi bataille d’experts sur des études, chacun y allant de son interprétation. Voici une étude qui est mise en cause par certains témoins : http://jn.nutrition.org/cgi/reprint/126/3/717. J’ai un peu cherché ce que les partisans OGM disaient de cette étude et en comparant avec ce que dit le chercheur interrogé par Marie-Monique Robin, il semblerait que ce soient plutôt ses adversaires qui aient raison puisque page 7, on peut lire que « There were no gross pathologic findings observed at necropsy that were considered related to genetic modification. However, the livers of several animals (males predominately) fed GTS and parental-line ground soy beans appeared a darker brown at necropsy; the liver of one diet control male also appeared darker. Because rats fed processed GTS and parental-line soybean meal did not exhibit a similar incidence of darker brown livers at necropsy, this finding may have been related to feeding rats high dietary levels of ground soybeans. Because this finding occurred both in rats fed ground GTS and in rats fed ground parental-line soybeans, it was not considered to be related to genetic modification. ». Bien sûr, là, je suis assez circonspecte parce que je ne suis pas scientifique et il y a forcément des termes qui m’échappent, donc c’est difficile d’avoir un avis absolument tranché.

      Mais dès que l’on sortait de l’explication purement scientifique, là encore, beaucoup d’arguments sont à la limite de la mauvaise foi. Comme lorsqu’elle tire des conclusions très ‘personnelles’ de réponses de Robert Shapiro (ancien PDG de Monsanto). Il est convaincu de la nécessité pour Monsanto de se lancer dans le développement durable et pense que les OGM en font partie, et pourtant il n’achète pas de produits laitiers biologiques (en relation avec le rBGH, l’hormone laitière). Ah ah ! Pris en flagrant délit ! De quoi je ne sais pas mais apparemment, pour l’auteur, c’est un signe. Bon, comme je suis plutôt de l'avis de ce méchant homme, même si j’ai tendance à penser que Monsanto n’est pas forcément le meilleur symbole de développement durable, je ne vois pas trop où est le problème.

 

Ensuite, en suivant les liens donnés, j’ai eu quelques surprises. On a l’impression par exemple que de multiples documents viennent affirmer la toxicité des OGM. En suivant les liens, je me suis aperçue qu’en fait, tout tourne toujours autour de deux ou trois mêmes études (contestées par le reste de la communauté scientifique mais c’est tellement nébuleux que à part de la confusion, ça ne m’a pas apporté de réponse et je n’ai pas réussi à me faire d’opinion entre complot mondial d’un côté et excès de diabolisation de l’autre), qui sont reprises à l’infini par les anti-OGM. Les liens renvoient aussi très souvent à des articles de journaux étrangers qui utilisent les mêmes sources sans jamais les mettre en doute (alors que, quand tout ce qu’on trouve est sous-tendu par une idéologie, même sympathique à priori, cela devrait être questionné, me semble-t-il, que ce soit dans le domaine économique, politique ou environnemental). Là encore, la plupart des liens renvoient vers des organisations écologistes (dont la composition des comités scientifiques prêtent parfois à rire en plus), anti-OGM par principe et quand on essaie de voir sur quoi elles se basent, c’est le flou le plus total, toutes reprenant mot pour mot les mêmes phrases toutes faites censées être basées sur ces mêmes études contestées qui tournent en boucle. Pour moi, tout cela n’est donc pas totalement convaincant même si c’est troublant.

Mais le pire, c’est que les agriculteurs m’ont l’air bien trop passifs pour que ce soit honnête. On m’explique que l’hormone laitière est super dangereuse et provoque énormément de problèmes de mammites et là, j’avoue que je ne comprends pas bien les agriculteurs américains. Seraient-ils plus stupides que tous les agriculteurs autour de moi, qui quand ils sont déçus par un produit en changent ? Pareil pour les OGM. On ne parle pas de machines-outils hyper coûteuses qui prennent des années pour être rentabilisés. Lorsqu’un agriculteur n’est pas satisfait de la semence qu’il a utilisée, il en change (cela fait bien longtemps que la plupart des agriculteurs rachètent tous les ans leurs semences dans les pays occidentaux), donc cette idée qu’il soit difficile de revenir en arrière dans le cas des OGM, j’avoue que j’aurais besoin de beaucoup plus d’arguments pour être convaincue qu’une simple affirmation. Les agriculteurs indiens pourraient très bien revenir à des semences traditionnelles moins chères. Pourquoi s’obstinent-ils à semer ces plantes (et même de plus en plus nombreux, semble-t-il) s’ils voient qu’elles n’apportent pas plus de bénéfices que d’inconvénients à leurs voisins qui les utilisent ? S’il y avait tant de problèmes, serait-ce économiquement viable ? Le produit ne disparaîtrait-il pas de lui-même ? Cela fait pourtant des années que ces semences sont utilisées. Voilà des questions que je me pose à la lecture de ce livre. Au moins, les quelques pages qui expliquent pourquoi les résultats du Roundup-ready ne sont pas miraculeux sont probablement les seules qui ne m’ont pas fait sursauter et je les ai même trouvées très convaincantes (ça fait quand même seulement une dizaine de pages sur l’ensemble) sauf que finalement, c’est une cause plus politique que technique qui explique leur échec (le maïs s’est effondré à l’exportation en raison du rejet européen). Donc, globalement, plus j’avançais dans ma lecture et plus j’étais sceptique. Le problème, c’est qu’à force d’accuser chaque chose et chacun de tous les maux, ça finit par paraître un peu trop pour être honnête. Ainsi, dans le chapitre sur le brevetage du vivant, les agriculteurs américains sont présentés comme de pauvres victimes innocentes. Alors là, je veux qu’on me les présente. Un agriculteur qu’on oblige à signer quelque chose contre son gré, c’est une espèce rare qu’il faut exposer. Les agriculteurs occidentaux sont aussi des chefs d’entreprise qui savent en général faire jouer la concurrence et s’ils signent ces contrats, encore une fois, c’est qu’ils y trouvent certainement leur compte d’un point de vue économique. Que l’on puisse reprocher des abus à l’entreprise, certainement, mais qu’on le fasse au moins avec honnêteté. Même quand la journaliste dénonce les méthodes odieuses de l’entreprise en cas de litige avec ces agriculteurs, on commence par s’insurger devant des cas de toute évidence scandaleux, avant que ça devienne vite n’importe quoi. Sur cinq exemples d’agriculteurs abusés, deux sont d’une mauvaise foi totale. Ainsi le témoignage le plus intéressant qui montre bien des pratiques peu reluisantes et qui est en soi très efficace est gâché par d’autres qui font rire tellement ils sont maladroits. Ainsi, un certain Mitchell Scruggs garde des semences OGM Monsanto pour l’année suivante (contrairement au contrat qu’il a accepté de signer) car il trouve ça cher et pour des raisons idéologiques. Si c’est trop cher et qu’il refuse le principe de ne pas garder ses semences, qu’est-ce qui l’empêchait de semer uniquement des non-OGM ? (D’autant que 25% de ses semences sont encore conventionnelles) Ne sait-il pas que Monsanto a des concurrents très bien positionnés qui se feraient certainement un plaisir de lui vendre d’autres semences, qu’elles soient OGM ou pas ? Et en plus, ça lui ferait les pieds à Monsanto de perdre son marché. Ca, c’est un mystère qui n’est pas vraiment résolu dans ce livre. Personnellement j’ai deux pistes, idiotie ou malhonnêteté mais faute d’indice... Donc, Michael préfère tricher avec la plus parfaite mauvaise foi et est fort surpris d’être poursuivi en justice.

             Plus largement, la vision de l’agriculture véhiculée par ce livre me hérisse carrément. Ca se résume à « au temps de la bouillie bordelaise, c’était mieux » (d’ailleurs existe-t-il des études sur les méfaits du cuivre sur l’environnement ? Je serais curieuse de le savoir). Cette vision idyllique et simpliste de l’agriculture traditionnelle pure et naturelle et donc sans dangers (ah le bon vieux temps des charançons qui tombaient dans la soupe !) opposée à une agriculture moderne sans foi ni loi me porte sur les nerfs de plus en plus. L’idéologie de la journaliste est tellement visible que ça en devient désagréablement perturbant. Le vocabulaire béatifiant sur la nature laisse pantois. « Notre bonne vieille mère nature » (elle me semble au moins être aussi souvent capable de congeler ses enfants que d’être bonne pour eux, cette mère, me semble-t-il) est mise à toutes les sauces. Les seuls scientifiques qui ne sont pas corrompus sont ceux qui partagent son point de vue, même s’ils ne s’expriment pas dans leur domaine de compétence. Personnellement, ça ne me suffit pas pour être convaincue.
 

J’ai en fait parfois eu le sentiment qu’on essayait quasiment de me manipuler en faisant vibrer la corde sensible plutôt que mon cerveau. Un comble pour un ouvrage qui se veut dénonciateur. Dans le fond, je trouve que le vrai problème, ce n’est pas Monsanto mais c’est la FDA, dont le mode de fonctionnement est certes contestable, et le principe même du lobbying qui n’est pas l’apanage de Monsanto, loin de là, fait beaucoup de dégâts. Pour le reste, j’ai beaucoup de doutes, la démonstration me semblant trop être un mélange de théorie du complot et d’écologie de comptoir. Souvent, Monsanto est coupable là où il me semble que ce sont plutôt des Etats et leur politique ultra libérale qui sont responsables des abus. Je n’ai finalement pas le sentiment d’avoir appris grand-chose sur Monsanto. Mais ici, il s’agit d’ailleurs surtout d’une attaque contre ses produits et surtout les OGM. Certes, c’est une entreprise cynique dont les pouvoirs sont trop délayés pour que quiconque soit responsable. Certes, ils tentent de mettre en place des choses inacceptables, mais n’est-ce pas aux pouvoirs publics de jouer leur rôle alors ? Certes, les discours scientistes et béatifiants à base de « on va sauver le monde » d’une entreprise dont le premier objectif est le profit sont assez risibles. En dehors du gros scandale des années 70 (là, on est vraiment dans l’infâme), certaines choses sont encore inacceptables mais rien de ce qui est dans ce livre ne me semble effroyable au point de justifier un tel déchaînement.

 

Sur le fond, je ne sais donc pas trop ce que vaut ce livre faute de capacités scientifiques pour le décortiquer plus avant. Sur la forme, je le trouve souvent sujet à caution et il y a trop de points qui m’ont semblés aberrants pour que je puisse accepter le reste sans plus de preuves que des témoignages (comme pour les maïs ‘monstres’ du Mexique). Le problème ici, c’est que s’il y a démonstration de réels dangers, ils sont noyés dans la masse du flou artistique et des imprécisions (le mélange des causes de tout ce qui est dénoncé pour l’Argentine et l’Inde* –je me suis demandée à plusieurs reprise ce que Monsanto venait faire dans ces histoires - serait presque risible si ce n’était une enquête censée être sérieuse) et au bout d’un moment, je me dis que si elle se trompe sur un point, elle peut aussi bien se tromper sur tout et que si ce n’est pas le cas, comment savoir ce qui est vrai ou pas ? Dans le doute, je vais donc m’abstenir de prendre ce livre au sérieux. J’ai en fait surtout appris que la surproduction agricole est un problème (c’est déjà arrivé avant les OGM), que les gros exploitants argentins se comportent très mal vis à vis des petits paysans locaux et que le surendettement et l’usure en Inde sont très importants. Que cela soit directement lié à Monsanto me semble plus sujet à caution.

Je ne regrette pourtant pas ma lecture. Cela me permettra d’aborder désormais les documentaires télévisés avec beaucoup plus de circonspection. En regardant le documentaire filmé, je dois reconnaître que je n’aurais certainement pas eu le même regard critique. Lire un témoignage n’a pas le même impact que voir une sympathique victime en vrai et on n’a pas le temps de s’arrêter pour réfléchir vraiment à ce qu’on a entendu et à en percevoir les limites. Avec un livre, on est moins dans la compassion immédiate ou l’émotion et plus dans la réflexion.

 

Un peu de démagogie pour terminer : merci à mes parents agriculteurs de m’avoir expliqué il y a fort longtemps qu’il ne faut pas boire de Roundup.

Merci à Babelio et Arte pour l'envoi du livre.


* Pour les suicides des agriculteurs indiens, une étude (publiée après l’enquête de Marie-Monique Robin) semble conclure qu’ils ne sont pas particulièrement liés aux OGM, même si les conclusions n’excluent pas totalement certains cas. Comme elle parait assez honnête, je donne le lien: http://www.navdanya.org/news/IFPRIDP00808.pdf.

Elle est très intéressante mais en anglais.
Par Isil - Publié dans : Livres - Autres
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 1 juillet 2009

 

Ah si seulement j’avais choisi Allemand LV2 ! Ah mais... j’ai choisi allemand LV2. J’en ai même fait cinq ans, au collège et au lycée. Tout ça pour être capable de dire « Wo wohnst du ? », « Umweltverschmutzung », « bleifrei benzin », « Ich bin ein Berliner » et mon mot préféré, celui que j’attends toujours de pouvoir caser un jour dans une conversation, « Toilettenspülung ». Je ne suis capable de former que deux phrases complètes donc. Ce n’est pas très brillant. C’est pour ça qu’on m’a demandé d’accompagner une ado à Berlin. Et c’est dans un mois pile. Et je ne pars jamais en vacances l’été d’habitude pour pouvoir partir à l’avanture. Et rien n’est réservé ou préparé. Et je pars pour mes vraies vacances juste avant. Tout va bien sinon. Enfin, c’est là que j’ai besoin d’un peu d’aide.


Je ne connais pas du tout la ville. Si vous avez des conseils pour des hôtels pas trop chers et bien placés (ou au moins avec un accès facile au centre historique) et des visites à faire avec une fille de 15 ans, vos conseils sont les bienvenus.

Merci d’avance.

Par Isil - Publié dans : Sorties - Voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires - Recommander
Dimanche 28 juin 2009

La règle du jeu :

1/ Ecrire 8 souhaits

2/ Dire à quoi font penser les 10 mots donnés

3/ Dire un mot sur sa tagueuse

4/ Taguer 8 personnes et les prévenir

 

Huit souhaits... rien que ça.

J’avais pensé à des trucs altruistes comme mettre fin à la pauvreté, guérir les maladies, vivre en paix, aimer son prochain (mais pas trop parce que sinon, de qui pourra-t-on se moquer ?), et abaisser le coût du forfait de téléphone mobile mais des compétences plus hautes que la mienne n’ayant pas réussi en plusieurs siècles, je vais faire comme d’habitude, ne penser qu’à moi, ce qui est déjà un travail à plein temps.

Je veux donc :

1) Me réveiller demain avec le physique de Catherine Zeta-Jones (je ne veux pas du vieux mari refait fourni avec, si je veux sa beauté c’est pour draguer facilement, que ce soit clair), la fortune de Paris Hilton et l’intelligence de Marie Curie (et surtout pas dans le désordre).

2) Avoir un frigo magique dans lequel les stocks de pâtes fraîches, de parmesan, de bière et de Meursault blanc ne diminuent jamais.

3) Travailler beaucoup moins pour gagner beaucoup plus. Bien sûr, l’idéal serait de ne pas travailler du tout. Je veux bien être adoptée par de riches rentiers – Liliane si vous passez par là, moi, je ne ferai aucune remarque sur vos jeunes amants, je peux même présenter quelques hommes sympas !

4) Rencontrer un homme drôle, intelligent, viril mais féministe, sympa et beau... Rencontrer un homme drôle, intelligent, viril mais féministe et sympa... Rencontrer un homme drôle, intelligent et viril mais féministe... Rencontrer un homme drôle et intelligent...

5) Que mon appartement se range et se nettoie tout seul.

6) Avoir le poisson traducteur de Ford Escort pour comprendre toutes les langues.

7) Qu’il ne fasse jamais plus de 23 degrés là où je suis.

8) Boire une Beamish red à l’apéro (ce que je vais m’empresser de faire)

 

 

A quoi me font penser...?

*message: in a bottle, yeah

*blog: de belles rencontres bien réelles

*prix: M’en parlez pas, tout augmente ma’me Michu !

*croix: de Saint-Georges, celle du drapeau anglais, bien sûr.

*scrap: heu ? Pourquoi c’est toujours moche quand j’essaie ?

*création: mot galvaudé depuis que même les coiffeurs sont des créateurs.

*bonheur: au petit bonheur la chance.

*vie: dure et à la fin on meurt. Et comme ça ne sera pas moins dur en faisant la gueule, autant se marrer avant.

*enfant: supportable de 10 à 12 et de 14 à 16 heures. A éviter le reste du temps, surtout si vous êtes plongés dans un bon livre. Vous oblige à courir, à jouer à des trucs roses, à monter la maison Playmobil et pire, propose de vous aider à monter cette f... maison.

*passion: beaucoup de bruit pour rien.

 

 

Je sais encore moins parler des autres que de moi-même mais je dois dire un mot sur celles qui m’ont tagguées.

 

Ofelia in Wonderland m’a tagguée pour la deuxième fois et je suis à deux doigts de la détester et elle n’est pas loin de rattraper Lou sur ma black liste personnelle. Mais bon, je lui pardonne pour les références évidentes du nom de son blog, pour la littérature anglaise en général et pour X-Files aussi.

 

Chrestomanci m'a aussi tagguée. Un des premiers blogs que j’ai suivis. Elle aime la bit-lit et moi pas trop mais pour le reste, nous avons beaucoup de goûts communs comme les vampires et la littérature anglaise (ça se voit que j’aime la littérature anglaise ?). Et puis, une Rochester ne peut pas être mauvaise.

 

 

Comme je suis dans un moment de grande mansuétude et que ma Beamish m’attend, je ne tagguerai personne en particulier. Ceux qui veulent peuvent se désigner eux-mêmes.

Par Isil - Publié dans : Brèves de blog
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Recommander
Jeudi 25 juin 2009

La mort en dédicace

De Didier Daeninckx

Première parution: 2001

Edition Folio

133 pages

 

 

Quatrième de couverture : Deux longues nouvelles sur le même thème, celui des objets maléfiques. Dans la première, La complainte oubliée, c'est un caméscope qui porte la mort : ceux qu'il emprisonne dans sa mémoire numérique ne tardent pas à perdre la vie. Son propriétaire voit disparaître la femme qu'il aime, et qui lui a offert la caméra pour son anniversaire. Puis c'est au tour d'un vieux marin breton d'être happé par le destin. Dans la seconde, c'est un livre qui sème la désolation, ou plutôt la dédicace que l'auteur a portée sur la page de garde. Ceux qui entrent en contact avec l'ouvrage passent sous le linceul... Avec le sens du détail qui le caractérise, Didier Daeninckx nous offre deux récits courts, qui oscillent entre le fait divers et l'Histoire.

 


- La complainte oubliée :

Cette nouvelle est assez longue pour que la tension prenne son temps pour monter. Dès le début pourtant, le suspense est présent puisque le narrateur raconte comment il a été blessé. Le récit est donc écrit sur le principe du flash-back. Le récit est daté puisqu’il fait référence à Chevènement comme ministre de l’Intérieur.  Mais les racines de l'histoire remontent bien plus loin. Sur fond d’histoire noire de l’indépendantisme breton, le suspense est maintenu jusqu’au bout et c’est passionnant.

 

- La mort en dédicace :

La nouvelle est plus courte (environ 40 pages), la narration est également à la première personne. Un homme sort de prison et recherche la femme pour qui il y est allé. La fin est particulièrement inattendue et cette histoire qui a priori ne m’intéressait guère s’est révélée excellente également.

 

Dans ces deux nouvelles, le « sens du détail » dont parle la quatrième de couverture est indéniable et je l’ai parfois trouvé trop développé. C’est évidemment au moment où je commençais à trouver cela pesant qu’un détail a pris sens dans la narration. Mais je dois dire que la qualité du récit et des thèmes abordés très prenants est par ailleurs telle que j’ai quand même beaucoup apprécié cette lecture. Une belle découverte qui m'a en outre permis de découvrir l'histoire d'Alexis Carrel, un prix Nobel.

Par Isil - Publié dans : Livres - Policiers
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Lundi 22 juin 2009

Les dents de l’amour

De Christopher Moore

Titre original: Bloodsucking fiends

Première parution: 1995

Edition Calmann-Lévy

317 pages

 

 

Quatrième de couverture : La rencontre fortuite de Tommy, débarqué à San Francisco de son Midwest natal pour devenir le nouveau Jack Kerouac, et de Jody, une bouillonnante secrétaire de vingt-six ans, aurait pu nourrir une banale histoire d'amour. Seulement voilà, juste avant de faire la connaissance du jeune homme, la belle Jody a été mordue par Elie Ben Sapir, un vampire âgé de huit siècles qui a fais d'elle un nosferatu - histoire manifestement de lui pourrir la (non-)vie.

Fort heureusement, Tommy l'écrivain tourmenté, tombé amoureux fou de Jody, veille au grain. Avec l'aide de ses collègues de l'équipe de nuit du supermarché où il travaille et d'un sympathique clochard auto-proclamé empereur de San Francisco, il n'aura de cesse de traquer le vieux démon pour défendre sa dulcinée - sans oublier de passer chercher le linge en rentrant, merci.

Après Godzilla dans Le Lézard lubrique de Melancholy Cove, les zombies dans Le Sot de l'ange ou la Mort herself dans Un sale boulot, Christopher Moore dynamite cette fois le mythe du vampire avec sa folie coutumière. A conseiller aux dépressifs.

 


Ce roman est une version moderne et légère de l’histoire de vampire. Cette histoire d’amour un peu spéciale à l’humour loufoque et décalé est réjouissante. Christopher Moore joue allégrement avec les clichés vampiriques des grands classiques de cette littérature. Jody n’a en effet aucune idée de ses pouvoirs potentiels et l’idée brillante de son petit ami Tommy de la tester, y compris contre son gré, donne quelques scènes assez burlesques. C’est parfois un peu nigaud et pour adolescent attardé mais c’est d’autant plus jubilatoire. Jody parviendra-t-elle à se transformer en brume ou à survivre à une congélation ?

Les personnages, dans le genre anti-héros, sont également réussis., les principaux comme les secondaires. Les meurtres se succèdent autour de nos personnages et on ne voit pas trop comment Jody va s’en sortir. L’ombre de Ben Sapir, le vampire qui l’a transformé, plane en permanence sur elle et c’est plus intéressant qu’une confrontation directe. Le récit ne faiblit jamais, c’est bien construit, amusant et sans temps morts. La fin a réussi à me surprendre et est bonne.

Ce n’est pas le livre de vampires du siècle mais c’est un excellent divertissement qui fait passer un bon moment.

 


« Un vampire fleuriste ? s’étonna-t-il.

- Tu sais, le plus dur, c’est de digérer l’aspect vampire, le côté fleuriste passe comme une lettre à la poste. Tu n’es pas de mon avis ? »

 

 « Jette un oeil sur les romans, dit-il en s’emparant d’une nouvelle pile. La fête du sang, Soif de rouge, Avoir les crocs, Dracula, Le rêve de Dracula, Le testament de Dracula, Lestat le vampire... Il y en avait au moins une centaine. »

Un peu dépassée, Jody considéra les ouvrages.

« Il y a un thème récurrent sur les jaquettes.

- Ouais, dit Tommy. On dirait que les vampires ont un penchant pour la lingerie. Tu en pinces pour les nuisettes sexy ?

- Pas vraiment. »

Jody avait toujours trouvé un peu idiot de dépenser de l’argent pour quelque chose qu’on portait juste suffisamment longtemps pour qu’on vous l’enlève. Evidemment, s’il fallait en croire les couvertures de ces livres, les vampires considéraient la lingerie comme de la garniture sur un plat. »

Par Isil - Publié dans : Livres - SF/fantasy/fantastiqu
Ecrire un commentaire - Voir les 19 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Chroniques d'Isil
  • chroniques-d-isil
  • : Cinéma Livres Dvd Littérature
  • : 14/06/2007
  • : Au fil des articles, je souhaite partager mes réflexions sur mes passions (livres, musique, ciné) et mes sorties culturelles. // Mon autre passion, la féerie et son blog: http//isil.over-blog.fr
  • Recommander ce blog

Derniers Commentaires

Ailleurs

Science-fiction, fantastique, fantasy

Fantasy

Social Software powered by sixgroups.com

Vers PAYS DE FAËRIE

Pour voir des livres d'illustration sur le thème du fantastique.
              A-La-Recherche-de-Feerie-T.1.jpg  frise.jpg

frise.jpg 

frise.jpg 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus